Histoire vécue Grossesse - Bébé > Grossesse > Attendre bébé      (29588 témoignages)

Préc.

Suiv.

Tout a commencé un soir de pleine lune...

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 17/04/11 | Mis en ligne le 14/05/12
Mail  
| 294 lectures | ratingStar_254960_1ratingStar_254960_2ratingStar_254960_3ratingStar_254960_4
Bonjour à tous, Je veux changer de vie, être enfin moi même, mais je bloque, j'étouffe. Je félicite ceux et celles qui auront le courage de lire… C'est important pour moi, pourriez vous m'apporter votre aide, par vos mots, par vos expériences… Cordialement. Tout a commencé un soir de pleine lune… Que pouvais je dire de ma vie si ce n'est qu'elle avait toutes les raisons de bien commencer. Toutes les raisons ? Oui ! J'aurai pu naître dans une famille d'alcoolique, avec un père qui bat ma mère ou encore dans un bidonville à Calcutta. Que sais je encore… Mais aussi sur le rocher à Monaco, comme j'aimais le rappeler à mon père… Aurais je été plus heureuse ? Le problème aurait tout à fait pu être identique partout, car seul l'amour mène au bonheur, l'amour de ses parents en particulier aux premiers instants de sa vie, amour qui aide à se construire, et à se positionner dans le monde. J'ai toujours éprouvé un manque d'amour, je n'en avais pas assez. J'aimais mes parents, ma soeur et mon frère et je voulais être aimée de la même manière, telle que j'étais. Une évidence logique enveloppante de l'amour fraternel, filial, familial, une certitude, qui devrait dans toutes les familles outrepasser la peur d'être rejetée, la peur d'être abandonnée… Mais d'où me venait donc ces craintes ? Née d'un père idéal au yeux de l'enfant que j'étais, d'une mère soumise, présente au foyer mais quasi inexistante à mes cotés, car semblait il, seul le bien être de mon père l'habitait, l'envahissait, je les ai très vite senti perdre pied, perdre patience avec moi, ne pas savoir comment me prendre… Malgré tout, mes parents m'ont aimé à leur manière dans la pudeur, sans mots sinon des mots blessants, sans gestes tendres et aucune extravagances, ce que j‘ai toujours déploré. Pour moi, aimer, est le dire ou l'exprimer de mille petites attentions. Je me suis donc dès la naissance sentie le vilain petit canard, sentie différente, de mon frère et de ma soeur qui eux se fondaient dans la masse familiale, faisant bon gré mal gré ce que l'on attendait d'eux. Je sais à présent qu' ils ont soufferts à leur manière également… A cette époque mes parents avaient porté, comme c'est souvent le cas, tous les espoirs sur ma soeur ainée, première arrivée, espoirs souvent récompensés par les efforts parentaux fournis. Arrive mon frère, que ma mère prend sous son aile et protège. Puis la dernière arrive, moi-même, 18 mois après mon frère, naissance non désirée. Et si mon frère, enfant introverti, s'enfermait souvent dans sa chambre en donnant l'apparence de se suffire à lui-même, j'étais moi demandeuse d'attention, curieuse de la vie dont j‘étais emplie. Cela impliquait souvent de beaucoup m'agiter pour être vu, faire des bêtises pour être remarqué, pour montrer que j'étais là bien vivante, bien présente, car mettant vite rendu compte que les compliments n'étaient pas de mise à la maison, je ne voyais pas d'autres alternatives pour que l'on s'intéresse à moi. Un intérêt même négatif est un intérêt malgré tout… J'ai toujours su que je ne rentrais pas dans les cases, trop différente, trop tout… La vie me révoltait déjà, ses incohérences, la bêtise humaine, la mauvaise fois, J'ai toujours été celle qui causait du soucis, celle qui était remuante, celle qui a fait pleurer sa mère, son père aussi peut être, mal dans sa peau (et pour cause) , celle qui avait des rêves de liberté et de bonheur… (quelle idée ! ). Trop sauvage, rebelle, narcissique….Incomprise ? Et autres inepties…Mes parents ont été, comme beaucoup, consciemment ou inconsciemment, instigateurs de ces pensées. L'image et les propos des parents n'ont-ils pas finalement un effet miroir sur les enfants ? Est ce donc la leitmotiv des parents de "façonner" leur enfant à leur image ou du moins à l'image qu'ils ont de l'enfant idéal ? Ne "rêve" t-on pas d'un enfant ? Peut-on en tant que parent être "déçu" de sa progéniture ? De la même manière que des parents peuvent, doivent, aider leur enfant à se construire, ne peuvent ils pas le détruire ? Où du moins détruire ce qu'il est, détruire en lui l'envie qu'il aura plus âgé, de vivre sa vie, ses rêves, vivre suivant ses