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Je suis déçue d'avoir accoucher par césarienne

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Hélène, 28 ans, maman de Raphaël né le 23 juillet dernier par césarienne. Et comme le titre le suggère, je ne digère pas cette césarienne, ma césarienne. Jusqu^à aujourd'hui je n'arrivais pas a en parler, a ouvrir les vannes de ma douleur complètement. J'ai décidé de la mettre par écrit, d'en faire le récit dans le but de m'en délivrer je l'espère. Merci de me lire et de m'entendre. Depuis toute petite, j'ai rêvé du jour où je serais maman. Dans le sous-sol, dans la grande bibliothèque, il y avait une encyclopédie médicale et mon chapitre préféré, celui qui me fascinait le plus, était celui concernant l'accouchement, la naissance. Il y avait des photos, on voyait une femme, sur le dos, jambes écartées, la tête du bébé sortant par son vagin. Ça ne me faisait pas peur, au contraire ce pouvoir d'enfantement me fascinait. Je posais des questions a ma mère, a savoir si ça faisait mal. Elle me disait que oui, mais qu'elle ne s'en souvenait pas, qu'elle avait oublié à la seconde où on m'avait posée sur son ventre. J'ai grandit confiante que ce pouvoir de donner la vie était en moi, avec le désir de mettre au monde plusieurs enfants, naturellement. Les années ont passé, est venu le jour où je suis tombée enceinte. Nausées, douleurs au bassin, rien ne me faisait descendre de mon nuage, il n'y a pas plus grand bonheur que de sentir ce petit être se développer en soi. J'ai fait des recherches, je voulais accoucher le plus naturellement possible, sans péri, sans épisio, dans la position de mon choix, dans l'eau si je le désirais le moment venu. Je me suis buter à de l'incompréhension, à de l'incrédulité. Si j'avais pu, j'aurais voulu accoucher chez moi, mais comme je déménageais à la fin de ma grossesse, difficile à réaliser. Mais j'ai fini par trouver la maternité qui nous accueillerait, mon mari et moi, afin que vienne au monde notre bébé comme nous le souhaitions. Les semaines passent, bébé ne se retourne pas, il présente ses fesses. Peu importe pour moi, je veux une voie basse. Ça ne m'effraie pas, je me sens capable, je suis forte de ce pouvoir que j'ai toujours senti en moi. Le docteur est d'accord mais avec péri. Non, pas de péri. Je me renseigne, je lis, je ne veux pas de péri. Je veux marcher, je veux accompagner mon bébé. Je tiens bon, les sage-femmes de la maternité sont avec moi. Il en est décidé ainsi. Jour du terme. Toujours pas de contraction. Je suis sereine, ce sera pour bientôt, je le sens, je suis prète, je t'attends mon petit amour. Visite de surveillance, monito satisfaisant, bébé bouge beaucoup, col ramolli a 1 cm. Echo de contrôle par gygy de garde : bébé a passé une jambe sous lui (siège semi décomplété) , cordon autour du cou, je n'ai plus de liquide amniotique, mon placenta se fatigue. Le verdicte tombe : plus de voie-basse possible madame, trop risqué, il vous faut accepter la césarienne, il faut le sortir de là d'ici 24 heures. Le monde s'écroule autour de moi. Non, ce n'est pas possible, vous me mentez, vous voulez une césarienne car plus facile pour vous. Je pleurs, j'essaie de négocier : on attend les premières contractions, il peut encore se retourner. Je veux y croire. Je ne peux me résoudre. Mon mari est à côté de moi, impuissant. Il sait ce que ça représente pour moi. Les deux me regardent, attendant que je prononce le oui, que je donne mon accord. Les mots se coincent dans ma gorge. Je ne peux les prononcer. La seule chose que j'arrive à dire : à quelle heure? Je pleurs, je pleurs, je pleurs? Mon corps me laisse tomber, il me trahit, je le déteste. Il est décidé que j'entrerai au bloc à 8h le lendemain, j'arriverai à la maternité le soir même pour y passer la nuit. Je ne veux le dire à personne, personne ne doit savoir pour le moment, si quelqu'un appelle on lui dira que il y a toujours