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Couple et grossesse pathologique…

Témoignage d'internaute trouvé sur france5 - 25/03/11 | Mis en ligne le 12/04/12
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Bonjour, Je n'ai pas trouvé beaucoup de témoignages sur le vécu des grossesses pathologiques. En fait je me sens bien seule et j'aimerai bien pouvoir partager ce vécu douloureux. La plupart du temps quand on tape "grossesse pathologique" sur internet, on trouve tout sur les raisons d'être inquiets ou pas, tous les aspects médicaux mais pas beaucoup de témoignage sur les difficultés qui se posent alors au niveau affectif et psychologique. La grossesse n'est pas une maladie, on nous le rabâche sans arrêt et on le sait toutes, mais où est notre place, quel est le sens, comment comprendre cet état qui dure des mois et qui fait qu'on n'est plus qu'attente, un ventre même pas sur pattes… Lorsque l'on est hospitalisées, paradoxalement, c'est parfois plus facile à vivre au niveau émotionnel car là au moins, on est assimilées à des malades. Faute de mieux, ça donne un semblant d'identité…… mais quand on est à la maison, bien contente d'être rentrée (quand on peut rentrer) , à la maison mais alitée en HAD, à la maison mais sans plus de vie sociale, sans pouvoir sortir, sans pouvoir rien faire, comment rester femme pour notre homme et pour nous-même, et même tout simplement comment rester soi-même ? Comment, même s'il fait toutes les tâches ménagères (si si ça existe, surtout quand ils n'ont pas le choix) ne pas lui demander "trop" au niveau affectif ? Comment ne pas s'étouffer l'un l'autre ? Comment arriver à parler d'autre chose que de ce qui tourne autour de ce ventre pénible ? Et bien sûr, surtout et aussi, comment maintenir le désir ? Bref comment ne pas se sentir seulement "un ventre"? Les difficultés que toutes les grossesses posent au couple sont décuplées voire plus en cas de grossesse pathologique. Dans mon cas c'est particulièrement difficile du fait que j'ai honte de me plaindre alors que ce bébé a été très désiré et nous a été donné comme un miracle après un diagnostic de péri-ménopause précoce posé enfin après 8 ans de galères et 5 fausses couches avec curetage. C'est dur alors de s'écouter et de s'autoriser à exprimer ce manque dû à la grossesse pathologique alors qu'on se dit sans arrêt que ce n'est rien, un moindre mal, qu'il faut garder patience et que ça va passer. Personnellement je me sens assez frustrée, et assez peu comprise de mon mari qui fait pourtant ce qu'il peut. Je suis consciente de lui demander énormément, et u'il est un peu mon seul horizon, mon seul "monde extérieur". J'ai l'impression d'avoir une autre vie qu'avant, sans aucun rapport, et je n'arrive même plus à penser à mes activités, à mes plaisirs, à ce qui me tient, normalement, à coeur, ni à me projeter dans rien. J'ai un besoin énorme d'être rassurée et surtout d'être désirée par mon homme, bref de me sentir femme, vivante, valorisée, et pas seulement maman en attente. Mais lui il est crevé, il n'en peux plus de tout assumer, et je le comprends tellement bien aussi. Le temps passe d'une drôle de façon, comme s'il était sans contenu… Et quand j'essaye de dire cela à mes amis, on me répond que forcément, le contenu c'est le bébé. Évidemment… Mai ce n'est pas parce qu'on est mère et heureuse de l'être, ce n'est pas parce qu'on l'a voulu, qu'on peut ou qu'on doit accepter d'être réduite à ce rôle et de n'être plus rien d'autre !!!! (Quelle chance on a de vivre aujourd'hui, et ici : quand j'y pense, vraiment, c'est fou la chance qu'on a d'être femme dans un pays où le féminisme a du sens t'est reconnu, où l'on a le choix de pouvoir ne pas être que mère ! Car autrefois, ou ailleurs, sans contraception, sans liberté de maternité, la femme étant si dépendante de sa fonction de mère, et de ventre avant d'être mère, il lui fallait beaucoup de force et de santé, quand elle ne mourrait pas en couche, pour avoir d'autres horizon, et être aussi femme avant tout…) … En ce qui me concerne, je ne parle pas, à dessein du bébé, parce que pour moi c'est très clair que le fait d'avoir une grossesse difficile n'a rien à voir avec lui, c'est mon ventre qui déconne, il n'y est pour rien. Le mois dernier le docteur m'a parlé du risque d'hystérectomie, et franchement je crois que quelque part j'aimerai bien que cela arrive car de toutes façons je n'aurai pas d'autre enfant, pour être débarrassée de ce ventre qui me pèse et qui m'a fait tant souffrir pendant des années à force de perdre des presque, déjà tant aimés et tant attendus. Je suis immobilisée depuis bientôt 3 mois et j'accouche dans un mois. Comment surmonter cela ? J'ai l'impression qu'au delà de mon petit cas personnel ce problème est au coeur de la question du féminisme aujourd'hui. J'ai beaucoup apprécié de lire "la femme et la mère, le conflit" d'Élisabeth Badinter il y a plus d'un an déjà. Dans l'épreuve présente, j'y pense chaque jour, comme si elle éclairait d'une nouvelle manière cette problématique universelle du féminisme : Comment être femme en étant mère lorsqu'on vit une grossesse pathologique qui nous oriente entièrement, inexorablement et surtout exclusivement vers la maternité ? J'aimerai que ce sujet douloureux du vécu des grossesses pathologiques et de son impact sur la personnalité, les couples et la sexualité soit abordé ici. Merci d'avance de vos témoignages et de vos réponses.
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240616
b
Moi aussi !
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