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Les débuts chaotiques de mon accouchement

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Nous sommes le lundi 12 février, vers 19h15. Je suis avec ma fille et je papote via un forum de discussions. Ma puce me demande de lui servir à boire. Je me penche pour chercher la bouteille et le verre et je sens un jet de liquide sortirmais je sais que ce nest pas de lurine. Mon cur semballe ; je sais que ce sont les eaux mais pour en être sûre, je décide de me lever sur le champ et de regarder si je suis mouillée et là dun coup, le liquide se répand.

Je me redresse, tente de garder mon calme ; javais déjà vécu cette situation de perte des eaux, je me devais de la gérer au mieux. Je téléphone donc à mon mariportable éteint. Je téléphone chez mes parents ; personne ne répond. Alors je me décide dappeler la maternité ; après tout, si je leur donne mon nom, ils pourront sortir mon dossier.

Jappelle et explique que je perds les eaux et je demande combien de temps j'ai pour venir (il me semblait avoir lu 2 heures). On me répond quon ne peut rien me dire comme ça et que je dois venir, au besoin je dois appeler les pompiers ; on ne relève pas mon nom. Bon, restons calme. Je rappelle mon mari qui décroche enfin ; il nest pas loin car il devait aller chez le dentiste. Il se décide à rentrer. Pendant ce temps, je ne peux pas moccuper dhabiller notre fille. Jessaie dévacuer langoisse, de rassembler mes idées ; quoi prendre, quoi faire ? Je mets une serviette hygiénique quand même tout en sachant que cela ne servira pas à grand chose. Et là effectivement, deuxième grosse coulée de liquide dans laquelle jattrape le reste de mon bouchon muqueux. Petit détail qui pour le coup en est presque écoeurant.

Lhomme arrive enfin ; il habille notre fille, je lui demande de descendre les valises. Nous partons tous les 3 pour la maternité. Il me dépose devant lhôpital et je me rue vers le service obstétrique avec des serviettes de bain coincées entre les cuisses.

On me fait uriner sur la bande et on minstalle dans une salle de suivi ; j'ai perdu les eaux mais je nai pas de contractions. La sage femme me fait (tente de me faire) un toucher du col. Cest extrêmement douloureux ; mon col est trop loin pour quils puissent latteindre. Bref, mon accouchement nest pas imminent.

Je suis donc emmenée dans une chambre du service gynécologie. Je nai pas le droit de me lever. En plus, il y aurait un microbe dans le liquide amniotique ; les niveaux sont corrects mais ils ne veulent prendre aucun risque. J'ai donc le droit à une perfusion qui aura comme effet remarquable de me paralyser le bras ; je souffre vraiment du bras. En plus, je ne peux pas rester sur le dos sans prendre un malaise ; ironie du sort, je ne suis bien que du côté où je suis paralysée ; mais sur le côté, mon liquide continue de couler. A cet instant, il ne me reste plus quà prier pour que les contractions sintensifient. A ce moment, jen ressens toutes les 20 minutes. Jessaie de gérer ma respiration quand elles arrivent en prenant de grandes inspiration et en soufflant. Je sais que je ne dois pas me contracter pour avoir moins mal.

Le lit dans lequel je suis est littéralement trempé de liquide amniotique. Personne ne vient me voir. En plus, je suis restée en pull. J'ai très chaud et je transpire mais je ne peux pas me lever. Je baigne dans mon jus, cest lexpression qui me vient en tête. Enfin, des infirmières viennent me voir et décident de changer le lit et les serviettes absorbantes et de me retirer mon gros pull pour menfiler une blouse de lhôpital.

Je nai pas mangé ; ma dernière collation remonte à 17h il doit être 23 heures. J'ai très soif car je nai pas bu non plus depuis ce tempset je me décide dappeler linfirmière pour demander à boire ; elle me ramène 1 verre deau et tourne les talons.

Je compte quand même mes contractions ; elles se manifestent toutes les 7 minutes puis toutes les 15, 20 minutes30 minutes. Pour totalement disparaître vers 5 heures du matin. Les monitoring montrent que bébé va bien mais que décidément, mes contractions sont inefficaces, surtout inexistantes.

Je demande à la sage femme ce quil va se passer ; elle me dit quon verra dans la journée et quil est probable quune solution médicale soit envisagée.

Pendant ce temps là, je suis toujours recroquevillée sur le côté, seule (mon mari est parti depuis longtemps déjà ; il nest même pas monté dans la chambre). Les eaux ne coulent plus puis je décide de regarder mon ventre ; à ma grande surprise, il sest regonflé ! Ce qui nest pas si étonnant puisque le liquide se renouvelle. Enfin je suppose que cest pour ça.

J'ai toujours grand soif et le petit matin arrive ; ma voisine de chambre reçoit une collation et moi toujours rien, même pas un verre deau. Je nai pas vraiment faim mais je redoute mon état post accouchement. Il doit être aux alentours de 10h30, sur une heure de monitoring, seule une contraction est relevéeet encore, je ne lai absolument pas ressentie !

Le médecin arrive pour me mettre un comprimé sur le col afin de déclencher les contractions ; le hic ; mon col est toujours loin et il est très postérieur selon ses dires. Pour lattraper, il ma fait crier de douleur ; laissant séchapper du liquide amniotique et ressortant son gant de toucher maculé de sang. Il perd le comprimé et doit recommencer sa manuvre. Je serre les dents ; cest trop douloureux.

Très peu de temps après, les contractions arrivent. Ca fait mal et je me sens désemparée, toujours recroquevillée sur le côté, le bras tout endolori.