convictions ? Certains enfants ne finissent ils pas finalement par essayer de vivre ce que leurs parents n'ont pas vécu, pour leur plaire, pour être aimé ? Souvent en vain…. Arrête de rêver !!! Me disait mon père. Je ne rêvais pourtant pas de grand château en Espagne ou ailleurs, ni de prince charmant, mais simplement d'espace, d'aventure, de voyage, d'amour, de donner à la vie un sens, celui qui nous anime avec évidence enfant et qui s'amenuise au fil du temps avec la vie qui passe. Mon âme d'artiste allait à l'encontre du pragmatisme de mon père. Que pensait ma mère ? Je ne le savais pas… Elle ne s'exprimait pas…. J'en ai écrit des lettres aux ambassades pour obtenir tous les renseignements possibles de pays aimés, leur culture, leurs habitants et les débouchés qu'il pouvait y avoir etc… A 18 ans, examen en poche, gonflée à bloc, renseignements sérieux pris, j'ai désiré faire un break et partir "Au pair" en Irlande. Mon père m'en a dissuadé comme il a si souvent su le faire, en me culpabilisant, prétextant mille risques possibles. Il m'a détourné en me conseillant à la place de faire mon service militaire, tant qu‘à partir un an…autant le faire en France… Et bien entourée, pour ne pas dire emprisonnée…Je reconnais bien là mon père, qui a voulu faire d'une pierre deux coups, caser sa fille tout en trouvant des personnes à poignes pour lui mettre du plomb dans la tête, limité bien sûr si possible au sens figuré…Avec l'armée tout est possible… Trop admirative et trop heureuse de le voir s'occuper de moi, je me suis laissée convaincre… J'ai donc fait mes trois jours, trop, trop, trop…Nouvelle déception paternelle, l'armée n'a pas voulu de sa fille, trop mal dans sa peau, Alors vient le bon copain qui va donner du travail. Nettoyer les cinémas, les chiottes et les bureaux !!! Quelle reconnaissance ! Tout est à faire à 18 ans, tout sauf ça ! La vie devrait être ouverte à un épanouissement personnel, culturel. Qu'a pensé mon père lorsqu'il m'a fait engager chez "Bret net" ? Soulagé de m'avoir enfin casé ? Quelle image avait il de moi réellement ? A-t-il pris le temps de me parler, d'homme à "homme" je dirais, sans écrasement intellectuel ? De savoir ce que je désirais, avant que la lassitude me gagne totalement ? Avec recul, je me dis que le principal tort que j'ai eu, a été d'idéaliser mon père, de le glorifier, de part ses connaissances, son aisance en société. Mais son pessimiste m'a beaucoup fait souffrir et à eu raison de moi. Et s'il disait que c'était impossible, il avait sûrement raison… Comment pouvait il se tromper ? Lui, si sûr de lui, si cultivé, si intelligent. Comment aurais je pu savoir à l'époque qu'il était empli de doutes, de peur, d'angoisses ? Comme beaucoup… Comment expliquer … Je me rappelle d'un temps où j'étais toujours en décalage. Petite, j'étais gaie, joviale, pleine de vie disait on à l'époque, mais à partir de 10-12 ans, j'ai commencé à m'ennuyer sérieusement, à ne plus trouver d'attrait à cette vie plate. Puis vint l'adolescence avec son lot de transformation physique et psychique… Pour ma famille j'étais toujours immature, fantasque, manquant de lucidité et à la même période, pour mes amies j'étais bien trop réfléchie et sérieuse. Ce n'était pas facile, d'autant que je savais que mes parents avaient tort. J'étais donc au collège, élue malgré moi, déléguée des élèves chaque année ou je trouvais une gratitude à défendre l'opprimé, opprimé que j'étais à mon tour de retour dans le cercle familial. Comment réussir à se construire ? La souffrance était là, bien présente, caractérisée par des somatisations, des angoisses. Angoisses qui ont envahi, mangé mon adolescence, gâché ma vie…Je me rappelle de mots destructeurs de ma grand-mère maternelle, que je ne valais rien que je n‘arriverai à rien… Mes lèvres ont toujours l'empreinte salée, des larmes qui ont noyées mon visage… Quelle incompréhension !!! Quel manque de tact !!! J'ai donc décidé de vivre en pensant aux autres avant moi, en me disant si eux sont heureux c'est bien. Et moi ? Je n'en valais pas la peine, Quand on naît vilain petit canard, quand on naît sans entrer dans les cases, celles dictées par la société, par la famille, on essaie par tous les moyens et malgré tout de s'y fourrer dans ces putains de cases !!! Alors je l'ai fait ! Pour rassurer, pour être "reconnue" … Un conseil : Ne jamais forcer quiconque à fortiori une personne "aimée ", à être ce qu'elle n'est pas au fond d‘elle, même pour se rassurer, même par