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Déni de grossesse et envie d'infanticide

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Pardonnez moi si mon histoire vous choque.

Je suis tombée enceinte par 3 fois en moins d'un an. Je ne prenais pas de contraceptifs.

Pourquoi ? Cette question reste pour moi bien floue, même 3 années après.

Mon compagnon, un garçon peu investi, mais dont j'étais éperdument amoureuse, me pensait protégée…

Ou s'interessait peu à cette fameuse contraception ? S'interessait peu à moi de toute manière. Je vivais un amour malsain basé sur la dépendance, le silence et la lacheté.

J'ai avorté légalement les deux premières fois, dans des conditions assez éprouvantes.

Je n'ai cependant ressenti aucuns remords conscients, j'ai plutot souffert du fait que l'homme me délaisse à son grès dans chacun des cas. Fatalement :

Je tombe à nouveau enceinte.

Mais cette fois ci je ne dis rien.

Parce que je suis bien trop affaiblie (vomissements violents) pour partir avorter seule, parce que mon ami va m'abandonner après cette "troisième faute" si je lui en parle, ensuite parce que j'avais trop honte de me retrouver encore une fois à l'hospital alors qu'il y a tellement plus simple quand on ne veut pas avoir d'enfants…

Enfin, honte de passer pour une reproductrice compulsive (une vache à traitre) aux yeux de mes proches. J'étais dans la culpabilité et la solitude psychologique la plus totale.

Les mois passent, je suis en dépression, je ne sais pas trop ou je vais et j'oublie partiellement la présence de ce petit bout dans mon bidon. Je m'autorise de temps en temps à caresser mon ventre…

Le reste du temps, je fais comme si il n'existait pas.

Je n'ai subi aucunes modifications physiques. Je mesure 1m75 pour 56 kilos, je vous laisse imaginer mon gabarit.

Puis vers le 7ème mois ;

Forcément, je n'ai pas de ventre mais cacher ce bébé m'épuise.

Mon compagnon ne le sait pas et ne se doute de rien Ou bien préfère t-il fermer les yeux, comme moi ? …

Si l'enfant né, il me quitte, si il me quitte, je touche le fond. Ce bébé ne doit pas naitre.

Ma première pensée a été l'avortement tardif, à l'ancienne. Je suis devenue experte théorique en "technique d'avortement barbares qui se soldent souvent par la mort simultanée de l'enfant et de la mère ": tiges de persil, baguettes de bois… Je me fais beaucoup de mal et j'échoue. Ecoeurant. Comment peut on en arriver la ?

Puis je me dis que si ça tourne au vinaigre, je vais démollir tout le monde : Si je ne meurs pas, je finirai en prison et je détruirai la vie de mes proches, après avoir détruit la vie de mon bébé et la mienne.

Alors je prie pour une IMG… Pourvu que cet enfant ne soit pas destiné à vivre… Mon dieu…

Je me renseigne sur la mort foetal-in-utéro, les contre indications médicamenteuses, je bois, je fume, je me frappe régulièrement le ventre, je lis des tas de trucs sur "comment provoquer la mort de son bébé avant terme"… ce que toute mère se devrait d'éviter en gros… Ridicule, pathétique… terrible.

J'ignore si la pression a été trop forte ou si je n'ai jamais eu de hargne suffisement violente contre mon enfant pour arriver à mes fins.

En vérité, c'était plutot moi que je voulais supprimer.

Puis je n'en pouvais plus… J'ai avoué à mon compagnon qui m'a quitté presque sur le champs.

J'ai évoqué le déni total de grossesse.

Puis ma famille a fini par l'apprendre.

Leur intervention a été salvatrice, pour mon bébé et moi.

Sans le soutien de mes proches, si je n'avais pas été entouré, si je n'avais parlé à personne, je ne sais pas jusqu'ou j'aurais pu aller.

Nous avons eu beaucoup de chance.

J'ai accouché d'un enfant superbe, vif en bonne santé. A présent cet enfant m'appelle "maman".

J'ai raconté mon histoire en essayant volontairement d'être presque froide et détachée.

Quelles sont mes conditions de vie ? Mon age ? Mes antécédents psycho-affectifs ?

Pourquoi je n'ai jamais pris de contraceptifs efficace ?

Dans quel contexte amoureux et affectif mon histoire s'inscrit-elle ?

Comment ai je réellement vécu mes avortements ?

Comment ai je réellement vécu ma grossesse ?

Que se passait il dans ma tête quand je parcourais des pages entières sur des histoires d'infanticides ?

Je parlais à mon bébé parfois ? Je le considérais ?

Comment ai je vécu tout cela ? Etais-je je une folle doublée d'une meutrière potentielle ou étais-je dans une détresse si profonde, un infernal cercle vicieux, hyper destructeur émotionnellement et psychologiquement ?

Et surtout, étais-je consciente de la vie minable que je me préparais en projettant de me débarasser de ce petit bébé ?

Vous seriez étonnées face aux réponses.

Les femmes infanticides. C'est l'horreur à l'état brut, l'inexplicable.

Elles méritent leurs peines, comme j'aurais mérité la mienne.

Mais qui peut se prétendre juge et jamais coupable ?

De quel droit certains se permettent de jeter la pierre ?

Si ils avaient idée de la torture mentale que j'ai pu m'infliger durant ces long mois, et de la culpabilité qui m'a longtemps bouffée après la naissance… je ne souhaite cela à personne. J'avais parfaitement saisi toute la portée de cet acte.

Je ne suis pas un monstre. J'aime profondément mon enfant, oui profondément malgrès tout cela, et je l'aimais aussi quand il était dans mon ventre.

Je ne supportais pas l'idée de cette naissance.

Je n'aurais pas pu assumer un infanticide.

Et j'aurais très certainement fini par me foutre en l'air.

Je voulais simplement vous dire comment pense une mère qui veut que son bébé disparaisse.

Merci de m'avoir lu. Je vous souhaite beaucoup, beaucoup de bonheur avec vos enfants.

Le sourire d'un enfant est la chose la plus sincère, la plus belle, la plus précieuse que l'on puisse trouver au monde.
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b
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