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Le déroulement de l'accouchement

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
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Coup de téléphone du gynécologue vendredi soir 26 avril : mon taux d'agglutinines a beaucoup augmenté en quinze jours, il a été multiplié par 10… Il faut agir, te faire naître rapidement.

Lundi 29 avril, direction la maternité : monitoring, échographie où tu te montres en parfaite santé. Papa et Maman sont un peu rassurés, jusqu'à ce que le chef de service nous annonce, via la sage-femme, que toi et moi restons en maternité, et qu'il va peut-être falloir envisager une césarienne dès le lendemain matin. Je me sens lésée, je l'avoue, mais ta santé passe avant tout.

Mardi 30 avril au matin, après réunion des médecin sur notre cas, mon ange, on décide de me déclencher un accouchement par voie basse. Pose du gel, auscultations douloureuses toutes les heures, pour vérifier que les contractions qui s'accentuent un peu plus chaque instant sont efficaces… Puis soudain, une grande agitation chez les médecins : on vient nous annoncer, à ton Papa et à moi, qu'il va falloir nous transférer d'urgence à Paris, à l'Hôpital Saint-Vincent de Paul, car ils ne sont pas sûrs de pouvoir t'"aider" en cas de problème… T'aider… dans leur bouche, cela signifie tout simplement te sauver…

Le départ est on ne peut plus extravagant, puisque l'hôpital a fait appel à l'hélicoptère du SAMU ! Et nous voilà parties dans les airs toutes les deux, ma puce ! Papa nous "suit" en voiture, et j'avoue que mon vertige me fait envier sa position… Les médecins dans l'hélicoptère essaient de me rassurer en me commentant le paysage, mais les conditions météo ne sont pas très bonnes, il y a beaucoup de vent et les trous d'air me font me sentir encore plus mal.

Lorsque nous arrivons à l'hôpital, après 18 minutes d'hélico et 15 minutes d'ambulance à Paris, nous sommes accueillies dans le couloir, par manque de place. C'est là que je comprends déjà pourquoi on dit qu'une femme perd toute pudeur à l'accouchement… Bref, une sage-femme finit enfin par s'occuper de nous, elle est extraordinaire de gentillesse et d'humanité. Elle me rassure sur ton état de santé, me dit qu'il n'y a pas d'urgence à accoucher, que nous disposons de 48h sans problème, et me donne des indications précises sur tes futurs frères et soeurs… Ce sera difficile, médicalement parlant, car très suivi et très lourd… mais pas impossible ! Je me sens un peu mieux, mais j'ai besoin d'aller aux toilettes avant de gagner ma chambre : c'est là que je perds les eaux !!! Remarque, au moins, je n'ai pas inondé le canapé comme je l'avais craint pendant la grossesse. Du coup, les contractions reprennent, plus douloureuses que le matin, et très fréquentes, toutes les 2-3 minutes environ. La sage-femme plaisante en me disant que je semble décidée, malgré son avis, à accoucher le jour-même. On m'installe en salle de travail vers 17h, peut-être 18… J'ai un peu perdu la notion du temps. Ton papa, qui nous a rejointes entre temps, reste calme, va nous chercher des magazines et s'installe confortablement dans cette salle d'où nous ressortirons à trois…

Les contractions s'installent de façon régulière, douloureuses, certes, mais largement supportables. Je lis, je discute avec ton papa, jusqu'à la dernière auscultation de la sage-femme qui m'annonce que je suis dilatée à 3 cm. Là, je demande la péridurale, même si je n'ai pas encore vraiment mal. L'anesthésiste arrive pour me faire la piqûre, et je sursaute car elle me pique à l'endroit où la sciatique me fait souffrir, me semble-t-il… Puis durant 2h30, presque 3h aux dires de ton Papa, c'est le bonheur : je ne sens plus rien, et comme en plus, on a mis un dérivé de morphine dans l'injection, je somnole comme une bienheureuse !

