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La naissance de Maël

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Mardi 29 avril 2003: (la date limite du terme était prévue le premier mai) 23H : Alors que je me lève du lit, je sens un liquide chaud qui coule entre mes cuisses… Les eaux ? C'est la grande question ! Mon homme tout excité éponge le sol en disant "c'est ça, c'est ça ! " 23H30 : Nous nous préparons à partir à la maternité pour lever le doute mais toujours pas de vraies contractions à l'horizon. La sage-femme fait le test : négatif. Par contre il y a des contractions régulières mais toujours non-douloureuses. Le col n'est pas très ouvert et le bébé pas très bas… Bref la SF nous propose de faire comme on le sens : rester et s'installer dans une chambre ou bien rentrer chez nous.

Elle a aussi reconnu notre nom sur le dossier et nous parle de notre projet de naissance en nous disant qu'elle serait très heureuse de pouvoir nous accompagner. Mercredi 30 avril 2003: 1H15: Nous décidons de rentrer chez nous, l'attente y sera plus agréable et puis, peut-être que ce n'est pas pour cette nuit finalement ! La SF nous lance un sympathique "à bientôt" et j'ai presque envie de répondre : "A tout à l'heure"!! 1H45: De retour chez nous, première contraction douloureuse en sortant de la voiture ! Je monte les escaliers et cela s'intensifie… Zhom va se coucher mais moi je n'arrive pas à tenir au lit. Je me fais couler un bain. Là je trouve la détente et la concentration pour gérer les contractions. Je suis calme et je me demande un peu "est-ce que c'est ça ? " Je reste 3 heures dans le bain pendant que zhom ronfle de l'autre côté de la cloison. Je rallume l'eau chaude avec mes orteils toutes les 30 minutes et somnole entre deux contractions. 5H15: Je réveille Zhom car je crois bien que le travail s'installe, mais j'ai toujours un doute. Nous partons pour la maternité bien chargés de toutes nos bricoles (bouilloire, poste de musique, CD, couverture pour le bébé…). Hors du bain la douleur est plus difficile à supporter : je me plie en deux et implore mon homme de me masser le bas du dos de chaque cotés, ce qui me soulage beaucoup. La bouillotte fait aussi bon usage, surtout pendant le trajet en voiture… 6H : La SF nous accueille à nouveau et, alors qu'elle m'examine, je ne sais vraiment pas à quoi m'attendre ; j'imagine qu'elle va m'annoncer que c'est un faux travail et qu'on peut rentrer chez nous… Mais non, elle s'exclame : "Mais vous êtes à 3-4, c'est très bien ! "

Donc ça y est, le départ est bel et bien confirmé. 7H : La SF nous installe dans notre chambre (celle que nous garderons d'ailleurs par la suite). Là je passe du lit à la chaise, appelant fébrilement zhom dès qu'une contraction arrive. Il me masse et reste près de moi ce qui me soutient vraiment. Nous avons aussi fermé les volets, mis notre musique et installé notre bouilloire (la bouillotte fait encore très bon usage ! ) Bref nous nous sentons dans notre petit univers ? Personne ne vient nous déranger, la SF n'est passée qu'une seule fois pour me poser un monitoring pendant 20 minutes. 8H30: C'est la relève des sages-femmes, Blandine vient nous dire au revoir et c'est Madame H qui nous a suivi toute la grossesse en haptonomie, qui prend la relève (Maël a bien choisi son jour ! ). La poche des eaux a éclaté naturellement et j'en suis maintenant à 5cm. La douleur devient encore plus intense. Je tente de laisser sortir ma voix, timidement d'abord, et puis plus fort ? Bientôt c'est un son puissant qui sort de moi, traversant mon corps au c'ur de la contraction. J'ai l'impression, ainsi, de chevaucher la douleur, de la dominer, de m'en extraire aussi. Parfois le son devient mélodieux et j'ai la sensation de sculpter la douleur. Les quelques personnes qui passent parfois ne me dérangent pas, je suis absorbée par ma tâche ? Mais je pense à toutes les mamans qui m' entendent (et à leurs bébés ! ) et je me demandent bien ce qu'ils pensent de ce drôle de concert ! 10H : "Super vous êtes à 6!" Le travail avance bien mais la fatigue s'installe (à peu près 24 heures que je n'ai pas dormi). Je commence à me demander si je tiendrai le coup sans la péridurale encore longtemps ? Zhom est toujours là, il m'encourage. 11H : C'est dur. Je demande si l'anesthésiste est là, au cas où ? La SF m'encourage à tenir mais elle n'est pas très dispo car retenue par d'autres naissances.

