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A mairienne la femme, et la mère (et la fille?)

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 08/03/10 | Mis en ligne le 10/06/12
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Bonsoir Mairienne, Comme nous en avons convenu ensemble, je te propose de continuer ici, dans ce lieu intime et hors des hordes hystériques, de stigmatisation et d'opposition systématique, la discussion que nous avions entreprise en février dernier sur le fil que j'avais lancé sur actu, à propos de la dichotomie "femme-mère" et du lien parent-enfant, plus largement… Je reviens sur le dernier message que tu m'avais adressé, auquel je n'avais pas répondu, pour cause de "barrage en couille" du fil… Au plaisir, Mairienne. Annaïss. Mairienne. Profil : Posté le 19-02-2010 à 0923. Annaiss a écrit : C'est bizarre, Mairienne, parce que sur pas mal de sujets de la vie, nous avons des visions différentes (tu te rappelles de nos discussions politiques ? ) , mais j'aime beaucoup échanger avec toi, parce que d'une part tu ne fais pas qu'apporter de la contradiction au débat pour le plaisir de contredire (ou de faire c… le monde, au choix ! ) , tu apportes des éléments de réflexion, des arguments, des exemples qu'on sent pas montés de toute pièce pour défendre une 'idéologie'!, et d'autre part, tu le fais avec respect et mesure, ce qui est loin d'être le cas de tous/toutes ici… Je n'approuve pas non plus toutes les positions d'Antier, et notamment je l'ai trouvée assez naïve et angélique dans le bouquin qu'elle avait écrit il y a quelques années sur les rapports mère-fille, je me sens plus interpellée par l'ouvrage de Caroline Eliacheff, la fille de F. Giroud et aussi pédopsy de son état, sur le même sujet ("mère-fille, une relation à 3"). Tout comme il est des réflexions d'E. Badinter qui ne sont pas inintéressantes. J'avais lu "l'amour en plus" et même si je ne partage pas son point de vue (car je pense que les exemples qu'elle cite sont plus des exemple d'instinct maternel *perturbés* voire *anéantis* par d'autres facteurs comme la culture dominante ou un équilibre psychique ou effectif précaire) , elle a eu le mérite de poser le problème de la difficulté à tisser un lien filial pour certain (e) s, pour la 1ere fois. Perso, je suis bien plus intéressée par les gens qui te font réfléchir en posant des questions, comme tu dis, ou en témoignant juste de ce qu'ils vivent, que par ceux qui se font les porte-parole de grandes théories prescriptives… Moi aussi j'ai des relations difficiles avec ma mère… je la vois toujours, mais ce n'est pas *simple*!… Oui, c'est vrai que certains parents ont peur de leur enfant, ou peur de lui déplaire ! … et du coup, ils évitent la relation authentique pour la 'paix du foyer', quitte à se faire tyranniser pour leurs gamins… Au résultat, ni les gamins ne sont heureux, ni les parents… parce qu'il n'y plus une place juste pour tout le monde dans la famille et surtout plus le plaisir de vivre ensemble… Dans ton dernier paragraphe, tu reviens justement sur les notions développées par Claude Halmos sur ce sujet… Bien à toi… Je crois qu'un être humain n'est pas qu'un Soi mais différentes parties de Soi qu'il est parfois difficile d'harmoniser en raison de nos histoires personnelles. C'est le chantier de toute une vie. C'est vrai que je n'ai pas toujours été d'accord avec certaines de tes positions mais elles ont eu le mérite de me faire réfléchir et j'aime la façon intelligente que tu as d'argumenter et de développer. Peut-être que toi, moi et tant d'autres femmes ici sommes interpellées par ton fil parce qu'au-delà de l'allaitement maternel, il traite surtout de notre manière d'appréhender la maternité, de la combiner avec notre féminité et surtout de savoir si nous allons être capables d'être des bonnes mères ou des mères suffisament cadrantes et équilibrantes. Effectivement, il est des personnes qui vont se laisser porter par le phénomène mode du moment mais n'agit-on pas plutôt essentiellement avec notre instinct, même aujourd'hui, comme tu me l'as fait remarquer ? Lorsque l'enfant paraît nous nous voulons irréprochables, lorsqu'il grandit nous nous voulons présentes et lorsqu'il est adulte il règle ses comptes et les mères que nous sommes tombons des nues. Nous étions persuadés avoir fait tout bien. J'ai dévoré tous les livres qui me sont tombés sous la main pour comprendre ma relation avec ma mère mais aussi pour comprendre celle que j'ai avec mes filles. Nous le savons toutes, il n'existe pas de "bonne mère" et c'est structurant pour nos enfants. Il nous faut leur donner toutes les clés que nous avons en notre possession et aussi les pousser à aller chercher ailleurs celles que nous ne possédons pas (celles qui sont au fond d'eux-mêmes ou chez d'autres comme ton nouveau compagnon par exemple). Idéalement, je pense qu'allaiter son enfant est le prolongement de cette sortie de notre utérus. La fusion mère-enfant peut ainsi durer et j'envie ces femmes