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Lettre ouverte à madame b.

Témoignage d'internaute trouvé sur france5 - 15/03/10 | Mis en ligne le 30/04/12
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Il y a un mois et 2 jours paraissait dans mon quotidien régional une interview qui m'a scandalisée. N'ayant eu de retour depuis, je me permets de diffuser ce message ici. Voici l'interview puis la réponse que je souhaitais y apporter. Et au passage le groupe sur fb que j'ai créé à cette occasion : [… ] 781&ref=nf. [… ] e. Jpg. Html. [… ] 7.jpg. Html. --------------------------------------------------------------------------------- Lettre ouverte à madame B, Madame, Permettez-moi de répondre point par point aux propos que vous avez tenus lors de votre interview du 13 février dernier faisant la promotion de votre livre "Le conflit - la femme et la mère" Concernant ce que vous appelez l'"offensive naturaliste" : Il est heureux que vous reconnaissiez les avantages de l'allaitement maternel sur l'allaitement artificiel. Les femmes qui font le choix d'allaiter, en sont tout aussi conscientes. Celles qui ne souhaitent pas allaiter, ne sont pas plus condamnables. Oui il y en a : lors de ma préparation à l'accouchement, 1 future maman sur les 4 que nous étions y était clairement opposée, ce n'est pas pour autant qu'elle était victime d'ostracisme de la part des autres parturientes ou de la sage-femme. Vos propos présentent la Leche League presque comme une sorte de secte enrôlant les mamans et les obligeant à allaiter leurs enfants jusqu'à 7ans !!! Combien de jeunes mamans connaissent la Leche League avant d'accoucher ? Très peu me semble-t-il. J'ai eu des contacts avec la Leche league lors de difficultés d'allaitement, et je n'ai nullement eu le sentiment d'avoir été une mère insuffisante parce que mon enfant a décidé de se sevrer et ce bien avant 7 ans mais à 13mois !!! Dans nos sociétés occidentales, il n'est guère envisageable d'aller jusque là. Ce chiffre de 7ans d'allaitement pour un enfant est cité par la LLL dans le cadre des pays émergents. Dans la France actuelle, les mamans allaitantes sont bien vues jusqu'aux 3mois de l'enfant, éventuellement jusqu'aux 6mois, mais au-delà, ça devient scandaleux et anormal. Au sein même de notre propre famille, nous devons affirmer et justifier notre volonté d'allaiter. Nous ferions du mal à nos enfants !!! La France actuelle n'est pas une nation allaitante qui encourage l'allaitement maternel au contraire des pays nordiques. Concernant les mouvements portant le discours pro-allaitement : "Mettre la nature au premier plan". L'être humain a beau être l'animal qui se dit le plus évolué de la planète Terre, il reste quand même un mammifère avec des mammelles pour nourrir ses petits, veuillez excuser la crudité des propos ! Serait-il concevable de donner à un bébé dauphin le lait d'une chienne ou de tout autre animal de de la famille des mammifères ? Non, sauf s'il n'y avait d'autre choix. Ainsi, pourquoi refuser aux femmes le choix de suivre la nature profonde de l'être humain si elles en émettent le souhait et en ont la possibilité physique. Combien de jeunes mamans sont malheureuses de ne pouvoir allaiter leur bébé par exemple à cause de traitements médicamenteux subis pendant la grossesse ? Elles sentent bien que c'est leur instinct de mère qui est blessé au plus profond d'elles-mêmes, on ne leur laisse même pas la possibilité de donner d'elles-mêmes à leur nouveau-né. Vous parlez de la situation au XVIIIe siècle dont vous êtes une spécialiste en disant qu'à l'époque "il valait mieux privilégier le couple plutôt que l'enfant". C'était la règle en ce temps-là, je suis cependant convaincue que certaines femmes actuelles, ont adopté par choix raisonné -puisqu'elles ont désormais le droit d'avoir une opinion personnelle- non par obligation imposée par la société ce principe de vie. Vous dites aussi que l'allaitement maternel était à l'époque "une question de survie de l'enfant". Grâce aux progrès scientifiques et techniques, dans nos sociétés