amour. Les parents se cachent souvent derrière ce mot "amour" pour justifier leur propre peur de l‘inconnu. Et voilà comment on se retrouve un jour à avoir oublié ses rêves, pour la "bonne cause", mariée pour être reconnue, pour se rassurer, ou pour rassurer ses proches, mariée avec un jeune homme tendre, gentil, peu causant, mais qu‘importe, trop de bêtises avaient déjà été lancées à tort et à travers… Mais, je savais !!! Je savais que je faisais le mauvais choix, celui de la facilité apparente… Nous nous sommes construits ensemble, l'un avec l'autre, l'un vis-à-vis de l'autre, nous étions jeunes et d'éducation différente, gauche et droite… Il me procurait une certaine liberté… Enfin !! Je ne me sentais plus seule et surtout je me sentais aimé !!! La vie m'a très vite appris que l'on pouvait être "Seul ensemble" comme l'a écrit Jacques Salomé. J'ai de nouveau beaucoup pleuré de rage face à un comportement incompréhensif et dur, arraché, écartelé entre l'amour de mes enfants et celui d'un conjoint encore enfant qui me veut pour lui tout seul. Et, de rage en désespoir, au fil des années, on en oublie sa vraie nature, ses vraies envies… "Tu as changé" entendais je dire, "tu t'es calmée…" Améliorée ? Oui mais, je ne suis peut être plus moi même, vous les parents, vous êtes vous un instant posé cette question ? Mes enfants sont-ils heureux, épanouis dans leur vie d'adulte ? Ensuite, les frustrations engendrent rapidement des deux cotés, la tristesse, les reproches puis la haine. L'effet boule de neige, dont on a un mal fou à se dépêtrer… Et cette culpabilité qui me ronge, celle d'avoir su et de n'avoir rien fait pour éviter, d‘avoir manqué de courage, de volonté. D'avoir persisté, de continuer coûte que coûte. En vain…. Et c'est comme ça qu'à 40 ans, je sais enfin penser un peu plus à moi, prendre un peu plus de plaisir, oser afficher mes émotions, pleurer et rire et surtout se dire que la vie et l'amour sont comme une chaîne de montagne avec des vallées et des sommets, des hauts et des bas. Je me suis créée une autre vie en parallèle, où j'ai appris à me connaître, à m'aimer, à me blinder, à soigner mes blessures, sous des airs légers mais sincères d'amitié, de partage et de joie. La vie… J'ai beaucoup appris après avoir beaucoup douté de tout. A commencer par ne plus en vouloir à mes parents, me dire qu'ils ont cru bien faire que eux même ont une histoire et que chacun fait en fonction de ce qu'il a lui-même vécu… La vie est tout sauf cette image de platitude tant détestée enfant et dont le seul but était de nous préserver… Ne pas s'extasier pour ne pas tomber de haut, pour ne pas souffrir… Il faut au contraire toujours se dire que le principal est d'être en phase avec soi même de vivre selon ses convictions au risque de déplaire et surtout se sentir vivant, pleinement vivant. La plus grande bêtise est de ne pas avancer par peur de souffrir, et la plus grande désolation est à mes yeux, de préférer rêver sa vie de crainte de vivre ses rêves… J'ai depuis longtemps le sentiment de ne pas vivre ma vie, celle à laquelle j'aspire au plus profond de moi… Il n'y a en apparence aucun soucis, mais n'y a-et-il pas finalement la crainte de ne plus être soi, et de se perdre à tout jamais. Je le ressens parfois déjà quand je me transforme en fonction de ce que l'on attend de moi. J'ai souvent joué, sans savoir qui j‘étais réellement … Parfois je me dis, quitte tout, reprends à zéro ta vie, celle que tu souhaites. Vis suivant tes aspirations, vis tes envies et surtout sois en phase avec toi-même, cesse de tricher consciemment ou inconsciemment. Tu prônes la droiture et le respect et tu fais tout le contraire…. Jusqu'où vas-tu aller dans la déchéance ? Que vas-tu encore accepter pour te sentir "aimer" , exister, vivante ? Impose tes choix !!! J'ai pensé longtemps que mes peurs étaient liées à la mort, alors que finalement c'est tout simplement la peur de vivre …Peur de prendre les mauvaises décisions. Mais l'attentisme n'est il pas aussi un échec, une mauvaise décision en lui-même ? L'échec n'est rien, mais ne rien faire pour réussir est un échec en soi….Je ne peux continuer ainsi sans objectif réel, concret, tout mettre noir sur blanc, pour avancer et voir clair en moi, ne pas me détruire, ne pas mourir…arrêter les psychotropes, pris pour m'abrutir, pour éviter de penser, pour être plus facile à vivre pour mon entourage. Et moi dans tout ça ? Qu'ai-je envie ? Quels sont mes souhaits ? Par où commencer ? Dire déjà que