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On m'a imposé une césarienne

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Bonjour à toutes…

Je suis une jeune maman de 21ans d'un petit garçon né le 7 juin 05. On m'a imposé une césarienne. Je remarque que leur nombre augmente chaque année ! Je suis stupéfaite par les articles pretexant un " confort " d'accouchement !

Il faut condamner les césariennes abusives et leurs "bouchers"!

Je vous laisse lire mon histoire… en esperant ne plus jamais revivre ceci.

 

ON M'A IMPOSE UNE CESARIENNE.

 

 

 Ma grossesse se déroulait bien, aucuns problèmes, pas de sucre, ni d'albumines, pas la toxoplasmose, bassin suffisamment large…rien de tout ça.

Pendant mes cours de préparation à l'accouchement, j'imaginais la venue au monde de mon bébé sans penser une seule seconde à ce qui allait arriver.

 On est le 2 Juin, bébé est pour demain. Pas de fausse alerte, il bouge, il va bien, je vais bien. Le lendemain, n'ayant pas accouché, je me dirige vers la maternité lyonnaise où je devais accoucher.  

 L'examen est normal, mais la sache femme trouve le bébé un peu haut. Elle en parle à son chef de service. Dans la foulée, on me prescrit une radio du bassin. J'attends… Je n'ose envisager le pire. J'ai peur, je me sens seule.

 La sage femme revient, son supérieur est en intervention, elle me donne rendez-vous 1h plus tard.  

Je reviens, accompagnée de mon conjoint. Et la, je la vois arriver avec ce chirurgien qui me dit dans la salle d'attente : "On est le jour du terme, vous n'avez pas accouché donc césarienne lundi 8h" c'est-à-dire trois jours plus tard. Là, un sentiment que la terre s'écroule sur ma tête. Je ne comprends pas. Pourquoi faire une césarienne si rapidement alors qu'il est tout à fait possible d'attendre une semaine, en sachant que la date présumée de grossesse et de terme  n'est pas une science exacte. La sage femme essaie de me rassurer en me disant que peut-être il va naître avant…je l'espère.

Je rentre effondrée, je ne veux pas d'une césarienne. C'est très frustrant pour un premier enfant d'être privé de la naissance de son bébé.

Par mesure de sécurité, un contrôle tous les 48h est nécessaire afin de s'assurer que le bébé va bien, qu'il n'y a pas de décollement du placenta. Je me fais ausculter pas une autre sage femme de la maternité. Elle se veut optimiste et pour elle il va descendre, il y a déjà eu un changement. Ca me rassure. Je demande à ce que mon gynécologue me donne son avis. Elle va le contacter, je dois donc revenir lundi. Ma césarienne est repoussée à mardi.  

Lundi matin, de retour à la maternité, je rencontre un gynécologue, pas le mien. Pour lui on peut attendre, le bassin est assez large, tout va bien, c'est juste que c'est un bébé qui est bien au chaud. Il va voir son chef de service celui qui doit me faire le césarienne. Il revient et nous dit : " Oui mais c'est vrai il est haut et le bassin pas assez large" . Là, il est en train de me dire l'inverse de tout ce qu'il m'a dit 2 minutes avant. Qu'est ce que son chef de service lui à dit ? Je ne saurais jamais. Mais voilà, ce chirurgien avait décidé de faire une césarienne, donc c'était comme  ça et pas autrement. Je dois rentrer le soir même à la maternité car l'intervention se déroulerait le lendemain matin à 8H.

 

Je ne peux que pleurer, aucunes paroles ne puissent me remonter le moral, me rassurer. Je ne veux pas, je veux attendre.

C'est alors que je téléphone à mon gynécologue pour avoir son avis. Il m'a suivit pendant ma grossesse, il est le plus apte à dire si oui ou non cette intervention est nécessaire. Je n'aurais que sa secrétaire, me disant avec une voix très hautaine qu'il ne donnerai pas son avis étant donné que j'avais choisi le régime hôpital (accouchement par une sage femme et non pas le gynécologue) et que donc ça ne le regardait plus. Elle rajoute que si le Chef de service avait prise cette décision on ne pouvait rien faire et il fallait que je me résolve à la césarienne. Ecoeurée… l'homme au quel vous avez confié votre grossesse vous laisse tomber pour une question d'argent ! L'amour de la médecine je n'en suis pas si sure aujourd'hui… mais lui m'a prouvé que bien plus la beauté du métier d'obstétricien c'était l'amour de l'argent. Elle finit par me donner le numéro du chef de service qui doit lui-même pratiquer l'intervention. J'insiste bien sur ce mot car ce n'est pas un accouchement. Tous les médecins banalisent la césarienne parce qu'ils ne la vivent pas.

Il est 17h, je devrais être à la maternité pour faire mon entrée. Je n'y suis pas. Je téléphone au chirurgien pour en parler, la secrétaire m'avait dit qu'il allait tout m'expliquer, me rassurer. Au lieu de ça, j'ai eu des injures. " On est plus en 1914… non mais ce n'est pas à vous de décider. Vous voulez attendre ben attendez mais vous ne venez pas accoucher ici." Ce sont ces propos dis rassurant.

