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C'était très douloureux

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 27/02/11 | Mis en ligne le 02/08/11
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J'étais venue poster mi-décembre suite à l'arrivée d'un bébé surprise et à la fuite du courageux papa. J'ai finalement pris la décision d'avorter. Cela s'est produit le 22 décembre, juste avant Noel, et ce fut, sans éxagérer, la pire expérience de ma vie. L'acte en lui a été douloureux, j'étais limite au niveau de l'ivg médicamenteuse, mais j'ai choisi cette sorte d'ivg car je ne pouvais me résoudre à me faire endormir, je ne me serais pas laissée faire. J'ai eu de grossses contractions, pour vous dire, ça a été plus douloureux que l'accouchement de ma fille. A peine arrivée à la clinique, ils ont voulu me mettre dans une chambre double avec un gamin de 12/13 ans, impensable !!! Il a fallu que je fasse des pieds et des mains pour avoir une chambre individuelle, il me semble que c'était le minimum à prévoir non ? Enfin bref, je me suis sentie mal dans le couloir à l'accueil, j'étais complètement anéantie à l'idée de finaliser la chose. J'avais pris les 3 premiers comprimés le lundi précédent. L'infirmiere m'a apportée les autres, et je suis restée là à les regarder je ne voulais plus les prendre. J'ai pas osé demander si les précédents cachets avaient arreté le coeur mon petit. J'aurais du.

Si elle m'avait dit qu non, que ça ne faisait que ramolir le col, j'aurais fait marche arrière et serais rentrée chez moi. Mais j'avais signé des papiers chez la gygy, et j'avais lu des choses sur ce forum concernant les types de cachets pré ivg, et il me semble que c'était ceux qui arretent le coeur… J'ai fini par les prendre ces saloperies, de mon propre gré en plus. Et le travail a commencé. Des contractions sans fin, pire que pour l'accouchement de ma fille. Je n'en voyais pas le bout. Puis j'ai demandé des cachets et j'ai fini par dormir un peu. Lorsque je me suis reveillée, je me suis levé et là… je n'ai pas eu le temps d'arriver à la salle de bain… Du sang partout, un carnage total, une vraie boucherie. Je me suis effondrée. Je continuais de saigner mais il y avait mon petit bout là, sous mes yeux… dans mes mains pleines de sang mais j'en avais plus rien à foutre du sang, la douleur physique n'étais plus rien comparé à ce que j'avais sous mes yeux. Je suis restée là, comme ça, toute seule jusqu'à ce que quelqu'un vienne me voir, ils ont appelé la sage femme pour qu'elle vérifie ce que j'avais dans les mains, qu'elle verifie que c'était bien mon petit. Et ça l'était. Elle m'a dit, c'est bien, le plus gros est parti. Vous en avez déjà entendu de jolies phrases comme ça : le plus gros est parti. On vous féliciterait presque. Avant de vous faire la morale et de vous harceler avec la contraception a reprendre presque sur le champ alors que tout ce dont on a envie à ce moment c'est de mourrir, de douleur, de honte, d'effroi face à ce spectacle auquel on ne s'attendait pas. Le top du top : l'infirmière qui se croit devoir vous reconforter et qui n'y connait rien du tout niveau psycholgie et qui vous dit gaiement : vous connaissez le pere AU MOINS ? Commme si j'étais une vulgaire trainée qui s'etait fait sauter par 36 gars dans le mois et qui ne savait pas d'ou ça venait ni comment. Qui me posait des questions personnelles auxquelles j'avais aucune envie de répondre et qui a fini par me parler de ses soucis bancaires, dont j'avais rien à foutre putain. Une honte. Il a fallu que je demande à la sage femme à ce qu'elle ne rentre plus dans ma chambre tellement son comportement m'a achevée. Si je n'avais pas été seule ce jour là, elle n'aurait pas fait long feu dans ma chambre mais il se trouve qu'il n'y avait personne à mes cotés. La seule chose qui m'a fait tenir c'est ma gygy, elle est super et psychologue, pas un mot, pas une critique, pas une allusion à la contraception, juste un silence qui en