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Ma césarienne, une histoire inoubliable

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Nous sommes mardi 5 juin 2007, c'est notre dernière soirée en couple puisque demain, je rentre à la maternité à 18h environ pour ma "césarienne programmée" vu que tu es en siège, c'est la solution qui nous a semblé être la meilleure à ton papa et moi. A 00h00 : nous partons au dodo. Je tourne un peu pour m'endormir et voilà qu'à 1h15 je me réveille pour faire mon premier pipi sur une série de quatre, cinq habituellement dans les nuits ! J'ai des contractions que je qualifierais de moyennes, comme d ? Habitude depuis presque quatre mois ? Après avoir uriner, j'avais toujours le droit à une grosse contraction pendant un bon quart d ? Heure non stop, je ne dérogeai à la règle ce soir là ! Je me tords l'instant qu'elle passe ; ça y est ! Une fois partie, j'ai toujours une sensation d'apaisement. Le temps de me remettre : rebelote ! Une deuxième : ça arrive. Une troisième ! C'est un peu moins fréquent, mais bon ? Je ne m'inquiète pas forcément, en même temps, tu étais initialement prévue pour dans 16 jours. Néanmoins, je suis bien réveillée maintenant, alors je décide de me lever, au moment où une quatrième intervient ! Je commence à m'interroger, et si demain je devais partir plus tôt que prévu.

Le soir même, nous avions tout rangé dans la maison, enfin prête à t'accueillir ! Il me restait cependant le cadeau de ton Papa que je comptais terminer le lendemain, lors de sa dernière matinée de travail ; je décidai donc de le faire. Et puis, je compris que ça ne serait pas demain que je partirai plus tôt, mais sans doute ce soir, car plus j'avançais dans la confection du cadeau et plus les contractions devenaient régulières. Quand elles se présentèrent toutes les cinq minutes, je me pressai de finir. Puis, sachant qu'il fallait être à jeun au cas où, chose que je déteste, je me cherchai un yaourt et une barre chocolatée. Je m'installai dans le lit à côté de ton Papa que je décidai de réveiller tranquillement, en lui signifiant en toute légèreté qu'il fallait qu'on aille à la maternité. Il ouvre un ? Il, comme pour juger de la véracité de mes paroles et rapidement, se met debout, prêt à fermer la valise et à transporter rapidement toutes les affaires à la voitures. Mes contractions sont toujours aussi régulières : toutes les cinq minutes tapantes, je n'avais jamais vu quelque chose d'aussi régulier ! Et douloureuses. On s'installe dans la voiture, ton Papa démarre, et je sens sa jouissance de pouvoir m'amener à "l'imprévu" à la maternité, comme dans les films ! La programmation de ma césarienne lui avait ôté cet espoir de connaître la précipitation légendaire de la femme enceinte prête à mettre bas. Il accélère donc toujours plus vite, tout comme mes contractions ; et nous voilà arrivés en quinze minutes à l ? Hôpital : il est 4h00. Devant les portes des urgences, je me dis que la fiction, c'est bien, mais la réalité tellement différente : où sont toutes ces personnes qui doivent m'accueillir ? Pourquoi suis encore debout et non installée dans un fauteuil ou autre ? Pourquoi n ? Hurlé-je pas ? Pourquoi ne fais-je pas cette respiration saccadée que l'on appelle souvent la respiration du "chien" ? Des policiers venus déposer un malfrat m'ouvrent quand la porte ; une infirmière de passage me dit de monter au premier : je vais donc prendre l'ascenseur, comme une grande, toute seule ! Arrivée à la maternité, une auxiliaire puéricultrice me dit de patienter parce qu'elles sont "à la bourre" ! Moi qui avais toujours été ravie des rares contacts que j'avais eu avec le personnel de la maternité, j'ai soudainement peur de tomber ce soir justement, sur la mauvaise équipe, avec ma chance dans les hôpitaux, ça ne m'étonnerait pas ! Une aide soignante complètement à côté de ses pompes vient me confirmer ma peur. Je suis effrayée !

