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Histoire de naissance

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Hadrien, mon petit bébé si fragile et si sensible, aux traits si fins, je me sens enfin prête à te raconter ta naissance.

Notre histoire a commencé bien avant, bien avant ta naissance, bien avant même que tu sois niché au creux de mon ventre. Notre histoire a commencé au début de la mienne, ou avant encore, nous sommes tous profondément inscrits et marqués par tout ce qui s'est tramé dans les générations qui nous ont précédés, tous ces ancêtres que nous ne connaissons même pas.

Il y a ensuite des prises de conscience qui se font, ou pas.

Le désir de ta présence m'est venu dès la naissance de ta s&oelig ; ur, et même avant. Je voulais vite une seconde grossesse, une seconde naissance, un second enfant. Et ton père m'a suivie dans cette folle envie de toi. Tu es venu vite, peut-être que toi aussi tu m'attendais.

Toute ma grossesse j'ai eu peur que tu meures. Pas dans mon ventre mais en naissant ou juste après. Je cauchemardais d'un petit garçon mort. Je savais que tu étais un garçon. Tes premiers mouvements je les ai ressentis si doux, si délicats, comme si tu veillais à ne pas me heurter trop fort. Et aussi comme si tu n'osais pas prendre ta place, comme si je ne t'y autorisais pas. Tu étais tellement à l'écoute… C'est difficile de mettre des mots sur ces sentiments, nous étions en symbiose dans la retenue.

J'ai refusé de savoir pourquoi, j'ai refusé de creuser ces rêves. J'étais pourtant bien entourée, la sage-femme me disait qu'il fallait que je te fasse une place, Valérie ma doula était à l'écoute mais je me taisais et Blandine m'avait proposé d'aller fouiller ces rêves que je ne lui avouais pas. Je n'ai dit à personne que j'étais le deuxième enfant de cette mère que je ne connais pas et que je refuse, je n'ai pas dit non plus qu'entre moi et cet autre enfant il y avait le même écart qu'entre toi et ta s&oelig ; ur, tout juste plus d'un an. Tout cela je le savais mais j'ai refusé de m'ouvrir au bouleversement de la grossesse. J'espérais me tromper. J'espérais tellement, c'était si dur. Je m'en veux.

Plusieurs fois tu m'as envoyé des signaux de ton malaise. A sept mois de gestation tu as frappé à la porte, tu as voulu sortir. Tu m'as forcée à éloigner un peu ta s&oelig ; ur pour que je me repose et que je me consacre entièrement à toi. Je t'ai enfin bercé, enfin parlé et tes gestes sont devenus plus vigoureux, tu étais plus présent. Mais j'avais toujours au fond de moi, bien cachée, cette intime conviction de ta mort.

Et puis d'autres choses sont venues perturber ce qui devait nous conduire dans mon esprit à une naissance sereine à la maison. Le jour à partir duquel la sage femme acceptait de venir chez nous pour ta naissance j'ai eu une irruption de boutons qu'on a soupçonné être un herpes, ce qui empêchait tout accouchement à la maison, et nous aurait conduits, si tu étais né, vers une césarienne à l'hôpital. Inacceptable pour moi. Tu voulais encore sortir, je t'ai parlé, je t'ai demandé d'attendre un peu, j'ai fermé mon corps qui commençait son travail pour ta naissance le jour même. On a tenu une semaine le temps d'avoir les résultats des examens.

LES JOURS DE TA NAISSANCE.

Je suis enfin autorisée à accoucher, tous les problèmes sont écartés. Je te murmure que tu peux venir quand tu veux mon amour. Tout se fera dans le calme, la sérénité et la douceur. Je suis prête, je t'attends. Je veux croire que tout est réglé, oublié. Ta s&oelig ; ur rentre de chez vos grands-parents, je voulais qu'elle soit la première à te découvrir après nous. Elle et moi faisons une longue sieste, je suis réveillée par des contractions et je me rendors à chaque fois, je sais que tu vas venir, aujourd'hui, le 7 juillet. Je me sens si bien avec vous deux, elle qui est enfin de retour et toi qui te prépares au grand voyage.

