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J'ai eu l'accouchement que je souhaitais

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Récit d'une naissance respectée Je ressens les 1ères contractions très tôt le matin du 7 septembre, jour de ma date présumée d'accouchement, à 5h30. La veille, nous dînions chez des amis, et je me plaignais, du genre : "j'accoucherai jamais, c'est comme si ce bébé ne veut pas sortir, c'est dingue, il n'y a aucun signe avant-coureur, comment est-ce possible ?" Mes copains riaient et me disaient "demain c'est la pleine lune, tu vas voir, ça va marcher, tu accoucheras demain !". Et moi "peuh, bande de ringards, j'y crois pas, à vos trucs de sorcières !!"? Bref? Cette douleur était similaire à des douleurs de règles, et je comprends au bout de la 3ème que j'ai des contractions, des "vraies", qui reviennent toutes les 10 à 15 mn environ. Je réalise que c'est une contraction de travail, mais, allez savoir pourquoi, je n'imagine pas que je vais accoucher le jour même. Quand même un peu trop excitée par tout ça pour dormir, je finis par réveiller P. sur le coup des 6 h. Commes les contractions sont peu douloureuses, et courtes (15 secondes, peut-être), nous petit-déjeunons et après discussion, P. part au boulot. Il m'appelle tout au long de la journée pour savoir si les choses se précisent. Il est aux aguets, je crois qu'il ne m'a jamais autant appelé de sa vie en une journée ! Je "contracte" gentiment comme ça toute la journée, et je suis très... décontractée, justement ! Vers 17h30, peu après que P. soit rentré du taf, les contractions se produisent soudain de manière plus intense et rapprochée, comme si elles avaient attendu qu'il soit là pour "lancer le bal". J'appelle la clinique pour savoir comment être sûre que je suis bien en travail. A ce stade-là, je ne suis toujours pas sûre d'accoucher? J'ai peur du faux travail, et je veux arriver à la maternité le plus tard possible. On me conseille de prendre 2 Spasfon, et un bain chaud, et d'attendre? Plongée dans mon bain, avec mes 2 Spasfon dans l'estomac et un bouquin dans les mains, je me tortille à chaque contraction, en soufflant bruyamment. La lecture n'est pas aisée !! Je finis quand même par comprendre que le travail a VRAIMENT débuté, car je commence à sérieusement douiller. ? Ca y est, j'accouche ! Aaaargh ! J'ai beau m'y être préparée depuis longtemps (la rédaction de mon projet de naissance m'a occupé des semaines !), je suis sous le choc, l'espace de quelques minutes. Je sors de la baignoire plus vite que je n'y étais rentrée, et on finit de préparer les affaires en catastrophe. D'un seul coup, c'est l'alerte rouge, je contracte à tout va, il faut faire vite, je le sens ! Je me projette dans les heures qui arrivent? et j'ai peur. Vers 19h15, nous partons pour la clinique, en pleine bourre. Dans la voiture, je serre la poignée au dessus de la porte en gémissant, un ?il sur la pendule, et l'autre sur la circulation, au cas où (on ne se refait pas !). Il faut que je calme P. qui conduit largement plus vite que d'habitude et me fiche la trouille. Arrivés à la maternité, 15mn plus tard, on nous demande de patienter un peu, la SF n'étant pas disponible de suite. Pas de problème : je tourne en rond dans la cour, P. tripatouille l'appareil photo, nerveusement. Nous parlons peu. Je souffle fort pendant les contractions, je "repousse les murs" le dos parallèle au sol. En attendant qu'une sage-femme arrive, au bout de 30 mn, je réalise que j'ai tout de même un peu faim. Nous grignotons des madeleines. La pression retombe quelque peu. Il est "interdit" de manger peu avant ou pendant un accouchement, et la jeune SF me prend en flag', du gateau plein la bouche. Mais elle sourit, et bon ben? je finis ma madeleine. Et comme c'est "interdit aussi", tant qu'à faire, j'en profite pour boire de l'eau ! Je suis soulagée d'être prise en charge, et je me détends, recommençant à plaisanter à avec P. Les contractions sont bien gérables. Guidés par la SF, nous nous rendons en salle d'accouchement, et je suis excitée, anxieuse, tendue, heureuse, le tout en même temps. Je découvre la Roue Roma dans la salle de naissance et je donne à lire mon projet de naissance à la sage-femme, qui lui paraît réalisable. J'en suis extrèmement soulagée, car je souhaite un accouchement naturel, j'ai choisi de me passer de péridurale pour favoriser le travail et l'expulsion dans la position qui me convient, et épargner ? si possible - mon périnée en évitant l'épisio. Elle m'examine, doucement. Et là, très bonne surprise : je suis dilatée