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Extraits du livre: Paroles d'avortées

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Extraits du livre de Xavière Gauthier, Paroles davortées.

Xavière Gauthier,

Paroles davortées.

Quand lavortement était clandestin. Éditions.

De la Martinière, 2004. 303 pages, 17 euros.

L.

Cet épisode massacrant, je dois le restituer. Pourtant, il a bien fallu que je men sépare pour ne plus voir resurgir lintolérable. Paris, 1952,, javais dix-sept ans. Presque. Mes premiers émois, le désir. Je grandis en milieu médical et mon éducation sexuelle se réduit aux risques de grossesse. Je rencontre un jeune homme. Je suis amoureuse. Ce sera lélu. Je fais lamour avec lui deux fois. Risque encouru. Plus de règles. Au lycée, je hante les toilettes, je scrute. Attente terrifiante. Rien. Vais-je le lui annoncer ? Rendez-vous hâtif. Je ny peux rien. Possibilité de piqûres de je ne sais quoi. Il me conseille des tours de manège. Je suis enceinte. Mes parents nen sauront rien. Dès que ce sera visible, je me tuerai. Un dimanche soir, on dîne en famille. J'ai un malaise. À peine réanimée, javoue. La violence paternelle est effroyable, ma mère reste muette. Moi, je veux mourir ou alors être libérée de ce poids-là. Je ne suis pas prête. Je me sens trop petite. De toute façon, on ne me consulte pas. On va chercher quelquun. Mon père, gynécologue, doit rester à labri de tout soupçon. Ce sera un monsieur, juste lui, sans assistance. Je me rends seule au rendez-vous. Ma mère, en bonne épouse, a obéi. Elle ne maccompagne pas. Prudence. Je suis allongée sur une table de cuisine. Il minjecte un liquide soi-disant relaxant, un placebo ? Et cest lhorreur. Comment mettre en mots ce qui me racle, me déchire, mampute. Tout mon corps livré à cette torture. Je me mets à hurler. Il dit : Tu ne criais pas quand… Humiliation. Il a le pouvoir. Mais il faut savoir ce que je veux. Cest terminé, le curetage. Je me lève, chancelante. Soulagée, épouvantée…

Anne.

Mon premier avortement date de mars 1972. Javais eu mon premier et seul enfant en 1970. Mon mari et moi étions à ce moment-là des maîtres auxiliaires de léducation nationale et vivions donc une situation professionnelle extrêmement précaire. (…) Il nétait pas question, dans ces conditions, de mettre au monde un second enfant. Jallais donc rendre visite au médecin gynécologue de la ville de M. En qui javais une grande confiance. Cest lui qui avait assisté à laccouchement de mon petit garçon. (…) Je lui racontai mon problème et, à ma grande surprise, il me proposa de mavorter le samedi suivant à la maternité de M. Lavortement allait être bientôt réglementé, il y avait déjà des actions menées par quelques femmes célèbres de lépoque. Il ndonc pas limpression de transgresser la loi en pratiquant cet avortement quil fut cependant obligé de déguiser en curetage. (…) Je fis cependant cadeau dun magnifique livre dart à mon "avorteur" qui ne voulut pas être payé pour cet acte.

Françoise.

J'ai soixante-trois ans et je vais évoquer brièvement les avortements que j'ai voulus et subis avant la légalisation. Il y a eu lartisanal : une copine ma mis une sonde en caoutchouc, je me suis promenée avec, y compris au travail, pendant plusieurs jours, pour avoir enfin une "décharge" de température (quarante degrés). Des amis appelés ont préféré me conduire en maternité le lendemain, pour être sûrs quaucune mesure ne serait plus envisageable pour garder lenfant. Je fus admise en maternité et lavortement eut lieu correctement, sans moralisation, sans aide non plus. Cette clinique était réputée pour être "coulante" sur ces problèmes.

Une autre fois, ce fut contre monnaie dans une clinique de Neuilly. Le coût des opérations fut très élevé par rapport à mon salaire, environ 3 000 francs. Le chirurgien, sa femme anesthésiste, les brancardiers ont été rétribués pas moi-même. Là encore, je leur ai été reconnaissante de leur gentillesse et de, finalement, prendre des risques. Certes, on ma dit quils devaient être protégés den haut mais quand même !

La troisième fois fut très sombre : rendez-vous à 21 heures en bordure du bois de Boulogne. Coût maximum. (…) Cétait un appartement, il y avait une autre fille. J'ai été endormie et virée à 1 heure, encore chancelante. (…).

Ce qui unit ces trois situations, cest lextrême anxiété avant de trouver la solution. La peur davoir une réponse négative. J'ai toujours effectué ces opérations sans lavis, ni largent des hommes concernés. Je navais pas de culpabilité, ce qui, je crois, rendait la décision plus facile. Et javais des amis susceptibles de me prêter largent nécessaire. Je nai aucune séquelle physique et, si je nai pas eu denfant ensuite, cest volontairement. (…) Avec le temps, je suis presque fière davoir eu ce courage.
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b
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