Le temps passe, la sieste dure longtemps, puis Morgane se réveille, ton père rentre, je regarde l'heure et je réalise que j'ai ces contractions depuis déjà quatre heures. J'annonce à Loïc qui nous allons bientôt te rencontrer. Les contractions deviennent de plus en plus sérieuses, elles me font mal, heureusement qu'il est là pour s&lsquo ; occuper de Morgane.

Il me dit qu'il serait peut-être plus prudent d'appeler la sf pour que cette fois elle ait le temps d'arriver. Je ne veux pas, pas déjà, j'ai envie qu'on ne soit que tous les trois pour t'accueillir. Je lui demande un peu de répit. Il accepte, inquiet. Je me connecte à internet pour annoncer à mes amies que bientôt on va te voir, celles du forum et aussi Blandine, pour toutes les pensées positives qu'elles nous enverront, pour partager mon bonheur. Je suis euphorique. Une amie m'appelle, s'excuse de me déranger et me propose de l'appeler si je ressens le besoin d'éloigner Morgane ou si j'ai besoin qu'elle reste là pour s'en occuper. Je la remercie et lui dis que j'appellerai si besoin. Cela me rassure de savoir sa disponibilité j'ai une totale confiance en elle.

Besoin de me déconnecter de tout ça, besoin de rentrer dans ma bulle, plus envie de parler.

Et l'angoisse arrive. Tous ces rêves qui me reviennent. Cette certitude qui émerge. Ta naissance ne sera pas facile, on a besoin d'aide, il faut que la sf soit là, absolument, ça ne peut pas bien se passer. Je vérifie l'état de mon col, il est très très dilaté, presque totalement je crois. Ça va vite, très vite. Loïc regarde aussi. J'appelle la sf, je lui explique la situation. D'après mes calculs elle devrait arriver juste pour ta sortie, elle a 45 mn de trajet. Et là elle me dit qu'elle est là dans dix minutes, une autre femme est en pré travail juste à côté de chez moi, elle vient, je devrais accoucher avec elle. Les choses commencent à ne pas tourner rond, je ne voulais pas comme ça.

Les contractions sont très intenses, tu me donnes des petits coups quand je te caresse. Quand la contraction me prend je ne parviens plus à parler ni à penser, je me laisse aller dans la vague qui m'emporte. Je croise un miroir et je suis belle, comme après l'amour.

Il y a trop de monde à la maison, trop de monde, je suis enfermée, étouffée, il me faut de l'air. Je regrette les conditions de la naissance de Morgane, j'avais gardé son arrivée comme un secret, presque jusqu'à la fin. Je m'installe à la fenêtre de la cuisine. L'air frais me soulage. Chaque contraction est une vague de plaisir qui ouvre mon corps. Le temps est suspendu je goûte au plaisir et à la joie de ta naissance. Je vois des gens passer, certains me disent bonjour, je leur réponds parfois, quand je peux. Ils ne savent pas que je suis en train d'accoucher, que je remue mon bassin à chaque contraction. Ils ne voient rien et leur présence ne me gêne pas.

Puis une voiture passe, dedans deux femmes qui me font signe. Valérie et la sf, gaies comme si elles venaient assister à une fête. Elles sonnent, je vais leur ouvrir et la bulle se brise. La sf me demande si je veux qu'elle regarde mon col, je lui réponds oui, je ne sais pas pourquoi, je ne veux pas vraiment mais à ce moment je suis coupée de mes sensations. Je m'assieds sur le canapé et elle me dit que je suis à 7. Le chiffre me heurte, je ne voulais pas chiffrer ta naissance. Je vois qu'elle pense que tu seras bientôt là. Elle écoute ton c&oelig ; ur aussi, elle l'entend à gauche tu t'es bien retourné dans la nuit, je t'avais senti le faire. Valérie saute de joie, comme moi elle avait peur des contractions dans les reins et d'une mauvaise présentation. Je retourne dans la cuisine et on me fiche la paix, je respire toujours l'air si frais. J'ai mal, je crois, mais cette douleur va dans le sens du plaisir, je l'accepte. Valérie vient me voir, tout doucement, sans rien rompre, j'accepte sa présence. Elle m'a toujours soulagée Valérie, elle est porteuse de lumière. Elle me propose de me masser les reins, j'accepte parce que j'ai mal à cet endroit, elle me diffuse une douce chaleur dans tout le ventre et le dos, je suis bien avec elle. Je lui confie le plaisir que j'éprouve à sentir mon corps s'ouvrir pour toi, elle me dit que je suis très belle. Je me sens femme comme jamais. Elle m'installe un coussin sur le rebord pour que je sois plus à l'aise à ma fenêtre. La sf vient et me dérange, elle le sent et repart.

