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être maman sans sa maman ...

Témoignage d'internaute trouvé sur france5 - 05/11/11 | Mis en ligne le 14/05/12
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Bonjour, Aujourd'hui je me suis décidé à raconter mon histoire, peut être en espérant que le fait de mettre des mots sa me soulage… Je m'appelle Elodie, j'ai 25, et aujourd'hui je suis la maman d'une magnifique petite fille de 7 mois prénommé Eléna ! Mon histoire ? Je suis née le 12 novembre 1986, mon frère est né 2 ans plus tard. Quand j'avais 3 ans, j'ai vu ma mère revenir en pleure avec une amie ambulancière. On étais dans le couloir, et on nous a gentillement envoyé dans notre chambre mon frère et moi. A l'époque on ne savait pas ce qu'il se passait, c'est en grandissant qu'on a compris… Maman était malade, elle venait d'apprendre qu'elle avait un cancer du sein… Elle s'est faite opérer, et par précaution, ils lui ont enlevés les ovaires également. On a grandit en côtoyant la maladie de près, entre les allés et venu à l'hopital pour ses chimio, ses séjours à l'hopital en chambre stérile parce que ses plaquettes étaient au plus bas et qu'elle risquait d'attraper tout et n'importe quoi… Les effets secondaires de la chimio, maman très fatigué, qui s'énervait très facilement, et nous des enfants durs (tout le monde me dit maintenant qu'on était certainement très perturbés par tout ça, d'où notre côté rebelle à faire les bêtises qui nous passaient par la tête, peut être pour se faire remarquer ?! ). Par la suite rien ne va… son cancer est descendu au foie… les traitements continue, des hauts ou tout va bien, et des bas ou tout va mal… 2001, j'ai maintenant 14 ans, je suis en 3ème et je passe mon brevet des collèges. Janvier 2001, maman ne va pas bien du tout, elle est hospitalisé en urgence, elle a très mal, une métastase a éclaté au foie… Puis elle finit par revenir à la maison, pour nous ça signifie que tout va bien, qu'ils l'ont soignés ! Mais son état se dégrade, elle fait une dépression, tout les soirs quand je rentre du collège je la vois en pleure. Ça me fait mal de voir ma maman comme ça et de ne rien pouvoir faire pour l'aider, à part être le plus sage possible, et l'aider à la maison. Papa est un papa en or, à aucun moment il ne s'est laissé perturbé et il a continué à être le pilier de cette famille, sans failles, qui ne montre pas ses sentiments, mais il souffre, en silence et personne ne voit rien. En Avril, papa finit par prendre la décision de mettre maman en maison de repos, elle en a tellement besoin, mais elle le prend très mal, pendant 3 semaines c'est une catastrophe, maman est en colère, elle n'imagine pas être si faible au point de devoir être placé en maison de repos… Puis au bout de 3 semaine, un déclic, maman reprend d'elle même 1 mois de plus en maison de repos, elle s'est faite des amies, elle s'y sent mieux. Je me souviens encore en juin, la rejoindre là bas, et ma petite maman qui me faisait réviser mes leçons pour le brevet des collèges, il fait beau, il fait chaud, je suis contente d'être avec maman. Je révise bien, je veux qu'elle soit fière de moi ! Fin juin, je passe mon brevet des collèges, on dit aurevoir à maman et papa, et on part 15 jours en vacances chez notre grand-père en Allemagne. Dernière fois qu'on voit maman, derniers bisous, un adieu mais on ne le sait pas… 1 semaine après être arrivé chez grand-père, mon frère et moi recevons une carte de maman. Mon frère pour lui dire que tout va bien, qu'elle va bientôt rentrer à la maison, et moi, pour me dire que j'ai eut mon brevet et qu'elle est fière de moi. Mardi 17 juillet, papa nous appelle, il vient nous rechercher demain. Mercredi 18 juillet, papa arrive enfin, je le vois fatigué, et amaigrit mais je ne me pose pas plus de question que ça. Papa discute avec grand-père, Ruth (la femme de grand-père) , puis je lui pose la question de comment va maman, mais pas de réponse. 