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La naissance de Inès

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J'ai écrit ce récit pour Inès plus tard, pour mes s'urs et les femmes autour de moi pour qu'elles sachent qu'un accouchement autrement est possible, et pour continuer la chaîne des récits de naissances "émancipées" , que j'ai lu pendant ma grossesse. Projet d'accouchement et de naissance De part mon histoire familiale (mère accouchée par le Dc. Michel Odent pour mes 2 s'urs et culture familiale de la santé au naturel) , l ? Histoire de ma propre naissance (sans aucun problème, allaitée jusqu'à 6 mois) , ma propre conception de la santé (approche globale) , et des amies proches, déjà mamans, anglaise, allemande, suisse et danoise, j'ai souhaité dès le début de ma grossesse un accouchement et une naissance naturels et non médicalisés, à partir du moment où aucun problème particulier n'apparaissait (cette remarque est importante car il ne s'agit pas pour moi de refuser la médicalisation qui permet de sauver des vies. Il s'agit seulement de refuser la médicalisation systématique de la naissance en France) : - pas de rasage des lèvres, pas de spasfon pour détecter vrai travail, pas de laxatif - liberté de mouvement pendant le travail - pas de péridurale - tout faire pour éviter l'épisiotomie, voir préférer une déchirure naturelle - prendre le temps nécessaire pour le travail - ne pas laver, mesurer, désobstruer mon enfant à la naissance - seulement le mettre au sein et le peser - etc. Pour réaliser ce projet, je ne souhaitais pas et ne me sentais pas capable d'entrer dans une bataille avec l'institution médicale française, surtout au moment de la naissance. Par conséquent, j'ai cherché un lieu qui pourrait accueillir mes désirs. Dès le lendemain du test "pipi" , je me suis inscrite aux bluets, clinique réputée à Paris pour son respect de la femme avec des taux de péridurale et d'épisiotomie inférieurs aux taux moyens sur Paris. Puis, j'ai continué mes recherches, affiné mon projet en y incluant le souhait de faire une préparation par l ? Haptonomie mais également d'être accouché par une personne formée à l ? Haptonomie. J'ai également compris que pour réaliser mon projet, ce qui comptait n'était pas le lieu mais la relation avec les personnes accompagnantes (sage-femme, obstétricien). Or, aux bluets, je n'aurais pas eu une relation avec une personne, mais avec une équipe. Je n'ai également pas eu un bon contact avec la sage-femme des bluets qui nous a reçu pour le 1er entretien, notamment sur la question de l'épisiotomie (à mes craintes, elle a répondu que de toutes les façons au moment où on la faisait je ne sentirai rien et que je n'aurai pas la possibilité de donner mon avis). J'ai donc recherché des personnes privilégiant l'accouchement non médicalisée si non nécessaire et pratiquant l'accompagnement global (préparation, accouchement sur plateau technique et suivi de couches avec la même personne). Il y aurait sur Paris environ 5 obstétriciens (dixit mon obstétricien) et 20 sages-femmes (j'en ai trouvé 5 après une recherche assez approfondie. Je me dis qu'il doit y en avoir environ 20 au total par extension) qui pratiquent de cette manière. Je rencontre une SF à 2 pas de chez moi avec une démarche formidable ? Tout bien, quoi ? Mais le courant ne passe pas et elle ne pratique pas l ? Haptonomie. Je continue donc ma recherche et rencontre un gynécologue-obstétricien, haptonothérapeuthe, et hop la confiance passe dès la première rencontre. Entre-temps, mon mari a commencé à raller du temps que cette recherche me prenait, tout en me disant qu'étant la première concernée, c'était moi qui devait d'abord formuler et me donner les moyens de réaliser mon projet. Puis, nous l'avons discuté et il a été 1er acteur de sa réalisation, notamment à travers l ? Haptonomie. Aujourd ? Hui, il dit "on ferra exactement la même chose pour le 