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Belle histoire d'adoption

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Bonjour,

Je suis l'heureuse maman de Pierre, un petit bonhomme de 32 mois que nous avons adopté à l'âge de 3 mois, en France. Il est né sous X, trés grand prématuré (26SA) , il a passé 2 mois en réanimation et un en néonatalogie.

Petit retour en arrière : juillet 2000, après deux ans de tentatives infructueuse pour concevoir le fruit de notre amour, le verdict cruel de la stérilité irréversible de mon mari tombe comme un couperet le 26 juillet, jour de ses 30 ans… dur… Il a fallu du temps pour avaler la nouvelle annoncée sans aucune précaution : quoi faire ? Je commence à me dire qu'il va falloir faire le deuil d'une grossesse, mon mari a cruellement peur que je le quitte… Heureusement, notre couple est solide, et cette aventure est la notre, nous la vivrons ensemble, coûte que coûte…

Nous nous sommes laissé l'été pour changer d'air, se rapprocher de la famille sans touefois trouver le courage de leur parler de notre situation (pas envie de leur faire mal, pas envie de pleurer avec eux, laisser l'illusion que tout va bien).

Et puis en septembre, la décision est prise, ce sera l'adoption : notre projet et bien clair, je suis assez réactive et malgré une grande douleur (je suis en train de faire le deuil de mon ventre rond) , l'essentiel est de fonder une famille avec l'homme que j'aime : ce bébé sera pour nous le symbole d'un immense espoir et puis, la fierté aussi d'entamer un parcours différent, de mener un lutte avec comme vision unique, le bébé, notre bébé, notre futur trio d'amour.

Nous débutons les démarches administratives et médicales, tout se passe trés bien, psy et travailleurs sociaux de l'ASE trés agréable, nous parlons de nous, naturellement et avons affaire à des gens particulièrement intelligents et sensibles à notre projet. Résultalt : juin 2001, nous obtenons le précieux sésame, l'agrément d'adoption.

Jeunes avec un excellent dossier, nous décidons d'attendre un enfant pupille de l'état, nous savons que c'est long mais nous patientons, nous essayons de garder la tête froide et peaufinons notre projet, notre idée de la famille en attendant.

ATTENDRE : je crois que c'est ce qu'il y a de plus dur, nous n'avons aucune idée du délai, c'est cette attente qui est douloureuse et qui use, qui fait que nous nous recentrons sur.

Nous-même, que nous déprimons parfois, que nous pleurons souvent… Mais aussi, cette attente est utile, elle permet de prévoir, anticiper, mûrir, penser, préparer…

Toujours la tête hors de l'eau malgré tout, je décide de me battre à ma façon et me lance dans le sport, énormément de sport, course à pied, je ferais deux marathons, mes défis pour la vie, j'ai couru pour lui, ce petit être dont je ne connaissais rien mais que je sentais déjà au plus profons de moi : et c'est là que j'ai senti qu'il ne suffisait pas d'avoir un gros ventre pour être maman, être maman c'est dans la chair, dans le coeur et dans la tête, mon ventre restera plat mais cette attente est en fait ma grossesse à moi…

Le temps passe, je sens que je me rapproche de mon enfant : moins d'intérêt pour mon travail, je n'ose plus m'éloigner de la maison de peur qu'un appel m'annonce la bonne nouvelle, j'ai cette sensation étrange que mon enfant existe réellement quelquepart, c'est une question de jour… Et puis je pars en stage (pour mon travail) pour un mois, en juillet 2005 : j'ai la tête ailleurs, je dis même à mes collègues que j'ai l'impression que je ne terminerai pas ce stage, des frissons chaleureux m'envahissent, je me sens différente… mon téléphone sonne, la responsable de l'ASE (aide sociale à l'enfance) me demande si je vais bien, elle fait traîner le suspens mais je sais que ça y est : le Conseil de famille nous a choisi pour un bébé de 3 mois, mais il est encore à l'hopital sous oxygène : nous avons RDV le lundi suivant avec ses médecins pour parler de son parcours et des riques de la grande prématurité, et c'est après cela que nous predrons notre décision : c'est trés dur à vivre, malgré tous les riques potentiels je l'aime déjà cet enfant, le destin nous a choisi, comment cerait-ce possible de dire non ?

