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Hommage a mes grands parents...

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Tendres, et tristes souvenirs d'enfances. Hommage à mes grands- parents ! Avec bien du recul, 50 ans plus tard, je réalise que j'ai eu une enfance privilégiée, faite de petits bonheurs simples, qui m'ont aidé à être ce que je suis aujourd'hui. Qui m'ont permis d'écrire sur la vie des gens de la terre, qui pour moi n'a pas de mystère. Ceux que l'ont appelaient les cultivateurs, les paysans, avec un peu de dédain dans la voix, étaient ma famille maternelle. Mes grand parents, faisaient le dur travail des champs, la culture du blé, et maraîchère. Du plus loin que je me souvienne, chaque vacances scolaires, nous les passions, avec mes grands parents. Le trajet n'était pas long, pour passer de chez mes parents, à chez eux. J'avais juste à changer de rue, elles se touchaient, juste quelques mètres les séparaient. Quand je passais la porte cochère de la maison rurale, ma hantise se trouvais juste derrière. Je l'ouvrais avec précaution, car derrière se trouvait à coup sur, ce que j'appréhendais le plus. Mon grand- père avait pour habitude, d'installer le cheval attelé à la charrette, face à l'entrée. Donc, qui je voyais, dés l'ouverture de cette porte ? Le nez de cet animal. Si je tombais sur le blanc, c'était Mouton. Il était gentil et doux, pas récalcitrant, soulagement. Je passais tranquillisée allait retrouver tout le monde, dans la maison. Si par malheur c'était le marron, "Gamin" , mes peurs viscérales pour ce cheval se réveillaient. Il me terrorisait. Il ne m'avait jamais rien fait personnellement, mais je le savais un peu fourbe, le coup de sabot facile. Mon grand-père en avait fait les frais, et je ne tenais pas à être la suivante. Je passais devant lui, la peur au ventre, et ventre à terre, sans demander mon reste, je filais jusqu'à la porte de la cuisine. Jamais je n'en ai parlé à personne, jusqu'à ce jour. Dorénavant, ma soeur et ma mère sont au courant : "Grand scoop ", en Ardèche, le 10 Décembre, l' évènement du jour : CITRONEL avait la trouille du "GAMIN "dans la cour. Pauvres animaux qui ont tous finit à la boucherie. Bien triste fin quand on a trimé toute sa vie, pour des maîtres pas reconnaissant du travail accompli. Mais c'était la méchante réalité, de tous les chevaux de trait. Fallait, qu'à leur mort, il rapporte encore. Le peu d'argent récupéré, servait pour acheter le suivant. Jamais, au grand jamais, on ne m'a prévenu de ces transactions. Car avec mon caractère de furie déchaînée, j'aurai à coup sur, piqué une crise, telle le Vésuve en pleine action. Même chez moi, lorsque mon père tuait un lapin ou un coq, cela devait se passer dans la plus grande discrétion. Sinon, je suis sur que le quartier, rien qu'à mes cris et mes lamentations, savait que chez moi se passait une mauvaise action. Ma mère avait pris l'habitude de me faire rentrée dans la maison, avant que mon père ne commence sa vilaine besogne. Je suppose pour éviter d'avoir les tympans éclatés, par mes cris répétés. Ou, tout simplement, pour m'éviter de souffrir le martyre. Mon père n'aimait pas ça non plus… Mais, fallait bien que quelqu'un les tue… Alors il en avait pris son parti. Quand nous partions aux champs, c'était la fête. Tout le monde dans la charrette, chantait à tue-tête. Pas mon grand-père non, pas question ! Lui, de caractère taciturne, était le "type "même de l'homme, Que l'on représente dans les films. Le paysan de la France profonde, ne parlant point, pas de câlins, pas de bisous. Jamais je n'ai réussi à savoir, ce qu'il pensait de nous. S'il était content d'avoir des petits enfants, s'il était heureux, tout simplement. C'est très dur, à mon âge, de me poser encore cette question. Grand-père, as-tu été heureux dans ta vie ? Ce n'était pas le confort, le transport en carriole, les bancs étaient rudimentaires. Mais qu'importe, le bonheur ne se comptait pas en coussins moelleux, pour poser notre postérieur. Mais quand j'y pense, à présent, avec le recul de 50 ans, c'étaient des moments intenses, suspendus dans l'espace temps. Pourquoi n'ais-je pas su les apprécier à leur juste valeur, à l'instant précis ou ils se sont