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On se découvre des ressources insoupçonnées

Témoignage d'internaute trouvé sur magicmaman
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Oui, donc voilà.C'est hautement intellectuel, comme système. Le truc, c'est de s'entrainer avant. Car il faut un peu de concentration pour arriver à faire cette technique de prolongement. Et c'est pas pendant le travail, au moment où on est affolée par ces contractions qui n'en finissent pas d'augmenter d'intensité, qu'on peut commencer à réfléchir. Par contre, si on l'a fait avant, ça peut fort aider. Pendant l'accouchement, quand ma kiné me disait "Viens dans mon coude", il suffisait de ces mots pour que j'ai le réflexe de "laisser passer la douleur", c'était un automatisme, comme un conditionnement.En fait, ce qui fait mal dans un accouchement, c'est.

-la peur.

-être contractéLa peur, je crois que c'est inévitable, parce qu'on sent "monter" les contractions, on a mal, encore mal, de plus en plus mal, encore plus mal,… MAIS OU EST-CE QUE CA VA S'ARRETER !!!!? On perd son souffle tellement ça fait mal, ça y est : on panique. CA, la panique, il faut absolument essayer de maitriser.Pour m'aider, j'avais remarqué que les contractions duraient à peu près une grosse minute. Alors je comptais. 1, 2, 3, 4, 5,… Quand j'arrivais vers 20, je n'arrivais plus à compter juste. Mais je savais que quand j'arriverais plus ou moins vers 30, la contraction allait commencer à redescendre. Je vous assure que c'est long, TREEEEES long, ces secondes-là, de 20 à 30. On les passe une à une, à l'arrachée. 24, encore une 25, et encore une 27, ah non, 26, mais ça fait une de plus, maintenant c'est 27… Tenir, tenir, tenir, comme quand on est sous l'eau et qu'on essaye de ne pas respirer. Ca fait mal, mais on sait que ça va bientot s'arreter. Alors quand on se dit que ce n'est plus que 15 secondes, puis 10, puis encore seulement 5 et ça va redescendre, ça aide ! Il faut bien être persuadé que ça va redescendre, avoir ça en tête, et ça aide à ne pas se laisser submerger par la panique. Il ne faut pas non plus se laisser surprendre si les contractions sont irrégulières. Il y a en a de plus "méchantes" que d'autres, c'est normal, m'a dit une sage-femme. Et aussi parfois, elle se succèdent sans répit. Ca c'est très dur parce que j'arrivais à 45, 46, je commençais à reprendre mon souffle, et PAF, je sentais la suivante qui commençait aussitôt, sans avoir pu me reposer. Mais bon, parfois, il y avait bien 1 à 2 minutes de répit entre les contractions, et je manquais de m'endormir Corrolaire de la panique : on se contracte, on tend tous ses muscles. Déjà c'est pas bien difficile puisque les contractions contractent tout l'abdomen, y 'a qu'à suivre le mouvement… C'est un réflexe, on se tend comme un arc pour "retenir" la douleur. Comme quand on serre les dents. On ne VEUT PAS se laisser aller, parce qu'on a l'impression qu'on va littéralement perdre pied. On veut garder le controle, alors que c'est justement LE CONTRAIRE qu'il faut faire ! La panique, c'est vrai qu'il faut la maitriser, mais pas la douleur ! Il faut l'accepter, au contraire ! Il faut la laisser passer. Sur le coup, ça a l'air beaucoup plus douloureux que si on avait serré les dents pour résister, mais sur le long terme, c'est CA qu'il faut faire. Parce que résister, on peut le faire un moment. Mais le bébé, il faudra de toute façon bien qu'il naisse ! Alors si on résiste, on peut avoir l'impression de dominer la situation (très confortable, comme impression) , mais tout ce qu'on fait, c'est PROLONGER l'accouchement. Il y aura DE TOUTE FACON un moment où on va perdre pied, et il faut l'accepter, sinon ce sera d'autant plus dur pour la maman, et pour le