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Reconnaissance de l'enfant mort né

Témoignage d'internaute trouvé sur france5 - 27/10/10 | Mis en ligne le 30/04/12
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Lettre à mon ex-gynécologue. Première partie le 3 octobre 1981. Le 3 octobre 1981, j'ai accouché à l'hôpital Brugmann à Bruxelles d'un petit garçon né sans-vie à 37 semaines de grossesse et dont le poids était de 2 kilos 800gr. Je suis venue vous dire aujourd'hui, ce 21 septembre 2010 tout ce que j'ai eu sur le coeur et encore maintenant. Non seulement à propos de la perte de ce petit Adrien mais surtout sur l'absence totale d'accompagnement empathique de votre part et de celle de l'équipe soignante. Je m'en suis beaucoup voulu avec le recul de m'être laissée traiter ainsi. Cette première grossesse fut suivie normalement avec consultation régulières, prises de sang et échographies. Le dernier examen échographique anténatal a eu lieu à l'hôpital Brugmann le 22 septembre 1981, soit 10 jours avant "la grossesse morte" . On y constatait une hypotrophie foetale avec un P20 souligné d'un point d'exclamation pour les mesures de l'abdomen et du thorax. Si l'on compare ces mesures avec celles de l'échographie précédente on constate que les mesures du bébé sont moins bonnes : il "rapetisse" ,… curieux en fin de grossesse ! Moi, je n'ai pas pris un gramme pendant le dernier mois de grossesse ! Cet examen s'est déroulé en présence de deux personnes qui entre les informations qu'elles me donnaient sur mon bébé discutaient entre elles de leurs congés, de leur jours de récupération et des problèmes avec les autres collègues. Mais on me disait que tout allait bien… Passer un tel examen pour une future naissance est tout à fait inadmissible. - Aucune suite dans les jours qui suivent n'est donnée à l'hypotrophie foetale constatée… J'étais un peu inquiète car il me semblait que je sentais moins bouger ce bébé. L'échographiste me rassure en expliquant que maintenant il prend beaucoup plus de place et a donc moins d'espace pour bouger. - Après cet échographie vient le jour de la consultation à votre cabinet privé. Vous constatez les résultats et vous me dites : "Ah ce sera un petit bébé" . Je vous signale à nouveau mon inquiétude : je le sens moins bouger. - A ce jour aucune intervention de votre part. - Le mercredi après midi suivant je vous téléphone à partir de mon domicile pour vous signaler que je suis de plus en plus inquiète. Vous me reconvoquez pour une prise de sang effectuée le 30 septembre 1981 (date du protocole le 1er octobre 1981 à 17h45). Le médecin du Labo constate par écrit dans un courrier qu'il vous envoie qu'il y a une très nette pathologie du taux d'oestradiol pour l'âge de la grossesse et il suggère encore un examen complémentaire pour confirmer… ! Ça c'est le diagnostic non éclairé du docteur G d'un laboratoire de Wauthier-Braine qui n'existe plus actuellement. Pourquoi le responsable du laboratoire ne vous a-t-il pas prévenu rapidement par téléphone ? Par la suite, quand vous, madame J. Avez reçu ce courrier en date du 3 octobre au matin, mon petit Adrien était mort. A mon chevet à l'hôpital vous m'avez dit qu'il aurait fallu aller plus vite et que c'était dommage que la laboratoire ne vous avait pas prévenue. Le 2 octobre 1981 vous me proposez d'entrer à l'hôpital pour faire une échographie "de contrôle" . Sur le dossier médical maintenant en ma possession il est bizarre d'y lire que cet examen est motivé par une suspicion de grossesse morte. Pourquoi ne m'a-t-on pas fait entrer plus rapidement à l'hôpital et pourquoi ne pas m'avoir prévenue la veille au moins, avant ce dernier examen ? Le vendredi 2 octobre vers 10 heures l'infirmière qui réalise cette échographie, prise de panique me laisse seule avec tout le gel dégoulinant sur mon ventre, revient, repart à la recherche d'un médecin parce qu'il y a un problème. Et c'est vous qui débarquez dans ma chambre. Vous recommencez l'examen toujours sans un mot. Vous me demandez de vous suivre. S'en suit une course dans les couloirs de l'hôpital et vous m'asseyez dans une autre salle d'examen. Je dois me déshabiller et on me fait entrer dans une salle en présence de cinq jeunes stagiaires et du docteur gynécologue D. Pas bonjour… personne ne s'adresse à moi. – colloque "inter spécialistes" . Pendant tout ce temps mon époux ignorant de ce qui