Cependant, la sage-femme revient régulièrement, pour constater que le travail stagne : je suis à 4 cm et ça ne bouge plus. On met dans ma perfusion un produit pour accentuer les contractions, mais ça ne marche guère… Enfin… jusqu'à ce que l'effet de la péridurale diminue… Je commence par me sentir tout à coup plus réveillée, vers 23h, je pense. J'ai la sensation des contractions qui recommencent, mais sans la douleur. Puis je sens un tiraillement dans le bas-ventre, un peu comme une douleur de règles (tu connaîtras ça dans quelques années, ma puce). Ce tiraillement devient douleur, et remonte dans tout le ventre en quelques minutes. Malheureusement, les sages-femmes, en plein accouchement dans une autre salle, ne peuvent pas venir me réinjecter d'anesthésiant : je connais donc la 1/2h la plus douloureuse de l'accouchement. Lorsque que la sage-femme est enfin revenue pour me redonner ma dose de calmant, je n'avais qu'une envie : aller aux toilettes ! Je l'ai suppliée de me donner le bassin pour aller à la selle, et elle m'a demandé : "Vous avez envie de pousser ? " (Pffff ! Question idiote ! Ouiiii, j'ai envie de faire la grosse commission !!!!!! ) Et sur ces entrefaites, elle a voulu m'examiner. Moi, toute à mon envie, et n'ayant nullement l'intention de me lâcher durant la phase d'expulsion, je lui réponds : "Inutile de regarder, j'étais dilatée à 4 cm il y a 3/4 d'heure". Toutefois elle n'en fait qu'à sa tête… et m'annonce avec le sourire : "Eh bien, vous êtes à dilatation complète, il va falloir pousser ! "

Ton Papa m'a dit qu'à ce moment-là, je lui ai jeté un regard affolé accompagné d'un "Je ne vais jamais y arriver"… Et pourtant… Trois poussées par contractions, trois contractions, et tu étais là… Mon plus beau souvenir restera à jamais cette sensation de sentir quelque chose de vivant bouger entre mes jambes et ton papa me dire : "Je la vois ! " : tu avais déjà ta tête et un de tes bras dehors, mon coeur…

Puis Papa a coupé le cordon, et on t'a posée sur moi : il était 00h40, le 1er mai 2002… C'est vrai que ces instants sont magiques. De plus, ton Papa a été un amour, presque héroïque de courage et de sérénité. Il m'a aidée à supporter le meilleur et le pire, durant la grossesse, l'accouchement, et durant la suite… Toute à mon bonheur donc, avec ton papa qui nous parlait sans discontinuer, j'ai à peine fait attention, malgré la douleur, à la délivrance artificielle qu'on m'a imposée car je faisais une grosse hémorragie… Elle a, paraît-il, duré 1h au moins… Je ne me souviens pas, je me sentais bien… je me sentais partir… Il paraît que j'ai même dit à ton papa de bien prendre soin de toi. Mais les médecins ont bien fait leur travail, tu vois, puisque je suis là pour t'écrire tout ceci aujourd'hui !

Ensuite… ensuite, les choses sont allées très vite et trop lentement à la fois. Ton ictère sévère, qui a exigé une mise sous photothérapie presque immédiate ; l'arrivée de ta couveuse dans ma chambre avec la lampe bleue le 02 mai au soir, et ma joie en te voyant là ; ton départ précipité en pédiatrie le samedi 04 mai au soir car le taux de bilirubine avait fortement augmenté en 24h (la bilirubine est le résidu de la destruction des globules rouges : mes anticorps, passés dans ton sang, détruisaient non seulement tes globules, te créant une anémie, mais causaient en plus cette bilirubine, visible par une grosse jaunisse, et dangereuse, à forte dose, pour le cerveau) ; mes pleurs en te voyant partir, et ceux de ton Papa quand je l'ai eu au téléphone le soir pour le lui annoncer (le pauvre était reparti à la maison, à plus d'1h en voiture de là, un peu plus tôt, pensant que tout allait à présent bien aller) ; l'attente de tes deux parents, chaque jour, des résultats de ce maudit taux qui faisait le yo-yo et jouait avec nos nerfs… la joie, le mercredi 8 mai quand, en arrivant en pédiatrie, nous t'avons vue dans la couveuse, sans lumière bleue, car le taux était enfin redescendu ; l'angoisse, jeudi 9 mai au matin, quand le pédiatre nous a annoncé que tu allais subir une transfusion dans la journée car ton anémie s'était aggravée (logique dans les cas de maladie hémolytique du nourrisson dû à une incompatibilité rhésus mère-enfant) … Et enfin, enfin, le bonheur absolu lorsque, en route pour l'hôpital (je suis sortie de la maternité le mercredi matin) , nous avons reçu un appel du pédiatre nous disant que le bilan transfusionnel était bon et que tu pouvais sortir…

Nous sommes à la maison depuis une journée et demi : tu manges, tu pleures, tu dors… bref, tu as enfin une vie normale de bébé en bonne santé… même si nous savons que tout n'est pas joué, et qu'il va te falloir encore 6 mois pour éliminer les anticorps que ta maman a transmis à ton sang. Mais nous nous en sortirons, tous les trois, car ces épreuves, si elles nous épuisés, nous ont rendus plus forts et confiants que jamais. Et l'amour que nous te portons, ton papa et moi, saura résoudre tous les problèmes, je t'en fais la promesse.
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16001
b
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