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Lettre ouverte à celles que j'aime

Témoignage d'internaute trouvé sur forumados - 16/05/11 | Mis en ligne le 27/03/12
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Je viens de poser Serpillère, ma meilleure amie. J'entends mon homme ronfler dans la chambre. Mes petits dorment à poings fermés et l'un de mes chats s'est blotti contre moi. J'ai trop mangé aujourd'hui et mon ventre est un espèce de gros machin rond, ou vaguement rond. Je pense à Alix/Romane/Clémence/Quentin/Antoine alias Bébé5. Ouais, le truc qui m'obsède juste un tout petit peu en ce moment. Puis je repense à aujourd'hui, journée chez ma soeur avec mes quatre amours et ses deux paupiettes. Je voyais tout ce petit monde autour de moi et j'étais heureuse. Ma psy a décrété qu'il FALLAIT savoir pourquoi j'avais tant envie de recommencer à donner la vie, à enfanter, encore et encore… C'est fou comme cela peut intriguer le choix d'une famille nombreuse. Intriguer, suspecter, spéculer, faire parler… Comme si c'était plus farfelue d'en vouloir une demie douzaine ou de n'en vouloir que deux -un garçon et une fille siouplé ! -comme s'il y'avait anguille sous roche, comme si cela signifiait quelque chose de limite malsain. Je me suis de ce fait souvent posé la question, pourquoi ces envies ? Pourquoi ces choix ? Pourquoi ces enfants ? Parce que je suis en amour pour eux. Parce que cela m'emplit de joie. Parce que donner la vie, dans mon cas, c'est rencontrer quelqu'un d'exceptionnel qui sera marqué à jamais dans mon histoire. Et je suis avide de rencontres, de ces rencontres. Chacun d'entre eux est une mine d'or, un cadeau, un trésor. On me dit "mais tu n'as pas d'autres passions que tes enfants ? " Au début je parlais du théâtre, de l'écriture, du dessin, de mes lectures, du cinéma… Mais non, je n'ai pas autant d'élans dans tous ces loisirs que j'en ai pour mes enfants et ma famille. Oui, ils sont ma passion et ils ont crées d'autres passions, celui de comprendre la maternité, la non violence, la fascination que je porte à l'allaitement… J'ai pris goût à cela, et je suis hallucinée chaque jour du lien qui nous lie. J'ai envie d'en faire mon métier, d'aider d'autres mères à ressentir cette plénitude, à créer cette passion. Parce que tout n'a pas coulé de source, parce que je ne suis pas tombée éperdument amoureuse de ma maternité à la naissance de mon aîné. Je suis d'abord restée stupéfaite. Comment avais je pu créer un être aussi beau ? Comment avais je pu faire un petit d'homme ? Je passais des heures à le regarder, éberluée, sans comprendre que ce bébé venait de moi. Sans comprendre que j'étais sa mère. J'avais beau l'aimer d'un incroyable amour, je ne sentais aucun lien filial entre nous. Et je l'ai regardé ainsi, pendant dix huit mois, hébétée qu'il puisse exister. Lorsque j'ai été enceinte d'Axel, j'ai crains le pire. Comment pourrais-je autant aimer un autre enfant ? C'était purement impossible ! Et est ce qu'il allait survivre ? Comment pouvais-je avoir un enfant d'un homme qui m'aimait sincèrement ? Cela était bien trop beau trop… Inaccessible. Puis on l'a posé sur moi. Ou plutôt, je l'ai sorti de mes mains et on m'a aidé à le poser. Moment intense. Eternité gravée. Larmes. Joie. Confusion. Amour. Mais là encore tout n'a pas coulé de source. Je voulais le nourrir, je n'y arrivais pas. Le mystère de la nature me semblait trop irréel. Comment pouvais-je produire de la nourriture et en avoir assez pour mon bébé ? Est ce que cela était bon pour lui quand ma mère ne cesse de me répéter qu'elle m'a empoisonné avec son lait ? (en oubliant