je me sens à l'étroit dans ma vie, que je sais être capable de meilleur, que j'ai soif d'amour, de liberté, d'indépendance dans mon travail…. J'ai besoin d'admirer pour aimer, écouter et avancer…En fait, je me rend compte que tout ce que je souhaite c'est un amour partagé dans un respect mutuel, une attention, échanger, dialoguer, construire. Il faut savoir s'ouvrir, y croire, s'apprivoiser pour s'aimer et se désirer et surtout aller jusqu'au bout, ne jamais s'avouer vaincu. Un jour, je me suis prise à rêver éveillée, à imaginer ce que pourrait être ma vie… Mon atelier abriterait tous mes objets, mon matériel, mes peintures et toiles indispensable à ma créativité, je cultiverais les légumes, cuisinerais bio et serais en phase avec la nature, entourée d‘animaux, avancer suivant mes convictions, et aimer…Toujours ! Suite. Ce week-end, j'ai eu une révélation, mais en était ce vraiment une ? Non sans aucun doute, mais je pensais réussir à oublier le passé et être ouverte sur le présent et le futur ! Je me suis rendue réellement compte que j'aimais beaucoup Alexandre, mais que je ne l'aimais pas. Un couple d'amis est venu manger chez nous dimanche midi. Nous avons rencontré corinne sur le chemin de compostelle alors que notre couple était en pleine explosion, réflexion, reconstruction ? Elle était seule à l'époque et venait de se séparer de son deuxième mari… Le rêve pour moi il y a de nombreuses années, ce n'est plus le cas à présent. Devrais je dire que mon idéal de femme lorsque je me suis mariée était la tante de Alexandre qui était divorcée avec un enfant ? Mais cela est une autre histoire… Sans doute tout simplement admirè-je les femmes qui savent prendre des décisions dans leur vie pour un mieux être. Corinne a rencontré Eric il y a un peu moins de deux ans. Elle, je l'aimais déjà depuis le chemin, comme un coup de foudre d'amitié. Nous nous comprenons sans nous parler, nous avons la même ouverture d'esprit, la même sensibilité, nous ressentons, nous devinons, nous aimons créer… Eric a soixante ans, il est ouvert, a beaucoup d'idées, d'humour, un humour comme j'aime, fin et intelligent, étonnant, entreprenant, un rêve d'homme pour moi. Alexandre n'est pas épanouie, il me l'a dit mais ne sait soi disant pas pourquoi. Mais il a toujours plus ou moins été ainsi et depuis peu, je me rends compte que je m'en suis toujours sentie responsable, comme si je m'en voulais de ne pas l'avoir aimer comme il le méritait. Comme si je ne savais pas aimer, comme si je l'avais trahi d'un manque d'amour dès le début de notre relation. Alors que le problème est peut être ailleurs. Maintenant, il faut que j'assume ! Assumer a été le maître mot de mon éducation, de notre éducation à mon frère, ma soeur et moi. Et j'ai de ce fait toujours assumé mes choix quitte à en souffrir. Une souffrance toute relative car avec Alexandre, j'ai toujours été libre de faire ce que je voulais, en restant dans le raisonnable, il ne m'a par exemple jamais forcé à travailler. Mais n'était ce pas tout simplement pour que je sois plus présente à la maison à gérer le quotidien ? Que je peux être cynique parfois… Il a toujours dit souhaiter me voir heureuse, quelle culpabilité pour moi de ne pas réussir. Quelle chance j'ai d'avoir épousé un homme qui veut mon bonheur… Il me semble mettre là le doigt sur un point important. Comment en effet ne pas m'en vouloir de ne pas réussir à être heureuse alors que je peux faire ce que je veux de ma vie, en restant avec Alexandre tout de même, il ne faut pas abuser quand même ? Et lui ? Ne se déculpabilise t'il pas en se disant si elle n'arrive pas à connaître le bonheur, ce n'est pas à cause de moi car je lui laisse la liberté qu'elle souhaite ? Je me suis souvent dit que je faisais toujours le mauvais choix. S'il fallait tourner à gauche je tournais à droite etc… Tout le monde le sait, je n'ai aucun sens de l'orientation… J'ai rencontré Alexandre au cours d'une année qui a été douloureuse pour moi, hormis le fait que j'étais toujours très mal dans ma peau, grosse, moche et bête, le classique, j'ai perdu mon grand père, et là ce fût un choc pour moi, la première mort qui touche et qui fait souffrir les gens que j'aime, ma mère en particulier. Je me rappellerai toujours ce jour où mon grand père respirait très difficilement, où il ne fallait pas le laisser seul une minute au cas où ! Il rallait, j'avais 20 ans et était très angoissée de ce qui arrivait. Il est mort ce jour là, peu de temps après que je sois