disait beaucoup, dans le respect de ce qui venait de se produire. Elle a vu que ça n'allait pas et elle savait que c'etait une décision que je m'etais imposée mais que je ne voulais pas. Et on est descendu faire une echo en bain, à la maternité. Et il y avait plein de bébés qui venaient de naitre, et des petits bracelets de partout, des petits cris… c'étais l'endroit ou j'avais moi meme accouché 6 ans plus tot et tout ce que je voulais c'etait sortir de là et revenir en arrière ou je sais pas mais pas ressentir ce que je ressentais… et c'est pire aujourd'hui en l'écrivant Quant elle a eu terminé nous sommes remontées et je suis retournée dans ma chambre, elle m'a donné bon nombre de cachets pour finir "d'évacuer le reste",pendant 3 jours je suis restée scotchée sur le canapé avec mes contractions. Noel a été fort joyeux, il a fallu faire bonne figure, faire semblant que tout allait bien… Personne n'était au courant… Je ne l'ai pas dit au père non plus, je ne voulais pas qu'il finisse par avoir l'esprit en paix alors que moi je passais par le pire. Ca fait deux mois que ça s'est produit, pas une fois je me suis sentie soulagée, jamais ; je sais que j'ai fait ça pour de mauvaises raisons. Et plus ça va, plus ça empire. Je ressens un manque croissant en moi, c'est affreux, mon corps me reclame un bébé que je ne suis pas en mesure de lui donner, j'y pense tous les jours que dieu fait… et ce manque en moi, ça me tue en ce moment, ça me ronge, ça s'insinue et je suis toute seule avec ma souffrance sans pouvoir parler à qui que ce soit si ce n'est vous et rien ne me soulage… depuis 3 jours je ne fais que pleurer, je pleure ENFIN dirons nous, et j'ai l'impression de sombrer, ça me fait peur, pour le moment j'arrive à garder la tete hors de l'eau, je ressens la pression et je prends la mesure de ce que j'ai fait, j'ai fait quelque chose de mal, mon enfant me manque et j'aurais très bien pu l'assumer, je l'ai tué pour de mauvaises raisons et j'essaie de ne pas y penser en me disant "ça passera tu finiras par oublier et ça se tassera" mais rien à faire, ça ne s'en va pas, c'est de plus en plus présent, et etouffant et personne ne peut comprendrait mon ressenti Vendredi soir, en allant à une formation professionnelle pour mon boulot, je suis tombée par hasard sur le papa, lui en voiture et moi disant au revoir à mes collègues de travail. La ville est grande et il a fallu qu'on se croise à ce moment là. Il y a 365 jours dans l'année,24h par jours,60 min par heures et 60 secondes par minutes mais non, il a fallu qu'on se "croise " à cet instant là (Il n'est pas au courant de mon avortement car à la base je voulais garder cet enfant et le lui avais dit, il avait d'ailleurs du mal a digérer le fait que je puisse elever un enfant sans lui.) De suite après cette furtive "rencontre",il m'a envoyé un texto en demandant si je ne l'avais pas vu, puis un autre en me diant qu'il aurait bien aimé discuter avec moi et le quatrième me disant qu'il n'y a pas un jour qui passe sans qu'il pense à nous deux et au bébé. Et ce texto là, je ne m'en remets pas. Il veut dejeuner avec moi et parler. J'ai pas envie de le voir parce que ce dont j'ai peur c'est qu'il revienne sur ce qu'il a dit alors que moi j'ai tué mon petit et que rien ne me le ramenera, j'arrive pas à ne pas penser à tout ça, je relis ce texto auquel je n'ai pas répondu parce que là, je suis au ras les paquerettes et j'ai passé le WE enfermée à pleurer… Comme si je ne me sentais pas suffisamment coupable comme ça, je n'ai pas envie de l'entendre dire qu'il regrette et qu'il a pris la mauvaise décision en me laissant avec ma grossesse naissante… Désolée d'avoir été si longue, j'ai pourtant fait court. Ca ne va pas du tout je ne me voile pas la face, je ne veux pas basculer"du coté obscure" ni perdre pied… je ne savais plus quoi faire à part venir vous parler…
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217972
b
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