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Dans le sillage des cravelles, suite...

Témoignage d'internaute trouvé sur forumfr - 13/11/10 | Mis en ligne le 03/05/12
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Pendant que les pionniers s'activent à en tirer le meilleur parti de leurs conquêtes des Canaries et de Madeira, L'Infante Henrique ne perd pas son temps. Après la découverte de Madeira, il envoie une nouvelle mission pour explorer les eaux autour de sa conquête, ce qui conduit un de ses capitaines, Diego de Silves, à découvrir en 1427 un nouvel archipel un peu plus à l'ouest : les Açores. A partir de 1432, Gonçalo Velho Cabral les explore systématiquement et un Flamant, Jácome de Bruges, qui travaille pour l'Infante Henrique reçoit la mission de peupler Terceira avec des familles flamandes. Les Açores. Terceira - Angra do Heroísmo - classée au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Gonçalo Velho Cabral. Mais Henrique n'en oublie pas pour autant son objectif : faire le tour de l'Afrique par le sud. L'Atlas catalan (que vous trouverez dans mon résumé précédent) ne descend pas en dessous du Tropique du Cancer, et ne suggère en rien qu'il puisse exister un passage. Pas plus que les autres cartes ou portulans de l'époque qui, s'ils donnent une image assez détaillée du monde méditerranéen, sont encore très proches des cartes T dans O. Mais Henrique est têtu, et le Cap Bojador devient son obsession, il pense que franchi ce Cap, la route qui mène aux Indes sera trouvée. Elle le sera, mais bien des décennies plus tard, et on peut se demander si sachant l'Afrique aussi grande, Henrique n'aurait pas renoncé à son projet. Pour l'instant, il lui faut son bateau et son capitaine. La caravelle est en train de naître sur les plans des maîtres charpentiers des chantiers de Lagos, mais elle n'est qu'ébauchée. Quant au capitaine… Henrique choisit un de ses écuyers, Gil Eanes de Vilalobos, né à Lagos, on ne sait en quelle année, et qui connaît les secrets de la navigation. Bojador… le Sahara y plonge dans l'océan, depuis Agadir et les derniers soubresauts de l'Atlas, vent de sable contre houle de mer. Et ça empire une fois dépassées les Canaries, les courants froids y sont pris de folie, on n'y distingue plus l'écume de la brume. Pourtant, vu du large, Bojador le ventru, le pansu, le Boudjour des Sarahouis, est moins impressionnant que le Cap São Vicente ou la pointe de Sagres, mais les marins savent ses côtes dangereuses, hostiles, arides. Même si on y trouve le plus modeste mouillage, pourra-t-on trouver de l'eau dans le lit des oueds desséchés ? Le Bojador phographié par Yann Arthus-Bertrand. En 1434, Gil Eanes ne se pose pas tant de questions. Pressé de partir par Henrique, il a décidé de voyager léger et c'est là son premier coup de génie. Il choisi une barca de trente tonneaux non pontée, une voile carrée et mobile, une simple bâche pour se protéger, des rames au cas où, et sept hommes d'équipage, pas un de plus, car il veut être le capitaine et le pilote. Second coup de génie, Gil pense que le plus court chemin, en mer, n'est pas forcément le plus efficace. Il a une solide expérience des courants marins entre les Açores, Madeira et les Canaries. Et la prime promise par Henrique est conséquente ! La Volte de Eanes. L'hypothèse la plus probable est que son point de départ est Madeira. Il contourne les canaries par l'ouest et rabat vers l'est, les alizés soufflant par bâbord. Après des semaines de navigation, passées à saisir le bon coup de vent, deviner le bon courant, surveiller la couleur et la forme des vagues, car tout le savoir du pilote tient dans sa mémoire et son sens de l'observation, c'est au sud de Bojador qu'il atterrit du ventre de l'angoisse, probablement dans l'Angra do Ruivos, l'Anse des Rougets, environ deux cents kilomètres plus au sud du Bojador. Pour preuve de son exploit, il ramasse des Roses de Santa Maria, ce que nous appellons roses de sables. Le Cap Bojador. Rose des sables - ce sont des roches évaporatives, composées généralement de gypse ou de baryte. Au retour, les alizés soufflent à tribord le long des côtes, jusqu'aux Canaries où il remonte, le retour au Portugal par vent arrière n'étant qu'une formalité. Dix ans après que Zarco ait touché l'îlot de Porto Santo, Gil Eanes vient d'inventer la Volte qui ouvrira la route des découvertes. La Volte qui s'élargira de plus en plus au fur et à mesure que les caravelles s'aventureront plus loin dans l'Atlantique sud. Les courants atmosphériques. Les courants marins. Les navigateurs utilisent les courants atmosphériques et marins, qui sont constants, pour être portés par les uns ou les autres, afin d'avoir à lutter le moins possible contre les vents ou courants contraires qui obligent à tirer des bords et rallongent énormément les trajets. Bien sait mentir qui vient de loin, dit l'adage, et quelques pierres, quelques plantes, ne suffisent pas à convaincre Henrique. En 1435, le Prince somme Eanes de repartir, cette fois accompagné d'un escrivão, un greffier royal, Alfonso Baldaya. Cette fois, Gil a choisi de naviguer sur un barinel, plus gros qu'une barca, doté de deux mâts et d'un jeu de voiles carrées et latines. Escale aux Açores, puis à Porto Santo de Madeira, avant de retrouver l'Angra do Ruivos, Baldaya tient le journal de bord qui sera remis au Prince, encore une institution portugaise qui fera fortune, et enregistre dûment le dépassement du Bojador. Un barinel. L'année suivante, en 1436, Baldaya réembarque avec son