passés ? Parce que les enfants sont égoïstes. Ils absorbent, comme des éponges, tous les bonheurs de la vie. Tout est normal, jamais de merci. Nous aidions aux travaux des champs, ma soeur, mes cousins, cousines et moi- même. Tout travail méritant salaire, nous étions rémunérés par ma grand -mère. Bien sur, pas autant que les travailleurs à tâche, mais elle ne nous prenait pas pour ses esclaves. Payés avec du vrai argent, des vrais billets, comme les employés. C'était valorisant. Elle nous faisait une confiance aveugle. Ne recomptait pas les paniers derrière nous. Tant de paniers remplis : de la cueillette du jour, (haricots, petit pois, etc…) Représentaient temps de "sous" multipliés par le nombre, cela faisait une somme coquette, rondelette, pour nous, enfants haut comme trois pommes. Quand la journée terminée, elle nous appelait pour nous régler, Chacun faisait ce qu'il voulait de son butin. Mais notre rémunération ne s'arrêtait pas là. Dans l'après-midi, quand la faim se faisait sentir, souvent bien avant l'heure réelle du goûter, nous avions une collation de roi, qui nous attendait à l'ombre d'un arbre. Elle ne se fichait pas de nous, notre "Maman Yvonne ", notre grand-mère, ce qu'on appelle la Mamie, aujourd'hui. Dans une grande besace, limonade, citronnade, grenadine, panaché, se partageaient l'espace, avec pains au chocolat, pains aux raisins, et chaussons au pomme. Le meilleur de tout, pour moi la dégoûtée de service, qui ne supporte pas les microbes, qui vit avec le gel javel à la main, c'est qu'à l'époque, tenez-vous bien : Nous jouions, et nous lavions les mains, dans l'eau des sillons du champ en question. L'eau des champs d'épandage, ça s'appelait. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, j'explique : Mon grand-père ouvrait les vannes d'un énorme robinet, (en quelque sorte,) qui se trouvait dans le champ, et qu'il faisait couler dans des rigoles, pour arroser les plantations. C'était l'eau très suspecte, ou les rats aiment à nager, dans les égouts des villes. Bourrées de microbes, et de crobes entiers, qui dansaient la sarabande, entre nos pieds. Jamais nous n'avons eu de problème de santé, dû à ce manque d'hygiène. Un coup de veine !!! Vive la vaccination !!! La journée terminée, butin en poche, chacun rentrait chez lui. Moi, je faisais un passage obligé par la boulangerie. Une partie de mon pactole, finissait en sucrerie. Le plein de gâterie, pour me gâter les dents. Quelques carambars. Une dizaine de malabars. Autant de caramels à un centime. Une poignée de boules de coco. Des spoutniks, des roudoudous, deux trois petits choux. Et pour finir en beauté, cette profusion de bonbons, Plein de mistrals gagnants. AH ! Que c'était le bon temps !!! Jusqu' en 1963… Après janvier 1964, ça c'est gâté, plus rien ne fût pareil, à jamais… Maintenant, que je suis à "l'heure du thé "de ma vie, je réalise que mon enfance fut bien remplie, beaucoup de bonheurs. Un grand malheur, aussi. J'aurais préféré le mettre en sourdine. Pourtant, je ne pourrai jamais l'oublier, puisque mes questions resteront à jamais sans réponse. Faut-il à ce point, souffrir dans son corps, dans son coeur, dans sa tête, pour un jour, décider de se donner la mort ? La préméditer, la préparer, choisir l'endroit, le jour et l'heure. Ne plus se rendre compte, que ceux qui vont rester, vont souffrir comme des damnés, pendant des années, et se questionner. Pauvre Grand -Père, qui n'en pouvait plus de cette terre, qui l'avait pourtant nourrit pendant 62 ans. A jamais, ce sera : Pourquoi ? Pourquoi t'as fais ça ? On a rien compris ! Si au moins t'avais dis, t'avais parlé, on aurait peut-être pu t'aider. Mais t'as rien dis, t'as pas parlé, t'as préféré t'en aller, et nous laisser. Pauvre Grand- Père, ce que tu as souffert !!! Si au moins, on t'avait dit qu'on t'aimait, mais on ne l'a pas fait, Peut-être, que grâce à ça, t'aurais pas fait ça… J'avais treize ans et demi, et j'y pense encore, à ce jour maudit. Moi non plus, j'ai jamais rien dis. Maintenant vous le saurez, Dédée, Maman, qu'à moi aussi, ça m'a donné du tourments… Citronnelle.
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264205
b
Moi aussi !
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