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J'ai mis des semaines à le lui annoncer.

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Bonjour Paypayo, Tout d'abord, merci pour ton message, c'est bien d'avoir aussi un témoignage de quelqu'un qui est concernée par le problème, mais de façon plus indirecte. Citation : Et croyez moi, quand on est au courant du problème chez une amie, on est nous même super mal à l'aise… j'ai mis des semaines à le lui annoncer. Et j'évite le sujet au maximum. Et en même temps, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Si ça ne crée pas un tabou supplémentaire, un mal à l'aise. Je suis d'accord avec toi : je ne sais pas non plus si c'est une bonne idée de se taire… Je vais parler pour moi, mais je pense que c'est vrai que ça amplifie l'espèce de tabou qu'il y a autour de ça. En même temps, la plupart du temps, quand j'essaie d'en parler, c'est généralement très insatisfaisant pour moi. Je me rends compte que la raison pour laquelle j'aurais envie de parler de ma situation, c'est vraiment pour parler de mon vécu, de à quel point je trouve ça injuste, de l'ampleur de ma peine, de ma grande crainte de ne jamais pouvoir avoir cette fierté de tenir mon bébé dans mes bras, et d'entendre les autres me dire qu'il a les yeux de sa maman et la bouche de son papa… Premièrement ces émotions sont si intenses… qu'elles sont difficile à nommer adéquatement. Et puis… on n'en parle pas à n'importe qui, n'importe quand, parce qu'on risque de fondre en larmes à tout moment, et ce, à répétition, semaine après semaine, mois après mois, avec toujours la même rengaine : pourquoi ça m'arrive à moi ? Pourquoi c'est moi que la vie oublie ? Comme la plupart des discussions où on ose effleurer le sujet se concentrent sur "et puis as-tu revu ton médecin", "je suis sûre qu'ils vont trouver quelque chose", "ma belle-soeur est tombée enceinte super facilement avec son traitement hormonal", et sur "avez-vous pensé à l'adoption ? "… Comment dire, ça fait du bien de sentir que les autres se soucient de nous, même si c'est parfois maladroit et qu'il demeure bien des non-dits. Mais c'est rarement très libérateur d'en parler… ça fait du bien jusqu'à un certain point, mais il y a aussi des jours où je n'ai aucune envie d'en parler, j'ai juste besoin de me changer les idées. Vivre tout ça, c'est vivre une sorte de deuil : le deuil de la vie rêvée, le deuil de la nature qui fait bien son boulot, c'est se préparer au deuil potentiel de l'enfant naturel… Et je pense qu'il faut pendant un certain temps nous prendre avec des pincettes, comme des endeuillées, nous dire que si on a besoin de parler, une oreille nous écoute, mais ne pas forcer la confidence non plus… Du moins, c'est comme ça que moi je le vis. Citation : En vous lisant, je remarque que la réction est la même pour toutes : s'éloigner des femmes enceintes et des jeunes mamans. Je vous comprends complètement, mais en même temps, vous avez vous-même été des bébés, vos mères ont aussi été enceintes, c'est le prémice à toute forme de vie, alors comment éviter cette phase de la vie et rayer vos anciennes copines de vos carnets d'adresse parce qu'elle sont enceintes ? J'ai été un bébé, je le sais intellectuellement, mais ça ne change rien pour moi, d'ailleurs je ne m'en rappelle plus. De toute façon, je ne pense pas qu'il soit nécessairement question d'abolir toute forme de contact avec toutes les femmes enceintes du monde pour l'éternité… ça durera un temps, j'imagine. Puis les choses vont changer. Je vais soit tomber enceinte, soit choisir d'adopter, soit choisir une vie sans enfant. Je vais (j'espère) finir par accepter ce qui m'arrive, et déjà, parfois j'ai la sensation que j'accepte un peu plus qu'il y a quelques mois… mais c'est un processus qui prend du temps, on n'accepte pas l'injustice en claquant des doigts, et ça prend du temps pour digérer la peine aussi… Alors tout simplement, pour le moment, quand je vois que j'éprouve plus de difficulté à me remettre d'une rencontre avec une amie que de plaisir à la côtoyer, je la vois moins, c'est tout. Un tout simple mécanisme de protection, ma foi