partie. J 'ai alors fait un rejet (court) de ma mère, elle n'a pas compris que je ne voulais pas la voir malheureuse. Ma mère ne m'a jamais prise dans ses bras, pas plus ce jour là qu'un autre, pourtant elle m'aime j'en suis certaine. J'ai pleuré pleuré dans les bras de ma marraine, de ma meilleure amie. Voir mon grand père sur son lit de mort était au dessus de mes forces, je m'en suis beaucoup voulu d'avoir 20 ans et de ne pas réussir, et j'ai redoublé de pleurs… Cette année là, en en 1986, était l'année de mon bac que j'ai raté également… J'ai pleuré, pleuré… Un médecin m'a prescrit des anti dépresseurs et je suis partie en vacances avec ma marraine, mon oncle et mes jeunes cousins. Premières vacances où euphorique, j'ai commencé à être heureuse et légère, même si tout cela était facilité par les petites pilules roses. J'ai commencé à boire aussi, à sortir, faire la fête ! Je suis rentrée de ces vacances, le coeur léger, j'ai continué les sorties, la boisson durant ces quelques mois d'euphorie. Je buvais dans le but précis de perdre un peu la raison, me laisser aller sans réfléchir… J'ai rencontré Alexandre un jour où nous avions tous les deux beaucoup bu. Trois mois après nous vivions ensemble et un an jour pour jour après notre rencontre, nous nous sommes mariés. Il me semble avoir peur de ne plus être aimé, Nous avons (j'ai) réglé notre cérémonie de mariage comme un partition de musique, sans fausse note, tout était prévu, tout était écrit. Une phrase du prêtre à la sortie de l'église, raisonne encore en moi aujourd'hui, " on dirait que tu as fait ça toute ta vie " Après réflexion je me dis que cela fait peur, pas de place alors pour les émotions inopinées ou non, celles qui devraient surgir à ce moment là où par amour nous nous lions à une personne pour la vie. Nous avons vécu quatre ans ensemble avant la naissance de Ronan, années par trop malheureuse sans être épanouissantes, rien d'éclatant. Beaucoup de pleurs, beaucoup de fatigue de part le travail, une dévalorisation totale, je me sentais plus bas que terre de travailler dans des serres de tomates… Pour moi le bonheur a commencé le jour de la naissance de Ronan, enfin j'avais un enfant, mon voeux le plus cher depuis ma plus tendre enfance. Il était beau, calme, ne pleurait jamais, il était toujours content. Nous étions tellement fiers de lui ! Nous avons vécu des moments de bonheur, mais les disputes ont continuées de plus en plus vives. Au 18 mois de Ronan, nous sommes partis tous les trois en vacances en auvergne en disant à mon mari que si le séjour se passait mal, nous divorcerions, car j'en avais vraiment marre de n'être jamais totalement apaisée, d'avoir toujours cette impression désagréable de marcher sur des oeufs et de prendre Alexandre avec des pincettes, pour ne pas qu'il réagisse mal. L'auvergne reste un bon souvenir et nous sommes toujours ensemble. Alexandre a accepté d'avoir un deuxième enfant, mais je suis tombée enceinte un peu trop tôt pour lui. A partir du jour où j'ai annoncé à Alexandre que j'étais enceinte, il m'a fait payé ce qu'il a toujours considéré comme une trahison. Ce n'est évidemment qu'une supposition liée à son comportement. Pourquoi une trahison ? Parce qu'il rentrait de deux mois de mer et que je lui avais dit lorsque nous avons eu " un rapport " qu'il ne risquait rien. Il ne risquait rien !! Etait ce donc un risque ? Si j'étais tomber enceinte après les sports d'hiver prévu depuis quelques temps, notre vie aurait peut être pris un autre tournent. C'est vrai, comment puis je oser tomber enceinte avant les sports d'hiver ? Nous sommes partis malgré tout, mais avec la recommandation du médecin de ne pas skier. Ce bébé lui gâchait déjà sa vie ! Ma grossesse ne s'est pas très bien passée dans la mesure ou il a beaucoup fallu que je me repose, les tensions entre Alexandre et moi était bien présentes à telle point que je m'étais dit dans mon for intérieur que si je le perdais, je n'en aurais pas d'autres. Une mauvaise relation peut faire venir de mauvaises pensées. Lorsque Dorine est née, Alexandre était sur Toulon en formation, je l'ai prévenu de la naissance par téléphone, car il ne pouvait pas être présent. Ma soeur a assisté à l'accouchement, formidable moment, où est une née une petite crevette prénommée Dorine. Alex est venu en vacances à la toussaint et a été très pressé et bien content de repartir sur Toulon (Ce sont ces mots) car Dorine était trop chiante (elle pleurait beaucoup). Alex, du plus loin