2éme" . L'obstétricien nous propose rapidement d'être accompagné également par une sage-femme pendant le travail (avant son arrivée pour l'expulsion - vers 8-10 cm de dilatation du col) , qui ferra également avec nous une préparation à l'allaitement et le suivi de couches à domicile (nous voulons rester le moins longtemps à la maternité dans la mesure où mon mari est ok pour assurer la logistique et que nous serrons accompagnés par la SF). Niveau financier, on réalise qu'ayant une très mauvaise mutuelle, cela va nous coûter cher (3000€ au total de dépassements divers ? Consultation, prépa hapto, accouchement SF, accouchement obstéricien, suivi à domicile -, d'osthéopathie post-natale ? Bébé et maman -, de prépa gym douce, etc). Mais, on ne fait pas un bébé "nature" tous les jours ? Grossesse Ma grossesse s'est formidablement bien passée. Elle a été un bonheur de découverte et d'écoute de mon corps. J'ai eu la chance de vivre ce moment là pleinement, d'autant plus que je ne travaillais pas. J'ai eu les "maux" classiques : grande fatigue et nausées des 1ers mois, constipation de 15 j. Au moment du changement hormonal, ? Mais pas mal au dos ! Ce que je craignais vraiment vu ma fragilité à ce niveau suite à une hernie discale il y a 6-7 ans. J'ai mangé autrement, en choisissant spontanément les aliments bons pour moi et pour le bébé. J'ai pris au total 12-14 Kg que j'ai entièrement reperdu 2 semaines après mon accouchement (à noter que j'ai un surpoids plutôt important). J'ai associé préparation par l ? Haptonomie, gymnastique holistique (gymnastique douce qui travaille beaucoup sur le périnée et que je pratiquais déjà auparavant pour mon mal de dos) , gymnastique aquatique. J'ai également fait 2 séances avec ma SF de préparation du périnée et à l'allaitement. Je me suis occupée de moi. J'ai été complètement en confiance, non stressée par mon obstétricien : - "Le bébé est à droite. Il y a un risque d'accouchement par les reins et mon dos est fragile ? Eh bien, on verra ? Souvent les bébés tournent, aussi au dernier moment ou bien c'est qu'ils doivent sortir comme cela, parce que vous êtes plus ouvertes dans ce sens." - "L'échographie dit que le bébé est gros. Vous vous inquiétez pour l'accouchement. Moi je ne trouve pas qu'il est forcément gros. Parfois, les échos peuvent se tromper." (à l'arrivée, j'ai effectivement eu un gros et grand bébé, mais je n'ai jamais stressée à cause de cela). - "Vous voulez voyager en avion au début du 7ème puis à la fin du 8ème mois de grossesse. Vu votre état (en forme, tout normal) et puisque ce sont des vols courts, allez-y ? Pas de problème." - "Vous partez en we en train à 800km, à 20 jours du terme ? Compte-tenu de l'état du col, de la position du bébé, c'est ok." . Mais le terme approchant, j'ai commencé à me poser des questions, à me mettre la pression. Est-ce que je vais arriver à réaliser mon projet (pas de péridurale, pas d'épisiotomie) ? Est-ce que mon mari va pouvoir m'aider ? J'étais inquiète notamment parce qu'il n'était pas très intéressé par l ? Haptonomie, par rentrer en relation avec le bébé dans mon ventre. Je le dis à l'obstétricien qui dit qu'on ne sait jamais à l'avance comment cela peut se passer, comment je gérerai la douleur, comment mon mari s'engagerait. Que tout pouvait arriver, que tout était ouvert. En fait, j'ai été beaucoup rassurée pour ce "on ne sait pas" . C'est grâce à cela je pense que je suis arrivée au jour de mon accouchement relativement zen. Accouchement et Naissance (vendredi 23/09/05 et samedi 24/09/05) Au réveil, j'ai des pertes, un peu de sang genre fin de règles, puis des glaires un peu ? "cela doit être le bouchon muqueux" . La s'ur d'une amie, SF, me confirme cela par téléphone dans l'après-midi. 16H : à un jour du terme, on essaye la méthode italienne ? On fait un câlin plutôt très bon malgré mon gros ventre ? Je me dis que c'est bien l'orgasme, ça doit faire travailler le périnée (info non vérifiée) ! 