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Thérapie en adoption

Témoignage d'internaute trouvé sur france5 - 11/03/11 | Mis en ligne le 10/04/12
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B10311. Bonjour, Je ne résiste pas à vous partager le bonheur que j'ai d'avoir reçu le courriel que vous lirez tout au dessous de celui-ci. Voici le début de l'histoire : la réception le 12/07/2010 sur notre site de cet appel à l'aide d'une famille adoptive (1 garçon, puis un autre). Il s'agit d'une famille en Île-de-France, notre association internationale est établie à Bruxelles. Message : (12/07/2010). Bonjour. Nous avons adopté en 2002 un petit garçon T (…) qui avait à l'époque 17 mois. Nous sommes allés le chercher à M (…) (Afrique). Depuis le début, la relation parents-enfant est assez compliquée. Nous avons consulté une association : l'arbre vert à Paris, 2 pédopsychiatres, Pétales et dernièrement une psychothérapeute. Nous avons constaté à chaque fois un mieux temporaire. Mais les troubles reviennent . Nous nous sentons à la fois coupables et impuissants, non compris aussi. Où avons-nous loupé quelque chose ? C'est en surfant simplement sur le net, qui je suis tombée sur votre site. En France, malheureusement, nous ne savons plus où nous adresser. Peu de psychiatres parlent de troubles de l'attachement… et pourtant avec l'aide d'amis suisses s'occupant d'une association d'adoption, nous sommes certains que T. En a tous les signes. Alors, c'est un peu comme une bouée qu'on jette à la mer ! Dîtes-nous si vous connaissez un thérapeute digne de nous aider tous. Nous aimons notre fils, et ne voulons pas baisser les bras vis à vis de lui-même, de son petit-frère et de nous. Il en va de notre bonheur à chacun ! Vous remerciant de l'intérêt porté à notre message. Bien cordialement. M (…) et J (…) R (…). Une mère absolument ouverte et… riante face aux malheurs qu'elle me raconte. Je le lui ai fait remarquer : C'est sa méthode de défense. De mois en mois, des échanges de plus en plus confiants. Le père, originaire du même pays que ses fils, est par contre incapable d'exprimer ni de recevoir des marques de sentiments, ni d'exprimer des émotions. Il est dur avec son aîné, qui en a peur. Et pourtant il ne cesse de lui dire (de son hémisphère gauche…) qu'il l'aime. Les contacts sont sporadiques, de temps en temps j'envoie des références bibliographiques se rapportant à leur situation. Et nous avons la maman et moi de longues conversations, qui lui redonnent du courage… "Car ici, il n'y a rien pour nous aider ! " J'abrège pour en venir à l'essentiel : Ce mercredi 9/3/2011, il était convenu de faire une vidéoconférence avec T. La connexion a échoué. Mais je reçois la proposition par courriel de téléphoner (par Skype). Ce que je fais à 18 heures. La conversation a pris 1h 12 minutes… (vive Skype ! ). J'ai demandé à la maman comment cela allait, si T. Était là. "Oui, nous sommes tous là" dit-elle. J'ai parlé à chacun. Ce ne fut facile qu'avec la maman. J'ai tout accentué sur le langage du coeur. — Tu aime ta maman ? — Je sais pas… (moment de silence) Enfin, parfois oui, parfois non ! — Pourquoi ? — Elle me gronde… — Et pourquoi elle te gronde ? — J'ai fait des bêtises… (nb : l'école a difficile à le maintenir en son sein). — C'est vrai ça, que tu fais des bêtises ? — … oui… — Ce n'est pas juste que ta maman te gronde, alors ? — Oui. — Alors, tu l'aimes ou pas, Car elle, je le sais, elle t'adore ! — Oui je l'aime… — Tu le lui dis parfois ? — Non… — Fais-le maintenant… — Maintenant, là, tout de suite ? — Mais oui ! — J'ai pas envie… — Mais tu l'aime n'est-ce pas ? Réfléchis bien dans ton coeur ! Dis le lui en la serrant dans tes bras ! — (Il court dans les bras sa maman) : Maman, je t'aime ! — Sa maman le caresse (comme conseillé) dans sa nuque : La joie entre eux deux ! — Et ton petit frère, il est là ? — Oui. — Passes-le moi… — (Il résiste, sa maman insiste gentiment) : Bonjour E. — Bonjour monsieur… — Moi c'est Pierre, tu peux m'appeler Pierre. — Bonjour