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Mon bébé est mort d"une hémorragie foeto-maternelle massive

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L'arrivée de notre fils Mathieux était prévue le 29/08/2009. Une césarienne était programmée pour le 21/08 car bassin trop étroit et bébé imposant. Tout allait bien, grossesse normale, le bonheur. En congé le 15/07, j'en profite pour faire des courses et acheter ce dont j'ai besoin pour les faire-parts et les dragées. En après-midi, je trouve que Mathieux ne bouge pas beaucoup mais je ne m'inquiète pas et me dit qu'il se repose. Le soir, je m'installe dans le divan et j'attends qu'il se manifeste, rien. Je vais me coucher car souvent, c'est là qu'il s'en donne à coeur-joie. J'attends, j'essaie de le faire bouger, je change de position, toujours rien. Je commence à trouver ça inquiétant mais, étant une angoissée de nature, je me dis que je me fais des idées. Mon conjoint n'étant pas encore rentré (il termine à 23h) , je m'endors, me disant que je lui raconterais le lendemain. A 4h du matin, je ne tiens plus et je le réveille. Nous filons aussitôt à l'hôpital. Je suis à 34 SA.  

 

Arrivés sur place, monitoring et là, soulagement, le coeur bat, j'en pleure de joie. Cependant, l'infirmière nous dit que les oscillations cardiaques ne sont pas très marquées et qu'elle ne détecte aucun mouvement. Le gyné arrive, même constat, il m'envoie faire un doppler. Là, rien d'anormale, hormis l'absence de mouvement. Il décide de me laisser sous monito, me fait une injection de corticoïdes (pour développer les poumons) et nous annonce que notre fils naîtra probablement le lendemain. 30min plus tard, il revient, le coeur est de plus en plus faible, il faut le faire sortir d'urgence. J'en pleure, je n'avais jamais imaginé accoucher d'un préma. Nous accusons le coup et 10 min plus tard, je suis sur la table d'opération (je connais la procédure, c'est ma 2ème césarienne, notre 1er fils a 3 ans). Je panique, je tremble, je pleure, le papa est à coté de moi, tente de me rassurer mais je sais que quelque chose ne va pas. Au moment où il sorte Mathieux, silence dans la salle d'op, l'équipe de néonat s'active, parle, crie, je tends l'oreille mais n'entend pas mon fils, aucun cri, rien que des gens qui galopent dans tous les sens. Ils le montent en néonat, me recousent et je passe en salle de réveil.  

 

On me remonte en chambre et là, tout s'accélère, le pédiatre arrive et nous dresse le tableau : enfant blanc comme un linge, très grosse réa car le coeur s'était arrêté, anémie, 2mg d'hémoglobine, grosse transfusion, aucun pronostic avant 48h. 1ère question : pourquoi ? Ils ne savent pas, on a retrouvé la quasi-totalité de son sang dans le mien, aucune cause, ils ne comprennent pas. Si pas de sang, pas d'oxygénation donc, quid du cerveau ? Son expression change et nous savons que tout va se jouer là. Panique, angoisse, on retrace le fil des derniers mois, semaines, jours, heures, minutes. Le gyné viendra qques min plus tard mettre un mot sur notre malheur : hémorragie foeto-maternelle massive, il n'avait jamais vu ça en 30 ans de carrière. Notre cauchemar commence ici.

 

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Nous passons nos journées et nos nuits en néonat. C'est un beau petit garçon de 2kg600 et 47cm, il ressemble à son frère. Les 48h passent, il est +/-stable physiquement et très peu conscient (avec machines, perfusions,…). Il entame une série d'examens pour évaluer les lésions. Nous vivons d'examens en examens, de résultats en résultats, d'espoir en déception. Chacun y va de sa petite anecdote sur les enfants miraculés, certains s'en sortent très bien, on fini même par y croire vraiment. Nous parlons handicaps, rééducations. Une semaine après sa naissance, Mathieux est suffisamment stable pour faire une résonnance magnétique (examen qui va enfin nous éclairer sur l'état du cerveau). Nous l'encourageons, lui donnons toute notre force, notre amour et lui disons qu'il va tous les épater avec de beaux résultats. Le pédiatre nous convoque dans son bureau et là, même si nous étions déjà dans un cauchemar, nous nous sommes retrouvés en enfer. Les résultats étaient catastrophiques, lésions profondes et diffuses dans tout le cerveau, il n'y a strictement rien à faire. Si il (sur) vit, il ne sera jamais autonome ni mentalement ni physiquement, jamais conscient, ne saura jamais respirer seul. Le papa pleure, crie, moi, je perds pied et je m'enfuis de ce bureau oppressant. Je m'effondre dans les couloirs, on vient me chercher, on me porte jusqu'à ma chambre. Les minutes, les heures s'écoulent puis nous nous regardons et nous savons que nous ne voulons pas lui imposer cette (sur) vie qui n'en est pas une. Nous avions envisagé cette option qques jours avant. On en fait part aux médecins qui sont de notre avis, ils nous soutiennent et trouvent notre décision sage pour Mathieux, pour notre aîné et pour nous.  