se passait s'occupait des démarches administratives pour mon admission à l'hôpital. Je sens, et je me rends compte qu'il doit y avoir un problème…peut être vais-je devoir accoucher un peu prématurément. Après m'être rhabillée je me retrouve avec vous dans le couloir et c'est moi qui finalement vous demande s'il est mort. Vous ne me répondez pas "oui" mais par une espèce de périphrase : "il y a probablement un problème de…" Je ne comprend pas le reste. On me laisse repartir chez moi chercher ma valise. De retour à Brugmann à 12h commence le travail par voies naturelles. Pendant l'après midi l'infirmière qui venait dans ma chambre m'a parlé longuement de la théorie de Darwin : "les moutons les plus faibles périssent" . Vous aviez disparu ! Pas un mot d'humanité envers moi ni envers mon époux. En fin d'après midi, j'ai pensé que j'allais accoucher d'un monstre "mi-mouton, mi-humain" ce qui l'aurait rendu non viable. Il y a, madame J, une confusion lourde et un mal-être psychologique total quand les mots clairs et appropriés ne sont pas prononcés. En tant que future maman, puisque personne ne m'a dit que l'enfant est mort…j'espère qu'il y a une petite chance qu'il naisse un peu vivant. Au moment de la naissance du petit Adrien, on me recouche. Je ne l'ai donc pas vu… juste un peu de cheveux noirs et mon époux ne pouvait pas être présent. Dans l'ascenseur qui me ramène dans ma chambre une vieille kinésithérapeute m'interpelle : "Et alors qu'est ce qu'on a fait ? " Le lendemain matin, le 3 octobre était un samedi. En matinée, visite surréaliste d'un interne, le docteur A qui me pose des questions du genre" aviez vous des allergies, les antécédents de mon époux, quel genre de vie ai-je, est ce que je fais du sport, est-ce que je tricote ? " Pas un seul mot concernant le décès d'Adrien. Le lundi matin on m'a amené faire de la "gym" avec des vieilles dames. A midi, j'ai fait ma valise et j'ai dis que je rentrais chez moi. Mes deux autres enfants, une fille d'abord et puis un garçon sont né à Brugmann en 1983 et 1986, et vous êtes restée ma gynéco ! Vous êtes arrivée pour les "réceptionner" . Il fallait que j'arrête de "pousser" pour vous attendre ! J'avais très peur en changeant de médecin et d'hôpital qu'on passe encore à côté de ce qu'il fallait faire. Il est clair que si ce manque de vigilance se représentait je demanderais des comptes… et pas qu'un peu ! Il y a 3 ans, Madame J, Je suis allée au cimetière de Jette à l'endroit où sont enterrés les petits. En 1981, je n'ai pas accompagné le petit Adrien comme si je ne voulais pas croire en son décès, comme si ce n'était pas moi. En fait, j'étais dans la mouvance induite par l'équipe hospitalière… ne pas en parler, ne rien dire, expulser non pas un petit homme mais un déchet. "Vous en êtes débarrassée" m'avez-vous dit à 2h du matin, de ce 3 octobre. Il y a trois mois en juin 2010, j'ai demandé et obtenue tout mon dossier médical tenu à l'hôpital. J'ai récupéré quelque chose et j'ai pu refaire toute la chronologie de cette "grossesse morte" . Manque le dossier d'autopsie que je viens de réclamer. Il faut tout me rendre ! Il est à remarquer que pendant les 20 années suivantes je suis venue chez vous madame J'en consultation gynéco. Il y a une dizaine d'année j'allais également, chaque année, consulter un médecin gynéco et sénologue pour les examens de dépistage. J'allais chez lui pour le "haut" et chez vous le "bas" . Ce sénologue m'a posé la question de savoir pourquoi ne pas faire tous les examens chez lui. Là je me suis dit que j'attendrais toujours de vous madame J, qu'enfin vous me demanderiez comment j'allais" . Jamais vous n'avez été capable d'un minimum d'empathie autour de cette catastrophe que mon époux et moi avons vécu ! Bien sur et il était temps, j'ai enfin fait le bon choix de me faire suivre par le docteur C gynéco et sénologue. Souvent, je suis sortie de votre consultation bien triste, surtout avant d'avoir mes deux autres enfants, parce que vous laissiez sur l'écran d'échographie l'image d'un petit foetus… celui de la consultante précédente. Ça fait mal quand on vient de perdre un bébé et qu'on ne sait pas si soi-même on pourra avoir d'autres enfants. En plus, Madame J, c'est un irrespect total pour la patiente précédente et pour la suivante. A la lecture d'un rapport qui vous est adressé par les docteurs D. Et H., lors de ma sortie d'hôpital le 5 octobre 