20H : les contractions commencent ? Pas fortes, gérables facilement ? Toutes les 20, 10 minutes. Je me demande faux travail ? Ou vrai travail ? Je suis assez détendue. Cela pourrait être le grand moment qui va enfin arriver. Je raccroche quasiment au nez d'un copain au milieu d'une contraction… l'idiot il me rappelle ? Je lui dis "ben oui c'est une contraction ? Alors là, je te laisse hein ? " et je re-raccroche. Entre temps, ma cousine, que je n'ai pas vu depuis des mois, s'est invitée à dîner. On mange des pâtes au rythme des contractions. Je la laisse avec mon mari au dessert pour filer prendre un bain. Les contractions se rapprochent mais ne sont pas vraiment douloureuses. Je lis le journal (bien, parce que depuis la naissance, je n'ai rien lu du tout) !! 22H : On commence à noter les intervalles entre les contractions. Je sors de mon bain et m'installe tout au bord d'un lit assez haut, bien droite, pour que juste le bas de mon dos appuie, mon mari derrière moi, qui vient "enrouler" mon ventre à chaque contraction (geste d ? Haptonomie). On prévient la sage-femme que peut-être c'est pour cette nuit. Elle nous propose de la rappeler dans 2H pour lui dire comment ça évolue. Et on se regarde 2 épisodes d'une série américaine en notant une contraction toutes les 3 à 6 minutes. Minuit et demi : là, on se dit que ça doit être bon ? Mais les contractions ne sont toujours pas vraiment douloureuses. On rappelle la sage-femme qui me demande de prendre un bain et de la rappeler dans 1H. Les contractions deviennent plus régulières, toutes les 3-4 min, mais c'est toujours ok au niveau de la douleur. 1H30 : Re-tel à la Sage-femme ? Elle nous propose de partir à la maternité dans 1H. Je reste dans mon bain et là, ça commence à faire un peu mal. On finit les valises ? C'est à dire que mon mari s'escrime à fermer la valise les deux petits sacs contenant les 3 tonnes de trucs (pour la plupart inutiles puisque je ne resterais que très peu de temps à la maternité après l'accouchement) que j'y ai mis en vrac. On appelle un taxi et c'est parti ! Le chauffeur de taxi, qui est tout jeune, me demande si j'ai déjà perdu les eaux. Je lui dis "ah vous demandez parce que vous avez peur que je les perde dans votre taxi." Parce qu'effectivement c'est une de mes craintes en me disant mais comment on va faire si on s'engueule avec le chauffeur de taxi à cause de ses fauteuils, et si il nous laisse dans la rue ? J'ai donc mis avant de partir une serviette périodique ? Mais dont je ne réalise pas qu'elle n'aurait eu aucun effet. Enfin, cette petite traversée de Paris by night au rythme des contractions se passe plutôt bien. On est détendu, on rit. Ca va ? 3H : Arrivée à la clinique du bien-naître, paris 12ème. La sage-femme de garde nous installe dans la salle de naissance "océane" qui est réservé en priorité aux patientes de l'obstétricien et des 4 sages-femmes, qui travaillent "autrement" ? Il y a une baignoire, un lit pour le papa (qui va se révéler hyper utile) , un ballon et puis aussi bien tout un tas de machines. La SF nous laisse en me demandant de me préparer pour un monitoring. Je lui demande comment on peut se servir du ballon. Elle me répond "ah ben si vous trouvez, vous me le direz" en haussant les épaules ? On éclate de rire avec mon mari et on a l'impression d'être directement cataloguer "hippies" ? Nous restons cool aussi parce que qu'on sait que notre SF puis notre obstétricien vont bientôt arriver. On demande à éteindre ou au moins à diminuer au max le bruit du monitoring. Réponse sèche "c'est non" . Elle me fait un toucher vaginal. Mon col est presque totalement effacé et je suis dilatée à 3 cm. Good. Dès qu'elle est sortie, mon mari baisse le son du monitoring (je n'aime pas le bruit, ça me dérange et en plus le papier enregistre, donc je vois pas pourquoi je vais me stresser à écouter en me demandant si le c'ur du bébé bât, alors que je préfère me concentrer sur mes contractions). Evidemment, la position allongée rend les contractions plus douloureuses. Je me mets sur le coté ? Puis au bout de 10 min je m'assoie. 