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Un accouchement se prépare

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Mon premier accouchement en 2006 s'est mal passé : mon enfant a été traumatisé plus que moi. Pourquoi ça s'est passé de cette manière, je n'arrivais pas à le comprendre. Je cherchais les causes, je fouillais dans toutes sortes d'informations, j'étudiais la littérature sur la grossesse et l'accouchement. Finalement je suis arrivée à la conclusion qu'un accouchement se prépare, il faut se préparer moralement et physiquement.J'ai pris la décision le prochain serait différent bien avant de tomber enceinte. Nous avons toujours voulu avoir un deuxième enfant, mais les conditions n'étaient pas très favorables. Nous avons eu une conversation assez difficile avec mon mari et nous avons pris la décision d'attendre pour le deuxième jusqu'à 2015. Les prochaines règles ne sont jamais arrivées. Notre fille était déjà avec nous ! Ensuite, il fallait que je prépare mon projet d'accouchement, que je le concrétise. Au début je voulais accoucher à la maison, mais très vite j'ai découvert qu'il n'y a aucune SF qui pratique les AAD dans ma région. En revanche j'en ai trouvé une qui faisait un accompagnement global avec un accouchement sur un plateau technique. C'était une bonne solution pour moi et mon mari. Il y avaient aussi des inconvénients : la SF recevait à 120 km de chez moi et le plateau technique où elle avait l'accès était à 150 km. Comme pour moi, il était hors de question d'accoucher dans un hôpital, j'ai décidé quand même de faire un peu de route. Ma préparation à l'accouchement se passait très bien. Petit à petit nous avons appris à nous connaître avec ma SF. Nous étions vraiment sur la même longueur d'onde. J'aimais beaucoup son approche de l'accouchement. Si au début j'avais pleins de doutes et de questions, vers la fin j'étais complétement sûre de moi, absolument persuadée de mes choix. Vers la dernière semaine de ma grossesse, c'était une semaine entre Noël et Jour de l'An, un problème a apparu. Ma SF a décidé de partir en vacances. Elle a essayé de préparer son départ en embauchant une collègue, mais cette dernière n'a pas assumé et est partie assez vite. Comment ça s'est passé : Le 24 décembre je viens pour le dernier contrôle. Le col est ouvert à 1 petit cm, mi-long. Il est fort probable que j'accouche pendant les vacances de ma SF. Rien que d'y penser me donne des frissons. Elle me propose de prendre une potion magique sensée provoquer l'accouchement avant son départ, mon col étant favorable. Je refuse parce que j'ai programmé un goûter de Noël avec un programme d'animation pour les enfants pour le 26.Ma SF va partir le 26. Alors en plaisantant nous décidons de m'imposer une interdiction d'accoucher jusqu'à son arrivé, le 01/01/10! Elle me dit de faire attention, ne pas trop faire les magasins, ne pas bouger les meubles Mais au fond de moi-même j'ai déjà très envie d'accoucher, je me l'avoue. Je n'ai pas du tout envie d'attendre encore une semaine, j'ai déjà un grand ventre avec la peau tendu et la menace d'apparition des vergetures, j'ai du mal à mettre mes chaussures toute seule, je commence à faire de la rétention d'eau. Le 25 je me repose consciencieusement toute la journée. Le soir, en regardant la télé avec mon mari je constate des contractions plus fréquentes que d'habitude, elles sont indolores et irrégulières. Avant de me coucher je sens que ça me tire dans le bas du dos. Je ne dis rien à mon mari parce que les deux dernières fois quand je lui annonçais solennellement les symptômes rien ne se passait Toute le nuit je pense au goûter pour les enfants, aux dernières préparations. A 4h du matin je me réveille avec les mêmes contractions que la veille, aucune douleur, juste des contractions. 