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Episiotomie et déchirure au 4ème degré

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Donc c'était un premier bébé, une petite fille née en octobre 2002.

Bébé très désiré. J'avais fait une fausse-couche peu de mois avant. Grossesse de rêve. La pleine forme pendant 9 mois. Une grossesse active menée a terme.

Je m'étais renseignée sur l'episio. Mon gynéco auquel je fais confiance les yeux fermes m'avait assurer que l'on ne ferait une episio qu'en cas de nécessite. Pas d'episio de confort… J'étais donc tout a fait d'accord.

Le travail a été très long. Je suis rentrée a la clinique (Sainte Isabelle a Neuilly) un mardi vers 21h et je n'ai accouché après déclenchement que le jeudi a 15h !!!

Plus de 40 heures de contractions douloureuses. J'en ai encore des cauchemars la nuits… et de ce fait n'arrive pas a me décider pour un second bébé… Ma fille était mal positionnée, le visage en l'air et les contractions bien que très très douloureuses n'étaient pas efficaces pour ouvrir le col. Le.

Mercredi, mon gynéco m'avait dit qu'il appellerait la sage-femme de nuit et viendrait déclencher l'accouchement dans la nuit si nécessaire.

Je tiens a préciser que le personnel de la clinique était très pro et adorable. Malheureusement pour moi, la seconde nuit, la sage-femme de garde était une véritable brute. J'ai appris depuis que je n'avais pas été la seule a souffrir de son caractère. Elle m'a dit "y en a marre de ces femmes qui ne comprennent pas que l'on doit accoucher dans la douleur". Elle a mis mon mari dehors vers 23h. Je n'arrêtais pas d'appeler la SF toute la nuit pour lui demander de contacter mon gynéco, de faire quelque chose pour arrêter mon calvaire. Je n'en pouvais plus. Je vomissais de la bile toutes les 10 minutes. Je maudissais l'enfant que je portais. Je voulais que l'on me retire ce "truc" mort ou vivant. Je m'en veux encore de ces horribles pensées… Mais vous savez, après 35 heures de souffrances, de torture, on est prêt a dénoncer sa propre famille… Au lieu d'appeler mon gynéco, la sage-femme de garde m'a donne de la morphine… a plusieurs reprises….

Mon gynéco est arrive le lendemain, étonné que l'on ne l'ait pas appelé… Je n'avais pas la force de lui expliquer ce qui c'était passé. Il a bouge le bébé dans mon ventre pour le repositionner correctement et pour voir si le travail reprenait correctement… Et finalement, il a fallu déclencher l'accouchement. La péridural a été un souffle de bonheur. Enfin j'ai pu desserrer les dents et dire un mot a mon homme auquel je n'avais rien dit depuis le mercredi matin…

L'accouchement se déroulait bien… Position allongée. Pas d'autre choix. Monitoring en continu car il fallait vérifier après toutes ces heures de contractions que le bébé allait bien. La péridurale très bien dosée me permettait de tout sentir sans douleur. Je rigolais avec la sage-femme, mon mari et mon gynéco. J'avais le sourire aux lèvres. Je n'avais plus beaucoup de force pour pousser mais faisais de mon mieux. …

Et la catastrophe, le bébé se retourne, lève la tête, se coince… Ma fille était incroyablement tonique. (Je n'ai jamais eu besoin de tenir sa tête) …

Et la j'ai vu le regard affole de la sage-femme. Il a fallu faire vite. Plus possible de faire une césarienne. Seule solution, faire vite. Forceps… et pas le choix, énorme episio faite par mon gynéco… car il y avait un risque d'énorme déchirure et il était trop tard pour faire une césarienne. Mais je n'ai bien sur rien senti. Je ne comprenais pas tout ce qui se passait. J'avais juste peur pour le bébé. Apres l'expulsion, ils m'ont pose le bébé une seconde sur la poitrine et son partis en vitesse vérifier que tout allait bien. Et la a commencé le lent travail de la suture, un travail d'orfèvre ! … par mon gynéco… La sage-femme a ses cotes a gentiment dit "ouh la, vous avez battu le record de longueur de l'episio". A mon regard affolé, elle a rapidement ajoute "tout ira bien, ne vous inquiétez pas"

Le bébé est revenu dans la salle. Quelques heures de bonheur avec ma fille et mon mari… Puis l'effet de la péridurale a commencé a diminuer… et la horreur… Je n'ai pas pu marcher pendant la semaine à la clinique. Je ne pouvais même pas me laver seule ou aller aux toilettes. Il a fallu me mettre une sonde pour que j'urine…

Mais la semaine a la clinique a été quand même très bien. J'en garde de bons souvenirs. Le personnel était adorable. Nous avions fait une bulle de bonheur dans la chambre avec le papa et notre adorable petite fille, qui ne pleurait jamais et commençait déjà a faire ses nuits ! J'ai refusé toute visite, sauf celle de ma mère et BM.

