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Episio/ phlebite / desunion des fils/ fistule / plastie / depression - episiotomie

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 11/09/13 | Mis en ligne le 04/06/14
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Pour être honnête j'aurais pu poster ce message dans beaucoup de rubriques ; grossesse difficile, grossesse et médicaments, accouchement, baby-blues et j'en passe. J'ai beaucoup lu ce forum ces derniers mois, sans forcément trouver de témoignage qui corresponde à mon histoire ou qui m'aide, alors je me suis promis de témoigner quand j'irai mieux, pour aider celles qui ont vécu la même chose ou vont le vivre. Un vendredi soir, lors de notre dernier restaurant avant de rester cloitrée (10 jours avant terme) j'ai senti les premières contractions, sans réaliser ce que c'était. Le samedi, à 1h13 du matin j'ai eu une première vraie contraction. 10 minutes après la deuxième, 7 minutes après la 3ème, 5 minutes après la 4ème, puis toutes les 5 minutes. Euh la SF elle avait dit que ça mettrait des heures… Bon je réveille le chéri à 2h45, à la mat' en 15 minutes, monito… les contractions ralentissent et on me dit que je suis à …. 0 voire 1. Un suppo censé arrêter les contractions et hop retour maison à 7h. Journée canapé avec contractions de plus en plus fortes totues les cinq minutes. Bain chaud, j'y perds un peu les eaux (pratique dans la baignoire). Retour maternité vers 18h30. Test du liquide amniotique positif, on me gardera jusqu'à l'accouchement… ah oui mais je suis encore à 1. Vers 20h et environ 150km parcourus en chaussons dans les couloirs et marche forcée dans les escaliers, j'arrive à "1 à 2" et je suis épuisée, nous sommes samedi soir, je n'ai pas dormi depuis la nuit de jeudi à vendredi. Heureusement que les hormones sont là. A 21h on vient pour m'hospitaliser en grossesse à risque. Ça ne me dit pas trop moi, je demande une heure de sursis et nous repartons arpenter les couloirs. A notre retour je tiens difficilement sur mes jambes, et je suis à 2 ! La SF sent que la tête appuie fort. Elle a compris que je ne lâcherai pas l'affaire. Bien sûr, mon coeur faiblit, j'ai de l'hypertension, du coup plus le droit de bouger de la table, et tensiomètre réglé toutes les 2 minutes. A 1h du matin le dimanche j'arrive à 3. Cela fait déjà 24h…. Je demande une péridurale. Là je vous passe les détails, mais j'étais terrifiée. Le travail va devoir se faire sans moi. Les contractions arrivent toutes les 2/3 minutes mais j'arrive à m'endormir entre. 7h du matin, on me déclenche pour terminer la dilatation. Le cordon est probablement autour de son cou et ma fille ne supporte pas que je sois sur le dos, donc on me met sur le côté gauche, ce qui fait que j'ai tout le côté gauche paralysé par la péridurale et que je n'ai plus le droit d'en avoir. 8h ça n'avance pas, on me parle de césarienne, ça a dû me motiver car je suis arrivée à 10 à 8h. 8h30 le coeur de ma fille s'arrête puis repart plusieurs fois, la salle se remplit, on me fait une écho pour voir dans quel sens elle est. Mon mari a compté, douze personnes dans la salle. On m'explique que je vais pouvoir pousser mais que je n'aurais pas le temps de voir mon bébé car elle ira directement en réanimation. Je n'ai même pas réussi à réagir ou à y réfléchir. J'ai poussé 5 ou 6 fois, on m'a dit qu'on voyait la tête, quand j'ai vu le médecin faire le signe "twix 2 doigts coupe-faim" à son interne qui immédiatement m'a fait une épisio à droite, dommage car je n'étais anesthésiée que du côté gauche…. J'ai hurlé un "nooooooooon" qui a coupé le souffle à toute la salle. Trop tard. Les machines hurlent aussi, il faut aller vite, la sage-femme prend une ventouse, je pousse, je sens la tête qui passe difficilement, puis son petit corps qui glisse tout doucement. Ni une ni deux la SF l'attrape, on coupe le cordon et hop elle commence à partir