Moi qui ai toujours eu peur de ce jour avant d'être enceinte, et qui avais su travailler sur cette dernière durant toute ma grossesse, me permettant enfin de l'appréhender plus sereinement, me revoilà plongée dans mille inquiétudes ! Heureusement, les sages-femmes qui viendront me voir par la suite seront beaucoup plus avenantes et gentilles. La première à me rendre visite constate que j'ai bel et bien commencé le travail puisque je suis déjà dilatée à trois centimètres. Elle m'installe un monitoring. Nous attendons ; je téléphone à ma mère pour la prévenir, entre deux contractions. Trois quart d ? Heure plus tard, une seconde sage-femme vient m'ausculter et m'annonce que j'ai avancé rapidement la dilatation, puis que je suis désormais à sept centimètres. Non seulement, tu avais décidé de nous rencontrer plus tôt que prévu, mais visiblement, tu étais pressée !! Les sages femmes m'expliquent que j vais très vite ; l'une d'entre elles me demande si j'ai fait une radio du bassin pour savoir s'il était possible de me faire accoucher par voie basse. Malheureusement, se n'est pas le cas ; nous n'avons pas envie de prendre de risque non plus, pourtant j'avais fait la plus grosse partie du travail, j'aurais tellement aimé pouvoir le terminer ? Les choses se précipitent. Il y avait un accouchement un plus difficile à faire avant moi ; là, ça y est, on ne peut plus attendre. La bonne nouvelle, c'est que c'est le Docteur Mayenga, le magicien qui t'a créée, qui est de garde ce soir ; à croire qu'on l'a fait exprès : j'avais tellement envie que se soit lui qui m'accouche ! Il nous aura suivi de A jusqu'à Z, sans exception : ça me rassure. L'auxiliaire qui m'avait accueillie, vient tenter de me mettre une sonde urinaire, avant de se faire virer de la salle pour ne pas avoir respecté les consignes d ? Hygiène (bravo ! ) , pendant qu'une sage femme me rase. Ce fut un moment désagréable ! On me transporte au bloc opératoire. J'ai peur. Je regarde ma moitié s'éloigner au fur et à mesure que mon lit est tiré dans ce grand couloir très éclairé, des larmes d'angoisse montent et ne cesseront de couler jusqu'à ce que je rejoigne la salle de réveil. Une fois sur la table d'opération, tous se présentent à moi et tournent autour de moi. Mon angoisse est à son paroxysme ; désormais, je tremble en plus comme une feuille et suis dans l'impossibilité d'arrêter, ce qui créera une difficulté supplémentaire à l'anesthésiste qui devra s'y reprendre à deux reprises pour faire ma rachianesthésie. Une infirmière me dira plus tard qu'il était "ronchon et désagréable" , je ne m'en étais pas rendue compte et je culpabilisais de bouger sans cesse. La morphine n'arrange rien à mon état de tremblement ? Le gynécologue arrive enfin, il est 5h45, accompagné de ses deux étudiantes. Un drap est dressé devant moi, mes bras sont attachés en croix. Je ne sens plus mes jambes, ni la sonde urinaire -un vrai soulagement, cette envie constante d'uriner qu'elle provoquait était fortement désagréable. En revanche, j'ai l'impression de sentir encore beaucoup mon ventre. Les médecins m'expliquent qu'ils commencent. J'ai peur, non pas d'avoir mal (ou plus mal encore) , mais de te rencontrer. Ca faisait sept ans qu'on te désirait, cinq ans qu'on t'attendait ardemment, deux ans que l'on se battait neuf moi que tu étais dans mon ventre, mais là ? Là, j'allais te voir ; je n'y crois toujours pas ! Tu allais avoir un visage, un corps bien à Toi, tu serais un être humain à part entière. Nous avions réussi enfin ; mais c'est difficile d'y croire ! Ils découpent mon ventre d'abord : aucune douleur supplémentaire, mais je sens le scalpel : c'est bizarre. Ils tirent ensuite un peu plus haut pour inciser mes abdominaux et mon utérus : ça devient très ? Très désagréable ; cette sensation d'étirement m'incommode. Vient ensuite le moment de te pousser dehors : alors, ils poussent, poussent sur ta tête, tirent, tirent sur tes jambes, poussent, tirent, ? J'ai l'impression qu'ils vont tout sortir ! L'infirmière m'explique que tu es très haut dans mes côtes ? Je l'avais effectivement bien senti ces dernières semaines, où ton jeu favori était les coups de tête à gogo ! Tu es quelques peu coincée, il faut donc encore pousser et tirer. J'ai envie que ça cesse. CA Y EST. Il est 6h05, ils me disent que tu es dehors ! Je leur réponds que je ne t'entends pas.