Puis elle revient, elle veut écouter ton c&oelig ; ur. Pour ça je vais sur le lit, je m'assieds. Ça fait mal. Ton c&oelig ; ur se porte bien, je le savais, c'est après que ça n'ira pas. Mais je ne suis plus dans les mots, je ne parle pas. Je regarde le réveil, ça fait une heure déjà qu'elles sont là. Elle regarde encore le col, ça n'a pas bougé.

Mon amie Laëtitia viendra pour s'occuper de Morgane et que Loïc puisse être avec moi, je l'embrasse mais suis hors d'état pour faire la conversation. Elle restera très discrète et plus tard elle emmènera Morgane chez elle. Avant qu'elles partent Loïc m'amènera Morgane plusieurs fois pour un bisous ou un câlin, ça m'aide de l'avoir là, de la voir, de la toucher, de la voir aussi à l'aise, elle me baigne d'amour.

Ensuite les choses deviennent floues, je ne me souviens plus bien, c'est le début d'une descente en enfer.

Je prends un premier bain, Loïc près de moi, et Valérie qui me masse avec le jet de la douche en alternance avec Loïc, je ne vois même plus qui est avec moi, parfois je crois que c&lsquo ; est l&lsquo ; un et je m&lsquo ; aperçois que c&lsquo ; est l&lsquo ; autre. Puis elles veulent que je sorte, elles pensent que tu vas naître bientôt. Moi je dis que non, qu'on me laisse mais la sf me pousse à sortir du bain. La chambre est prête, les alèses sont sur le lit, le radiateur en marche pour que tu n'aies pas froid. Ça me fait un choc de voir que tout est prêt, je n'ai pas ma place ici. Je suis mal, j'ai trop chaud et je dis à la sf que je veux retourner dans le bain, elle insiste pour regarder le col qui n'a toujours pas bougé. Je ne sais pas depuis combien de temps elles sont là mais ça fait un bon moment, peut-être trois heures maintenant. J'ai un peu faim mais je ne parle toujours pas. Elle me suggère de rester debout, je me mets à la fenêtre, toujours cette impression d'étouffer sinon. Il fait nuit maintenant. Du sang coule, elle me dit que le col travaille. Rien ne bouge pourtant. Je crois que je me mets aussi sur le lit, à quatre pattes et d'autres choses, rien de tout cela n'a de sens. Je retourne dans le bain, une heure, les contractions me fatiguent, je suis épuisée, je pleure. Ça ne va pas, quelque chose ne va pas. Je subis maintenant. La fatigue, la douleur, ça ne va pas aller j'en suis sûre. Elle prend ce désespoir pour ce qu'on appelle la phase de désespérance, dit que c'est bon signe que je me débatte ainsi. Je sais que non mais tout à l'intérieur, je ne peux pas, ne veux pas parler. Elle regarde le col dans le bain, avec cette peur que tout aille trop vite d'un coup, ta s&oelig ; ur est née en 2h30. Il n'a toujours pas bougé. Elle part et puis elle revient. Elle regarde à nouveau et rien n'a changé. Elle me dit "Écoute là il y a quelque chose qui ne va pas (enfin) , ton bébé devrait déjà être là, rien n'a bougé depuis cinq heures que nous sommes arrivées, il va falloir aller à l'hôpital" . Je lui réponds que c'est hors de question, qu'ils vont m'ouvrir le ventre, que je sais que tu peux naître tout seul. Elle me demande ce qui bloque, je ne sais pas, pas envie de lui parler. Je suis trop bloquée. Elle me laisse encore un peu, Loïc vient me voir. Je lui demande de nous protéger, d'aller la dissuader, qu'elle nous laisse encore un peu de temps. Je bouge dans la baignoire, je ne sais pas quoi faire, j'essaye de trouver la réponse qui ne vient pas. Loïc me dit qu'elle me laisse un peu de temps, je sais dans le fond qu'elle va m'en laisser, que tout ça c'est pour tenter de me faire réagir avant de devoir y aller. Mais ça ne va pas, j'ai peur. Je dis à Loïc que je veux y aller, il va le lui dire. Elle revient, regarde encore mon col et m'annonce heureuse que ça a fonctionné, que maintenant je suis ouverte à 8. Que maintenant ce n'est plus la peine de s'en aller. Je la supplie, il y a une sirène d'alarme qui retentit dans ma tête, ça ne va pas je le sens, je lui explique que ce n'est pas elle qui m'a fait peur mais que je le sens au plus profond. Je lui explique mal sûrement, elle ne m'écoute pas, j'ai du mal à parler je ne dois pas être claire. Je ne te ressens plus.