2 passages aux toilettes et deux verres d'eau plus tard je comprends que je ne me rendormirai plus. La pensée que c'est peut être le jour J m'excite. Alors, je m'allonge dans le salon et je commence à parler à ma fille, je lui demande de naître aujourd'hui et que ce n'est pas grave si je suis obligée d'annuler la fête, nous la feront plus tard quand elle sera là, comme ça elle pourra y participer. Je lui parle longtemps, je lui demande de m'aider, je lui raconte à quel point nous l'aimons et que nous l'attendons très fort. Et là je commence à ressentir quelque chose, on dirait une petite douleur en bas de ventre. C'est la première fois durant toute la grossesse que je sens quelque chose à part la contraction du muscle utérin. Qu'est-ce que je suis contente de ressentir cela ! Je chronomètre, 10 minutes entre chacune. Entre chaque contraction j'ai le temps de me désespérer que la prochaine ne viendra pas. Je parle à mes contractions, je leur demande de devenir plus fortes, je les attends tellement, je suis contente de les avoir ! Ça continue comme ça de 5h à 7h du matin. J'espère quand même que ce sera le jour J, pour que j'aie encore la possibilité de retenir ma SF, avant qu'elle ne soit partie. A 7h je me décide de lui téléphoner. Heureusement elle n'est pas encore partie et elle nous demande de venir dans son cabinet pour un contrôle. En même temps je comprends que je ne suis pas encore en travail, je ne voudrais pas y aller si tôt ; mais je n'ai pas le choix, sinon je risque de rester sans ma SF et ça c'est hors de question pour moi. Entre temps les contractions s'intensifient, mais elles ne sont pas encore du tout fortes. Je dois dire que dès le début j'ai eu une sensation de pression sur le colon assez désagréable pendant les contractions. C'est le bébé qui était très bas. En chemin nous laissons l'aîné chez mes beaux-parents. En voitures les contractions s'espacent encore plus, elles deviennent irrégulières, mais je les sens bien, plus qu'à la maison. Je suis très contente qu'elles ne s'arrêtent pas. A 9h nous arrivons. On fait le monitoring, c'est mon premier monitoring pendant cette grossesse. La SF vérifie mon col, il est ouvert à 1 bon cm, mi-long, c.a.d. Il n'y a pratiquement pas de changements depuis ma dernière visite il y a 2 jours. Je ne suis pas en travail ! SF me dit que " ça contractouille " ça me vexe un peu, j'aurais voulu que ce soit de vraies contractions ! Elle dit que soit je suis en tout début du travail, et même au début du pré-travail, que ça va commencer, mais on ne sait pas quand. Il est possible que ce ne soit même pas aujourd'hui. Soit c'est un faux travail. Je commencer à flipper, elle doit partir en vacances d'une minute à l'autre. J'ai peur que les contractions restent à cette intensité ou s'arrêtent carrément et tout repartira de plus belle dès qu'elle partira et je vais accoucher dans un hôpital avec une équipe de garde sans elle. Alors je me souviens qu'elle m'avait parlé d'une potion magique qui peut provoquer l'accouchement et je la demande. Elle ne se compose que d'ingrédients naturels y compris de l'huile de ricin. Ce mélange ne peut pas provoquer l'accouchement si ce n'est pas un travail, mais si c'en est un, même le tout début, elle peut l'accélérer. Alors une fois la potion prise, impossible de prédire qu'est-ce qui va se passer. Je décide de prendre le risque. SF annule son départ en vacances pour aujourd'hui et prend un billet de train pour le lendemain matin. Cette potion se boit par des petites gorgées pendant 2h. Elle n'a pas de mauvais goût. Nous partons faire une balade à pied autour d'un lac, la SF nous accompagne. Avant de partir, elle vérifie de nouveau le col : pas de changement. Nous faisons un grand tour autour du lac en marchant assez rapidement. J'essaye de ne pas me faire attendre, c'est pas facile quand on est à 40 SA et s'apprête à accoucher. En marchant je sens moins mes contractions, j'ai du mal à dire si elles sont régulières, il y en a des intenses et d'autres pas, en tout cas elles ne m'empêchent pas de marcher. 