Rentrée a la maison, je n'ai pas pu m'asseoir pendant 2 mois, sauf avec une bouée et encore pas très longtemps car l'episio allait jusqu'a l'intérieur de la cuisse. L'allaitement s'est mal passe car au bout de 2 semaines on s'est aperçu que ma fille ne savait pas téter… et oui, c'est un réflexe… mais certains bébé ne l'ont pas.

J'ai bien sure fait un énorme baby blues. Ma fille faisait ses nuits au bout de 15 jours, ne pleurait jamais, était très belle… mais moi je pleurais toute la journée et séchais mes larmes lorsque le papa rentrait… Je faisais le strict minimum avec mon enfant, j'avais tellement mal a l'episio, et je me sentais si mal dans ma tête. Je ne la caressais jamais. Je n'en parlais a personne. Je n'osais pas. J'avais honte. Je ne me sentais pas normale. Je n'aimais pas mon bébé… Il était synonyme de souffrance. J'ai alors commencé a lire les messages de bettty-blues sur MM et j'ai compris qu'il fallait que je fasse quelque chose ou j'allais plonger. J'ai commencé a en parler. J'ai pris RDV chez un psy et la situation s'est un peu améliorée. Au bout de 2 mois, lorsque j'ai pu un peu m'asseoir, j'ai voulu retourner travailler. C'était probablement trop tôt, je n'avais pas résolu tous les problèmes avec ma fille et j'étais très fatiguée. Je laissais son père s'en occuper tout le temps. Je me plongeais dans le boulot a corps perdu. Cela n'a même pas été bénéfique pour ma carrière car mon boss, un italien macho, m'avait classée dans la case "maman" …

Bref, ça allait mal chez moi, mal au boulot… Je vivais un cauchemar réveillée. Tout était si bien avant l'enfant. La carrière, la vie avec mon amour…Je jetais en bloc ma nouvelle vie, l'eau du bain avec le bébé ! Je pesais rapidement moins qu'avant le début de la grossesse. Je n'avais plus goût a rien, même manger me pesait…

Je n'ai commence a regarder ma fille avec amour que vers ses 6 mois… et encore maintenant a 3 ans, alors que tout est résolu et que je l'aime comme la prunelle de mes yeux, c'est toujours son papa qu'elle appelle la nuit, ou quand elle a un bobo ou un chagrin… Son papa a pris un peu la place d'une maman… C'est parfois un peu dur. J'ai rate la rencontre avec ma fille.

La cicatrisation a été très longue et très douloureuse. Apres 3 ans, je n'ai plus mal, mais je sens toujours la cicatrice, elle semble être en relief.

Le pire c'est que j'ai l'impression que le gygy a cousu de façon très "serrée", trop "serrée". J'en ai parle a mon gynéco/obstétricien. Mais comme il est assez fier de la belle couture qu'il a fait, il ne pense pas qu'une opération soit nécessaire.

Je n'ai pas fait l'amour du tout avec mon mari pendant plus d'un an. Il a été un amour de patience et de compréhension. Non seulement pendant 6 mois, il s'occupait de sa fille tout le temps, faisait a manger et le ménage tout seul…mais en plus je ne voulais plus qu'il m'approche… Je voulais les quitter tous les 2. J'en rêvais la nuit…

Même encore maintenant, 3 ans exactement après, j'ai perdu le goût de faire l'amour trop régulièrement. J'espace encore nos câlins, et ce non pas par manque d'envie. En effet, c'est un peu douloureux, mais ça encore ça va, tous les préliminaires permettent que malgré la douleur, ça va… Le problème c'est qu'après chaque rapport, j'ai un peu mal pendant plusieurs jours. L'endroit est très endolori. Ca brûle quand j'urine.

J'aimerais donner une petit frère ou une petite s&oelig ; ur a ma fille. J'aimerais avoir l'opportunité de ne pas louper a nouveau une rencontre…mais je sens que je ne suis toujours pas prête.

Je pense que dans mon cas, l'episio était nécessaire…bien mieux qu'une déchirure au 4eme degré. Je ne regrette pas. J'ai une poupée magnifique et adorable.
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88539
b
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