Je reprends mes grandes respirations ; je me dis que pour les enfants, il ny en aura vraisemblablement pas de troisièmeça fait mal, cest lancinant. J'ai des contractions toutes les 5 minutes ! Je ne vois pas autour de moi mais il y a une sage femme qui ne décolle pas de la chambre. Puis je les entends dire que je vais enfin aller en salle de travail ; la sage femme me demande si je veux la péridurale. Je prononce un oui très franc malgré ma torpeur. J'ai juste le temps dappeler mon mari pour lui dire de me rejoindre immédiatement.

Léquipe mamène un brancard et me demande de prendre place. Sauf que je suis bloquée : mon bras me fait très mal et une nouvelle contraction mempêche de me déplacer. Je suis le rythme des contractions sur le téléphone portable et il me semble quau lieu de toutes les 5 minutes, elles passent à toutes les 4 minutes. Avec beaucoup de difficulté, je me déplace sur le brancard. Dans la salle de naissance on me demande de me redéplacer encore une fois sur la table de travail. J'ai limpression que cest au dessus de mes forces. Quand je maîtrise mon bras, j'ai une contraction qui mempêche de bouger. Là je réalise que les contractions semblent avoir lieu toutes les 2 minutes ! On me dit que lanesthésiste va bientôt arriver et je m'accroche à cette idée.

Je ne vais vraiment pas bien. Et sur léquipe de 4 personnes qui massiste, on me demande plusieurs fois si cest mon premier enfant. Je naime pas cette question ; je sens quil y a quelque chose derrière. Pire, je remarque des illades de léquipe soignantejai peur de comprendre leur signification. Mes pieds sont mis sur les étriers ; je tremble sans pouvoir m'arrêter et la sage femme me dit vous allez accoucher madame. Je nétais pas préparée à cela ! Pour moi, jaurais ma péridurale et plus de douleur ! Ironie du sort ; cest à ce moment là que je pousse mon premier cri de douleur et que je vois apparaître lanesthésistequi tourne les talons aussitôt ; il a sans doute compris que cétait trop tard eu égard à ma position sur la table daccouchement et à la disposition de léquipe soignante autour de moi.

Il va falloir être courageuse ! Je n'ai pas le choix ! Cest à cette occasion que j'ai compris du reste ces femmes qui disent javais envie de pousser ; cest vraiment naturel ! Je navais pas compris puisque mon premier accouchement avec péridurale mavait ôté toute sensation. Je pousse et je crie ; je ne peux pas mempêche de crier. J'ai mal mais ce nest pas douloureux à hauteur de lintensité de mes cris mais j'ai vraiment envie de crier, comme si cétait un réflexe.

Je suis entrée en salle de naissance à 11h30; j'ai poussé naturellement quand je le voulais, sauf quand la sage femme ma dit de stopper ; elle a enduit la tête de bébé dhuile parfumée. Bébé sest retrouvé sur ma poitrine très vite ; mon mari nest pas arrivé à temps. La sage femme ma proposé de couper le cordon moi même, chose que je nai pas voulue. A 5 minutes près, mon mari aurait pu le faire. Il est 11h56; Petit Dimitri est venu au monde.

Alors que jétais redevenue calme, reposée, détendue, en compagnie de bébé sur ma poitrine, le papa est arrivé. Certes il nétait pas là durant l'accouchement mais compte tenu des cris de douleur, il valait mieux quil ny soit pas, je ne sais pas sil aurait supporté ; pour mon premier accouchement, je nai poussé aucun cri.

Bébé était blotti contre moi, je sentais son corps chaud et javais limpression quil faisait toujours partie de moi ; il était calme, il ne bougeait pas. On était bien. Plus de douleur, que de la plénitude et de lamour. A ce moment, je suis en train de sourire aux anges. Qui aurait pu croire quaprès avoir poussé des cris de goret, je pourrais être aussi détendue ?

Ma première question à la sage femme fut pour lépisiotomie : elle mannonce quil ny en a pas eu et que je nai pas de déchirure non plus ! Pour cause ; ayant expérimenté les 2 (avec et sans péri) , je suis certaine de ne pas avoir poussé comme il fallait sous analgésie pour mon premier accouchement. Par contre, compte tenu de la durée et de linefficacité de mes contractions, pour la naissance de mon premier, je pense que ça aurait été au dessus de mes forces si je ny avais pas eu droit. Je remercie aussi ce petit comprimé pour avoir provoqué les contractions pour cette 2ème naissance : sans lui, cet accouchement aurait été encore plus long et pour le coup, le mental ny aurait plus été.

Rester 15 heures allongée sans avoir le droit de se lever, cest très dur. Ca plus le bras paralysé, le manque de boisson et de nourriture, cétait un véritable koh lanta.

Je suis revenue aussi sur lidée quil ny aurait pas de 3ème vu les débuts chaotiques de cet accouchement ; oui cest douloureux, mais il y a tellement de bonheur au bout que ces moments pénibles sont au final bien peu de choses.

Quant à labsence de la péridurale, ce nétait pas un choix mais je suis quand même heureuse davoir bien géré la chose. Le plus beau cadeau : pas dépisio et un accouchement de 26 mn à partir de ma présence en salle. On oublie vite la douleurjai senti cette fois mon placenta partir ; ça ne fait pas mal mais sans péridurale, on le sent sortir. Heureusement quon ne le voit pas !

Après 2 heures de peau à peau avec bébé, j'ai regagné une chambre et j'ai pu découvrir mon petit bout ; une nouvelle vie qui commence ! La suite du séjour sest bien déroulée ; le service maternité est un peu plus humain et attentif que le service gynécologie. Si jen ai un 3ème, jespère ne pas rebaigner dans mon jus plusieurs heures…
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50677
b
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