1h30 après nous rentrons au cabinet, je suis fatiguée. Contrôle du col : 2 cm, court. Je suis contente, ça veut dire que même de si petites contractions le modifient. Même si les contractions ne sont pas intenses, mon bassin est douloureux, à chacune d'elle je sens une pression désagréable dans le rectum. La SF dit que c'est pas la peine d'aller à l'hôpital à ce stade de travail parce qu'il y a une grande probabilité que tout s'arrête dans une ambiance d'hôpital. Elle nous dit de rentrer plutôt à la maison, me conseille de me relaxer autant que possible, ne faire que ce dont j'ai envie, ne pas regarder la télé, ne pas lire, autrement dit ne pas stimuler mon néo-cortex. Je demande si j'ai le droit de manger. Elle dit que si j'ai faim, c'est que je ne suis pas du tout en travail. En route je m'endors tout en ressentant les contractions. Nous sommes à la maison vers 13h. J'ai eu envie de prendre un bain, mais sans aucune lumière. Mon mari m'a allumé des bougies et est parti déjeuner. Je lui demande de m'éplucher une grenade, je les aime beaucoup, mais j'ai pas pu la manger. Très vite je me suis sentie trop fatiguée, je n'appréciais pas le bain, j'avais envie juste de m'allonger sur le lit. Je sors du bain au bout de 10 minutes. Je vais me coucher au lit. Je me couvre avec 2 couettes, je m'allonge sur le ventre avec un genou plié appuyé sur le traversin. Je n'avais pas envie de bouger, je voulais économiser mes forces, me relaxer complétement. Je m'endors. A chaque contractions je me réveille, je la gère et je me rendors de nouveau. J'ai fait une découverte agréable que c'était vrai, en fait, qu'on ne sentait rien entre les contractions, il n'y avait pas de douleur, pratiquement aucune sensation. Avec mon aîné ce n'était pas du tout comme ça, il n'y avait pas de pauses entre les contractions et quand on me disait qu'entre les contractions il y a les pauses normalement, je n'y croyais pas vraiment. J'ai passé 1h ainsi jusqu'à ce que je finisse par me rendormir entre les contractions. Je ne me suis même pas rendue compte tout de suite qu'elles étaient devenues tellement intenses que j'avais du mal à rester allonger comme au début. Là j'étais obliger de souffler. Je faisais comme on m'avait appris pendant les cours de préparation : une respiration rapide, une expiration longue et lente. Dès le début ça me faisait mal de prendre de l'air, mais ça faisait du bien à l'expiration. Entre les contractions je me relaxais automatiquement, j'apprenais depuis longtemps à me relaxer et le moment venue j'y suis très bien arrivée : les yeux fermés, des légers balancements d'un côté à l'autre. Tout effort mental m'échappait, je n'étais même pas capable de chronométrer les contractions, cela me paraissait absolument difficile. Je demande à mon mari de le faire, je gémis pour qu'il comprenne mieux quand ça commence. Dans un quart d'heure il me dit qu'elles sont régulières, toutes les 6 minutes. Jusqu'à la fin de l'accouchement j'aurais 5 à 6 minutes entre les contractions (c'est ce que je crois au moins). En ce moment-là j'ai une flash : mais je suis en travail, l'accouchement a vraiment commencé, pourquoi je reste ici à compter tranquillement mes contractions tandis que j'ai 1h30 de route pour aller à la maternité ! J'appelle ma SF et je l'informe que j'accouche. On se donne le rendez-vous sur le plateau technique. Quand je lisais les récits d'accouchement des autres femmes, je lisais souvent : quand j'ai commencé à ressentir les contractions, j'ai préparé le petit déjeuner, j'ai amené les enfants à l'école, j'ai fait le ménage, pris une douche, fini de préparer ma valise et suis partie à l'hôpital. Moi aussi j'avais encore des affaires à ranger dans ma valise, je n'ai toujours pas trouvé le temps de couper les cheveux à mon mari et je voulais absolument qu'il soit beau pour rencontrer notre fille. Par contre moi-même je n'étais même pas capable d'indiquer les affaires à mettre dans ma valise. J'ai tout juste eu la force de demander à mon chéri de se couper les cheveux par lui-même. Ainsi on a passé 1h à nous préparer. Enfin nous sommes partis. Dans la voiture je m'installe sur le côté. Je peux vous dire tout de suite que j'ai sous-estimé 1h30 de route. Les vibrations du trajet se faisaient bien sentir et me faisaient mal. Dans à peu près 40 min de route j'ai compris que les contractions sont parties dans le dos. Oh non, encore une de mes craintes, la terreur de ma première expérience vécue. Probablement cette fois-ci mon bébé s'est encore installé le dos contre mon dos. Je ne suis pas prête du tout à vivre encore une fois les contractions dans les reins, je ne suis pas d'accord ! A chaque fois