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J'ai souffert mais ça valait le coup

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Jeudi 25 juinje suis enceinte de 40sa + 1jour, mon terme est prévu le mercredi suivant.

J'ai des contractions assez douloureuses pour être gênantes depuis 3semaines environ, bien quelles se sont raréfiées depuis quelques jours. Quoiquhier j'ai passé la journée à avoir mal, une douleur dure à définir, mal au ventre, et surtout une fatigue intense alors que j'ai passé les 2derniers mois à cuisiner, repasser, laver, lessiver, faire mes carreaux et rebords de fenêtre, une vraie fada !!! Jaurais pu courir je laurais fait.Je nai pas envie dune nouvelle césarienne, j'ai envie dêtre active et de vivre pleinement mon accouchement. Ce mot pleinement prendra tout son sens quelques heures plus tard.

Donc cette nuit là, je me réveille vers 4h, des contractions qui commencent. Habituellement quand jen ai, cest une petite, puis rien pendant des heures, mais là elles se suivent. Je reste éveillée, je ne peux plus me rendormir. A 5h le réveil de David sonne, je le secoue pour le sortir du lit. Il se lève et je ne me rendors toujours pas, absorbée par les contractions. J'ai pris mon portable grâce auquel je compte précisément lécart entre chaque contractionelles arrivent environ toutes les 6minutes. Quand David vient me faire un bisou avant de partir, je lui dis que jen suis à 2h de douleurs non stop et que je risque de le rappeler pour rentrer, mais comme rien nest sur, il part travailler.

Et moi je continue à compter encore et encore.

Je commence ma journée comme toutes les autres, je me lève, prépare Camille et la dépose à lécole. J'ai le cur serré car je sens vraiment que ça va être pour aujourdhui donc je tente de la préparer en lui disant par exemple de prendre son doudou quelle nemmène normalement quaprès déjeuner pour sa sieste au dortoir. Si je ne peux pas la récupérer pour déjeuner elle ne laura pas. Je lui dis que je risque de devoir aller voir le docteur pour quil aide sa petite sur à venir. Je veux parler à la maitresse, la prévenir mais j'ai les larmes aux yeux, donc jabandonne ma petite cacahuète et me sauve comme une voleuse.

Je rentre à la maison, et me dis quil vaut mieux rappeler David pour quil ai le temps de rentrer desfois que le travail saccélère. Cest pour aujourdhui, jen suis sure à présent, je nai plus trop de doutes après 4h de contractions !! Il est sur le trajet du retour, et je commence à morganiser. Je finalise ma valise, prépare le sac de Camille. Maman est prévenue, Jean Paul qui est en vacances viendra la chercher à lécole ce soir. Elle pourra rester chez eux pour le week-end sil faut, ce qui me soulage énormément. Du coup jappelle la maitresse et lui dis que je suis semble-t-il sur le point daccoucher, pour lui demander de mettre Camille à la cantine. Je parais un peu affolée au téléphone apparemment.

David rentre, je tourne et vire dans la maison, je fais des tas, je range pour quil nai pas à ramasser en mon absence, je prends mon temps finalement.Je ne veux pas partir trop tôt.

A 11h nous partons pour la maternité.

Arrivés sur place je me présente aux urgences et on me prend de suite en charge, monitoring, vérification du col. Certes il y a des contractions, mais toutes les 10minutes maintenant ! La sage-femme est sceptique, mon col est passé de 1doigt à 2doigts en une dizaine de jours, daprès elle je peux accoucher ce soir comme dans une semaine, gloups !

Alors elle me demande daller marcher 1h dans lhôpital, et de revenir refaire un examen.

Je commence à perdre espoir et à me dire quon va pouvoir repartir, alors avec David on se met à faire le tour de tout lhôpital, sous un soleil de plomb. Je sue, et les contractions me prennent exactement toutes les 3minutes !! On se dit que si ce nest pas pour aujourdhui on ira déjeuner au resto et quon ira faire les magasins histoire de bien me fatiguer. On fait le tour environ une huitaine de fois, on sarrête même pour manger des cerises !! Grosses comme des calots !

1h est passée, les 3minutes sont vraiment régulières, je reprends espoir. On retourne en salle, je meurs de chaud !!! Là, on revoit mon col, la sage-femme me dit que mon col est passé à 4doigts !!! Je nen reviens pas !! 2cm en 1h, cest parti alors !! Elle me dit bon, vous êtes en travail, on va vous passer en salle de naissance ! Je suis toute chose, ça y est, on aura notre bébé dans les heures qui viennent !! David lui demande si cest tout de suite mais on ne va pas manger alors ?! Ils me font trop rire, lui et son estomac ! Mais effectivement, pas question de repartir, tout senchaine à présent.

Il est 14h Je passe donc en salle, la salle 8 ! Le 8 est mon chiffre, celui de ma naissance, celui de la naissance de David, le numéro de limmeuble où j'ai passé mon enfance.

Je minstalle confortablement dans un grand coussin sur la table de travail, David arrive, je suis perfusée. Je regrette de ne plus pouvoir bouger. On nous dit pendant 9mois de rester actives dans notre travail mais finalement on se trouve rapidement ligotées dans ces salles médicalisées.

Les heures passent, j'ai des contractions très régulières et très douloureuses dès le début.