Nous partons un peu plus tard nous installer tous les trois (à pied) en salle de naissance, en attendant le prochain verdict de centimètres. 11H45: "7cm." L'avancée n'a pas été aussi rapide que prévue. La sage-femme pense qu'il reste au moins 2H30 à tenir. Je sens que je ne pourrais pas car je suis au bout de mes forces. On appelle l'anesthésiste ? Je sombre de plus en plus dans la fatigue, je n'ai plus l'énergie de crier et je me sens maintenant envahie totalement par la douleur à chaque contraction. 12H : L'anesthésiste est là. Je me sens comme au bord de l'évanouissement. Je dois troquer ma chemise perso (soigneusement choisie) contre une blouse pour la piqûre. Zhom me parle pour me tenir éveillée ? Je retrouve mes esprits quand la péri commence à agir. C'est un soulagement inouï ! Je m'endors un peu tandis que le papa va manger. 13H30: "8cm." Le bébé a du mal à fléchir sa tête nous dit la sage-femme mais elle pense que d'ici 16 heures il serra là ? Edgard vient m'embrasser, sa présence est merveilleuse ? Moi, je ne regrette rien, je me dis que je vais pouvoir accueillir Maël sereinement et je suis fière du chemin parcouru ? Je pense aussi qu'une certaine angoisse quand à la suite de l'accouchement s'est trouvée aussi apaisée ("vais-je pouvoir supporter la douleur au moment du passage de mon bébé ? ") 14H30: "9cm" ça progresse doucement. Le bébé n'est pas assez bas, il a du mal à descendre semble-t-il ? J'essaie plusieurs positions, surtout celles qui sont sensées favoriser l'engagement. Il est vrai qu'à présent je suis moins libre de mes mouvements mais on me laisse quand même m'asseoir, me mettre debout, bouger un peu ; j'ai aussi pu retirer leur affreuse blouse et remettre la chemise que j'avais choisi pour l'occasion ? La douleur revient progressivement alors je demande une deuxième injection. La sage-femme me dit qu'elle va mettre un peu d'hormone dans la perf ? Je suis OK.

15H30: "9 et demi" ça ralenti ! Maël n'appuie pas assez sur le col. Tout allait si bien si vite, je me demande ce qui se passe ? La fatigue revient m'envahir et des tensions musculaires dans les jambes m'assaillent. 16H30: Encore quelques hormones dans la perf ? Il reste un peu de col. Je n'arrive plus à tenir la position assise, je m'allonge. La sage-femme me demande si je sens l'envie de pousser mais rien, par contre la douleur des contractions revient. On attend mais je sens qu'un stress s'installe ? 17H : Toujours pas d'envie de pousser. Maël ne s'engage pas. On parle de me faire pousser pour le faire descendre ? Mais on prononce aussi le mot "ventouse". Je me glace. J'ai de plus en plus mal mais la sage-femme ne veut pas réinjecter pour que je sente l'envie de pousser. 17H30: Plus de col mais Maël ne s'engage toujours pas. La fatigue est à chaque minute un peu plus forte. La sage-femme décide me faire pousser même si le bébé n'appuie pas assez. C'est parti ! Elle demande de l'aide ; je la sens légèrement anxieuse. Je demande si le papa peut se placer assis derrière moi pour me soutenir, mais je sens que j'en demande trop, la SF, un peu dépassée me dit : "on vera". Je m'installe donc en demi-assise, on essai les cales pieds mais je n'ai pas assez de force pour tenir mes jambes donc je choisis les étriers. Je demande à ce qu'on me retire le monitoring ; une aide-soignante se contente de maintenir le capteur des battements du c'ur du bébé. Je pousse en expirant mais cela n'est pas assez efficace me dit-on. Soit ! Je prends toutes les forces qu'il me reste et je retiens mon souffle. La douleur me tue ! Je dis que j'ai trop mal. Zhom me soutient, m'embrasse, je puise ma force dans toutes ses attentions. Les sages-femmes m'encouragent mais Maël reste encore très haut, les efforts de poussée risquent d'être long encore ? 18H : Je pousse encore et encore. La SF nous bricole une atmosphère tamisée en calfeutrant la fenêtre. Dehors l'orage bat son plein ? Je n'ai presque plus d'énergie et entre les contractions je n'ouvre même plus les yeux, je réponds aux questions en bougeant la tête. On parle d'appeler le médecin pour m'aider avec une ventouse. Je pousse de plus belle pour éviter cela à mon petit Maël. (zhom me racontera plus tard que le gynécologue est passé furtivement devant la salle mais qu'il est reparti sur la pointe des pieds en faisant signe aux sages-femmes de ne rien dire) 18H15: "On voit la tête ! " zhom va regarder les cheveux ? Je sens la fin qui arrive, la douleur me transperce, ils se mettent à trois pour appuyer sur mon ventre tandis que la SF m'encourage. J'arrive à articuler quelque mots : "ça va marcher sans la ventouse ? " Il semble que oui.