qu'une contraction passe dans le dos je transpire, j'ai chaud et j'ai froid juste après, je demande de chauffer plus fort la voiture. J'ai une très grosse espoir que ma SF pourra retourner le bébé. Je ne pouvais plus continuer le trajet allongée sur le côté, c'est devenu trop douloureux. Je demande d'arrêter la voiture et je passe derrière, je me mets à quatre pattes. Mon mari m'aide à m'installer, il met des coussins sous mes genoux, il me couvre avec une couverture qu'il avait préparée. Je suis mieux dans cette position-là, ça me fait du bien d'avoir mon ventre dans le vide. A chaque contraction j'enfonce la tête dans le coussin et je bouge un peu le bassin, ça me soulage légèrement. En ce moment je commence à faire des sons, ça me fait du bien. Je fait le mauvais " aaa " au lieu de faire des sons ronds comme le " ooo " et " ououou " . Je ne crie pas, je ne chante pas, je fais des sons. Je préviens mon mari que je ne crie pas, que c'est juste des sons. Lui, il est calme, ça me rassure et ça m'aide beaucoup. On arrive à l'hôpital à 17h30, il me dépose vers la porte et part garer la voiture. Je m'approche de la porte, elle s'ouvre automatiquement mais je n'arrive pas à entrer pliée en deux par une contraction très forte (je ne suis pas habituée à les supporter debout). Je bloque la porte avec ma jambe et je souffle. Je suis habillée en pull noir, gilet très large et manteau en forme de trapèze, on ne voit pas vraiment que je suis enceinte. Tout le hall de l'hôpital me regarde en train de souffler pliée en deux. Les gens courent à mon secours : " Madame vous avez mal, on appèle un médecin ?  " à ce moment la contraction s'arrête, je me relève, je souris et je dis : " Tout va parfaitement bien, j'accouche !  " Ma Sf nous attend déjà. Elle m'examine, je suis à 3. Je suis étonnée, mais je sais que ça ne veux encore rien dire et je peux attendre le reste de la dilatation encore très longtemps. Je suis persuadée que je n'accoucherai qu'après minuit. Je la supplie de faire quelque chose pour que les contractions ne passent pas dans le dos, je demande un bain. Je passe aux toilettes et je perds le bouchon muqueux. SF m'aide à me déshabiller pour faire le monitoring, elle plaisante à propos de mon string, c'est la première fois qu'elle voit une femme qui vient accoucher en jolie string, ça c'est encore une preuve de mes capacités de réflection ont été désactivées SF installe les capteurs du monitoring quand je suis encore allongée sur le lit. Une nouvelle contraction me couvre allongée sur le dos, je crie " elle est mal passé celle-là " et je roule sur le plancher. Elle m'installe sur le ballon pour le monitoring. Je déteste ce ballon, bizarre qu'on m'ai dit qu'il devait faire des miracles. Quelle que soit la manière dont je m'installe sur le ballon, j'ai mal, je suis mal : j'ai mal sur toute la surface du périnée, le ventre est posé sur les jambes et ça aussi ça fait très mal. Mon mari essaye de me faire un massage du dos comme on nous a appris pendant les cours de préparation, mais je n'apprécie pas du tout, j'ai encore plus mal quand il me touche. Je lui montre avec un geste d'arrêter, incapable de parler. SF lui montre comment il faut masser correctement mais ses mains sont froides et je préfère me passer de ce massage. Je reste sous monitoring environs 15-20 min. Je ne le supporte pas plus longtemps. Je la supplie de retourner le bébé pour arrêter ses contractions dans le dos. Je dis que si les contractions continuent dans les reins je prends la péridurale sans aucun regret, que je m'en fiche complétement de cet accouchement naturel, j'ai pas l'intention de vivre encore une fois les contractions dans les reins, une fois ça m'a suffit largement. Pendant ce discours je me dis que je vais quand même essayer le bain, au fond de moi je sais que je ne demanderai pas de péridurale avant d'essayer le bain. SF me prend la température : 38,5. Elle se fait des soucis. Et là je suis particulièrement fière de mon mari. Il lui dit que je ne suis pas malade, que je ne fais pas d'infection, que c'est juste ma réaction personnelle à la douleur, c'était pareil pendant le premier accouchement. Comme j'ai appris par