avec mon bébé silencieux. Elle s'arrête sur place, fait demi-tour plus doucement et déclare "mais il va très bien ce bébé ! " et me le pose sur le ventre. Ma fille se tordait le cou pour me regarder fixement, sans rien dire, toute rose et toute propre (si si ! ). Ensuite c'est flou, ils ont dégagé ses bronches, je suivais du regard et j'ai senti la SF appuyer sur mon ventre et récupérer le placenta, puis l'interne me recoudre à chaud. Les moments que j'ai passé avec ma fille et mon mari ont été formidables et sont trop intimes pour être racontés…. Ma fille est donc née le 10 février à 9h, soit 32h après mes premières vraies contractions. Je m'amuse souvent quand on me demande sa date de naissance à dire que j'ai accouché le 8, le 9 et le 10 février 2013. Je vais passer aux suites de couche. On m'a dit que j'avais 6 points de suture, 3 dedans dehors. Finalement ça me semblait petit. Je n'avais pas emmené de miroir car si certains ont peur des serpents ou des araignées, moi j'ai peur des plaies…. La journée du dimanche j'étais en forme, je n'ai toujours pas réussi à dormir. Je saignais beaucoup mais on m'a dit que c'était normal. Ma fille dormait tout le temps, elle a commencé sa vie de marmotte (à 7 mois là elle dort encore 18h par jour…). Seulement le soir j'ai eu mal à la jambe. La SF qui a mis le thermostat à 34°c n'a rien arrangé mais ma fille avait froid. Le lendemain matin on m'a envoyé un interne qui a dit que me jambe allait très bien. Le soir je serais les dents, mais ma jambe était parfaite en apparence. Dans la nuit j'ai craqué, on m'a franchement droguée en me promettant un doppler le lendemain. J'ai eu mon doppler et bim, phlébite ! Ensuite l'ambulance qui me ramenait dans le bâtiment de la maternité est tombée en panne, je suis restée 4/5h sur le brancard, les jambes serrées, ce qui m'a causé un oedème pubien. Retour dans ma chambre, poche de glace pour s'asseoir dessus, bas de contention force 3, anti-coagulants, régime spécial sans vitamine D'et surtout interdiction de se lever. Pratique avec un nourrisson. J'ai passé mon temps à appeler à l'aide pour faire chauffer le bib, qu'on me donne ma fille, qu'on lui change sa couche. Je ne pouvais pas me lever pour l'attraper moi-même quand elle pleurait, je n'ai pas pu lui donner de bain. Elle qui était très zen les deux premiers jours a senti mon angoisse, elle s'est mise à pleurer sans arrêt, à ne plus manger… Et un bébé de 2kg8 il faut que ça mange, les puéricultrices m'ont bien faite culpabiliser car je ne la forçais pas assez…. Après deux jours d'anti-coagulants j'ai commencé à saigner du nez, des gencives, à faire des hémorragies vaginales… Normal m'a-t-on dit ! On m'a descendu un nombre incalculable de fois aux urgences pour examen, et puis l'épisio m'a fait très mal. J'ai vu les internes faire une tête bizarre en regardant, les fils étaient desserrés ils m'ont dit. Puis j'ai évacué des caillots énormes, disons format banane de côte d'Ivoire, par le vagin, mais aussi par la plaie de l'épisio. J'ai été très affaiblie. Après 6 jours de "on ne peut rien pour vous, vous êtes obligée de prendre des anti-coagulants" mon taux de protrombine a été suffisant, j'ai demandé à sortir, et comme on était samedi et qu'il n'y avait aucun médecin je n'ai eu aucun avis médical mais je n'en pouvais plus. Je pleurais à longueur de journée, incapable de m'occuper de ma fille, j'avais mal et personne ne voyait rien, les amis et famille défilaient dans la chambre pour admirer mon adorable bébé, point. En rentrant à la maison, ma mère est venue m'aider. J'avais le droit de marcher mais je ne pouvais pas m'asseoir et ma tension restait très très basse, aucune énergie. Au bout d'une semaine de saignements fulgurants et de douleurs j'ai eu le courage de regarder mon épisio : le bord du vagin était cicatrisé mais un trou béait entre ce bord et ma fesse. En contractant je voyais mon muscle bouger