3H30 : On fait couler un bain et je m'y installe pour poursuivre le travail. Mon mari se met en caleçon et s'installe sur le bord de la baignoire, les pieds dans la baignoire, pour faire le mouvement d'enroulement de mon ventre. Les contractions sont plus douloureuses mais ça va ? La baignoire par contre n'est pas super confortable (il faut dire aussi que je suis très grande). 4H : La SF de garde revient au bout d ? 1/2H, hallucine complètement de voir mon mari dans la baignoire et nous informe qu'en raison de ses obligations médico-légales, elle est obligée de me faire un nouveau monitoring tant que notre SF n'est pas là. Nous sommes morts de rires de son expression "obligations médico-légales" qui font très "morgue" ainsi que "pression sur futurs parents hippies" . En tout cas, on laisse tomber et je m'installe pour un 2ème monitoring. Et de nouveau, j'ai plus mal de cette position allongée. Mon col est ouvert à 5-6 cm. Notre SF arrive et m'enlève le monitoring. 4H20 : Je me réinstalle dans la baignoire. J'ai soudainement un besoin urgent d'aller aux selles. La SF vérifie que ce n'est pas le bébé qui appuie sur le rectum. Enveloppée dans un drap comme un romain dans une toge, je traverse le couloir et la salle d'attente pour aller aux toilettes (il n'y en a pas dans la salle d'accouchement). Je me demande comment cela se serait passé si on n'avait pas été au milieu de la nuit. Plus tard, au moment de l'expulsion, malgré les poussées, je ne ferrai pas de selles. 4H45 : Ca coule "chaud" entre mes jambes, plus chaud que l'eau du bain. C'est la poche des eaux. Je demande 3 fois à mari de vérifier que ce n'est pas vert. Et les contractions devenant plus douloureuses, je sors de la baignoire. J'ai besoin de marcher. 4H50 : Je poursuis le travail debout. Pendant les contractions, j'appuie le bas du dos sur la jambe de mon mari, les jambes restant ouvertes. Lui, est debout derrière moi et me soutient avec sa jambe et sa main sur mon ventre. Je m'appuie avec mes bras sur le bord de la baignoire ou du lit d'accouchement. Cela me soulage énormément. Sur les conseils de la SF, j'essaye aussi d'accompagner la contraction par un son grave. Mais j'ai difficulté à sortir ce son de mon ventre, il sort souvent de ma tête et est alors moins efficace. Je continue à perdre les eaux, sur le jean de mon homme cette fois. Il râle. Je lui promets de lui en racheter un plus tard. La SF approuve ! Plus tard, j'ai un instant de panique, je demande si je vais y arriver sans péridurale. Je pleure. La SF me dit que c'est les émotions de ma propre naissance qui remontent, que c'est normal. Rassurée, j'arrête de pleurer au bout de 5 minutes. 5H45 : Les contractions sont de plus en plus fortes. On change de position. On essaye la position suspendue. Cela fait très mal. Mon dos a besoin d'être soutenu. Puis, mon mari s'assoit sur le lit d ? Haptonomie, qui est assez bas. Pendant les contractions, je m'assois sur ses jambes, qui s'écartent et écartent ainsi les miennes. Je m'appuie avec les bras sur le lit d'accouchement. J'ai les yeux dans les yeux de la sage-femme et j'essaye de sortir un son grave sur le souffle. Entre, je marche. 6H : La SF me propose de m'allonger sur la table d'expulsion. J'accepte car je commence à être fatiguée debout. Je me mets sur le coté gauche. Je suis ouverte à 8 cm mais cette position est plus douloureuse et j'ai plus de mal à gérer les contractions. La SF m'invite à accompagner la contraction et la rotation du bébé. Je faisais une sorte de "hou hou hou" et mon mari ne se souvient plus vraiment comment il me tenait, mais dit-il ce n'était pas confortable. Le bébé finit sa rotation pour se mettre en position classique d'expulsion (le dos contre mon ventre). Pendant toute ma grossesse, le bébé était sur la droite avec donc un risque d'accouchement par les reins mais il a fait toute sa rotation, de plus de 250° ; , lors du travail. La SF m'a mis le monitoring mais je ne m'en suis pas vraiment aperçu. Par contre, la sensation de sa main sur mon ventre tenant le galet du monitoring ? Un peu frais - me soulageait vraiment, au point où plus tard je me souviens lui demander de laisser sa main, de continuer à me tenir le ventre. 