dont je me souvienne, à toujours été plus dur avec Dorine qu' avec Ronan, à tel point que je me suis demandée s'il n'avait pas de problème avec les femmes, les filles. Il a toujours été si fier de son fils !! Si dur qu'elle faisait pipi dans sa culotte, lorsque petite, elle le voyait arriver, si dur qu'elle n'a pas accepté d'être prise dans les bras de son père avant ses 18 mois. En contrepartie, elle ne supportait pas que je m'éloigne d'elle d'un iota, elle a été mon bourreau inconscient pendant longtemps. J'ai pourtant mis du temps à m'attacher à elle à ma sortie de la maternité, j'étais très fatiguée et heureusement que mes parents étaient présent à ce moment là car je me suis faite opérer d'un kyste infecté, sur le dos et j'avais des soins tous les jours avec l'infirmière. Je vivais chez mes parents, mon mari n'était toujours pas là et rentrait très peu. Elle pleurait nuit et jour… J'étais trop fatiguée pour relativiser. La suite de notre vie a été égale à elle même, mais j'étais heureuse avec mes enfants. Quand Alexandre est revenu de Toulon, nous avons réintégré notre appartement, nous dormions dans le salon pour laisser les chambres aux enfants. J'étais écartelée entre mon rôle d'épouse et mon rôle de mère. Dorine pleurait toujours énormément, tous les soirs plusieurs heures durant et je la laissais pleurer, hurler sans aller la voir alors que j'en mourais d'envie, mais le regard réprobateur de Alexandre m'en dissuadait. J'étais malheureuse comme les pierres, d'autant que lui ne s'en occupait jamais. C'est trop chiant les bébés, il était par contre toujours en admiration envers Ronan qui était un peu perdu dans tous ces cris et ces changements, il n'avait que 3 ans. Mais il fallait néanmoins que je continue à avoir envie de Alexandre, à assouvir ses instincts, à jouer mon rôle d'épouse… C'était impossible pour moi, cela me donnait l'impression qu'il ne voulait que le bon coté de tout, pas de fille mais une femme aimante. Les tensions étaient palpables, mais nous avons tenus cahin caha… La deuxième fois que nous sommes allés au sport d'hiver, Dorine n'avait malheureusement que 17 mois, alors qu'il en fallait 18 pour être acceptée à la garderie de la maison familiale. Alexandre a falsifié sa date de naissance en remplissant le dossier d'inscription pour qu'elle soit accueillie malgré tout. Je n'ai pas approuvé mais n'ai rien dit pour ne pas gâcher une nouvelle fois ses vacances. La responsable de la garderie s'est rendue compte de la supercherie et n'a plus accepté Dorine, ce qui était normal à mes yeux. Comme Alexandre souhaitait skier plus que tout, avec moi, il a suggéré de la laisser dans son lit avec la chambre fermée à clef… Pour ne pas créer de tensions supplémentaires, j'ai accepté de nouveau !! Quand j'écris je me fais froid dans le dos ! Qu'avais je à me faire pardonner pour tout accepter ainsi ? Mon caractère difficile ? On peut bien imaginer l'état d'esprit dans lequel une mère déchirée peut être… Nous nous sommes tellement disputé pendant cette semaine là que nous l'avons écourté et sommes rentrés chez nous. Deuxième vacances gâchées ! Je me rappelle d'un jour… Alors que nous étions en vacances chez des amis à coté de Montpellier, nous avons assisté à un jeu de Taureau, comme il y en a beaucoup dans la région, je ne me rappelle plus le nom. Les enfants était petits, Ronan devait avoir 6 ans et Dorine 3. Nous nous sommes approchés des barrières, ce qui est déconseillé mais nous ne le savions pas à l'époque. A un moment le taureau a sauté par dessus les barrières, Il a fallu agir vite, j'ai pris Dorine sous le bras et ai sauté dans l'arène, j'avais vu Ronan et sa copine faire de même. Grosse panique, le taureau nous a évité de peu, nous avons ressauté les barrières en même temps que lui en sens inverse, Ronan et Mailys avaient fait comme Dorine et moi. Ouf quelle frayeur ! Tiens mais au fait, où était Alexandre pendant ces cabrioles, il était pourtant à coté au début ? Et bien, Alexandre avait pris ses jambes à son cou et était parti s'accrocher aux gratins, bien en hauteur, sans se soucier de nous un instant. Je l'ai vu tel qu'il était et ai très choquée de son comportement. Il m'a parlé d'instinct… Sans commentaire ! Je pourrais en raconter des histoires semblables durant nos 24 ans de vie communes… J'ai décidé en venant vivre ici (en isére) avec lui de retenter notre chance et donc j'ai occulté notre passé avec en croyant en un avenir commun épanouissant. Je n'arrive pas à oublier