1981, il y a à rire (jaune) et à pleurer. "Votre patiente a quitté la maternité le 5/10/1981 avec comme traitement 2 comprimés de Parlodel, 3x5 gouttes de méthergine, 1 comprimé de fer et des vitamines. Ça c'est un accompagnement ! … de nuls ! C'est mon médecin traitant de l'époque le docteur D qui a pu m'écouter et me donner un petit quelque chose pour dormir et qui m'a également transmis et expliquer les résultats des examens d'autopsie. Deuxième partie : le 20 septembre 2010 à 9h. Pour certaines raisons dont le décès d'Adrien dans un décor sans parole j'ai entrepris il y a plusieurs années déjà un travail personnel, accompagné par deux personnes humaines et compétentes. A divers intervalles de temps remontait à la surface ce traumatisme, la peur aussi de perdre un de mes enfants, et surtout mon 2ème fils. Finalement j'ai pris la résolution d'aller vous revoir, pour vous dire tout ce que je pensais de ce "non-accompagnement" autour de la mort de mon enfant. Le mardi 20 septembre 2010 je suis venue vous voir. Votre "accueil" est déjà refroidissant, vous ne me tendez pas la main et avant que j'ai eu le temps d'enlever ma veste vous me dites qu'il s'agit donc d'un examen de routine. Vous m'avez toujours un peu impressionnée mais là je vous trouve "mochie" Je vous explique la raison de ma visite et commence à vous dire et en partie pour être sûre de tout dire, de lire ce que j'étais préparé (1ère partie de cette lettre). Votre malaise est palpable…Vous m'interrompez toutes les 15 secondes en disant que vous allez rectifiez…continuer mais je vais rectifiez… -En fait, vous n'allez rien rectifier du tout. - Pourquoi disparaissez-vous tout à coup penchée derrière les tiroirs de votre bureau. Je continue à dire par peur que vous ne m'interrompiez définitivement. J'évoque le fameux docteur L qui me reçoit avec son groupe de stagiaires. Vous en dites : "Oh non vous savez il est très humain… mais il le cache bien !! " ?!! Quelques secondes plus tard vous me direz… "C'est vrai que parfois il est très froid" - Vous osez rire quand je vous parle de cette vieille kiné qui m'a demandé ce que j'avais fait : "c'est vrai… elle était très particulière" (rires ! ). - Vous me dites à plusieurs reprises que vous ne vous souvenez plus de ce que vous m'avez dit il y a 30 ans ! Ne vous tracassez pas, madame, puisque vous ne m'avez rien dit ! Vous tenez une explication sur les médecins de l'époque. Selon vous l'interne, sûrement très jeune (non) venu me voir avec son questionnaire débile "ne pouvait en aucune façon (sic) me parler ! Non non il ne pouvait pas il pouvait examiner l'utérus mais rien de plus ! " - Je m'étonne : "il ne pouvait pas me dire un mot" reposez-vous …etc…" - Vous persistez : "non, les médecins à l'époque ne pouvaient allez dans ce sens" - Je m'inquiète : "Vous voulez dire que les médecins étaient robotisés ? " - Vous : "Oui, en quelque sorte, la médecine à l'époque voulait cela ! " - Moi : "Mais vous n'êtes quand même pas toute la médecine, vous étiez ma gynéco et ma référence ! " Tout ce "dialogue si l'on peut l'appeler ainsi a duré 10 minutes et était parsemé de beaucoup de silences et d'un malaise de votre part. J'en prends notes. A la fin lasse et écoeurée de vous retrouver après 30 ans aussi peu évoluée (psychiquement) j'ai repris tous les papiers. J'ai aussi beaucoup de colère en me rendant compte qu'il existe des "soignants" de votre espèce. J'espère que vous allez vous en sortir m'avez-vous dit sans me dire au revoir ni me tendre la main. Moi ça va aller malgré ce deuil tardif. Mais vous allez vous en rester là ? La mort fait partie de la vie. Je ne demande pas au médecin de l'empêcher à chaque fois. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Mais en cas de faute par négligence, j'exige maintenant un peu d'humilité et une marque humaine. Malheureusement votre recyclage dans un traitement par injection "de froid" sous la peau ne va pas dans le sens d'une sensibilité à la chaleur des rapports humains. Ça rappelle aussi l'empathie médicale. Au fond, maintenant, je me fiche de vous, de votre attitude froide et hautaine. Je m'interdis d'avoir une seule pensée envers vous. Vous êtes rayée de la carte. Allez au diable, Madame J. Et même beaucoup plus loin si possible. Béatrice Philippe.
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248876
b
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