6H50 : Ouverture du col à 10 cm. Début de l'expulsion. Arrivée de notre obstétricien. Pendant presque une heure, mon mari m'a dit avoir vu la tête du bébé (un petit triangle de cheveux noirs) monter, descendre, monter, descendre. Pour ma part, ce moment n'a pas été facile. J'avais peur et je n'accompagnais que difficilement le mouvement. C'était la SF et mon mari qui me repoussaient les jambes vers les hauts (on n'a jamais utilisé les étriers). J'avais tendance moi à les allonger et à étendre les bras vers l'arrière au lieu de m'attraper les cuisses pour m'enrouler. A un moment, j'ai paniqué et l'obstétricien m'a dit de revenir, de rester avec eux et le bébé. Ce qui a été extraordinaire c'est que j'avais l'impression qu'il savait exactement à quel moment j'avais mes contractions et il ne m'encourageait à pousser que pendant celles-ci, pas une seconde avant, pas une seconde après. Pendant, toute cette phase, la SF et l'obstétricien m'ont massé le périnée avec de l ? Huile de rose musquée, que j'avais apporté avec moi. Je pense rétrospectivement que j'aurais pu à ce moment "ré aspirer" le bébé si je n'avais pas été accompagné à chaque instant. A un moment aussi, l'obstétricien me dit "là, vous en avez pour 6 poussées maximum et votre bébé sera là" . Ca me motive beaucoup mais 8 poussées plus tard, j'ai quand même assez de tête pour lui dire "mais vous m'aviez dit 6 poussées" !! Je crois que si je n'ai pas déchiré le périnée, c'est parce qu'on a vraiment pris le temps à ce moment là que tranquillement le bébé relève sa tête et que je pousse à mon rythme. Là, le monitoring est indispensable car il a permis de suivre le c'ur du bébé, qui n'a pas varié pendant toute l'expulsion. On a donc pu prendre le temps. 7H40 : Naissance de notre bébé. J'ai eu une sensation de brûlure assez forte. J'ai poussé fort pendant 30 secondes, 1 minute ? Cela ne m'a pas paru long. Et puis le bébé sur mon ventre. Elle pousse deux vagissements. Gros, énorme soupir, soulagement. Mon bébé est là, contre moi. Je sanglote. Tout est calme. Puis, j'ai commencé à avoir très froid. Mon mari a coupé le cordon. Il ne semblait plus battre. Il me dit ça fait crac crac quand on coupe comme quand on disséquait les souris (en classe prépa bio ndrl). Là, l'obstétricien nous demande si c'est une fille ou un garçon ? Je la soulève pour regarder. C'est une fille. Je sanglote encore plus. Mon mari nous caresse toutes les deux. La SF me pose une perfusion avec du glucose et du ringer (sels minéraux) , me dit que c'est au cas où j'ai une hémorragie, pour qu'on puisse passer du sang facilement (pour le 2ème, je redemanderai si passer ces poches de perfusion sont vraiment utiles/nécessaires et si seule une voie pour le "au cas où" ne peut pas suffire). On ne m'avait pas posé de voie avant. J'avais demandé si on pouvait l'éviter car je déteste l'idée et j'avais l'impression que cela me gênerait dans le travail. Par les lucarnes, au-dessus du lit d'accouchement, je vois l'aube, il pleut un peu. 7H50 : Départ de notre fille avec mon mari et la SF pour la peser (4kg350) , lui donner les soins du cordon et l ? Habiller (elle n'a pas été désobstruée car elle respirait bien, ni lavée pendant 3-4 jours). J'expulse le placenta sans rien sentir, sauf des petits tiraillements au moment où l'obstétricien l'a enlevé. Il me suture (1 point) trois petites déchirures tout autour du périnée. Pour le faire, il me donne le choix de m'anesthésier ou non. C'est vraiment un filou parce qu'il me vend l'affaire en me disant c'est une piqûre d'anesthésiant contre deux points de suture qu'on sent à peine ? J'achète (aussi parce que si je peux éviter un médoc, je me dis que c'est aussi bien) et en fait, il me fait trois points à l'arrivée ! 