Il faut que tu naisses, vite, ça ne va pas.

Je commence alors à pousser dans l'espoir de faire ouvrir ce col. Elle revient ça a bougé un peu il parait.

Je ressors du bain et retourne à la fenêtre. Je pousse et elle me demande si je ressens vraiment l'envie. Je mens pour qu&lsquo ; elle me laisse en paix, je dis que oui mais elle ne me croit pas. Je continue quand même à pousser, sans envie mais comme mon instinct me le commande. Je connais le réflexe de poussée, je sais que c'est mieux de laisser faire les choses, je sais que je peux ressentir ce réflexe pour l'avoir déjà vécu mais là c'est différent je le sens. Il faut que tu naisses, je te demande de m'aider.

Je suis à genoux, les bras autour de la tête de Loïc et je pousse, je l'étrangle à chaque fois. Il ne dit rien, parfois je l'embrasse pour puiser de la force en lui. Il me vaporise quand j'ai trop chaud, il fait si chaud, me tend la bouteille pour que je puisse boire, je ne suis même plus capable de l'attraper. Elles nous laissent tous les deux, espérant que la situation se débloque dans l&lsquo ; intimité, et je finis par hurler, elles reviennent. J'ai si mal, le plaisir est parti depuis longtemps, j'ai mal, j'ai peur, rien ne va. Absolument plus toute puissante. C'est un combat que je livre, je me bats de toutes mes forces sans savoir contre quoi. Pas contre ta naissance mais contre ce qui l'empêche. Je me bats comme je peux, contre cette chose en moi.

Elle me dit qu'une bande de col reste, je touche et je la sens moi aussi. Ta tête et cette bande de col qui est coincée. Je sens la poche de liquide, toujours intacte et très bombée, très solide aussi. Je m'allonge et je tente de repousser la bande de col en même temps que je pousse. Ça me fait un mal pas possible et ça ne change rien. Je continue tout de même. La sf avait essayé avant moi mais je hurlais et refusais, elle m'a laissée faire, c'est mon combat. Je n'ai plus la force de me mettre debout ou à quatre pattes ou autrement qu'allongée. Je dis que je dois pousser. Elle doute toujours mais je m'en fous. Alors ils se mettent tous avec moi, je suis allongée sur le côté, Loïc me tient la main et je broie la sienne, Valérie me tient une jambe en l'air sur ma demande et j'ai l'autre pied bloqué contre le ventre de la sf, à chaque poussée je pousse aussi sur les jambes. Je pense que je dois leur faire mal à tous, mais tant pis pour eux ils n'auront jamais aussi mal que moi. Ça dure, rien ne change. Je veux que la poche des eaux se rompe, il faut que ta tête puisse appuyer pour m'aider. Je demande à la sf de la rompre, elle refuse, je tente de le faire avec mes doigts mais j'ai peur de te faire mal. Alors je pousse. Je hurle, je dis qu'il faut que ça s'arrête. Valérie me dit "pas que ça s'arrête, que ton bébé sorte" . Tout ça n'a plus de sens, tu vas mourir. Et peut-être que moi aussi. Le regard de Valérie m'aide à ne pas perdre totalement pied.