bébé. Ma kiné, autre phrase de conditionnement, me disait A CHAQUE CONTRACTION, "laisse descendre bébé, reste avec bébé". Et CA, ça m'a aidé. C'est CA qui m'a aidée le plus. Parce que c'est facile à dire, tout ça, avec du recul, et surtout quand on n'est pas dans la situation. Mais quand on est plongé dedans, on a vraiment le réflexe de se bloquer, de "serrer les dents" et tout le reste du corps, dans le même mouvement que la contraction, pour bloquer, maintenir cette espèce de boule de douleur brûlante, qui vous déchire de l'intérieur. Mais si on a un ange de kiné à côté de soi pour vous rappeller de "laisser descendre bébé", alors on se rappelle qu'il ne faut pas se contracter avec la contraction. Il faut s'OUVRIR avec la contraction, il faut la laisser faire son travail, il faut laisser passer la douleur à travers tout son corps, il faut l'accepter. Et si possible on peut essayer de "prolonger" son corps, et de faire aller la douleur dans le coude de la kiné ou du papa.Accessoirement, après chaque contraction, ma kiné me rappelait aussi de me remettre à respirer normalement, car au plus dur de la contraction, j'avais le réflexe de me mettre à repirer très très court, à haleter. Mais c'est pas bon car on s'hyper-ventile (je crois) , et on apporte moins d'oxygène aux muscles. Quand on a un accouchement "naturel", sans médicament, sans péri, sans obligation de pousser à heure dite parce que ça va être l'heure du déjeuner du gynéco, un accouchement où on vous laisse prendre la position qui vous soulage le plus (ça varie au cours de l'accouchement) , et bien on ressent ce que ma kiné appelle les "chassages". Ce sont des poussées-réflexes, exactement comme quand vous allez à selle. Si vous êtes sur le pot au bon moment, vous avez l'impression de pousser, mais comme si ce n'étais pas vous qui poussiez, mais plutot comme si c'était vraiment un réflexe de votre corps. Faite l'expérience une fois et observez ce qui se passe quand vous allez à selle juste au moment ou vous avez besoin. Ni trop tôt, ni trop tard, pas à un moment où il faut vous forcer pour pousser, mais à un moment où vous avez ENVIE. Et bien c'est à CE moment que votre corps va faire ce qu'il faut, de la manière la plus optimale, pour faire sortir ce qui doit sortir. On a même parfois du mal à se retenir ! C'est pareil lors de l'accouchement. Il y a deux sortes de poussée. Les chassages, c'est le corps qui pousse tout seul. C'est le moment le plus intense et le plus effrayant de l'accouchement. C'est là qu'on a vraiment le plus cette impression de perdre la maitrise de soi. C'est là précisément, plus qu'à n'importe quel autre moment, qu'il faut laisser bébé descendre. Le travail, à ce moment, est extrêmement efficace. C'est très important de PROFITER de ces poussées pour faire avancer le travail. Donc, ne pas se "retenir", mais accompagner ces poussées pour faire avancer le bébé. C'est généralement à ce moment-là que vous entendez une idiote hurler quelque part, puis vous vous rendez compte que c'est vous qui venez de crier. Un peu plus tard, quand bébé a franchi ce passage et que sa tête est prête à sortir, c'est le moment de l'expulsion proprement dite. Là, vous poussez aussi, mais ce n'est pas pareil. Là, c'est VOUS qui poussez, pour faire naitre bébé, et vous êtes aidée par les contractions. C'est moins douloureux que les chassages, où vous avez l'impression d'être, en quelque sorte, un peu broyée. (mais ça ne dure pas) Tiens ça ma fait penser que j'ai oublié de parler du fait qu'il faut bouger. Pour ma part, j'ai senti les contractions arriver à 8h00 du matin. J'avais mal au ventre et au dos depuis la veille. Vous savez, quand on n'a jamais eu d'enfant, on se demande toujours si on va reconnaitre les premières