10 mn plus tard, grand-père lui pose la même question que moi, et là tout s'effondre, papa nous annonce que maman ne va pas bien du tout, maman nous a quitté, elle est partie rejoindre sa maman qu'elle avait perdu quand elle avait 12 ans, quasi dans les mêmes circonstances que je venais de la perdre. Le lendemain on rentre à la maison, on doit continuer à ivre malgré tout… Mon année de seconde a été catastrophique… Au bout de 4 ans, j'ai fini par avoir mon Bac puis mon permis, je pensais que tout allait bien, mais tout reste enfouit… C'est pas faute d'en avoir parlé, notamment avec l'assistante sociale du Lycée, qui m'a suivit pendant un temps, ça me faisait tellement de bien de lui parler. En 2007, j'ai rencontré mon conjoint, 3 mois après j'habitais avec lui, peut être pour échappé à cette maison qui e rappelle sans cesse maman… On fait notre petite vie tranquille mais la vie n'en a visiblement pas finit avec moi… Maman m'avait fortement conseillé de me faire suivre dès mes 18 ans. Donc quand j'ai rencontré mon conjoint, l'idée d'un test génétique pour savoir si j'étais à risque pour le cancer ou non allait bientôt être lancé. Aout 2008, rendez-vous à la Pitié Salepêtrière. Le médecin m'annonce que je suis porteuse de la défaillance du gène BRCA2, je m'y attendais, mais je ne peut m'empêcher de pleurer, pourquoi moi encore une fois ? Est-ce que je n'ai pas assez souffert ?! Je me fais donc à l'idée, j'ai pas le choix, il faut à nouveaux se battre et continuer de vivre malgré tout. La décision est prise, je serai suivi tout les ans (mammographie, écho mammaire, IRM mammaire tout les ans, et écho pelvienne tout les 6 mois, parce que malgré tout il y a également un risque niveau ovaire et utérus également, bien que moins important que dans la défaillance du gène BRCA1). Aout 2009, j'ai un travail, mais en CDD, c'est mon dernier mois a effectuer, il ne me reste même plus que 15 jours à faire. Un mardi, je vais donc travailler, à midi je rentre chez moi pour manger, Ludo est là, il est en vacances. Je mange, et là je suis prise de violentes douleurs dans le bas du ventre, je dois retourner travailler, sinon ma responsable sera toute seule, je ne veux pas me résigner à l'idée que je ne peux pas aller travailler. Et pourtant, je vais vite abandonner l'idée d'y retourner car e peux à peine enchainer un pas… On arrive donc aux urgences, 10h après, on m'annonce que je vais rester hospitaliser, ils pensent à une appendicite, mais vue leurs mines je vois bien qu'ils n'en sont pas forcément convaincu eux même… Le lendemain, même pas le temps de dire ouf, qu'à 13h je me retrouve au bloc et je me fais opérer de l'appendicite. Je ne finirais donc pas mon CDD, je suis en arrêt de travail jusqu'à la fin de mon contrat… Septembre 2009 tout va bien. Octobre 2009, ça recommence, j'ai mal, je hurle tellement j'ai mal, les médicaments ne me soulagent pas… Le lendemain matin je retourne donc aux urgences, mais ils ne savent pas ce qu'il y a, à l'écho ils ne voient rien mis à part un kyste hémorragique, déjà présent depuis un bon moment, mais stable, découvert le jours où je me suis faite opérer de l'appendicite. Janvier 2009, ça ne va toujours pas, j'ai de plus en plus mal au moment de mes règles, je passe donc une Irm pelvienne, et là le verdict tombe, endométriose… Après m'avoir dit que j'avais 80% de risques de déclencher un cancer du sein avant l'âge de 50 ans, maintenant on m'annonce qu'il y a peut être des risques que je sois stérile du fait de cette endométriose… Je retourne donc voir ma gynéco, qui m'annonce qu'elle nous laisse 6 mois pour que je sois enceinte, sinon je devrai reconsulter. Ludo a eut du mal à se faire à l'idée, il voulait des enfants, oui, mais pas tout de suite. On en discute, on pèse le pour et le contre, car professionnellement moi je ne suis pas fixé… Finalement, on se décidé assez vite, on ne peut prendre le risque d'attendre, et que je devienne vraiment stérile. 5 longs mois se passent, et rien, j'ai peur, peur de ne pas pouvoir avoir d'enfant, peur de ce qu'il va se passer pour nous si je ne tombe pas enceinte là maintenant, parce que c'est mon derniers mois d'essai avant de reconsulter. On est en juillet, je mets toutes les chances de mon côté pour ce dernier mois, tests d'ovulation, prise de la température tout les matins, duphaston prescrit par la gyénco, et homéopathie (de toute façon ça ne peut pas faire de mal alors autant tenter sa chance…). 