 

Durant les 3 jours qui suivent, nous restons avec lui, son frère, la famille et les amis viennent lui dire au revoir. Les médecins augmentent les doses de médicaments afin qu'il ne souffre pas, qu'il dorme et qu'il parte sereinement. Le matin du 3ème jour, vient le moment où il est temps pour nous de lui dire adieu. Le médecin nous laisse seul un instant avec lui. Nous avions demandé à être présents et je voulais le tenir dans mes bras pour qu'il ne parte pas seul, couché dans une couveuse froide et impersonnelle. Son papa lui tient les mains. Le médecin nous annonce que c'est le moment, il lui dit au revoir et débranche le respirateur. Il dort paisiblement. Nous l'avons ainsi accompagné jusqu'au bout, il est parti dans la chaleur de nos bras, en entendant le son de nos voix. C'était le 26/07/2009 un peu avant midi.  

 

Nous avons organisé son enterrement, amis et familles étaient présents, tous habillés de blanc et beige. Nous voulions qu'il soit accompagné jusqu'à sa dernière demeure par toutes les personnes qui auraient peuplées sa vie. Pas un jour ne se passe sans que je ne pense à lui. Il m'accompagne partout.

 

Voilà. C'est mon histoire, c'est notre histoire, c'est son histoire. Je refuse cependant d'y mettre "un point final" , de "tirer un trait" , de "tourner la page" . Pour nous, rien n'est fini et tout continue. Je l'ai porté, nous l'avons aimé et rencontré, il fait partie de nous et nous devons maintenant réussir à poursuivre l'histoire de notre famille pour lui, pour nous et pour notre aîné. Je ne vous cache pas que j'ai pleuré en écrivant tout ceci mais je me sens aussi plus apaisée. Encore pardon pour la longueur du récit mais je ne peux faire plus court.                
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par persbail | le 08/02/11 à 20:11

Comment prendre contact avec vous? Il vient de m'arriver la même chose et je souhaite dialoguer avec des personnes a qui cela est arrivé, même si je comprendrais au vu de la date que vous ne souhaitiez pas reparler de cette histoire.
cordialement

Par tom chretien | le 25/05/11 à 17:13

@persbail: Bonjour madame il m ai arriver la meme chose j avais une grossesse tranquille pas de probleme de sante rien et la le 20 septembre 2010 je me rends a la maternite je ne sens pu beaucoup mon petit bout . Apres controle des sage femme rien a signaler ,les sage femme me garde alors sur surveillance une nuit et decide le lundi matin de me faire ma cesarienne au lieu du vendredi ! et la stupeur mon fils a fait une hemoragie foetos maternelle dans mon ventre il lutte de toute ces forces et sans va 7 heures apres a naissance c est terible se vecu! soyez forte et bon courage dans ce deuil .

Par petit ange | le 06/07/11 à 17:20

ouh! que d'émotions!!
J'ai beaucoup pleuré en lisant cette histoire. Beaucoup de choses sonts revenus à la surface! En effet il m'ai arrivé une histoire similaire en 2007. En lisant on aurait dit mon histoire que vous racontiez! En effet ça à été très dur et ça l'ai encore aujourd'hui même si le temps apaise un peu les choses! Pour mon le récit est exactement le même sauf que lors de la césarienne d'urgence ( a 37SA) mon petit bout de choux n'a pas survecu. Il était a 3 d'hemoglobine et avait réagit en faisant des oedèmes. Il était tout gonflé ce qui a empeché de l'intuber. Ce n'est pas facile tous les jours même si j'ai aujourd'hui une petite fille de 2ans. 4ans après la peine et la culpabilité sont tooujours là!
Courage il faut croire en la nature et en la vie!

Par ararem racim | le 19/03/14 à 19:18

il m'est arrivé la méme chose,sauf que c'était à 37 semaines,et que mon fils est déçédé à 13 heures de vie des séquelles de cette anémie,je voulait juste te demander si vous avez trouvé une cause à cette transfusion foetomaternelle,merci

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