8H : Mon mari revient avec notre fille. Je m'installe sur le coté pour la mettre au sein (pour le 2ème, je demanderai si il est possible de la mettre au sein de suite et de repousser le moment où on l ? Habille, la pèse, etc.). Nous choisissons son prénom parmi notre short-list. Inès est née. Elle est là. J'ai encore les larmes qui me viennent quand je repense à ce moment. 9H30 : Examen de Inès par le pédiatre. Elle est mesurée (54cm) après avoir eu la détente de la tétée (je crois que pour le 2ème, on essayera de repousser ce moment). Examen par la sage-femme qui m'a appuyé sur le ventre pour faire sortir les caillots. J'ai l'impression que des flots de sang coulent. On se prépare pour monter. Je me lève pour me mettre dans la chaise roulante, un peu flageolante mais ok. Inès est dans son berceau. 10H : Je suis dans ma chambre. Inès dort et l'a fait pendant 5H. La SF me dit aurevoir. Je pleure à nouveau de soulagement et de fierté aussi d'avoir mis au monde ma fille, en la remerciant. Elle me dit que c'est bien, que c'est l'émotion qui sort. 11H : Je dévore un petit-déjeuner ? Le mien et presque tout celui de mon mari. C'était en tout cas une sacrée aventure, dont je suis mais tellement tellement fière. Mon homme était complètement là, engagé et m'aidant à chaque contraction (il m'a dit ne pas avoir pris le temps de faire pipi en 12H). La SF et l'obstétricien ont fait du super boulot. Ils ont été formidables d'écoute, de respect, et de professionnalisme. Ce qui a été également très important, c'est la liberté totale de position que nous avons eu, en les cherchant pour qu'elles soient adaptées à mon cas (dos fragile). Est-ce que cela a fait mal ? Oui, mais en fait pas autant que ça ? Ou bien est-ce parce que j'ai déjà oublié ? Je me souviens plutôt d'avoir été assez calme, apaisée, concentrée. Je me souviens de rires et d'avoir sans cesse demander à mon mari de me tenir. Suite à mes lectures, je pensais devoir mobiliser à ce moment là mon énergie profonde, sauvage. Mais, je ne crois pas vraiment l'avoir fait. J'étais là en lien avec les personnes présentes et l'environnement. C'est peut-être là l'essence d'un accouchement haptonomique ? Suites de couches On oublie un peu les suites de couches quand on prépare son accouchement. Or, c'est là que tellement de choses nouvelles nous tombent dessus. J'avais un peu lu B. De Gasquet (Bien-être et maternité et Bébé est là, vive Maman) et M. Thirion (les compétences du nouveau-né) , retenu le coup du petit tabouret pour aller aux toilettes, acheté depuis longtemps le coussin d'allaitement qui m'a beaucoup servi pendant ma grossesse, mais ce n'est qu'avec Inès dans mes bras que les questions ont affluées pour elle et pour moi. J1 : On a demandé à l'ostéopathe qui travaille avec la clinique de venir pour Inès et pour moi. C'est conseillé pour "remettre les choses en place" après l'accouchement. C'était absolument magique de voir ma toute petite se détendre sous les mains de l'osthéo. Nous avions pris une chambre seule avec lit papa, chère mais indispensable. J'ai mis Inès très vite en peau à peau, juste en body contre moi ou parfois contre son papa, toute la journée, voir une bonne partie de la nuit. J'ai dormi assez peu car je devais être assez shootée aux hormones sécrétées pendant le travail. Je me suis sentie "bien" assez vite, pouvant me lever pour aller aux toilettes et me doucher moins de 4H après la naissance. J3 : Après 2 nuits à la clinique, nous sommes rentrés à la maison. Je préférais faire mon cocon chez moi. La sage-femme est venue 2 fois à domicile terminer le suivi. J'aurais probablement aimé un suivi à domicile plus soutenu comme c'est le cas en Allemagne