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Ivg, le parcours du combattant

Témoignage d'internaute trouvé sur france5 - 12/04/11 | Mis en ligne le 30/03/12
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Bonjour à toutes, A la lecture de la programmation des émissions de la semaine, je me décide enfin à me lancer et à apporter mon témoignage personnel sur l'expérience de l'IVG. En août 2007, en randonnée avec des amis, l'ambiance aidant, j'oublie un soir de prendre ma pilule. Au retour de vacances, ne voyant pas mes règles arriver, je fait un test de grossesse. Le verdict tombe : je suis enceinte. Je suis d'abord prise entre un sentiment de joie intense et un désarroi total. Pour mon ami, présent au moment du test, les choses sont plus tranchées : il n'est pas prêt, me renvoie à notre réalité matérielle de l'époque (nous sommes tous deux étudiants, avec de faibles revenus, hébergés par ses parents pour la durée de nos études). Pour lui, il n'y a pas de doutes, je dois me faire avorter. Ce n'est pas le moment ce qui, me dit-il, "ne remet pas en question le fait que nous aurons un jour des enfants ensemble". Je sais qu'il a raison et j'arrive à entendre son point de vue que j'interprète davantage comme une volonté de me mettre face à la réalité, que comme une preuve de lâcheté de sa part. Je me sens tiraillée entre mon souhait de garder cet enfant que je désire depuis longtemps, et cette réalité du moment qui ne nous permet pas de lui apporter ce dont il a besoin. Et de toutes façons, je ne peux pas imaginer avoir un enfant d'un homme qui n'en veut pas ; je ne peux pas imaginer qu'il lui reproche un jour d'avoir gâché sa jeunesse. Je prends donc ma décision assez rapidement. Et là, le "parcours du combattant" commence. Nous sommes fin août. Je téléphone à ma gynécologue et tombe sur un message renvoyant sur les urgences gynécologiques. Souhaitant, dans un premier temps, rencontrer un interlocuteur dans un milieu un peu plus "privatisé" que le milieu hospitalier, je me décide donc à appeler les différents gynécologues de ma ville et des alentours. Tous partis en vacances. Je finis donc par me résoudre à téléphoner à l'hôpital où je tombe sur une secrétaire qui me demande de lui expliquer en quoi j'ai besoin d'un rendez-vous en urgence. Lui expliquant que je "souhaite" me faire avorter, elle me répond que "ce n'est pas une urgence" et qu'ils ne "pratiquent pas cela au sein de la maternité". Je n'essaye même pas de discuter. C'est sur Internet que je trouve finalement le nom et le numéro de l'association "SOS IVG avortement": la première fois que j'ai au bout du fil un interlocuteur qui m'écoute et qui, non seulement me donne les informations pratiques que je recherche (coordonnées d'un gynécologue de ville pratiquant l'avortement) , mais surtout m'offre une possibilité de parler de la douleur, pour une femme, de ce type de décision. Aussi bienveillants soient-ils, les gens qui n'ont pas vécu ce genre d'expérience, ne peuvent pas comprendre l'ambivalence dans laquelle une femme peut se trouver à ce moment là. Et c'est là, me semble t-il, le combat qu'il reste toujours à mener. Tout en me soutenant, ma propre mère m'a expliqué que "je le regretterai toute ma vie"; mon compagnon, très à l'écoute également, ne s'est pas déplacé chez le gynécologue, n'a pas eu à subir l'échographie, la prise de ce premier médicament qui arrête la grossesse. Je ne leur en veux pas parce que l'avortement suscite globalement, dans notre société, un malaise insupportable, davantage lié à l'impossibilité de concevoir les choses autrement que de façon radicale : encore aujourd'hui, s'il y a avortement, c'est qu'il n'y a pas d'amour possible pour cet enfant, c'est que l'on fait le choix, "arbitraire" et "facile", de retirer la vie à un être vivant. Or, quand on le vit, c'est un déchirement, c'est un renoncement, non pas au fait de devenir mère, mais précisément à cet enfant là. Je veux rendre hommage à ces quelques professionnels "militants": les écoutants de l'association "SOS IVG avortement", mais également le médecin gynécologue de ville (un homme âgé d'une soixantaine d'années, comme quoi !!! ) qui ne m'a jamais posé de questions déplacées, qui m'a accompagné dans cet acte dans le SILENCE et dans le respect de mon choix. J'ai avorté chez moi, un dimanche. J'ai pu peindre et me centrer sur l'expérience que j'étais alors entrain de vivre. J'ai pu dire "au revoir" à cet enfant sans me sentir polluée par le jugement, les regards ou les propos de personnes "ignorantes". Aujourd'hui, je suis enceinte de cinq mois. Mon compagnon avait donc raison, nous allons bientôt avoir un enfant ensemble. Il vit cette grossesse dans le bonheur : il m'accompagne à chaque échographie, a déjà fait sa liste de prénoms et a commencé à s'occuper des travaux pour sa chambre. De mon côté, je n'oublie pas cette première grossesse, aussi furtive fût-elle, mais je ne regrette pas mon choix pour autant. La douleur est toujours là, mais elle ne m'empêche pas de regarder vers l'avenir. Je voudrais que les femmes qui ont subi une IVG parlent également (pas seulement pour la vertu thérapeutique du témoignage) mais parce que plus qu'avoir "simplement" le droit à l'avortement, nous devrions aujourd'hui être autorisées à dire "je me suis faite avortée, c'est un acte très douloureux, et pourtant, je ne le regrette pas".
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234355
b
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