capitaine-pilote, et deux jeunes garçons de la haute noblesse, Heitor Homero et Diogo Lopo de Almeida. De retour dans l'Angra do Ruivos, Baldaya envoie les jouvenceaux à terre, solidement escortés, avec mission d'aller aussi loin qu'ils pourraient, il s'agit de savoir si la côte est habitée, et dans l'affirmative, de savoir si les habitants sont des Maures ou des Gentils. Ils reviennent en déclarant n'avoir vu que de très loin des gens accompagnés de chameaux qu'ils n'ont pas pu approcher. Ils reprennent donc la mer, toujours au sud, en suivant la côte, poussés par un vent de nord-est qui permet de ne pas trop tirer de bordées. Au bout de quelques jours, le vent s'inverse, il vient du large, il faut sonder régulièrement car si près de cette côte inconnue, le navire pourrait heurter un écueil ou un haut-fond. Lagune de Dakhla. Après deux cents kilomètres de navigation côtière, l'expédition dépasse une longue et mince pointe qui s'avance vers le sud, derrière laquelle se cache une baie bien protégée. Il y a là de la verdure, des palmiers… c'est l'actuelle Dakhla, juste sur le Tropique du Cancer, nos explorateurs y rencontrent des pêcheurs et des chameliers, on échange des tissus, des outils, et celui qui semble le chef du village offre à Baldaya une grosse pincée de poudre d'or. Baldaya cherche à savoir d'où vient cet or, et le chef fait un geste vague, là-bas, en direction des dunes… Dakhla. On y est enfin, le Prince avait raison, la fortune sourit aux Lusitaniens. L'endroit est baptisé Rio d'Ouro et nos voyageurs rentrent en hâte au pays. L'année prochaine, avec le retour des vents favorables, si Dieu le veut, on ira plus loin… Bientôt, la caravelle aux voiles frappées de la grande croix de l'Ordre du Christ prendra son essor, Antão Gonçalves atteindra le Cap Blanc, Nuno Tristão puis Dinis Dias ouvriront la route jusqu'au Sénégal, si loin que la nouvelle de l'arrivée d'étrangers plus riches que les plus riches caravaniers résonnera jusqu'à Tombouctou et Djenné. Ce sera la suite de mon histoire, bienvenue à bord à tous ceux qui voudront encore m'accompagner. A bientôt. Pour les curieux, une petite histoire de caravelle… Je parie que vous imaginez les caravelles comme d'énormes navires. Pas du tout ! c'est joufflu, c'est trapu, c'est pataud et surtout c'est tout petit, une caravelle ! Éa ressemble assez à un de ces canards qui amusent votre bébé dans son bain. Avec son château arrière bien trop haut pour elle, on dirait qu'elle va basculer au premier roulis. Sur le tillac, un seul mât planté au milieu, une échelle plonge dans une cale sombre où sont entassés des cordages, des voiles, des tonneaux, des provisions, des sacs de toutes grosseurs, des outils, des bois de charpente. Le château arrière est une sorte de niche basse de plafond, qui sert à la fois de poste de pilotage parce que là se trouve la barre franche, de carré des officiers et de cabine du capitaine. De là on mesure à quel point c'est minuscule, une caravelle. De là on imagine l'inimaginable : la vie de trente hommes, parfois beaucoup plus, marins, passagers, soldats, marchands, pendant de longs mois de mer, sur un réduit de planches de vingt mètres de long sur sept ou huit de large qu'on n'ose à peine appeler un bâtiment. Au long du siècle d'or portugais lui poussent un mât de misaine et un mât d'artimon, et quelques aménagements, mais elle reste rudimentaire. Caravelle… la caravela, dont l'étymologie navigue aussi à l'estime, mais l'explication généralement admise vient du latin, d'un mot qui désigne le crabe. Plan d'une caravelle avec le tracé des couples. Le crabe à voiles ! Elle peut porter deux fois plus de velas, de voiles, que n'importe quel navire de même taille. Elle grée des voiles fines, triangulaires, latines, celles qui remontent si bien au vent debout, la voile de la felouque qui remonte le Nil contre le vent venu du désert. Et des voiles carrées, qui deviennent rondes sous l'enflure du vent, énormes, submergeant le pont, dépassant les bordages, frôlant l'eau. C'est l'art du pilote de jouer avec cette palette, hissant l'une, abattant l'autre. La facilité avec laquelle on peut changer son gréement est une des raisons du succès de la caravelle. Son faible tirant d'eau et son haut bordage assurent sa sécurité. Le gouvernail d'étambot, invention majeure des marins du nord au cours du XIIème siècle, lui donne une maniabilité remarquable. Il n'y a pourtant pas d'invention extraordinaire sur ce bateau typiquement portugais quand il prend la mer pour la première fois en 1440. C'est une sorte de mélange des emprunts fait à tous les bateaux qui transitent à Lisbonne ou en Algarve, entre Baltique et Méditerranée. Le seul instrument qui y est négligé est la rame. La caravelle est l'exact contraire de la galère, le vent seul est son moteur. La mobilité de ses voiles pivotant sur leur axe et la navigation à la bouline lui permette de progresser même par vent défavorable, en tirant des bords, en zig-zag. En crabe… ! Ce voilier agile, solide et sûr se montre si fiable qu'à la fin du XVème siècle, toutes les marines occidentales l'utilisent, la Niña et la Pinta de Colomb sont des caravelles portugaises. Sa popularité décline seulement à la fin du XVIème siècle, parce qu'il faut transporter des cargaisons importantes et rapporter en Europe les richesses du Nouveau Monde. Ce message a été modifié par pyrenne - 13 novembre 2010 - 16:22.
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250260
b
Moi aussi !
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