contractions. Naïve, que j'étais ! A 8h, lorsque la première contraction est arrivée, j'ai littéralement bondi de ma chaise, sauté au plafond, accompagnée de ma tartine ! Mais là, je ne me suis pas ruée à la maternité, non, non, non. C'est peut-être pas une bonne idée, car par exemple si il y a un problème, il faut voir, mais bon. Moi j'ai plutôt décider de faire un peu de ménage, j'ai fait tourner une machine, j'ai achevé ma valise bien à mon aise, j'ai commencé à préparer des piles de tartines et je n'ai appelé le futur papa que deux bonnes heures plus tard. Je l'ai un tout petit peu regretté par la suite car au moment du départ, j'avais tellement mal que je ne suis pas arrivée à m'assoir dans l'auto. J'ai du faire le trajet couchée en chien de fusil sur la banquette arrière. Et je me suis mise à pleurer en constatant que mon homme, dont le sens de l'orientation est légendaire, ne prenait pas vraiment le trajet le plus court… Mais bon, arrivé à la maternité, un peu avant 13h, j'étais à 5 cm ! Et mon trésor est arrivé un peu avant 17h.Où est le miracle dans tout ça ? Et bien c'était mon premier accouchement, et c'était un accouchement par les reins. Ca a donc été particulièrement intense et violent, mais ça a été COURT, pour un premier bébé, et par les reins ! Ca m'a permis de rentabiliser mes forces au maximum, et je vous assure que j'en ai eu bien besoin ! J'étais EPUISEE, au point de presque m'endormir entre chaque contraction. Alors si ça avait duré une bonne vingtaine d'heure, comme c'est le cas en général pour des accouchement par les reins de primipares, je crois que je n'aurais pas échappé à la péri ! Je suis enchantée de ne pas avoir eu de péri, surtout que je l'ai manqué de peu. En effet, quand je suis arrivée, pleurant de douleur comme une madeleine, on m'a dit : "Si vous voulez la péri, c'est maintenant, vous savez. Car l'anesthésiste est là. Si elle repart, il faudra attendre qu'elle revienne. Et ce sera peut-être trop tard. De toute façon, la douleur ne fera qu'augmenter vous savez ? Et quand on voit comme vous sautez déjà de douleur maintenant, je ne sais pas si on saura encore vous tenir pour vous la faire dans une demi-heure… " Le tout sur un ton de profonde sympathie… J'hésitais, j'hésitais, je ne savais pas ce qui valait mieux. Si j'avais trop mal, que je ne tenais pas le coup, et que je tombais dans les pommes, je ne pourrais plus aider le bébé à sortir… Puis arrive une contraction qui me laboure les reins, deux poignards qui me fouillent le bas du dos. Je me plie en deux, je manque de tomber par terre. La mort dans l'âme, redoublant de sanglots, je dis : "ok, appellez l'anesthésiste". Je ne veux pas dire du mal de la péri. C'est juste qu'il faut que chacune puisse avoir ce qui lui convient le mieux. Et moi, je voulais tout ressentir, j'en avais besoin. Déjà comme ça, il m'a fallu quasi un an pour réaliser que ma vie avait basculé. Quelques jours, et même quelques mois après l'accouchement, j'étais encore tellement "dedans" que je ne m'étais pas encore rendue compte du raz de marée qui m'était passé dessus. Je SAIS que je suis comme ça, il me faut toujours un temps fou pour réaliser les choses. Alors si je n'avais pas pu vivre mon accouchement à fond, même au prix de la douleur, j'aurais eu beaucoup de mal à me faire une raison… Donc quand, sous la pression, j'ai fini par demander la péri, autant vous dire que je partais déjà mal. Puis on a essayé de me la mettre, mais il n'y avait pas moyen. Je refusais de courber le dos. Instinctivement, je me redressais au moment où on me piquait. L'anesthésiste m'a piquée trois fois, mais je ne me suis pas laissée faire ! Elle commençait à l'avoir mauvaise, et moi aussi ! En plus, j'étais à un moment où j'avais moins mal. J'ai