que fumer deux paquets par jour enceinte et en allaitant n'était pas l'idée du siècle). Je me braque, je pleure, je suis au bord de la crise. Dépression post partum, impossibilité de retrouver un équilibre. Je porte mon bébé, je dors avec. Je commence à me sentir réellement mère. Magie de la maternité, elle rejaillit aussi sur l'aîné. Je le rencontre enfin, je fais le lien entre lui et moi. Oui, tu es mon fils et je t'aime. Et le troisième enfant paraît. Je me découvre mère tigre, mère dans toute ma férocité, mère des entrailles au bout des cheveux. Je me heurte à l'équipe médicale, je tiens bon. Je sens ce qui est bon pour mon enfant. Là, je comprends qui je suis, mon identité, celle que je n'avais osée qu'effleurer. Parce qu'au XXI ème siècle, il est obligatoire d'être mère, mais de mauvais ton de trop laisser exprimer son instinct, sa maternité. Sous peine d'être qualifiée de mère poule, de pauvre fille, de frigide. Pourtant cela ne m'empêche en rien de jouir, jouir de mon mari qui me fait des enfants, qui me fait l'amour, qui me donne du plaisir. Jouir de la vie. Et l'envie de danser contre l'homme que j'aime en enfantant. La quatrième nait en mon absence. Naissance éteinte dans l'obscurité de la peur. Mais chaleur humaine et bienveillance nous accompagne. Je suis une mère forte et fragile à la fois. Et j'ai fait naître une fille. Continuité d'une longue lignée de femmes qui cherchaient sa maternité en répétant les naissances. J'ai trouvé ma maternité, je ne donne plus que l'amour et la sérénité. Petit chat s'accroche à la vie et nous dansons ensemble à l'aube du jour pour la vie. Peut être que toi aussi, tu seras un jour Mère, ma fille. Et si tu ne le souhaites pas, j'espère te transmettre au moins l'allégresse d'être femme. Je connais mes limites, j'allaite en mixte. Je ne suis plus dans la compétition ni la performance, je savoure. Savourer…Le sourire de Julien, les rires d'Axel, la malice d'Amélie… Heu, la bave de Gabriel ? Je ne suis pas moi si je ne suis pas mère. Comme je ne suis pas moi si je ne suis pas l'épouse de celui que j'aime. Je ne me noie pas derrière ceux que j'aime, je SUIS cet amour. Le pilier de la maison. Ce qui fait que la joie y règne. Petit 5 est là, dans ma tête. Petit 6 aussi. Et le reste, l'argent, le regard des autres, l'avis des grands parents… Tout ça n'est que superflu. Moi ce que je regarde, c'est la bienveillance des gens que je rencontre, c'est le sourire de ma soeur, complice de ma " petite folie", c'est l'amour dans les yeux de mon mari, la béatitude sur le visage de mes enfants. Et vous. Vous, mes soeurs de coeur. Toi Sabha que j'ai aimé dès que tu as franchi pour la première fois les portes de ma maison, toi à qui j'ai confié, toi qui t'es confiée. Puis toi, ma petite Laura, toi qui me fait rire, toi qui me pousse jour après jour dans ma vie, qui me soutient sans jamais faiblir. Et même toi Marie, dans l'ombre mais dont je sens toujours la présence. Toi Marine, qui ne parle pas beaucoup mais dont la présence est tellement agréable, fraîche, et les quelques paroles pleines de sens. Toi Hélène qui est tout aussi fraîcheur, bonne humeur, joie…Vous mes soeurs de coeur qui un jour avez franchi le seuil de ma porte et qui illuminez mes journées chaque fois que je vous lis. Merci d'être là, présente, bienveillante, aimante, merci pour les fous rires, les private joke, les paillettes ! Si j'aime être mère j'aime tout autant être amie, et avec vous, le mot "amitié" prend tout son sens. Merci !
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232915
b
Moi aussi !
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