La poche des eaux se rompt enfin. Des tonnes d'eau sortent de moi, la sf me dira plus tard qu'il y en avait vraiment beaucoup, elle en avait rarement vu autant. C'est d'une puissance inouïe toute cette eau qui sort de moi, un vrai torrent. J'ai très mal d'un coup, encore plus qu'avant, je ne croyais pas ça possible. L'eau ne s'arrête pas de couler, à chaque poussée il en sort encore et toujours de moi. Tu descends très vite je crois, je pousse à n'en plus finir, je te sens mal, et ta tête sort enfin. Tu ne cries pas, le reste du corps suit très vite. Tu es là à côté de moi, je ne sais pas comment, j'ai vu ta tête sortir de moi et tu as été là. Je suis loin, très loin, doula et sage femme sortent je me demande pourquoi, plus tard je comprendrais que c'était pour se changer, elles étaient trempées. Je ne ressens rien sauf que tu ne vas pas. Je ne reconnais pas la magie de la naissance, celle que j'avais rencontrée à la naissance de Morgane. Je le dis à Loïc qui me répond que tu vas bien tu respires. Mais non tu ne vas pas. La sf revient et se précipite, elle dit "ça c'est un bébé qui va mal" . Tu ne respires plus, tu es mou et gris.

Elle panique, perd tout son sang froid. Valérie te masse la poitrine, pendant qu'elle crie qu'elle n'a pas son matériel, qu'il faut aller le chercher. Elle cherche ses clés de voiture je crois. Valérie te fait du bouche à bouche ou t'aspire je ne sais pas. Tu reviens un peu, tu tousses. Tes yeux s'ouvrent mais tu n'es pas vraiment là, entre ici et la mort. Je lui dis que tu vas mourir, elle me dit que non, qu'il faut que je te parle pour que te restes, je te supplie de rester avec nous, je n'arrête pas. Je pleure, je te supplie, je te touche, j'ai envie de te secouer pour que tu réagisses. Tes yeux sont pleins d'amour. Je refuse de te perdre. Entre mes jambes une sensation de douceur, c'est le placenta qui sort et me caresse. La sf a retrouvé ses clés, Valérie et Loïc vont chercher le matériel, et elle te masse. Ils reviennent, elle t'enfonce un tuyau et t'aspire et moi je te parle, Loïc aussi, et tu reviens petit à petit. Tu es là mon bébé. Les secours arrivent, ils ont appelé le SAMU. Les pompiers d'abord me rassurent, ils me disent que maintenant tu as l'air d'aller bien. Moi je te sens encore ailleurs, entre deux. Ils me prennent la tension et me parlent, je me fiche de ma tension, je vais bien, je n'ai pas besoin de soins. Ensuite le SAMU arrive, ils t'aspirent encore un peu, tu avais inspiré beaucoup de liquide.

Ils disent qu'il faut qu'on aille à l'hôpital, la sf confirme que c'est plus prudent. Le SAMU t'emmène et moi je veux venir avec toi, ne pas te quitter mais on m'empêche de me lever. Je suis bien je m'énerve mais ils sont déjà partis et la tête me tourne quand j'essaye de me lever personne ne veut m'aider. Juste un soutien et je pourrais marcher. Les pompiers veulent me mettre sur leur civière je peste mais pas la force de me battre et je suis pressée de te rejoindre.

Le trajet dans le camion est irréel. Ils me font la conversation je réponds même mais toutes mes pensées sont vers toi.

On arrive enfin à l'hôpital, je veux sauter de la civière pour courir te rejoindre mais je suis enfermée sous leur truc en plastique, ils me font rouler sur la civière. C'est incohérent de rouler là alors que je peux marcher et aller plus vite. Ils ne comprendront jamais que je peux marcher. On arrive dans une salle où tu n'es pas, les pompiers me disent au revoir et me souhaitent plein de bonnes choses. J'ai un pincement au c&oelig ; ur de les voir s'éloigner ils étaient sympas et j'ai peur de savoir sur qui je vais tomber. Et tu n'es pas là. Je dis à Loïc de me laisser, d'aller te chercher, de rester près de toi surtout. Il part et je reste seule. Je l'entends parler dans la pièce d'à côté, moi je suis sur un lit trop haut pour descendre je ne sais pas comment faire, c&lsquo ; est donc ça ces maudites tables d&lsquo ; accouchement. Mais le son de sa voix est calme, il parle avec quelque un je ne comprends pas les mots, juste le ton calme, ça me rassure tu vas sûrement bien.

Une aide soignante vient, ne se présente pas, m'appuie sur le ventre sans un mot.

Une sf arrive et m'examine sans rien dire, je veux qu'on me dise comment tu vas, elle me répond à peine. Elle veut regarder mon périnée, je lui réponds qu'il va bien, merci, elle veut savoir si je suis déchirée, sort son matériel pour me recoudre, je m'énerve.
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