rien à l'horizon. J'ai honte de moi, honte de mon corps, comme si c'était ma faute. Moi, qui ai proné le naturel, le physiologique, je me retrouve à devoir subir la plus médicalement assistée des naissances : la césarienne. Je suis effondrée. Je me dis que je devrais être heureuse, dans un peu plus de 12 heures je tiendrai mon bébé. Mais non, cette naissance a perdu toute saveur à mes yeux, j'essaie de me raisonner. Je prépare ma valise pour la maternité, non plus pour un accouchement mais pour une opération. C'est maintenant la nuit. Je suis seule dans ma chambre d'hopital, dans le noir, mon mari viendra me rejoindre au matin. J'ai les yeux ouvert, je te parle. Je sais que ce n'est pas de ta faute, je ne t'en veux pas à toi. Je culpabilise en me disant que je n'ai pas le droit de te faire ressentir ma détresse, ma douleur. Et tout d'un coup j'ai peur : et s'il devait t'arriver quelque chose pendant la nuit, si tu souffrais ? J'ai peur de te perdre, je voudrais déjà y être? Et là, dans le silence, j'entends parler, crier "ça pousse, ça pousse, ahhhhhhhhhhh !!!! ". Une autre maman vient d'arriver, elle accouche. Et là, ça éclate en moi, une douleur telle de la lave en fusion. Elle me brûle à l'intérieur. Je n'accoucherai pas moi. Je suis jalouse, je ne la connais pas mais je la déteste. J'ai mal comme jamais dans ma vie, j'en ai le souffle coupé. Je voudrais crier moi aussi, crier ma douleur, mais je ne peux pas, je n'ai pas le droit. C'est le matin, douche bétadine, rasage, j'attends qu'on vienne me chercher. Chance dans ma malchance, je suis dans un hopital humain, papa viendra avec nous au bloc, il s'occupera de toi pendant qu'on me recoudra et vous viendrez me rejoindre en salle de réveil pour la première mise au sein. Les gens sont gentils, prévenants, ils semblent comprendre mes larmes ou à tout le moins ne les jugent pas. Je ne sens rien, rien du tout, je suis endormi jusqu'au cou, je réagis trop fortement à la rachi. On te sort de mon ventre, tu lances un petit cri, plus un grognement qu'autre chose. Je dois avouer que je suis émue. On te présente à moi et à papa. Tu es magnifique. Mais tu pourrais être le bébé d'une autre, je ne te reconnais pas, je n'arrive pas à faire le lien entre mon ventre et toi. Il manque une étape, il manque le lien entre les deux. Je t'ai porté, je serai ta mère, mais je ne t'ai pas mis au monde. Ça prendra encore quelques jours avant que je te reconnaisse comme mien, tu es on fils, je t'aime. Je veux sortir, laissez-moi rentrer chez moi, je ne veux plus entendre de maman arriver la nuit pour accoucher, je ne veux pas les croiser à la nurserie le lendemain donnant les soins a leurs bébé alors que moi je suis dans une chaise roulante à regarder quelqu'un d'autre le faire. Je ne veux pas laisser la douleur physique avoir le dessus, je me lève, je l'affronte, la provoque. Elle est l'écho de ma douleur psychologique. Je veux rentrer chez moi, je veux être seule avec papa et toi. Je veux être seule avec ma douleur. Ici, on essaie de me faire parler mais je ne suis pas prète, je ne veux pas, je garde tout pour moi. Je dois être plus forte que la douleur. Je ne veux plus me faire dire "l'important c'est que bébé et maman aillent bien", c'est comme si je devais renier ma douleur. Je voudrais crier "non, j ne vais pas bien justement ! " mais les gens ne comprennent pas. Ils ne voient pas dans mon coeur, ils ne savent pas. Ils ne sont pas moi. Deux mois et demi ont passé. Face à l'incompréhension des gens, j'ai préféré me taire et vivre mon deuil en silence. Mais la pilule ne passe pas. Toujours pas. J'en suis aujourd`hui à avoir peur que ça se reproduise. Moi qui voulais une famille nombreuse, je ne crois pas que je pourrais supporter un autre échec, une autre césarienne. Car c'est comme ça que je le vis. Comme un échec.
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225472
b
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