par exemple (visite de la SF 2 fois par jour pendant 2-3 jours, puis 1 fois par jour pendant 2-3 jours, etc.). Mais, bon ? On a fait sans mais avec des visites de proches s'y connaissant bien ! J8 : Après 1 semaine dans mon lit, je me suis sentie assez bien pour faire ma 1ère ballade, et aussi un 1er calin. J'étais assez étonnée mais ma libido est revenue très vite même plus fort qu'avant. Et puis vlan, je fais un faux mouvement, je suis clouée au lit par un mal de dos terrible, sensation de risquer d'être paralysée. Angoisse énorme. Mais comment vais-je pouvoir m'occuper de ma fille ? L'osthéo de la clinique accepte exceptionnellement de venir me faire une consultation à domicile. C'est mon sacrum et/ou les sacro-iliaques qui sont bloquées, c'est lié quasi-directement à l'accouchement et assez classique. Elle me manipule et hop, ça recommence à aller mieux. Soulagement. Après 3 jours de repos complet, je peux à nouveau me lever, recommencer à bouger. J15 : Je recommande la gymnastique holistique avec des exercices très très doux (entre temps ma prof a potassé le livre de B. De Gasquet) pour éviter d'avoir mal au dos. Le démarrage de mon allaitement s'est plutôt très bien passé (seulement une micro-crevasse) mais en raison de 2 conseils (allaiter après une semaine au max toutes les 2H pour laisser au bébé le temps de digérer et ne pas laisser le bébé "tétouiller") , j'ai failli complètement perdre le fil de l'allaitement à la demande en ne regardant plus mon bébé mais le réveil. Je ne m'en suis rendue compte que grâce à des bons conseils de mon entourage. Ouf. Très progressivement, j'ai commencé à trouver des tous petits rythmes en regardant mon bébé, en apprenant ses cris. Mais, cela restait quand même très très anarchique. Et puis, ma petite s'est mise à avoir mal au ventre et à pleurer toute la journée (des coliques). Ca rend fou. J'ai mis 4 jours à me rendre compte que cela avait commencé au même moment où j'ai pris du fer (Tardyferon prescrit classiquement aux femmes en post-couches, fer sous une forme minérale, très difficilement absorbable dans l'organisme, rejeté donc dans les urines, les selles ? Qui deviennent noires, et bien sûr le lait maternel !! ) , et ce sans faire d'analyses préalables pour savoir si oui ou non j'avais effectivement une carence en fer. J'ai arrêté tout de suite le fer (en n'écoutant que moi et pas certains conseils qui te disent "mais non, tu sais, il faut que tu te complémentes, sinon tu vas aller mal" sauf que moi, avec ma petite qui pleure toute la journée, je devenais folle). Un appel à la Leche League m'a aussi permis d'avoir des bons petits conseils en technique d'allaitement. Maintenant ma petite va mieux, et moi aussi, et nous aussi. On commence au bout d'un mois à voir que trouver des rythmes, c'est possible. J'ai été très entourée et aidée pendant les 3 1ères semaines : mon mari, puis ma s'ur, puis ma belle-mère ont assuré successivement la logistique de la maison. Une autre aide - aussi très très appréciable - est celle qui consiste à avoir quelqu'un qui s'occupe du bébé pendant un moment, en s'assurant qu'il ne pleure pas, tout en restant pas trop loin (avec ma petite, cela consiste à marcher en la tenant dans ses bras, en lui massant le ventre). Je sais alors qu'elle est en sécurité, qu'elle va bien, pas loin et c'est là qu'on peut se reposer vraiment. J'ai la chance d'avoir en particulier un papa formidable pour cela. La 4ème semaine, je me suis retrouvée seule ? Sauf les visites. J'ai pu alors commencer à prendre vraiment mes marques avec mon bébé. Je n'ai plus mal au dos. Inès a moins mal au ventre et commence à bien dormir dans la journée (la chance c'est qu'entre les tétées ? Nombreuses -, elle a quand même jusqu'ici toujours plus ou moins bien dormi la nuit). Mes pleurs du soir s'estompent. C'est un bonheur ? En attendant de nouvelles aventures.
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