qui sont capables de vivre cette relation. Le bébé peut doucement entrer dans le monde réel, sortir à son rythme de la bulle mais tout est question de nuance et la limite est fragile. Surtout, ériger cela comme un modèle est dangereux car nous ne sommes pas toutes capables de vivre ce type de relation. Certaines (comme moi) se forceront à le faire et ça sera mal vécu et d'autres (comme moi aussi) refuseront de le faire et se culpabiliseront. Personnellement, j'ai détesté être enceinte, non pas parce que mon corps se déformait mais parce que je ne parvenais pas à intégrer qu'un "étranger" grandissait et bugeait en moi alors allaiter pour moi était source d'angoisse. Je n'avais qu'une hâte, être débarassée de cet "allien". Pourtant, je désirais ardemment être mère. Une fois ma 1ère fille là, je l'ai aimée, cajolée, soignée avec un amour dont je n'avais même pas idée mais j'ai été une mère insécure. Je le sais. J'ai pu demander pardon à mes deux filles. J'en ai énormément discuté en tête à tête, lorsqu'elles en ont éprouvé le besoin. Non seulement elles m'ont pardonné mais elles ont aussi compris la place que j'avais d'office donnée à leur père et elles ont (maintenant) un lien fort avec lui (qui n'était pas un papa poule mais un papa autoritaire). Il me semble que l'Aventure d'être mère ne peut pas se résumer à l'allaitement et qu'en tant que Femmes que nous sommes, nous ne devrions laisser personne nous dicter ce qu'il nous semble bon de faire pour nous d'abord, pour nos enfants ensuite. Caroline Eliakeff m'a énormément aidée, la lire est déculpabilisant, c'est bon de s'autoriser à se dire que nous avons aussi le droit de faire des erreurs. C'est surtout excellent pour nos enfants de les autoriser à nous parler de nos défaillances et des blessures involontaires que nous leur avons fait subir. L'équilibre, le chantier de toute une vie, bien d'accord avec toi, Mairienne… un équilibre précaire en plus, en mouvance constante… celui atteint aujourd'hui n'est peut-être (sans doute ? ) pas celui qui nous conviendra demain ! Le socle de notre pyramide intérieure, celle qui nous soutient dans notre structure psychique, est sans doute différent selon les étapes de notre vie… ce qui nous permet de vivre (le reste) , ce qui donne un sens à notre vie, tout cela évolue… Ma mère qui n'était *que* "mère" tout autant que des connaissances qui ne sont *que* "femmes", ou *que* "amantes", leurs déconvenues implacables aux unes et aux autres, ne m'ont pas donné envie de mettre tous mes oeufs dans le même panier… que le panier soit un sac à langer, un attaché case ou bien un coffret de la St-Valentin ! … Si j'ai bien suivi ton histoire, cela n'a pas été ton cas non plus et récemment, tu as su respecter tes désirs profonds (les chercher d'abord, avec ce recentrage sur toi 'voulu') , en suivant TA voie, fut-elle fort éloignée de ce que la norme sociale aurait indiqué… Oui, tu as raison de dire "au delà de l'allaitement", qui n'est absolument pas une 'fin en soi', mais juste une manière parmi d'autres d'établir un lien privilégié avec son enfant dans ses premiers mois ou ses premières années de vie… Donc j'aurais aimé que mon fil aille "au delà" de l'allaitement, mais il s'est obstinément écrasé sur cette pierre d'achoppement… Toutes n'ont pas eu l'intelligence et la profondeur de point de vue que j'aime en toi et qui me donnent envie de poursuivre le dialogue avec toi exclusivement, même si nous ** partageons** autant de différences que de points communs… mais quand il y a respect réciproque et volonté de comprendre l'Autre, absolument TOUT est possible et partageable… Ce qui est passionnant quand on s'intéresse au lien parent-enfant, c'est de voir à quel point cette relation peut être 'diversité' et 'adaption', voire 'adoption réciproque'!… à travers les ages, les sociétés, les enfants d'une même fratrie, il n'y a pas deux relations filiales identiques (même si bien entendu, on retrouve des similitudes ! ) … c'est magique… Ce qui veut bien dire qu'être une bonne mère/un bon père est un non-sens, que la notion est extrèmement relative et variable aussi dans le temps… on est un père/ une mère suffisant (e) pour un enfant, à un instant t… on ne le sera pas forcément pour sa soeur/son frère et même pour lui, 10 ans plus tard (ou à l'inverse, on a pu être défaillant à un moment et devenir 'meilleur'!