Tout comme pour Camille je ne veux pas de péri, mais elle est obligatoire dans mon cas, à cause du fort risque de césarienne. Donc pour être sure de ne pas avoir dAG dans ce cas, jaccepte quon me la pose de suite. Je stresse un peu car je garde un affreux souvenir de ce truc pour la naissance de Camille (piquée 8fois, je sentais le cathéter me gratter la colonne, je pleurais de douleur ! ). Mais cette fois, avec mes kilos en moins, il ne devrait pas y avoir de souci. La pose se fait effectivement en douceur, je suis finalement contente parce que les contractions sont quand même très fortes et toujours toutes les 3minutes. Jattends les 10minutes annoncées, mais pas deffet.Je pompe comme on me la dit, mais pas deffet 10minutes plus tard. Je rappelle car la douleur est vraiment intense, alors lanesthésiste minjecte un autre produit dans la perf, mais 20minutes plus tard j'ai toujours aussi mal.Le temps passe, je commence à macharner sur cette pompe qui ne change rien, je rappelle, et là on me propose de retirer la péri et de la reposer au cas où elle serait mal placée.J'ai si mal que peu mimporte, alors on me réinstalle et on me repique. De nouveau jattends 10, puis 20minutes, et les contractions qui sintensifient.J'ai du mal à me maitriser, je commence à dire des choses pas très belles, je perds patience, jen ai marre davoir si mal !! Lanesthésiste revient, me confirme que la 1ère péri avait été bien posée, et ne comprend pas ma résistance. Il me réinjecte son produit par la perf, je sens juste du froid me couler dans le dosil vérifie encore et encore mes sensations à laide de compresses deau glacée, et je sens tout !

Quelques heures ont passé, et je ne supporte plus les contractions, je me tortille sur la table de douleur.Je commence à pleurersur le dos, sur le côté, rien ne me soulage. David est désemparé, les 3sage-femmes qui tournent dans la salle le sont tout autant, et les 2 anesthésistes également !

On décide de me percer la poche pour aider bébé à appuyer. Il faut que ça aille vite maintenant, sinon je ne tiendrai pas le choc !

Il doit être 17h15 environ quand je narrête pas de crier que ça pousse, j'ai la hantise daller à la selle alors je me tors de plus en plus, bref, cest insoutenable !! Moi qui me qualifie de résistante à la douleur, et qui ai toujours critiqué ces femmes dans les reportages qui hurlent, je suis en train de crier que je vais mourir, que je nen peux plus, que je veux quon maide, quon me fasse une césamais tous ces gens sont impuissants !! On vérifie mon col et on mannonce quil est à 9 ! Alléluia !!! Lhoméopathie prise tout le travail a peut-être aidé, la dilatation a été rapide ! Mais là je nen peux plus, mon corps se décolle de la table, je ne sais plus comment me mettre, et les 2minutes de répits entre chaque contraction ne me suffisent pas pour récupérer.

Je crie de plus en plus, j'ai envie de pousser, je suis apeurée la sage-femme minstalle et me dit quil faut que je pousse, même un peu tôt, mais que cest tout ce qui peut me soulager.

Alors je prends de lair maladroitement et je pousse. Puis je pousse, et je crie que je vais aller à la selle, ce qui me traumatise !! Mais je ne contrôle plus, je pousse, il faut que ça sorte, j'ai limpression que mon corps se déchire. Les sages-femmes au nombre de 3 me disent que cest bien, que mon bébé a plein de cheveux, je pleure, je souffre.

Je pousse encore, là on me propose de mettre ma main, ce que je fais, et je sens une grosse chose gluante entre mes jambes. Cest la tête de mon bébé, mais ça me dégoute, puis ça mémeutje pleure de plus belle, mais je ne relâche pas. Je veux quelle sorte seule !

Ca brûle, je dis tout haut tout ce que je ressens, je suis toute désordonnée, tout ce que je ne voulais pas être, mais j'ai si maaaaaaaal !!!

Et enfinCharlotte.la voilà, on me la pose sur le ventre, elle est toute blanche, et couverte de sang.On me rassure en me disant que cest le mien et pas le sien. Elle est belle, je lattrape, je la serre contre moi, je la respire. David est en larmes près de moi, lui qui me tient la main depuis le début, qui essaye tant bien que mal de me soutenir. Nous sommes submergés à la vue de ce petit être sorti de mon ventre, cest MERVEILLEUX !!!

La douleur je ne la sens plus, je suis heureuse, et si fière dy être arrivé ! Mon cur ne sest pas arrêté, et pourtant je lai senti faiblir !!

J'ai mon bébé en peau à peau, elle est toute petite, elle sagrippe à moi tel un petit singe, et se hisse jusquà mon sein quelle veut déjà téter !

Retour à des choses plus désagréables, on me dit que j'ai une déchirure, quil faut me recoudre. Sensuivent 45minutes durant lesquelles j'ai mon bébé collé à moi, minutes pendant lesquelles on me recoud, évidemment à vif puisque la péri na eu aucun effet !! Je continue à avoir mal, mais forcément moins, anesthésiée par le bonheur.

Le peau à peau dure et on me retire Charlotte juste pour lui faire les premiers examens, puis on me la rend, cest génial !!

Nous restons là, le personnel baisse la lumière pour notre tranquillité, et nous savourons ce moment. David narrête pas de me répéter combien il est heureux, fier de moi, et apparemment pas du tout exaspéré de mes cris et autres humeurs. Il semble fasciné par ce petit bébé avec qui nous faisons connaissance, et secoué par ce que nous venons de vivre. Il me dit que je lui ai fait peur, que j'ai fait des grimaces pendant lesquelles il ne me reconnaissait plus. Heureusement quil ne ma pas filmée !!!

Après 3h au moins de peau à peau, il est 21h30 quand on minvite à mhabiller, et à monter sur un fauteuil roulant, et à prendre mon bébé tout contre moi pour aller dans ma chambre.

Quelle aventure douloureuse.mais formidable !!!!! Et une nouvelle vie à 4 qui commence avec ses angoisses et ses bonheurs.
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51110
b
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