fort efficace. Je m'en porte mieux, même si au départ l'idée me rebutait un peu, je me disais que ce n'était pas bien, etc. Et puis bon : pour moi, tomber enceinte, c'est tellement quelque chose que je souhaite et qui me semble difficile à atteindre, je vois ça comme gagner à la loterie. Imagine une seconde que toutes tes copines gagnent le gros lot les unes après les autres, après avoir acheté un seul billet… Et toi t'achètes, semaine après semaine, et tu ne gagnes jamais rien… Pas sûre que t'aurais envie de les entendre parler de leurs achats et de leurs richesses à longueur de soirée… Citation : Si votre mari était mort, est-ce que vous sortiriez dans la rue avec votre plus beau sourire, en disant, à qui veut l'entendre : "oui, je vais très bien… ". Non, vous parleriez de votre malheur sans gêne. Et bien dans ce cas aussi, à vous, à nous, à tous d'admettre qu'on est face à un deuil terrible, et à vous soutenir en conséquence… Il n'y a aucune honte ou culpabilité à avoir, vous êtes victimes de ce fléau, et responsables en rien. Tu as bien raison, je suis tout à fait d'accord avec toi. C'est vrai que ce tabou n'a pas raison d'être, même s'il est bien difficile à briser. Pour ma part, quand je me referme sur moi-même où que je fais semblant, c'est par peur des phrases vides, du genre "ne t'inquiète pas, ça va finir par marcher, c'est sûr ! "… et là, je suis généralement incapable de faire comprendre à mon interlocuteur que ça ne m'aide pas du tout de me faire dire ça, que ce n'est pas sûr du tout que ça fonctionnera et que c'est bien ce qui est si difficile à vivre ! On dirait que dans ce temps là les gens nous prennent pour des pessimistes !!! Mais non, ce n'est que réaliste : la souffrance qu'on vit vient de quelque part, on ne l'a pas inventée pour le plaisir ! Mais bon, il reste que malgré cette peur des phrases vides, je suis d'accord avec toi : c'est à nous de parler. Les gens ne peuvent pas deviner ce qu'on vit, quand même… Citation : Ce bonheur à être deux, à aimer la vie, celui-là même que l'on voulait communiquer à ses hypothétiques enfants, il demeure, alors autant le vivre pour soi, déjà, même si l'enfant tant attendu n'est pas encore là. On est femme sans être mère, et déjà profiter de ça, c'est un grand bonheur. Mais je sais, c'est plus facile à dire qu'à vivre… Exact, c'est plus facile à dire qu'à vivre.. En fait, intellectuellement, je sais tout ça, mais ça ne fait pas nécessairement en sorte que ce soit complètement assimilé, et vécu. Je pense que ça prend du temps, et que ça va et ça vient, par phases, au rythme des périodes d'espoirs et des périodes de désespoir et de déceptions… Citation : Etonamment, je ne vois pas dans ces posts de solutions différentes : adopter, par exemple, ou peut-être avoir recours à une mère porteuse (solution cependant éthiquement critiquable). Parce que être mère, ce pourrait être d'un enfant qui n'a pas nos gènes, non ? C'est vrai, mais je pense que pour arriver à considérer l'adoption, il faut d'une certaine manière avoir fait ce deuil de l'enfant biologique. Tant que je serai dans l'espoir de cet enfant, l'adoption sera dans ma tête comme l'espèce de dernière solution à laquelle je préférerais ne pas avoir recours, mais c'est là un choix personnel. Et qui sait, peut-être qu'il viendra plus rapidement que je ne l'imagine, ce moment où je me dirai "ça suffit les essais qui ne réussissent jamais" et où je me tournerai vers l'adoption… Pour le moment je suis trop prise dans ce sentiment d'injustice ! Je veux moi aussi vivre une grossesse ! Et puis c'est sans compter toutes les procédures, les listes d'attentes, les frais exorbitants de l'adoption… Et bien voilà, bref merci encore paypayo d'avoir exprimé ton point de vue et tes encouragements à exprimer notre vécu. C'est fou, j'ai parfois réellement l'impression que seules les femmes qui passent par là comprennent réellement… mais sûrement qu'avec un peu plus de dialogue on pourrait être mieux comprises et mieux soutenues par notre entourage.
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283310
b
Moi aussi !
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