occidentales, nous pourrions presque nous passer de l'allaitement. Il est néanmoins des cas de plus en plus nombreux, où des mamans sont tenues pour raisons de santé d'un enfant intolérant aux protéines de lait de vache par exemple, de poursuivre un allaitement qu'elles envisageaient peut-être d'arrêter plus tôt. Dans les pays émergents, en instabilité politique et sociale, la question de la survie de l'enfant grâce à l'allaitment perdure. Le modèle de la femme à la maison, "la nonne dans son couvent" selon Rousseau a vécu "un siècle et demi". La femme à la maison, oui, mais était-ce forcément une femme allaitante il y a 30-40 ans ? Avec la libération de la femme dans les années 70 et tous les acquis heureux sur lesquels il n'y a pas à revenir, les mères de votre génération qui sont restées à la maison parfois dès leur mariage avant même d'avoir des enfants, ne faisant que quitter le giron parental pour se glisser dans la vie d'épouse, suivant ainsi le modèle de leurs propres mères, ont rarement été des mères allaitant longtemps, tant les fabricants de lait artificiel et de biberons vantaient leurs produits comme accessoires indispensables de leur libération. Nous, les filles de ces mères-là, n'avons pas vécu les combats que vous avez menés pour l'avenir de toutes les femmes, nous avons à présent davantage de recul et faisons nos choix de vie en toute connaissance de cause sans nous sentir obligées d'une quelconque façon par rapport aux modèles parentaux ni pour autant les rejeter en bloc. Concernant le bonheur de l'enfant : Oui, l'allaitement est le moyen de nourrir un enfant de la façon la plus économique tout comme les couches lavables et langes de nos mères et grands-mères. Est-ce un mal de ne pas céder au chantage des grandes marques, de préférer conserver ses moyens financiers pour d'autres choses ? Je ne condamne nullement les mères qui ne font pas le choix d'allaiter ni celles qui utilisent des couches jetables, c'est un choix. Chacune fait selon ses moyens et ses possibilités du moment. "un grand nombre de femmes, et parmi les moins favorisées, ont la tentation de s'investir dans l'éducation de leur enfant" en raison de la "crise économique". En quoi est-ce un mal de vouloir ou plutôt de ne pas avoir d'autre choix que s'occuper de ses enfants, quand les moyens financiers du foyer -même si les 2 travaillaient- ne permettent pas de payer des frais inhérents à la garde d'un ou plusieurs enfants ? Pour commencer, il faut trouver un mode de garde et en ce domaine, si la France veut remettre les jeunes mères au travail, il y a d'énormes chantiers à entreprendre. Il est regrettable que des femmes désirant travailler ne puissent pas le faire faute d'avoir trouvé de mode de garde, et soient obligées de rester à la maison de ce fait. Par contre, le choix de celles qui pourraient travailler, faire garder leur enfant mais choisissent avec bonheur et conviction de rester à la maison est à respecter. Vous parlez de l'allocation créée par l'état en 1993 pour que les femmes puissent rester à la maison durant 3ans. Avez-vous seulement une idée du montant de cette allocation ? Pour moi cela ne représente même pas 10% de mon ancien salaire ! Croyez-vous que ce soit cette allocation qui m'ait donné envie de rester à la maison ? Certainement pas. Et pourtant, comme les revenus de notre foyer le permettent, pour rien au monde je ne renoncerai à passer le maximum de temps possible avec mon enfant. Je n'ai pas l'âme d'une mère au foyer qui passe sa vie à briquer sa maison. Je suis jeune, j'aurai tout le temps de travailler après mêtre occupée quelques années de mes enfants. Vous parlez d'"obligations morales pesant sur les femmes" "culpabilisantes". Pour ma part, je n'ai pas le sentiment d'être soumise à des diktats anciens ou récents qui m'obligeraient à être la super maman qui fait 2 journées. Je trouve vos propos blessants et ils infantilisent la femme, comme si les mères actuelles ne disposaient ainsi qu'au XVIIIè siècle de leur libre arbitre, étaient incapables de faire des choix et de les