 Je n'ai pas le choix, je dois y aller. Pendant tout le trajet et toute la soirée je suis effondrée. Je ne peux pas retenir mes pleurs. Je ne pense plus, je suis perdue.

 

Je rentre à la maternité, je vois des mamans, des bébés, et moi je me sens si seule. Mon bébé est encore dans mon ventre et je ne vois pas pourquoi je suis la. On ne me donne que comme explications : " vous n'avez pas accouché le 3 juin ! " oui mais on est le 6 ! Il n'y a aucunes urgences. Ce docteur avait décidé, donc je devais subir. Il a prit en 3 minutes une décision qui allait m'enlever quelque chose à vie. Il vient me voir dans ma chambre. Il ne m'avait jamais ausculté, il avait donc prit sa décision comme ça. A ce moment la, j'ai eu l'impression d'être morte. Il m'a ausculté avec un tel méprit, aucune douceur, il était très violent. Il ne revient pas sur sa décision.

Mes proches sont la mais je n'arrive pas à me calmer. Je dois me préparer, douche à la betadine, épilation. Une infirmière me donne un calment. Je me résigne à tout ça, de toute façon je n'ai pas le choix.

 

Mardi 7 Juin, à 6h45 une infirmière vient, je dois reprendre une douche, mettre mes bas de contention, enfiler la blouse et attendre. Elle me prépare le dos en vue de l'anesthésie, je suis comme dans une bulle. Je suis absente. Cet enfant, que j'attends depuis 9 mois on va me le donner dans les bras sans que je ne vive quoi que ce soit.  

On m'avertie que mon intervention sera repoussée à 9h à cause d'une urgence. La tension monte, je ne me sens pas bien. Cette attente est insupportable.

 

8h30 : Je pars en direction du bloc opératoire. Un dernier regard au futur papa qui vit les choses intérieurement. Il essaie de ne pas me montrer sa tristesse et son inquiétude pour pas que je sois encore plus triste mais il n'imagine pas à quel point je le suis.

Je vais attendre presque 1h avant que le chirurgien n'arrive. Il était dans son bureau, et fait exprès de ne pas arriver à l'heure. L'idée d'avoir une patiente nue à 19°C devait l'amuser. Il n'arrivera qu'à 9h20. Pas une parole, pas un bonjour. Voilà qui va m'opérer. Les infirmières sont très présentes sur le plan psychologique et je les en remercie. 9h30 il commence. J'ai le champ opératoire devant moi, pas de proche à coté, je suis seule affectivement. On me demande si je veux le vois sortir, je dis oui si je ne vois pas mon ventre.

 9h48 : Noah né. Je le vois sortir, c'est magnifique. Il n'y a que ça qui puisse  me faire tenir. Je me raccroche  à ce beau bébé de 3.710kg.

Un Bref câlin, je ne peux retenir mon émotion. On l'emmène, je me retrouve de nouveau seule. Mais mon esprit est ailleurs, je repasse sans cesse le moment de sa naissance, son visage.

L'intervention finie, le temps est long. Je vais attendre 1h15 avant que le papa et le bébé arrivent. Un quart d'heure après on me remonte dans ma chambre.

La douleur est supportable pour le moment, j'ai envie d'être seule avec mon bébé et son papa.

Pendant une semaine s'enchaîne des soins, la visite de médecins, et la visite du chirurgien qui pendant  6jours aura dit à mon conjoint " Il faut la tenir votre femme Mr D" .  

Pendant mon séjour il me donna trois excuses, toutes différentes : pas accouché à terme bébé est trop haut, bassin trop étroit, il aurait été obligé de faire des forceps. Il n'y en a aucunes valable sauf celle de l'envie pressante d'utiliser un scalpel.

L'allaitement c'est ce qui m'a rapproché de mon bébé. Je fus enceinte, un trou noir, on me donne mon fils. Voilà ce que j'ai vécu.  

 

4 mois après la douleur physique est toujours là, il ne faut pas banaliser ce genre de chose, on nous ouvre le ventre ! Je ne peux toujours pas porter de charges lourdes, refaire du sport normalement. On banalise également la cicatrice. Elle n'est pas si basse que ça. Pour vous imaginez elle est la où arrive un slip. Elle est épaisse, rouge, vous pensez toujours que ce n'est rien ?

 

Les relations affectives avec son partenaire son difficile également. Me mettre nue m'était très pénible, je ne voyais qu'elle.

 

Maintenant, j'essaie de tourner la page, mais bien plus que physique c'est le travail psychologique qu'il me faut faire. On m'a enlevé le droit d'accoucher, de vivre cet instant si important dans la vie d'une femme. Je n'ai pas accouché.

Aujourd'hui je n'envisage pas une deuxième grossesse par peur d'une nouvelle césarienne, le tracé étant déjà fait.  

 

Pour qu'il n'y ai plus d'abus de la césarienne,
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50531
b
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