Bref, le WE d'attente fut long, trés long.

Lundi : la rencontre avec l'équipe médicale ne nous apprend pas grand chose : le bébé est né 3 mois plus tôt, il pesait 750g, a vécu 2 mois en réa, est encore sous oxygène mais a un développement normal. On nous parle de problème potentiels : hyperactivité, retard psychomoteur, handicap plus sévère, ou peut-être rien !!!! A ce moment-là, rien ne laisse penser que le bébé est susceptible d'avoir des problèmes. On nous laisse 2 jours pour réfléchir, mais tout est déjà bien réfléchi : nous arrivons à la conclusion que si cet enfant était né de moi, nous n'aurions pas eu le choix, alors, même si il doit avoir un handicap plus tard, nous l'assumerons.

Mercredi : 17h30, RDV à l'hopital avec les médecins et les gens de l'ASE : c'est le grand jour de la rencontre… Et c'est à ce moment là qu'on nous apprend le sexe et le prénom du bébé : c'est un petit garçon qui s'appelle Pierre.

Fébriles, un peu comme des fantomes, nous entrons dans l'ascenseur qui nous mène vers notre bébé… Plus rien n'existe, mon champ visuel est rétréci, je ne regarde que droit devant, je n'entends rien ni personne, je serre fort la main de mon mari, je vole et je tremble… Nous entrons dans la petite chambre ou dorment 4 bébés en couveuse, et, naturellement je me dirige vers le premièr, c'est lui, je le sentais… Pierre ouvre les yeux, il me regarde et m'adresse un sourire magnifique de bienvenue et de soulagement, comme pour me dire : "ça y est, vous êtes enfin là… "

Cette rencontre est d'une violence affective indescriptible ! Tout est chamboulé à l'intérieur, mon coeur sort de ma poitrine, je ne peux plus retenir mes larmes et mes cris de joie, je me jete dans les bras de mon mari, pas plus solide que moi devant ce petit corps de 2.6kg qui n'attendait que nous.

Immédiatement j'ai reconnu mon fils, on lui a tellement parlé de nous à l'hopital que lui aussi semble déjà nous avoir adoptés. Je le prends dans mes bras, il enfonce sa petite tête contre ma poitrine dans un long soupir et s'endort. Etrangement et pour la première fois, il respire calmement et son besoin en oxygène diminue. Je n'ai plus envie de le reposer dans son berceau, je le colle contre moi comme pour le marquer d'une empreinte d'amour indélébile et m'imprégner de lui à jamais…

Pour la première fois aussi, à l'heure du biberon Pierre refuse la sonde de "gavage", l'infirmière m'apporte alors un biberon qu'il boit lentement en me regardant comme pour dire : "tu vois,… est la cadeau que j'ai attendu de te faire, tu es la première à me donner le biberon". Dès lors, aucun doute, c'est bien notre fils !

Nous sommes resté encore un mois à l'hopital avec lui, le temps qu'il soit totalement sevré en oxygène, et ce 12 août 2005 (jour de l'anniversaire de notre rencontre avec mon mari) , nous rentrons chez nous avec notre trésor : le trajet a suffit pour qu'il s'endorme et arrivé chez nous, il a terminé sa sieste dans son petit lit, au milieu de sa chambre que nous avons eu 4 ans pour décorer !!!!

Les jours se sont succéder et Pierre nous étonne de jour en jour…

Aujourd'hui, il a 32 mois, c'est un petit garçon comme tous les autres, il est trés dynamique, court et saute en permanence, il est même particulièrement intelligent selon son pédiatre : il parle comme un livre, connaît la plupart des couleurs, chante des petites chansons seul (une souri verte) , compte jusqu'à 15. Il a totalement rattrapé sa prématurité, il mesure 93cm pour 13kg : bref tout va trés bien et en plus il fait craquer tout le monde car il est magnifique avec ses grands yeux noirs !

Voilà mon histoire, j'en suis particulièrement heureuse, je me dis qu'être maman est vraiment extraordinaire, et nous pensons à lui donner un petit frère ou un petite soeur d'un pays de l'est ou d'Asie bientôt…

A suivre.

Bises à tes loulous, à bientôt.
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49025
b
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