à 7 ! Génial ! Cela veut dire que la "fin" (et le début de notre vie à 3) est proche ! Nous rions, je me sens super bien. La SF nous propose de marcher encore un peu dehors, et je me suspends au cou de P. sur le parking, les fesses en arrière, toujours le dos parallèle au sol, pendant les contractions de plus en plus puissantes. La nuit tombe, il est dans les 21h. Il fait bon. Au bout d'un moment, je ne peux plus tenir debout, j'ai envie de me recroqueviller sur moi-même. Nous retournons dans la salle, et je gère les contractions à 4 pattes, les bras reposant sur le siège suspendu de la roue Roma (pas très pratique : ça bouge). La SF passe pas mal de temps avec nous, et on plaisante parfois tous ensemble, entre 2 contractions, même si la plupart du temps, le silence est seulement entrecoupé par mon souffle (bruyant). Ensuite, très vite, la douleur augmentant, je rentre dans une bulle, où les paroles ne m'atteignent pas, ou, lorsque je les entends, me paraissent inutiles et me déconcentrent. La SF m'encourage à respirer, recommandations reprises en c?ur par P? Je gémis de plus en plus fort, et j'ai du mal à me laisser traverser par les contractions. Et pendant ce qui me semble être de longues heures (en vérité, de longues minutes), je suis à 4 pattes, appréhendant les contractions qui grossissent comme des vagues, m'arrêtant de respirer lorsqu'elles sont au sommet de leur puissance, pour finir dans un gémissement de plus en plus bruyant. Le travail progresse, je sens que je passe des "étapes". C'est de plus en plus intense. Une aide-puéricultrice passe la tête par la porte, attirée par le bruit (mon bruit !), et me remonte le moral, m'encourage. Elle repart. Je demande quand même à la sage-femme si ça va durer encore "longtemps", et ça la fait marrer "celle-là, on me la pose à chaque fois !!" Bon, ben à question con, réponse? Vers 22h, elle me fait allonger pour la 2ème et dernière fois sur le lit pour vérifier les battements de c?ur du bébé et mes contractions à l'aide du monitoring, et là, je commence à hurler durant les contractions, en broyant la main de Pascal (et même son oreille, à un moment ! ? j'ai dû vraiment faire appel à beaucoup de concentration et de volonté pour ôter ma main de là)? La position allongée décuple la douleur? Je sais que je n'accoucherais pas allongée, c'est sûr ! J'ai hâte que ce monito finisse. Le c?ur du bébé bat tout à fait normalement, tout se déroule bien. Et c'est là que je perds les eaux, je sens nettement le liquide chaud s'écouler? Il doit être 22h30. La SF m'examine (pour la 2è et dernière fois). Je suis à dilatation complète. La SF m'installe alors rapidement sur la Roue Roma, et les choses s'accélèrent. J'ai hâte d'en finir. Je ne maîtrise plus grand-chose, je souffre, et je lutte contre la douleur, bien que je sache qu'il faut se laisser traverser par les contractions. Je me morigène intérieurement, mais mon corps se crispe, et je fais ce que je peux. Pourtant, à aucun moment je me suis dit : "là, c'est trop, j'abandonne, filez-moi cette péridurale !" Je n'y ai pas pensé une fois? Je suis à la fin de mon marathon, et je cours, je continue de courir malgré tout? Je ne peux plus m'arrêter? De toute façon, conformément à mes souhaits, et voyant que je gère plutôt bien ma petite affaire, la SF ne me la propose même pas. Au lieu de ça, elle m'encourage, me guide, me soutient. Quand j'ai un coup de "moins bien", elle est super, me dit que mon bébé fait un bon boulot lui aussi, puisqu'il a adopté la meilleure position pour l'expulsion, qu'on se débrouille comme des chefs. A ce moment-là, je suis dans le brouillard. Ses paroles me font du bien, car j'ai vraiment envie de mourir, j'aimerai littéralement qu'on m'achève. Elle me fait toucher la tête du bébé en me demandant si je sens ses cheveux (non, je sens surtout ces maudites contractions), et elle me montre même sa tête à l'aide d'un miroir, mais j'ai tellement mal que je ne vois rien? Et puis je n'ai pas envie de ça, j'ai envie d'en finir ! Ca me déconcentre, et ça m'énerve. Mais ça me reconnecte à mon bébé, en mêm temps, et c'est bien. On "travaille" ensemble, lui et moi, et ça me remotive. Je suis fatiguée et je somnole presque entre 2 contractions, car elles sont espacées d'environ 5 mn, ce qui me permet de me refaire une petite santé. Et au bout d'un moment, la SF me demande si j'ai envie de pousser. Mais moi, j'ai juste envie que ça s'arrête, pas de pousser ! Je ne ressens pas vraiment cette sensation que m'a décrit ma mère le matin même, et qui semble si formidable, mais comme les contractions