Cela me redonne des forces. Je sens sa tête qui appuie et c'est zhom qui dit : "la tête est sortie". Je n'ai pas la force de regarder, je sais qu'il faudra pousser encore pour que le reste du corps sorte. J'ai envie que tout cela soit terminé ; je pousse une dernière fois et j'ai l'impression que mon bébé est propulsé dans les mains de la sage-femme ! 18H22: On le dépose immédiatement sur mon ventre et je me sens infiniment soulagée ? Je peux toucher mon bébé, enfin ! La SF le recouvre avec la petite couverture que nous avions apportée. Zhom le masse doucement (mais Maël n'a presque plus de vernix ! ). Toute l'équipe se retire et nous laisse tranquille. Nous restons comme ça environ 45 minutes. Après avoir un peu pleuré Maël grimpe tranquillement jusqu'au sein, il tète ? Et re-tète l'autre sein avec beaucoup d'énergie ! Ensuite l'équipe revient. Maël est baigné par son papa pendant qu'on me recoud ma petite déchirure (trois points).

Tout est calme, Maël semble apprécier le bain ? Après c'est au tour du papa de faire du peau à peau, torse contre torse avec son fils ! Je les contemple, de mon petit nuage, ils sont magnifiques comme ça tous les deux. Le temps s'écoule doucement, bientôt 2 heures depuis la naissance ? Avant que zhom n'habille Maël la SF le pèse et le mesure (mais rien de plus) ; verdict : 4kg790 et 55cm.!!! Je comprend pourquoi ce fut si dur sur la fin ! Quelle surprise ! (ce n'était pas prévu). 20H : Avant de regagner notre chambre, le gynécologue qui m'a suivi à la fin de la grossesse et qui nous a encouragé à écrire notre projet, vient nous rendre une petite visite. Il nous remercie d'avoir partagé nos souhaits avec l'équipe qui, dit-il, a pu ainsi réfléchir à ses pratiques et aussi de l'avoir fait avec beaucoup d'égard et de respect. Nous sommes très touchés ? Il nous encourage aussi à rester aussi longtemps que nous le souhaitons à la maternité et de bien profiter de notre séjour. 20H30: Nous regagnons notre chambre, moi en fauteuil, poussée par ma sage-femme, Maël en berceau, poussé par son papa. Bien qu'il ait eu la possibilité de rester avec moi pour la nuit Zhom préfère rentrer ?

Après un bon repas (quelle faim ! ) je m'endors tranquillement, sereine, avec mon petit bonhomme à côté de moi. Les jours qui ont suivis : Maël et moi avons passé 7 jours entiers à la maternité après l'accouchement. "Notre" SF est souvent venue nous rendre des petites visites. Pour ce qui est des soins de Maël, tous ont été donnés par moi ou par zhom. Le temps du bain se déroulait dans la matinée (quand nous le voulions) , dans une salle commune où nous étions guidés par l'équipe mais où nous pouvions aussi rencontrer d'autres parents. Le personnel a toujours été très à l'écoute de nos demandes. Par ailleurs, je me suis sentie très cocoonée (équipe très sympathique, petites tisanes du soir, repas délicieux, bonne humeur et calme général ? ) Pour ce qui est de l'allaitement, on m'a soutenue discrètement (sans m'envahir de conseils) ; on m'a aussi prêté un coussin corpomed (super ! ) durant toute la durée de mon séjour.

Comme j'avais les seins extrêmement tendus au début de la montée de lait, une sage-femme formée à l'acupuncture à pu me soulager lors des moments difficiles ? Bien entendu le papa pouvait venir quand il voulait et aussi commander des plateaux repas. Voilà. Nous sommes donc rentrés chez nous une belle matinée de mai, après ce séjour idyllique ? J'ai vraiment apprécié ce temps, un peu comme une parenthèse entre deux vies ? 5 ans plus tard : Maintenant que Maël est grand et que j'ai pu prendre un peu plus de recul, je pense que nous avons vraiment trouvé dans cette maternité le lieu qu'il nous fallait et que notre projet a pu s'y concrétiser d'une façon vraiment extraordinaire.

Cependant je peux aussi entrevoir ce qui m'a manqué pendant le déroulement de la naissance, à savoir un accompagnement plus proche et plus intense d'une sage-femme ce qui m'aurait peut-être permis de gérer la douleur jusqu'au bout ? Cela dit, je ne regrette absolument rien et j'encourage tous les parents qui cherchent un lieu "humain" pour la naissance de leur enfant, un lieu aussi où ils puissent être écoutés en tant que parents, à aller à la rencontre des équipes qui sont parfois très ouvertes.
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215283
b
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