assumer pleinement. Pour sortir du conflit entre la femme et la mère : Oui, la France a une politique familiale qui permet d'avoir divers modes de garde pour son enfant, mais elle est encore très insuffisante. Si l'on veut donner aux femmes la vraie alternative entre rester à la maison et travailler, il faut que cette politique soit amplifiée. Sinon, il y aura encore longtemps des femmes contraintes et malheureuses de devoir rester à la maison parce qu'elles n'ont d'autre possibilité matérielle. "acceptation par la société de modèles maternels diversifiés" .Voici ce que cela veut dire pour moi : accepter que des mères ne veuillent pas allaiter, accepter que des mères veuillent allaiter aussi longtemps qu'elles le veulent sans être classées comme "anormales"; accepter que des mères retournent au travail dès la fin du congé maternité ; accepter que des mères souhaitent travailler et allaiter : des conventions existent déjà pour que les mamans puissent tirer leur lait sur leur lieu de travail, les deux ne sont pas incompatibles, c'est difficile, mais une question d'organisation avant tout ; accepter que des mères veuillent rester à la maison et s'investir dans l'éducation de leurs enfants. Toutes ces situations et sûrement d'autres font le visage des mères de la France d'aujourd'hui. Vous parlez du cas de l'Allemagne, notre voisin. Oui, leur modèle familial en est encore dans beaucoup d'esprits à la 3K- Frau (Kinder - Kirche - Küche = Enfants - Eglise - Cuisine). Vous vous inquiétez d'une éventuelle contamination de ce "poids moral" en France. Enseignant la langue de nos voisins en Alsace, habitant à quelques dizaines de kilomètres, ayant donc quelques connaissances de la société allemande contemporaine, je pense davantage que ce sont eux qui sont tentés de suivre notre politique familiale et de s'affranchir de leurs anciennes représentations. Concernant l'échec du féminisme : La scission en 2 courants a été préjudiciable, mais sur les divergences de fond, c'est un autre débat. Concernant la question : " Quel type de mère êtes-vous ? " Je trouve choquante votre façon d'éluder la question. Mais à y réfléchir, vous ne pouvez faire autrement. Reconnaître que vous n'avez pas allaité un tant soit peu vos enfants, ce serait ouvrir la porte à vos détracteurs, qui diraient : bien sûr elle ne va pas prêcher pour quelque chose qu'elle ne connaît pas. Reconnaître que vous avez allaité vos enfants, ce serait anéantir aux yeux de toutes les mères qui allaitent vos efforts de les convaincre par cet article qu'elles sont esclaves de leur enfant et du lobby pro-allaitement. Concernant votre objectif avec ce livre : "Le modèle de mère idéale" véhiculé par la société serait selon vous la mère qui reste à la maison pour allaiter son enfant. Nous ne devons pas vivre dans la même France car en tant que maman ayant allaité et restant encore à la maison au-delà, je n'ai eu quasiment que des retours négatifs sur mon choix de vie suranné. Il est beaucoup plus facile pour une mère actuelle de dire qu'elle a des enfants, qu'elle leur donne le biberon, qu'elle travaille que de dire qu'elle allaite son enfant depuis 3mois 6mois ou plus et je ne travaille pas !!! Nombreuses sont mes amies dans le même cas. Oui, il y a des mères qui ne souhaitent pas allaiter, materner, leur choix est à respecter tout comme le nôtre d'allaiter et materner. Les mots qui concluent votre interview me scandalisent "obligation de l'allaitement". Mais où donc avez-vous pu avoir que c'était le sentiment régnant majoritairement dans la société française ? Le mien est que les femmes de votre génération n'acceptent et ne respectent pas suffisamment le CHOIX de l'allaitement et ne comprennent pas le le CHOIX de NON-TRAVAIL que certaines d'entre nous faisons. Hélène S., 33ans, professeur, maman d'une petite fille de 2ans bientôt, allaitée 13mois qui s'est sevrée toute seule, en congé parental, enceinte de 17semaines.
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248543
b
Moi aussi !
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