car son comportement d'aujourd'hui est et sera toujours ainsi ! Bien sûr, nous avons changé, mais les fondements sont les mêmes. Alors que faire ? Je me suis mise à la course à pied, à la marche pour lui faire plaisir car il aime beaucoup les gens qui se dépassent. Mais pour l'instant, je bois pour oublier, par lassitude, par fainéantise, parce que à quoi bon ? Je vais lui dire que je le quitte là maintenant ? Le faire souffrir, le faire pleurer ? Une fois sur le chemin, nous sommes allées dans une chapelle, comme souvent, mais là, il a entendu une voix qui lui a dit " quitte là " . Il ne l'a pas fait, et aurait sans doute dû ! Il ne m'en a pas non plus parlé tout de suite tant il était choqué. En y réfléchissant, je me dis que ayant toujours eu une mauvaise image de moi, du fait des commentaires entendus à mon égard, je ne pouvais que me sentir honorée qu'un beau jeune homme s'intéresse à moi, j'allais dire enfin ! Quand j'ai rencontré mon mari j'étais donc dans ma période alcool-sortie-anti-dépresseurs et je me suis rendue compte que je plaisais un peu. Mon plaisir était vraiment de plaire, et si je pouvais embrasser une personne de la gente masculine par week end, je le faisais, d'un commun accord bien sûr. J'ai rencontré un jeune homme Bertrand dont je suis tombée amoureuse, lorsqu'il m'embrassait, mon ventre avait envie de l'aspirer. Il a eu également des sentiments pour moi, m'a dit que j'aurais dû lui dire avant, et a choisi de rester avec sa copine de l'époque. Je suis sortie avec Alexandre dans la foulée, mais je n'ai jamais rien ressenti de tel de toute ma vie avec lui. Un jour j'ai embrassé Bertrand devant lui, il était de nouveau avec moi le lendemain. Je n'ai pas décidé de vivre avec Alexandre, cela s'est fait comme ça. Je travaillais, un travail super prenant et enrichissant à souhait, dans une serre de tomates, lorsque j'ai décidé de quitter la maison pour vivre ma vie. Je comptais dans un premier temps vivre dans une chambre que louait ma grand mère maternelle sur brest, Alexandre a décidé de venir aussi, tout simplement. Je n'ai jamais caché à Alex mon attirance pour Bertrand et mon admiration pour mon père, il est resté avec moi malgré cela. Après réflexion, je n'y comprends rien. Je me sens coupable de tout, mais finalement, je ne l'ai jamais obligé de rester avec moi ! En fait, vous avez compris j'essaie de me déculpabiliser car tout cela est trop lourd à porter. Je ne l'ai jamais désiré, je n'ai jamais faire l'amour avec lui et ce du plus loin dont je me rappelle. L'amour était toujours vite fait et cela m'allait bien. Je n'ai donc jamais pris de plaisir non plus à. Faire l'amour avec lui. Je me punissais de quoi ? Et par la même je le punissais aussi, alors qu'il n'avait rien demandé… Quelle vie gâchée en définitive ! Finalement, je me rends compte que je n'ai jamais su ce que je devais où non accepter, tant dans les actes, que dans les paroles et je pense que tout cela est dû à un manque de confiance en moi, sinon à quoi d'autres ? Au début de notre mariage et lorsque que les enfants étaient petits, où même lorsque j'étais enceinte, Christophe, après nos disputes ou nos discussions trop animées et dérangeantes pour lui, partait " prendre l'air " en moto et me laissait inquiète et ou en larmes de culpabilité, aurais je dû me rebeller ? Au contraire, dans un premier temps, j'essayais de ne plus provoquer de telles actions, ensuite et car les disputes et désaccords ont continué malgré tout, je le regardais partir… Parfois, je me disais même que s'il mourrait, cela ne me toucherait pas. Cela a cessé un jour où alors qu'il partait pour la nième fois, il m'a entendu rire avec les enfants et s'est sans doute rendu compte que je n'étais plus touchée car il a arrêté de fuir la maison. Nous avions l'un envers l'autre des excès de colère, qui l'a mené à me menacer avec la table de salon me criant d'aller tout de suite me coucher, ou alors pliant et casant l'ombrelle de la poussette lorsque Ronan était petit, en la jetant ensuite dans le fossé, de rage. J'ai souvent eu peur de ses réactions car il garde tout en lui jusqu'au jour où ! Ma soeur m'a dit avoir également peur de le contrarier, avoir peur de lui. Il n'a jamais été réellement violent, juste tapé lui même dans le mur, sur la table. Là encore, je me disais que c'était de ma faute car j'avais certainement provoqué ces actes par mon comportement. En ce début de semaine, je trouvais Alexandre taciturne et mélancolique, je lui ai