17 juillet, c'est le jour J, jour d'ovulation, on met donc tout notre coeur à l'ouvrage ! ^^ Je continue à prendre ma température, elle monte, c'est bon signe, mais pas envie de me faire de faux espoirs comme les mois précédents… Fin juillet on est de mariage, on est chez mon père qui nous héberge pour 2 nuits, je prend une dernière fois ma température, elle reste toujours très haute, je fais le test ? Je fais pas le test ? J'ai peur que se soit à nouveau négatif… Finalement je me décide à le faire… J'attends, 1 mn, 2 mn, 3 mn, c'est long, je suis hyper angoissé, un tas de questions m'arrivent, puis d'un seul coup le test annonce, je suis bel et bien enceinte de 1 à 2 semaines !! J'ai du mal à y croire !! Est-ce bien vrai ? Ça y est cette fois ? Je sors de la salle de bain, mon père est entrain de déjeuner dans la cuisine, je lui annonce, j'annonce ensuite à Ludo qu'on va être parents, et là le vide… Il manque maman, maman n'est pas là, elle qui voulait tellement nous voir marier et avoir des enfants, elle n'est pas là pour partager ce moment avec moi… J'enfouis ses sentiments, il faut que je ne laisse rien paraître… Je fais donc mon suivit grossesse, mais arrivé à 4-5 mois de grossesse, le manque de maman se fait de plus en plus ressentir. Décembre 2010, j'apprends que j'attends une petite fille, maman aurait été si heureuse. Je ne peux pas partager ce moment avec elle, je fais les boutiques pour me petite princesse, seule… 04 Avril 2011, 21h30, ça y est c'est le grand jour, la poche des eaux c'est rompus, je suis déjà à une contractions toutes les 5 mn, on court donc à la maternité. Après 9h, à 06h47 ma petite princesse est née. L'après midi, mon papa vient me voir, et là, je me prends en pleine tête tout ce que j'avais enfouis, je ne montre rien, mais je ne suis pas bien, elle n'est pas là, elle me manque terriblement, je regarde ma petite fée, et je me dis qu'elle n'aura jamais la chance de connaitre sa merveilleuse mamie qui n'est plus là depuis bien longtemps ! La séjour à la maternité se passe, on rentre à la maison. Je ne pense plus trop à maman, trop prise par Eléna, il faut que je concentre toute mon attention sur elle. Juillet 2011, on est le 17, ça fait 10 ans, 10 ans que tu es partie, 10 que malgré tout ce qui a pu se passer dans ma vie, je reste meurtri par ton absence… Je pleure, je regarde Eléna et je m'effondre… Tu as perdu ta maman tu avais 12 ans, je t'ai perdu j'avais 14 ans… J'ai peur que se soit un cycle infernale, peur qu'Eléna subisse ce que j'ai subit, ce que tu as subit… J'ai beau me rassurer en me disant que les techniques d'aujourd'hui ne sont plus celles d'il y a 20 ans, que je suis suivi tout les ans, j'arrive pas à passer au dessus de ça… Avec l'arrivée d'Eléna, j'ai compris une chose, que malgré toutes les merveilleuses choses qui pourront m'arriver dans la vie désormais, rien ne comblera ce vide en moi, ces moments si précieux qu'on aura pu partager. On me dit de parler de toi à Eléna mais je n'y arrive pas… Je vois que je suis entrain de reproduire le même schéma que toi, enfouir à nouveau tout ces sentiments pour ne plus jamais les déterrer, souffrir en silence, rester forte pour ma petite fée, pleurer quand je pense à toi ça oui, mais je me cache, même Ludo, même s'il sait que j'en souffre, ne me vois pas pleurer, je dois montrer bonne figure pour eux… Je sais qu'il faut que j'aille voir un psy pour vraiment évacuer tout ça, mais j'ai un blocage… J'y suis allé une fois, on m'a dit d'écrire une lettre à maman, avec tout les sentiments que j'éprouvais, colère, tristesse ect… Et de la bruler. Je l'ai faite, je l'ai bruler dans le jardin chez papa, mais j'ai l'impression que ça ne m'a pas aider tant que ça… Maman je t'aime, tu me manques terriblement, j'aimerai tellement que tu sois là pour voir tout ce que j'ai accompli depuis.
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254865
b
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