…). Encore une fois, cet équilibre, comme le nôtre, est mouvant… Des parents suffisamment cadrants et équilibrants… cela me renvoie au bouquin de Claude Halmos intitulé "l'amour ne suffit pas", que je n'ai pas lu (le connais-tu ? ) mais qui m'intéresse fortement. Notre instinct (de mère/père) , je crois que nous ne pouvons le suivre que si nous avons suffisament confiance en nous, en notre capacité à être un parent "suffisant" pour notre enfant… Si ce n'est pas le cas, les modes, comme tu dis, nous influenceront… Parfois, il faudra aller jusqu'au constat que la mode que l'on suit ne nous 'correspond pas' pour en arriver à libérer notre instinct brimé sous le poids des forces extérieures… Si nous avons été nous même suffisament 'aimé' et 'éduqué' de façon saine et épanouissante, c'est sans doute plus facile que si nous trainons de lourdes casseroles filiales… Je crois que quel que soit l'age de nos enfants, il y a une donnée qui peut 'sauver' la relation la plus 'mal barrée', c'est la capacité à "entendre" la satisfaction ou l'insatisfaction (voire la souffrance) de notre enfant et savoir se remettre en question pour les prendre en compte dans l'ajustement de la relation : on a le droit d'avoir été plutôt mauvais à une période de la relation, on l'est tous à un moment ou à un autre… c'est humain, d'être imparfait, c'est même plutôt sain, je trouve, car cela donne aussi le 'droit' à l'enfant d'être 'imparfait' … Ce qui est plus dommageable, c'est de ne pas le reconnaître, et de ne pas modifier la trajectoire, à un moment donné… J'aime beaucoup l'image des clés que tu prends… oui, notre rôle, encore une fois, est de l'aider à trouver un équilibre 'triangulaire' entre les clés transmises par nous (les parents) , les autres et les siennes propres… En Afrique, on dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant… Parfois, on oublie d'aider l'enfant à déterrer les clés du plus profond de ses entrailles ! Et pourtant, c'est peut-être ce qui est le plus important… et le plus difficile ! Guider, sans imposer… conseiller, sans projeter… savoir aussi s'éclipser, à un moment, pour laisser notre enfant face à lui-même et pleinement responsable de ses choix, quels qu'ils soient… responsable de son bonheur, qui sera forcément différent du nôtre ! … tout un Art ! Perso, je suis à 200% d'accord avec le fait que l'allaitement n'est pas un modèle à brandir, mais une possibilité à essayer pour celles que ça tente ! Mes messages sur le sujet ont été extrèmement carricaturés, on a pensé que je voulais me constituer en modèle alors que mon seul désir était de dire que d'abord, l'allaitement pouvait procéder d'un vrai choix personnel, tripal et vécu comme un plaisir partagé avec son enfant, non comme une contrainte sacrificielle ! … POUVAIT, pas DEVAIT ! … Ensuite, ce que je déplore, et le mot est faible, c'est qu'en France, malgré la soit-disante mode 'pro-allaitement' dans les discours, rien n'est mis en pratique pour que l'accompagnement des femmes qui DESIRENT allaiter, se passe dans de bonnes conditions… La plupart des maternités, des professionnels de santé, des bouquins, forment un ramassis des "100 façons de foirer son allaitement"… parfois, t'as même pas le temps d'arriver au conseil n° 5 que déjà, le bébé est sevré ! Hallucinant… Alors la "pression pro-allaitement", si elle existe (moi j'ai vérifié l'inverse, la pression "pro-bib de complément", m'enfin, admettons ! ) , n'est que de façade… que les femmes se rassurent, c'est pas demain qu'on réussira à imposer aux françaises quoi que ce soit, ni dans un sens, ni dans l'autre, et c'est tant mieux comme ça ! … Je pense que les femmes qui, comme toi, désirent ardemment être mère, tout en détestant être enceintes, sont nombreuses et qu'il n'y a aucune culpabilité à nourrir à ce sujet ! Moi, cette expérience de la grossesse m'a plu, mais c'est très personnel et je comprends fort bien que certaines femmes désirent se défaire au plus vite de cette "promiscuité obligée" dès qu'elles le peuvent, à la naissance en l'occurence… c'est une raison tout à fait entendable de ne pas avoir envie de tenter l'expérience de l'allaitement ! Tu dis que tu as été une mère "insécure" (et aussi que tu as demandé pardon à tes enfants pour ce que tu penses avoir loupé avec elles, ce que je trouve à la fois RARE et formidable, comme démarche ! …) … n'est-ce pas en rapport avec ton histoire personnelle, paternelle notamment ? Je me demandais d'ailleurs comment tu avais transcendé ton histoire personnelle quand tu es devenue mère ! Ça n'a pas du être facile… Toi, tu ne trainais pas seulement des chaudrons, mais quand même un cadavre, non ? Je crois qu'un film a été réalisé à partir du bouquin de C. ELIACHEFF, sur les rapports filles-mères, je te donnerai les références, si tu ne les as pas déjà… Je n'ai pas fini encore son ouvrage, perso… le lire me remue infiniment, en tant que fille d'une mère abusive, paranoïaque et manipulatrice… Je le lis par petits morceaux, pour pouvoir progressivement comprendre, et pardonner à ma mère son refus de reconnaître la souffrance qu'elle m'a infligée en se comportant comme elle l'a fait depuis la fin de mon adolescence, et son refus de me donner la possibilité d'une relation avec elle, de femme à femme ! … Ma mère n'est pas une femme, elle ne VEUT pas l'être (ou ne parvient pas à l'être ? ) … elle est alternativement mère et petite fille, jamais femme, et c'est terriblement dévastateur d'être la fille de ce genre de mère… Je t'embrasse fort Mairienne, merci d'être *là*
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266111
b
Moi aussi !
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