Pierre… — (Même scénario qu'avec T.). — Tu veux me passer ta maman ? — (La maman) : C'était merveilleux… Merci ! — Croyez-vous que votre mari accepterait de venir aussi ? — Je vais essayer (résistances du mari…). — Bonjour J. Moi c'est Pierre… — Bonjour Pierre. — Tu as dur avec ton aîné ? — Oui… — Lui as-tu déjà dit que tu l'aimais ? — Je ne sais pas faire cela. — Mais tu l'aime… — Oui, mais je ne parviens pas à le dire ! — Je peux parler à T ? — T. Revient au téléphone : Tu aimes ton papa ? — J'en sais rien (air connu…). — Rappelle ton papa… — J. Revient : je lui dit : T. Va venir dans vos bras, comme dans les bras de sa maman. Caressez-le dans la nuque, ouvrez votre coeur et dites lui : ‘moi aussi'. (Je lui redemande T.). — T. Ton papa t'attend pour que tu le prennes dans tes bras, et il va faire la même chose… (il le fait). — Je reprends le père (J.) : c'était dur, hein ? — Oui. — Mais que ressentez-vous ? — Je ne sais pas… quelque chose qui n'était pas permis dans ma famille… — ça, je l'ai compris. Mais un homme maintenant a le droit d'exprimer ses sentiments. (Il repasse sa femme (M.) ). — Et alors comment ça va ? — Ce fut merveilleux… un vrai rêve ! — Fêtez cela en dinant, pourquoi pas une guirlande de Noël sur la table… — La communication s'interrompt brusquement (leur fournisseur d'accès, je l'ai appris plus tard, passait au tout numérique). Et j'ai reçu le lendemain matin le courriel de M. Ci-dessous : Bonjour Pierre, Nous n'avons pas compris ce qui s'est passé hier soir. Tout s'est coupé : TV, internet, téléphone… Ce matin, nous avons une explication : peut-être le passage au tout numérique. On nous avais prévenus que tous les émetteurs seraient coupés… Mais nous avions oublié. Si ce n'est pas ça, nous ne savons pas. En tout cas, nous aussi nous sommes désolés de ce qui s'est passé. Je tenais à vous remercier pour vos précieux conseils. Vous nous avez apporté beaucoup hier soir. Un grain de folie est passé dans la maison. Nous n'avons pas mis de guirlandes car il était tard et aujourd'hui, c'est classe. Mais nous avons mis de la musique, pris l'apéro, mangé en dessert les bons beignets de mardi gras faits maison. Les enfants étaient aux anges. Nous avons eu des relations tendres et apaisées. Ils sont allés dormir avec le sourire. Nous nous sommes amusés à nous masser la nuque les uns et les autres, ce qui a fait rire tout le monde : petits et grands. Même mon mari y a participé… Surpris, ils ont tous ri. A dose d'abord homéopathique pour mon mari, je vais tenter de l'aider… Et pour moi, et bien, oui, c'est vrai que j'en fais un peu… beaucoup trop. Et comme je l'ai appris aussi de Winnicott par ma formation : être une mère suffisamment bonne : mais pas facile à appliquer. Mais comme je suis déterminée, je vais apprendre. Je vais appeler mes parents ce matin. Et leur demanderai s'ils acceptent d'être appelés par vous. Je ne veux pas leur imposer. Qu'ils restent libres de décider. Voila pour le topo que nous n'avons pas pu terminer hier. En tout cas, nous sommes ravis de vous avoir entendus. En vous remerciant. M (…). À noter que je lui avais parlé de Winnicott, tout en en critiquant la traduction de "the good enough mother" en : "La mère suffisamment bonne" au lieu de, par exemple, "la mère (juste) satisfaisante." ‘juste' est peut-être même de trop. Ou alors simplement "adéquate" . Voilà… Le bonheur ne se trouve que dans le coeur… J'ai beaucoup de conversations avec beaucoup de "clients" (il faut se mettre au gout du jour… ) mais pas d'une telle intensité grâce à la maman ! Heureusement qu'il y a dans ce ménage une mère satisfaisante, ou ‘adéquate'… Les problèmes reviendront… il ne faut pas se faire d'illusion. Mais j'ose espérer que cet 'état de grâce' tiendra au moins une semaine. Et puis, maintenant, ils n'ont plus besoin de moi pour recommencer ces câlins, même s'il y aura encore pas mal de résistance. Mais la maman… veille !
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239685
b
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