en dessous, les fils bleus qui tenaient le muscle. Bref je voyais le fin fond de mon corps, grand ouvert, alors pour quelqu'un qui a la phobie des plaies….. La panique totale ! Ma mère m'a emmenée aux urgences où deux internes ont mechés la plaie en me promettant que "ça allait se refermer avec de la patience." Ils ont sondé la plaie, 3cm de profondeur, rien que ça. Ils ont fait un prélèvement aussi. Le soir même la mèche a lâché et est tombée. Une semaine après, j'ai eu une ordonnance pour des antibio, j'avais une infection. Le mois qui a suivi mon médecin traitant (pro de l'obstétrique) m'a suivie, je déprimais sans réussir à le dire mais je pleurais à longueur de journée, ne pouvais toujours pas m'asseoir après 6 semaines. En plus des prises de sang régulières pour soigner la phlébite j'ai eu des soins infirmiers tous les jours pour l'épisio. Après 3 mois en demi, la plaie n'était pas refermée, même après arrêt des anti-coagulants. Verdict du médecin, et de la SF de la ré-éducation : fistule périnéale. En clair un canal s'était formé entre mon vagin et l'extérieur. Une sorte de deuxième vagin, en plus petit. J'ai vu une gynéco qui m'a dit que "ça allait se refermer avec de la patience." De la patience j'en ai eu, j'ai passé 3 mois et demi à ressentir le feu du scalpel sur ma peau toutes les nuits, à tremper mon oreiller, à me sentir grande ouverte, à ne pas oser sortir… J'ai craqué devant elle et l'ai suppliée de m'aider. Elle a cédé visiblement persuadée que ce n'était pas nécessaire et j'ai été opérée 2 semaines après, plastie vulvaire. En gros j'ai eu une deuxième épisio le long de la fistule mais moins profonde. J'ai eu un peu mal ensuite mais je me sentais… réparée. Le lendemain j'ai mal réagit aux anti-douleurs et j'ai vomi en marchant à quatre pattes à cause des vertiges. Le soir, je perdais un fil sur le bord du vagin. Urgences, panique, incompréhension du corps médical. A 9h du matin on m'a fait une infiltration pour stopper la douleur et je suis rentrée chez moi. Une heure plus tard la douleur s'était décuplée et j'ai perdu la tête, ça faisait trop, trop de douleur, trop de négation de mes souffrances, trop de désespoir, trop plein, et j'ai eu envie de mourir… Le soir je suis retournée aux urgences, visiblement l'infiltration avait créé un hématome interne, j'ai comme perdu les eaux quand il s'est rompu, puis on m'a hospitalisée et donné de la morphine pour que je dorme. Je suis rentrée le lendemain avec le numéro d'un psy de la maternité dans le portefeuille. J'ai encore perdu un fil, la fistule s'est ré-ouverte. Mon médecin m'a encore conseillé d'attendre, et m'a prescrit anxiolitiques et anti-dépresseurs. La semaine suivante j'ai revu la gynéco qui m'avait opérée, elle a vu, m'a dit que je devais être allergique aux fils, ou avoir un problème sanguin, et elle m'a rappelé qu'elle m'avait dit que c'était inutile et dangereux…. Ça m'a beaucoup aidée…. J'ai été voir un hématologue qui m'a prélevé pas moins de quinze tubes de sang. Finalement après un mois, la fistule s'est refermée et cette zone a retrouvé sa fonctionnalité mais pas son esthétique. Peu importe, je suis redevenue normale. A travers tout cela ma confiance aveugle dans le corps médical a été secouée, ma confiance en moi-même aussi. L'hématologue m'a envoyé un courrier pour m'expliquer que j'ai une anomalie génétique des facteurs de coagulation sanguins. J'attends le rendez-vous durant lequel on va m'expliquer les incidences. J'ai toujours voulu deux enfants mais aujourd'hui je ne me sens pas la force de revivre tout ça. La sage-femme m'a expliqué que la zone étant fragilisée, il faudrait demander une césarienne d'office. Pour l'instant j'ai une fille formidable et ça me suffit. Cinq mois après sa naissance j'ai repris le travail et une vie normale.
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530180
b
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