la suite, la fièvre pendant le travail est la raison directe pour le transfert à l'hôpital, de toute façon j'aurais pas pu faire un AAD. Les paroles de mon mari ont rassuré la SF, par contre elle dit qu'elle est obligée de me donner des antibiotiques par perfusion. Je consens puisque j'ai pas envie de lui compliquer la vie, de toute façon je savais dès le début que j'aurai un cateter dans la veine, alors en gros, ça ne change rien. Enfin on part pour le bain. Avant de sortir on enroule un drap autour de moi. Ça me parait drôlement bizarre, c'est à la maternité que je me trouve, je suis en train d'accoucher, voyons, est-ce que mes extrémités nues regardent quelqu'un ? J'ajoute que depuis le début je voulais absolument accoucher dans mes vêtements à moi, j'avais préparé ma robe préférée où je me sentais bien à l'aise. Et comment ça se fait que je n'ai même pas pensé une seule fois de me changer ? SF me demande de lui donner les vêtements pour le bébé. J'en suis pas capable non plus. Et je sais pourtant que je n'ai pas très bien rangé mon sac, ça m'est égale complétement, je lui dis de choisir quelque chose avec le papa. Elle m'examine encore une fois : dilatée à 5! En 20 minutes de monitoring. Elle croit que ça va aller vite maintenant. Pour moi ce n'est pas possible, je ne la crois pas trop, je continue à penser que je vais accoucher après minuit. Le chemin vers la salle de bain est une partie la plus dure de mon accouchement. Les contractions me coupent le souffle, j'ai même pas la force de faire les sons, je ne fais que les supporter, à chaque contraction j'ai des goutes de sueur qui apparaissent sur mon front. Sans attendre qu'on remplisse la baignoire je m'y plonge. Mon mari m'arrose avec la douche. Mais cette eau, elle est abominablement froide. Je crie : " T'es sadique, ta femme accouche et toi tu l'arrose avec de l'eau froide " . Il répond que c'est un thermostat et la température est maximale, l'eau est à 45°. J'ai de la fièvre et j'ai l'impression que l'eau est froide, c'est insupportable. La baignoire est vite remplie, mais je ne suis pas contente, j'exige d'évacuer de l'eau froide et de la remplir de nouveau mais avec de l'eau chaude. Nous évacuons la moitié de la baignoire et en ce moment-là je ressens un truc bizarre. J'ai une méga-contraction (la plus forte des toutes) , elle commence dans le dos puis descend et ça me pousse en bas d'une façon extraordinaire. Ce n'est pas possible, je n'y crois pas moi-même, je ne dis rien, je pense que j'ai eu une fausse sensation, je décide d'en attendre une suivante. Entre temps la baignoire se rempli à moitié. Ça recommence et je sens la même chose, maintenant je suis sure, j'ai envie de pousser ! Je crie à mon mari : " Appelle la SF, ça pousse !  " Lui il reste cloué à sa place, mais qu'est-ce que c'est que ce papa, ça ne lui suffit pas d'arroser sa femme qui accouche avec de l'eau froide, mais il ne réagit pas quand je lui dis que je suis en train de mettre son enfant au monde. Je me fâche : " Tu ne comprends pas ce que je te dis " SF arrive à ce moment-là. Et bien, mon chéri, ça fait longtemps qu'il l'a appelée. Elle m'examine vite fait, sort dans le couloir et crie : " Elle est dilatée à 8, le bébé descend, on l'amène vite, dans la salle " . C'est ainsi qu'elle a été obligée de demander de l'aide à ses collègues et c'est de cette façon-là que nous étions plus nombreux pendant l'accouchement que ce qui a été prévu. Je précise encore une fois quand même qu'à ce moment donné tout me semblait absolument naturel. Même si on avait commencé à bombarder l'hôpital, ça aussi ce serait naturel et ne m'empêcherait en aucun cas d'accoucher Tout ce dont je vais parler maintenant s'est passé en un quart d'heure. Les gens avec le lit à roulettes arrivent. Ils s'échange un regard et disent : " On fait comment pour la sortir du bain ?  " Mais ils sont bizarre, il ne faut pas me sortir, au contraire il vaut mieux éviter de me toucher trop, je vais sortir moi-même, je ne voie pas où est le problème, laissez seulement passer la contraction. SF me met à quatre pattes, je ne suis bien que comme ça. Et on m'amène en salle d'accouchement. En chemin ils cognent tout ce qu'on peut cogner avec ce lit à roulettes. J'étais pas mal secouée dans la voiture et voilà que ça recommence. J'entends qu'on a mis de la musique, c'est " Figaro " , je ne l'aime pas, de plus j'avais préparé ma musique à moi, mais je m'en fous complétement, ça m'est tellement égal que je pourrais accoucher sous le hard rock On étend la grande lumière en me laissant une lumière douce. J'avoue que je l'apprécie plus que l'opéra. Je sais qu'on est obligé de me mettre un cateter avant que l'accouchement soit terminé. Encore une contraction passe et je fais encore une faible tentation pour refuser le cateter, aucun moyen, on va me le mettre. Alors je dis que si on veut le faire, il faut le mettre maintenant. Les mains de ma SF tremblent, elle ne trouve pas la veine. Pour tout dire j'ai des veines très bien, pas une seule fois de ma vie on ne me les a ratées. Elle me pique une fois, ça fait mal, elle n'y arrive pas, deuxième fois pareil. En essayant de mettre une perf, elle a touché le tendon, ma main restera douloureuse assez longtemps après. En même temps les contractions qui poussent me couvrent, je sens mon bébé descendre dans le bassin. Je lui demande qu'est-ce que je dois faire. Elle me dit que je ne dois surtout rien faire, juste écouter mon bébé, le laisser faire. Les sensations que j'ai eues sont fantastiques, je ne fais rien, je suis juste à quatre pattes et j'attends. Mon utérus pousse comme s'il existait séparément de moi et il chasse mon bébé. Durant la période d'expulsion je n'ai fait aucun effort ! Enfin on réussi à mettre un cateter dans une autre main, plus tard cette main deviendra toute bleue. Je m'en souviendrai toute ma vie de cette pose de perfusion ! Ça pousse encore, mais ça ne me fait plus mal, c'est plutôt difficile, désagréable et j'ai envie de me débarrasser au plus vite possible de cette pression, expulser vite ce qu'il y a en moi. En ce moment-là je m'entends faire un cri, ce n'est pas le son que je faisais avant qui m'aidait à gérer les contractions, c'est un autre cri, bizarre, un cri animal qui sort tout seul. J'ai l'impression de m'entendre de loin. Je me rappelle que j'en ai beaucoup lu, que c'est un fameux cri de libération, je me rends à peine compte que je suis à vrai dire déjà à la fin de mon accouchement que le bébé ne va pas tarder à sortir. Je sens la tête traverser le bassin et passer plus loin, je la sens dans mon vagin maintenant prête à sortir, je la sens entre mes jambes et j'aime pas cette sensation, elle me gène, je ne veux pas qu'elle reste la où elle est, j'ai envie de m'en débarrasser, de la pousser de moi. A ce moment-là SF commence à mettre le monitoring sur mon ventre, le fait de toucher le ventre me fait très mal et puis je ne comprends pas trop pourquoi elle fait ça, qu'est-ce qu'elle veut trouver dans mon ventre lorsque le bébé est déjà à la sortie. J'ai envie de lui dire d'arrêter, que ça sert à rien mais j'ose pas. Elle entend mon cri, abandonne tout de suite le monitoring, pour elle aussi c'est un signe que ce sera bientôt terminé. Je commence à pousser sans attendre une contraction parce que je veux que ça soit fini au plus vite. Je pousse légèrement, j'ai une sensation de brulure qui apparaît en bas et encercle la sortie du vagin, en ce moment-là je ressens très bien que je vais me déchirer et je ressens dans quelle direction partira la déchirure, mais ça m'est égal, j'ai trop envie de chasser le petit corps dehors. J'entends la voix calme de ma SF qui me dit de ne pas pousser, de me souvenir du reflex d'expulsion. Elle me dit de ne rien faire, d'attendre, sa voix me rassure. Je me ressaisi et j'ai comme une flache dans ma tête : " c'est presque fini, la prochaine contraction est la dernière, je n'aurai plus mal, je vais voir mon enfant, ma fille, dans un instant je vais la prendre enfin dans mes bras, je vais sentir son odeur et sa chaleur, ce sera terminé !" ça me donne des forces ! J'ai ma dernière contraction, la plus petite et en une seule fois ma fille glisse de moi et elle est là, devant moi, les bras écartés, toute mouillée et si propre. Je suis tellement étonnée ! Comment ? C'est vraiment fini maintenant ? Je l'ai fait ? Je l'ai fait toute seule ? J'ai accouché de ma fille exactement comme je le voulais ? Quelle heure est-t-il ? Seulement 19h15? Mais je croyais que je n'accoucherai pas avant minuit. Mais je suis pas du tout fatiguée, je peux continuer encore ! Je ne voulais pas faire si vite, je n'en ai pas assez profité, je suis encore pleine d'énergie ! J'entends la voix : " Prends-la dans tes bras, qu'est-ce que tu attends ?  " Mais bien sûr, qu'est-ce que je suis bête, qu'est-ce que j'ai à la regarder comme ça, bien sûre je prends ma petite puce contre moi. J'attrape ma petite et je la serre contre moi. Je me retourne toute seule et je m'allonge sur le dos. Je regarde ce miracle et je n'y crois pas : ça y est, je suis une maman d'un garçon et d'une fille maintenant ! SF interrompt mes pensées en me disant que le cordon a cessé de battre. La papa le coupe. Je lève mes fesses au dessus d'une bassine et j'expulse le placenta. SF m'examine, aucune déchirure, mais je le sais, j'ai tout senti. Dans 10-20 minutes la petite prend enfin le sein. Ma fièvre disparait presque tout de suite. Bébé s'endort dans mes bras. SF doit remplir les papiers, nettoyer la salle, elle court à gauche et à droite. Nous, on s'ennuie un peu, nous avons envie de dormir. Je donne la puce à son papa, je me lève toute seule, je m'habille et j'aide SF à ranger un peu la salle, je retrouve aussi les papiers que mon chéri n'a pas trouvé pendant que j'accouchais. Je me sens parfaitement bien, aucun étourdissement, ni fatigue, ni faiblesse, je suis en pleine forme, je marche et je bouge normalement comme si rien ne s'est passé. C'est seulement dans 1h qu'on pèse ma fille, elle fait 2,960 kg, 10 sur Apgar. Elle n'a reçu aucun soin, ni goutes dans les yeux, ni vitamines, rien. Papa l'a habillée, il s'est très bien débrouillé ! Je l'ai prise dans mes bras et nous sommes partis dans notre chambre à pied. Papa est resté avec nous pendant tout notre séjour à l'hôpital qui n'était pas très long. Le premier jour la petite vivait sur nous, nous n'avons pas réussi à la poser, pas une seule fois, c'est là où la présence de papa était très précieuse. On se changeait et je pouvais aller prendre ma douche, me reposer et même aller me payer un café. La deuxième nuit je me suis sentie mal, les effets secondaires de la potion magique se sont fait sentir. Le papa a passé toute la nuit avec la petite sur son fauteuil.Nous avons été obligé de rester à l'hôpital toute la journée qui a suivi l'accouchement. J'ai accouché un samedi soir, les dimanches il y a pas de pédiatre et la mairie est fermée. Alors nous avons attendu lundi matin pour sortir et à midi nous étions déjà chez nous, ce qui nous a fait une sortie à J 2.Le lendemain de l'accouchement je me sentais aussi parfaitement bien, j'avais même envie d'aller me promener dans la foret mais on n'a pas laissé sortir l'enfant de l'hôpital. Tenue sur les endorphines de l'accouchement j'ai fait un sacré contre coup quelque jours après. Une seule chose qui me faisait souffrir c'était les tranchées utérines, on m'a expliqué qu'elles étaient beaucoup plus violentes avec le deuxième accouchement. Les deux nuits à l'hôpital j'ai très mal dormi. J'ai pas apprécié du tout quand on m'a amené de l'eau fraiche à 23h00 et sont venus prendre ma tension à 6h du matin. On passait également assez régulièrement me demander si j'avais besoin de quelque chose, mais moi j'avais qu'une seule envie ? Rentrer chez moi. J'ai fait une montée de lait 48 heures pile après l'accouchement. C'est bien quand on peut comparer. Je trouve que mon deuxième accouchement était facile parce que entre les contractions on ne sent vraiment rien et il y a le temps de se reposer. J'ai eu les poses de 5-6 minutes entre les contractions et ça jusqu'à la fin de l'accouchement (c'est ce que je crois). Pendant tout le travail j'ai eu 3 ou 4 contractions aussi violentes que pendant mon premier accouchement. C'est douloureux juste au début quand l'envie de pousser apparaît tout juste. Plus loin le bébé passe, ça devient) moins douloureux et intense. Je suis folle peut être, mais j'ai encore envie de passer par ça !
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