sont très violentes, je commence à pousser, comme je peux, en hurlant comme jamais. Ca me fait du bien de hurler, le son m'accompagne et me stimule, même si je perds un peu d'énergie. Mais je suis bien incapable de faire autrement? La SF me demande de pousser correctement, c'est difficile. La douleur me fait un peu perdre la tête. Je m'arc-boute dans la roue, je pousse et je tire sur les arceaux, j'y jette toutes mes forces. P. m'encourage comme un dingue, répétant en boucle ce que dit la sage-femme, m'exhortant à respirer (je suis en apnée durant les contractions), et à pousser, à bloquer, à pousser?! La sage-femme lui propose de m'asperger le visage avec une bombe aérosol d'eau, et je l'engueule ! "Vire-moi ce machin de là !!!" Oups? Je suis dans la dernière ligne droite, je ne veux pas qu'on me parasite avec des interventions de ce type? Arrive un moment où je n'en peux plus, ça me brûle si fort, et je refuse de pousser. Je veux tout arrêter et rentrer à la maison avec mon gros ventre... La SF m'exhorte et me secoue (au sens figuré !), mais j'en ai marre. Soudain P. crie : "On voit sa tête, oh la la, la tête sort !!!". Je veux voir mon bébé ! Alors, je me concentre et pousse vraiment de toutes mes forces. Très vite, la SF me crie "Attrapez votre bébé !", je ne percute pas vraiment (quoi ? déjà ?) et machinalement, je le saisis sous les bras, je le tire hors de moi (quelle sensation incroyable !!), et le pose sur ma poitrine. D'un seul coup, il y a ce silence. Puis les pleurs. Mon bébé remplit tout l'espace, il est là, enfin, tout gigotant et gluant sur mon ventre, et je suis complètement abrutie par l'effort. Je le regarde, toute tremblante après cette poussée finale. P. dit "Mais on ne sait même pas ce que c'est ! Une fille ou un garçon ?". La sage-femme nous laisse le soin de soulever le drap qui le recouvre, et nous découvrons notre fils. Il est 23 heures. Il me semble immense, tout couvert de vernix, il a cette drôle d'odeur? Il pleure doucement en agitant ses bras et ses grandes jambes, ses mains aux doigts si longs? Mon bébé, notre bébé? Je ne réalise pas vraiment. J'ai encore mal, et je suis complètement éberluée? Je pousse encore, et le placenta sort tout seul. Ensuite, on me recoud, car mon périnée a été un petit peu déchiré au moment de la dernière poussée. J'aurai pu l'éviter si j'avais entendu la sage-femme crier "Bloqueeeez !!!", mais j'ai du crier plus fort qu'elle sur ce coup-là, et j'ai apparemment poussé comme une brute? J'ai donné notre bébé à son père, qui le prend contre lui en peau à peau. Il s'est apaisé. Je les regarde. Notre fils regarde son papa, silencieusement, sérieusement. Il ressemble à un minuscule boxeur après le combat, les yeux un peu tuméfiés, le nez épaté, les oreilles collées? Il est magnifique ! Une fois l'opération haute couture terminée (qui est très douloureuse aussi, malgré l'anesthésie locale, ce qui me surprend. Je m'attendais à ne plus ressentir de douleur du tout après l'expulsion. Raté !), je regagne le lit (la roue Roma, au bout d'un moment, c'est franchement inconfortable), où je reprends mon fils sur moi. Nous passons alors près de 2h30 tous les 3, tout seuls. Virgile essaye de têter, je crois qu'il ne prend rien. Il suçote son petit poing. Il ne commencera à têter que 24h plus tard. Pour la petite histoire, il est toujours allaité aujourd'hui ! Nous le gardons avec nous, contre moi ou son père, tout ce temps. Son père l'accompagne 5 mn lorsqu'on lui administre la vitamine K, qu'on le nettoie grossièrement et qu'on l'habille, après un long séjour en peau à peau contre moi. P. est présent durant toutes ces opérations, à ma demande, il ne le lâche pas d'une semelle. Conformément à notre projet de naissance, Virgile "échappe" à l'aspiration dans le nez et la gorge. Il n'est baigné que le lendemain matin. C'est un "beau" bébé, comme on dit, de 3kg860, pour 51 cm. "Cerise sur le gâteau", ce petit bonhomme a un périmètre crânien plutôt conséquent de 38 cm (aïe !). Il s'est écoulé 3h entre le moment où la SF a fait notre connaissance et le moment où nous avons rencontré notre bébé? J'ai eu l'accouchement que je souhaitais, le plus naturel et respectueux possible, avec le moins de médicalisation possible, en très petit comité. Pour moi, ce fut un moment hyper intense, un voyage au bout de moi-même. Je suis fière d'avoir si bien bossé avec mon fils, et d'avoir fait confiance à mon corps ! J'ai accouché de lui et de moi à la fois...
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222678
b
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