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Mon mari me culpabilise

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Bonjour,

Mon fils est né le 08/11/2002 par césarienne. Arthur était désiré depuis longtemps et j'ai très bien vécu ma grossesse.

Mon mari et moi étions très très heureux.

Mais la douleur de la césarienne m'a vraiment ébranlée. Je n'ai eu des anti-douleurs que le jour de l'opération et le lendemain, après, j'ai souffert. Je ne pouvais pas me lever pendant les premiers temps et donc ne pouvais pas m'occuper de mon fils.

Je m'en suis voulu, je me trouvais impotente et incapable. Je ne pouvais rien faire d'autre que vivre ma douleur.

S'en est suivi une dépression du post-partum qui a duré environ 6 mois.

J'avais aussi beaucoup de mal à vivre avec mon nouveau corps, ces seins, ce ventre distendu, cette cicatrice (qui pourtant est très bien faite et pratiquement invisible).

Je ne pouvais imaginer d'avoir un second enfant, moi qui en voulait 3 initialement…

Mon mari, lui, aurait remis ça tout de suite.

Mon médecin ayant demandé à ce qu'on attende 2 ans, il ne me prenait pas trop la tête mais j'avais tout de même la pression, car je savais que le délai de 2 ans passé, il m'aurait gravement pris la tête alors que je n'étais pas prète.

Et puis je suis tombée enceinte de nouveau 1 an après la naissance de mon fils, sous stérilet.

Cette grossesse, je n'en voulais pas, il faut être franc.

Je ne voulais pas revivre ce changement de corps et revivre une césarienne, pratiquement inévitable après si peu de délai.

Mon mari était très heureux, et moi non.

J'ai voulu avorter, et il m'a fait du chantage : soit je gardais cet enfant, soit on se séparait.

Je synthétise et fais court, mais je vous laisse imaginer les soirs en pleurs dans le lit parce qu'on venait de s'engueuler à ce propos.

Je n'ai jamais avorté et y penser était déjà un calvaire. Il m'avait dit que si je prenais cette décision, il ne répondrait plus de notre couple et que j'irai le faire seule.

Sous cette pression, j'ai décidé de garder cet enfant, en me disant que sur Terre, il y en avait des milliards, des enfants non désirés initialement mais pourtant aimés.

Et puis j'ai commencé à aimer cet enfant. Malgré ma peur, ma dépression passée, mes craintes, j'avais envie que ça se passe bien.

Quand le médecin nous a dit que la taille de la nuque était un peu épaisse, j'ai paniqué, comme mon mari.

Des semaines d'angoisse s'en sont suivies : attendre la période pour faire le tri-test, les jours d'attentes pour le résultat, puis l'amnicentèse et enfin les résultats de celle-ci.

Trisomie 21… nous savions déjà que nous ne pourrions poursuivre cette grossesse.

J'ai accouché de ma petite Perrine chérie le 16/04/2004.

Mon mari a toujours été très très présent, il était là pour l'accouchement et il m'a beaucoup soutenue…

Et pourtant, je lui en veux.

Nous n'avons pas vécu le deuil de la même façon et il s'est tu.

Il ne parlait jamais d'elle, me prenait dans ses bras quand je pleurais.

Il avait pleuré les premiers jours, mais plus ensuite. Il ne me disait jamais rien sur Perrine, sur moi.

Moi je souffrais et lui avait repris le travail.

J'ai ensuite repris le travail moi aussi. Mais décidément, nous ne vivions pas la douleur de la même façon.

Voir des bébés me remuait et me faisait pleurer.

J'avais l'impression qu'il n'était pas le père de Perrine et qu'il ne souffrait pas, alors que je savais que si.

Aujourd'hui, nous sommes au bord de la rupture.

Je n'arrive plus à me dire que je l'aime alors que je tiens très très fort à lui et que c'est un homme que beaucoup de femmes pourraient m'envier.

Je lui en veux de m'avoir obligé à garder ce bébé, à ne pas m'avoir soutenue dans ma décision d'IVG et de ne pas m'avoir montré sa douleur quand j'en avais besoin.

Je lui en veux et pourtant, il ne pouvait pas savoir ce qui allait se passer.

Je ne sais pas comme notre couple peut sortir renforcé alors que je lui en veux et que j'ai tout le temps envie de lui faire payer.

Pardon pour cette longueur.

Amel.
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13475
b
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