demandé ce qu'il avait et si cela avait à voir avec moi. Que néni ! Seul son travail le perturbe, l'empêche de dormir etc… En creusant un peu avec lui, il finit par me dire que nous ne faisons plus rien ensemble, que je passe mon temps avec Dorine, et qu'il a souvent l'impression de déranger. Je lui ai fait remarquer qu'il pouvait nous accompagner. Dans un premier temps qui peut durer longtemps si tu ne franchis pas le pas du dialogue, Alex ne reproche rien verbalement, il faut lire dans ses yeux, dans ses actes, ses reproches, ses colères… et dieu sait qu'il en a. Après les reproches habituels de qui fait quoi, je lui ai demandé pourquoi il ne restait plus au lit avec moi le matin, il m'a répondu qu'il n'en avait plus envie. C'était clair ! Et ce, depuis mon arrivée ici cet été, car j'avais eu le malheur de ne pas réagir comme il l'aurait souhaité. J'allais dire " piquer une crise "… Il faut dire que j'avais fait le déménagement toute seule et lui qui n'a pas été fichu de ranger dans les cartons " son " garage, ne comprenait pas que je sois fatiguée, il ne comprenait pas que j'avais du mal à changer de région etc… Juste une question, est ce normal que personne ne lui manque jamais, à part moi lorsque je suis en Bretagne ? Est ce normal qu'il ne donne jamais de nouvelles à ses parents ? A Ronan ? Depuis donc, il m'en veut ! Mais je pense que c'est un leurre, une excuse à lui pour ne pas avouer la vrai raison. Je me suis levée de table en larmes en lui disant que tout était clair, que nous nous étions trompés, que nous n'avions plus rien à faire ensemble et que je le quittais ! J'ai pleuré et pleuré de vrai tristesse, de tout ce gâchis, de tous ces espoirs vains… Il a tenté de me calmer, il m'aimait même s'il n'arrivait pas à me le montrer. Nous avons déjà été heureux ensemble, c'était donc possible, il fallait garder espoir ! Et depuis, il est de nouveau attentionné et tendre, mais jusqu'à quand ? Dorine, elle a pitié de son père… Je pensais que j'allais mieux, dans la forme sans aucun doute, je ne suis plus déprimée et arrive même à trouver la vie belle parfois et surtout à être heureuse au réveil, ce qui était de plus en plus rare. Alors tout va bien, me direz vous ? Oui si ce n'est cette énergie qui tourne rapidement en agressivité, surtout envers mon entourage proche, Qu'en penser ? Que je suis une nerveuse ? Certe, cela n'est pas nouveau, mais j'arrive néanmoins à être calme lorsque je suis seule sans contrainte et stress extérieur, Je n'arrive donc pas à faire la part des choses, à relativiser, à lacher prise, Quels sont mes reproches les plus courants ? De ne pas bien faire les choses, de ne pas aller assez vite, de me faire perdre mon temps, mes faire attendre etc,,, J'ai du mal à faire confiance dans le quotidien, et surtout si je suis pas loin, J'ai du mal à ce que l'on ne m'écoute lorsque je propose une idée, une façon de faire, car j'estime avoir bien réfléchi avant de proposer, Je trouve souvent que les gens sont peu réfléchis, Il s'avère que j'ai souvent raison, parfois j'aimerais que non, On pourrait croire que je veux toute régenter et contrôler mais ce n'est pas le cas, j'aimerais vraiment que Alexandre par exemple s'occupe également de la paprasserie par exemple, mais il ne l'a jamais fait, Je suis une e. Mais qu'est ce qui m'empêche d'aller au bout de mes idées, mes envies ? J'ai vraiment l'impression de passer à coté de ma vie, d'être une adolescente en pleine recherche, qui suis je ? Ou vais vais je ? Paradoxalement, d'être vieille avant d'avoir été jeune, Semaine spéciale, avec un passage chez le psy dérangeant, une envie incessante de manger, Dans une autre vie… Il faut à présent arrêter de rêver ! Ose et tu réussiras !!
  Lire la suite de la discussion sur psychologies.com


254960
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Mon chien peut-il ressentir ma grossesse? - chiens

image

Je ne l'ai pas vécu personnellement mais : j'ai eu un chien il y a quelques années qui ne pouvait pas supporter la présence de la copine de mon frère. A un point que, quand elle venait, elle devait nous prévenir avant pour que nous ayons le...Lire la suite

Aspiration - fausse couche

image

Bonjour, J'aimerai partager mon histoire parce que j'ai besoin d'en parler et si il y a des femmes qui ont étaient dans le même cas que moi merci de m'apporter vos témoignages !! J'ai mis plus d'1 an et demi à tomber enceinte, j'ai consulter...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages