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Thomas, petit ange...

Témoignage d'internaute trouvé sur enceinte - 06/10/11 | Mis en ligne le 29/03/12
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Après 15 mois, je ressens le besoin d'écrire notre histoire… Comme toute histoire, elle a commencé par un merveilleux jour de février 2010… une sensation au fond de moi, une certitude, je vais être maman ! Un test quelques minutes plus tard l'a confirmé. Un bonheur indéfinissable m'envahit, suivi de près par un magnifique sourire sur le visage de mon mari. Une nouvelle aventure commence pour nous… Une grossesse attendue, remplie de bonheur, de merveilleux moments lors des échos, la découverte des premiers coups, mon ventre qui s'arrondit, un petit garçon, un prénom, Thomas… Le lundi 5 juillet 2010, 23SA et l'écho morpho, c'est le mari de ma gynécologue, lui-même gynécologue, qui me l'a fait… tout va bien, tout est nickel ! Sourire, bonheur, avenir… une grossesse merveilleuse, je suis en pleine forme et je savoure ces moments. Le mercredi 7 juillet je me lève et je vais faire quelques courses pour mon petit loulou… la tapisserie de la chambre, un babyphone. Mon ventre tiraille un peu, mais c'est léger. Je rentre fin de matinée et je m'allonge un peu car ça tiraille toujours. Ma gynécologue est en congé le mercredi après-midi, donc je téléphone à mon médecin traitant par acquis de conscience. Par certitude, il vaut mieux aller faire un tour à la maternité… Nous partons tranquillement mon mari et moi, sans être inquiets. Les tiraillements commencent à être douloureux, serait-ce des contractions ? Nous arrivons à la maternité, la préposée à l'accueil contacte le gynécologue de garde et lui dit "j'ai une dame qui croit avoir des contractions"… 1 heure d'attente sur une chaise métallique et des douleurs de plus en plus douloureuses, qui commencent à être insupportables. Voilà enfin le gynécologue… je me déshabille pour un examen et une écho. "Vous perdez du sang madame" et moi "non" et lui "si, regardez" et il me montre le papier rempli de sang… je commence à paniquer. Mon mari est assis un peu plus loin sur une chaise, j'ai besoin de lui, de sa main… Le verdict tombe, dilatation complète ! "Madame vous allez rester un peu avec nous"… on me monte au MIC (Maternal Intensive Care, le service des grossesses à haut risque). Là un visage familier, le mari de ma gygy, que j'ai vu 2 jours plus tôt… je suis rassurée de le voir. Nouvelle écho et il nous explique que mon col est bien entièrement dilaté et que la poche des eaux est engagée… c'est très mauvais signe et à 23SA c'est beaucoup trop tôt. Il jure, tape du poing sur la table et ne comprend pas vu qu'il m'a vu 2 jours plus tôt… Il faut tenter… alitée totalement, perfusion pour stopper les contractions ! Il faut absolument tenir 2-3 semaines de plus… Les heures passent mais pas les contractions… mon mari contacte nos parents, tout le monde y croit, nous allons tenir le temps nécessaire ! Mon mari reste avec moi, il ne me quitte pas une seule seconde. Puis arrive la nuit… horrible, épuisante, douloureuse… les contractions sont de plus en plus fortes, je continue de perdre du sang ! J'arrive à m'assoupir un peu et au petit matin, je sais… je sais que c'est fini, que je ne vais pas pouvoir tenir. Le jeudi 8 juillet, le pire jour de notre vie. Nouvelle écho et je n'ai pas besoin d'écouter le gynécologue, je vois à l'écran que les jambes de Thomas sont engagées. Impossible de faire quoi que ce soit… je vais accoucher dans la journée. Comment est-ce possible ? 2 jours plus tôt, je nageais encore en plein bonheur ! La journée passe, la famille défile, muette, le regard vide… que dire ? Et moi je suis là à attendre… attendre le pire ! Fin d'après-midi, je n'en peux plus, les contractions sont atroces, mon mari appelle la sage-femme, Isabelle… ça y est, c'est le moment ! Elle s'installe, ses collègues appellent ma gynécologue ! Là elle nous demande si nous voulons le voir notre petit bonhomme… mon mari et moi ne le souhaitons pas, nous avons trop peur de ne pas survivre à la vue de notre bébé. Elle me dit qu'elle le sent bouger, il vit toujours… moi aussi je le sens bouger ! Puis il faut pousser… horrible, je n'ai pas envie de pousser, je veux garder mon bébé ! Je regarde mon mari qui est effondré, je ne l'ai jamais vu comme ça… il sanglote, je l'accompagne… Première poussée, et c'est trop dur pour Thomas, son petit coeur s'arrête. Quelques poussées plus tard, il est là, une sage-femme l'emporte, nous ne l'avons pas vu ! Ma gynécologue s'occupe de moi pendant que mon mari et moi nous soutenons l'un l'autre comme nous pouvons, effondrés tous les deux, pleurant à chaudes larmes. Ça y est, c'est fini… mon ventre est vide… nous avons perdu notre bébé. Il est 20h ! Aucun mot ne sort de ma bouche, je suis plongée dans ma souffrance… et mon mari est dans la sienne. Nous réussissons tout de même à dormir un peu. Le vendredi 9 juillet… je ressens le besoin de voir notre bébé, c'est viscéral… une sage-femme nous l'apporte et nous dit "il est si beau"… elle a raison, il est si beau notre bébé, petit loulou de 32cm et 750 gr. Il a un magnifique petit visage, il a l'air si paisible… nous partageons un long moment avec lui, à lui dire que nous l'aimons. Mes yeux ne peuvent pas se détacher de son visage… puis il est temps de lui dire adieu… comment peut-on demander à des parents de dire adieu à leur bébé ? C'est insoutenable… Nous nous retrouvons seuls, mon mari et moi, perdus, anéantis, le coeur déchiré ! Et nous réalisons que nous venons de perdre notre bébé… Quelques heures plus tard, visite de ma gynécologue… j'ai une béance du col de l'utérus… nous n'aurions rien plus faire, c'est physiologique ! "Ce n'est pas votre faute" me dit-elle… et on pourra traiter cela plus tard… Nous allons quitter la maternité mon mari et moi, et là il faut que je remette les vêtements que j'avais en arrivant, ce pantalon avec cette poche pour y glisser un bidou rond… mais le mien est plat, vide, sans bébé… Nous rentrons chez nous… vides, épuisés, effondrés, perdus… ma maman et la maman de mon mari sont venues quelques heures plus tôt pour mettre de côté tout ce que nous avions acheté pour Thomas, mais elles ont oublié quelques affaires, et moi je ne vois que ça… qu'allons-nous faire ? Comment allons-nous survivre à ça ? Pouvons-nous survivre à ça ? Les réponses à ces questions viendront plus tard, dans les mois suivants, petit à petit… Voilà notre histoire… l'histoire d'un couple qui désirait plus que tout avoir un enfant… un couple heureusement très fort et follement amoureux ! C'était il y a 15 mois… nous avons beaucoup avancé… mais jamais nous n'oublierons. C'est notre histoire, qui fait désormais partie de nous ! Thomas, mon ange, chaque jour sans toi est une épreuve… tu as fait de nous un papa et une maman. Nous t'aimons plus que tout au monde… jamais nous ne t'oublierons ! Merci à celles et ceux qui m'auront lue… même si j'ai été très longue !
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b
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