fini par dire que je n'étais pas sûre de vraiment vouloir la péri, puis j'ai dit un peu plus fermement que finalement je ne la voulais pas, puis j'ai dit à mon homme de faire ce qu'il fallait pour que cette bouchère arrête de me charcuter le dos ! Parce qu'elle ne voulait pas arrêter ! "Ah non ! On a commencé, on achève ! " Finalement, mon homme a fait sauter la perfusion en enlevant ma chemise, il y eu du sang partout, ça a fait diversion. Ca a obligé l'anesthésiste à arrêter ses manoeuvres, puisqu'elle devait me remettre la perf. Et c'est à ce moment que ma kiné est arrivée. Je m'en souviendrai toujours !!! Je l'ai vue entrer. Je lui ai tendu les bras dans un geste desespéré, elle a jeté sa veste et son sac par terre et elle est directement venue me masser le dos. Là, je me suis dit : ok, elle, elle va m'aider. Et on a remballé l'anesthesiste, merci docteur, tchao bonsoir. J'étais INTENSEMENT soulagée ! La suite, vous la connaissez. Il ne faut pas avoir peur de la douleur. Ca l'air flippant, comme ça, vu de l'extérieur. Mais quand on est dans la situation, le temps s'arrête. Le temps, il peut jouer contre vous si ça dure trop, car vous n'avez plus la force de tenir. Mais si ça ne dure pas trop, comme ça a été mon cas, c'est pas tellement grave, d'avoir mal. C'est tellement intense, brutal et violent qu'on ne réalise pas bien ce qui se passe. On arrive juste à faire ce qu'il faut pour passer à travers ça, sans trop se poser de question. Une contraction, ça fait très mal. Mais ça ne dure pas. Quand elle est finie, vous l'avez déjà oubliée. On respire un bon coup, et on est prête pour la suivante.Ce qui peut miner, c'est un manque de confiance en soi, une attitude malveillante de quelque autour de vous, ou la peur. Mais pas trop la douleur. Vous vous découvrez littéralement des ressources insoupçonnées, lors d'un accouchement.Et même si le bébé a difficile, il ne faut pas s'inquiéter. Le gynéco fera ce qu'il faut si le bébé est en difficulté. Vous, concentrez-vous sur votre partie du boulot, et vous ferez de votre mieux.Mon bébé a eu du mal a sortir. Elle était en postérieur (son dos contre mon dos, c'est ça l'accouchement par les reins. Ça veut dire que le bébé présente le diamètre le plus large de sa tête, il devra faire une rotation sur lui-même de 180 degré à l'intérieur du bassin, au lieu de 45 degré, et sa tête viendra frotter contre l'os, pour appuyer sur les terminaisons nerveuses du bas du dos. C'est pourquoi on a tellement mal aux reins qu'on ne sent même plus les contractions dans le ventre). Elle avait également le cordon autour du cou, et j'avais un bassin très étroit. Et bien ma fille a réussi à naitre seule, avec mon aide à moi. Sans forceps, sans ventouse, sans rien. Elle a eu un premier Hapgard de 6.Son premier regard a été pour moi, ses yeux dans mes yeux. Sur le coup, j'étais trop "loin" pour réaliser. J'avais l'impression qu'un camion venait de me passer dessus, et j'ai laissé le pédiatre emporter ma fille, j'étais ahurie. Mais maintenant, quand j'y repense, je pleure de joie et de fierté à l'évocation de cette épreuve que nous avons traversée toutes les deux et qui nous a indissolublement liée.
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b
Moi aussi !
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par precoius123 | le 25/09/11 à 08:51

joydeby1@hotmail.com
Hi der
my name is joy a young lady with honest and sincerity, i saw your profile here and decided to write you back for friendship.
frankly, i feel it will be better for us to know each other from here, meanwhile do reply me at (joydeby1@hotmail.com) for more detials about me as well as to send you my pictures.
waiting for your reply.
joy

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