Le Docteur Mayenga me dit de te laisser le temps, tu venais déjà d'éternuer. Tu avais éternué ! Ils te présentent à moi enfin ! Mais je te distingue à peine (pourtant j'avais pensé à garder mes lunettes) , mais tu es là haut, au dessus du drap, et entre le liquide amniotique qui goutent sur mon visage et mes larmes, j'ai du mal à te percevoir. Très vite, ils te sortent, vers ton papa pour te laver et me recoudre ; je suis un peu déçu de cette première rencontre très, trop furtive. Cette petite déception, laisse vite place à l'impatience. L'impatience de te revoir. Là, je ne sens plus rien pour de bon et le temps passe très vite. Ils te ramènent une seconde fois vers moi, près de mon visage. Je te découvre enfin : tu es magnifique (en avais-je douté ? ). Mais encore une fois, trop brièvement et je suis toujours attachée, je ne sais pas quoi faire ; j'ai un sentiment de gêne qui m'envahit, je voudrais te caresser, mais j'ai les mains liées, je voudrais t'embrasser, mais tu es trop loin de mon visage ? L'infirmière m'indique que tu pèses 2kg860, je m'inquiète un peu en lui demandant si tu n'étais pas trop maigre Elle me rassure tout de suite en me disant que tu es parfaite (a qui le disait-elle ? ) et tout à fait dans les normes. Sur ce, je suis conduit en salle de réveil. Heureusement, j'ai le droit à un troisième aperçu qui se solde du plus merveilleux moment de ma vie : on te pose sur mon ventre et tu prends ta première tétée quelques secondes. Ca y est, la pression commence enfin à redescendre. Ton Papa peut m'accompagner : ouf ! Je me sentirai moins seule, loin de Toi ; en plus, je n'ai pas l'impression d'avoir besoin de me "réveiller" , je ne veux qu'une chose, être avec Toi. Nous discutons un peu avec ton Papa, qui me donne ses premières impressions, m'explique le déroulement de ton premier bain, les commentaires du personnel ? Lequel t'avait mis en couveuse quelques minutes pour te réchauffer. Je n'ai qu'une hâte : qu'on me ramène auprès de Toi. Il faudra que je prenne mon mal en patience, heureusement ta vue m'a rendue la femme la plus zen du monde pour ce moment là. Une heure plus tard, d'autres femmes entrant dans la salle de réveil, ton Papa doit me quitter, mais j le rejoindrais bientôt me dit-on. Alors, j'attends.

Patiemment, sans m'énerver, j'attends. Un quart d ? Heure, une demi-heure, une heure. J'attends. J'en ai marre, je veux voir ma fille, mais je reste cool quand même, juste à t'imaginer dans mes bras. Le personnel en salle de réveil est très gentil et comprend mon impatience ; ils font ce qu'ils peuvent pour que je te rejoigne, mais il n'y a plus de place en maternité. Du coup : j'attends ! On vient me donner des nouvelles de temps en temps, me dire combien tu es magnifique ? Et j A 10h15 enfin ! On m'amène en salle de travail (seule pièce de libre pour le moment). YOUPI ! La vraie rencontre va se produire. Je retrouve ton Papa et ta petite frimousse ! Tu pleures depuis que je t'ai quitté quasiment, tellement tu as faim ! Une auxiliaire puéricultrice te pose sur mon sein : tu te calmes. Tu es belle ! Tu es là ! Tu es vraie ! Mon c'ur, mon Amour, mon Ange, ma raison d'exister ! Je t'aime déjà du plus profond de mon c'ur.
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219478
b
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