Histoire vécue Grossesse - Bébé > IVG-IMG      (65535 témoignages)

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Je préfère souffrir que faire souffrir, même involontairement

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Il les a remises à l'endroit, je te rassure Il essayait de rendre les choses irréversibles… pour ne pas souffrir du choix qu'il avait fait et ne pas être confronté à la souffrance que moi j'éprouvais. Les hommes sont parfois très compliqués dans leur réaction… je décerne la palme à celui-ci Il a été odieux mais le principe était justement de provoquer tellement de haine en moi que je supporte ainsi mieux son départ.. Au lieu de ça, il a obtenu tout le contraire de ce qu'il attendait. J'étais certes en colère, mais il avait surtout réussi à détruire toute confiance et toute estime en moi… la totale, tout ce que j'avais gagné à force d'années de travail sur moi. M'enfin… Je suis redevenue moi, et je recouvre ce que j'ai perdu en moi… il reste encore du travail à faire et je le fais. La suite, par contre… bien vu, Val ! Citation : Qu'est-ce qui te fait penser que tu dois tout prendre sur ton dos, Princesse ? Parce que je suis consciente de provoquer inconsciemment tout ce qui se produit autour de moi… j'ai suscité des amours démentes (parfois jusqu'à la folie : cf mon ex-mari qui a voulu me tuer parce que je demandais le divorce et qui a fait moult TS suite à ça aussi) mais je ne sais pas comment Je ne crois pas être exceptionnelle ni être unique dans mon genre, mais il semble que pour certains, si, ils ne voient pas les choses autrement… et pourtant, Dieu sait que je ne suis pas parfaite, bien loin de là ! Citation : Qui avait l'habitude de tout mettre sur ton dos quand tu étais petite ou plus jeune ? Mes parents !!! Je n'étais jamais assez bien, et en tout cas, bien loin de la perfection qu'ils espéraient… encore aujourd'hui, quand je parle des violences inouïes que mon père m'a fait subir physiquement de 6 à 14 ans environ, des humiliations qui ont duré bien plus longtemps encore (jusqu'à ce que je m'enfuis à 20 ans, en fait) , il me répond invariablement : oui, mais tu étais dure, il fallait supporter vos bêtises (moi et mes soeurs) … or, je ne pense pas avoir fait plus qu'un autre enfant, bien au contraire… et il est arrivé plus d'une fois que j'ai été punie pour l'une de mes soeurs (putain ! Y a des trucs que je suis en train d'écrire et que j'avais totalement zappés dans mon histoire ) ou injustement… une fois, il y a eu un truc comme ça que je n'ai pas pu pardonner à mon père déjà à ce moment là malgré son câlin d'après. Ma deuxième soeur était bébé, quelques mois, j'avais 7 ans "fraîchement" et mon autre soeur 6. Nous dormions toutes les 3 dans la même chambre faute de place alors… et le bébé n'arrivait pas à s'endormir, poussait des cris plaintifs, parfois plus fort. Et nous, bien sûr, on ne pouvait pas trouver le sommeil. Pendant un temps indéterminé, je m'amusais pour passer le temps, à prévoir quand elle allait crier et pour ça, je clignais des yeux au moment où elle allait le faire. Un jeu comme un autre… Mon père est entré dans la chambre, martinet à la main, furax… tout de suite, on a vu qu'on allait prendre et ma soeur et moi nous sommes mises déjà à supplier et pleurer. Ma mère le suivait et était auprès du bébé pendant ce temps. Il s'en est pris d'abord à ma soeur, il l'a retournée comme une crêpe et l'a rouée de coups pendant que naïvement, je tentais d'expliquer que c'était "à chaque fois que je clignais des yeux qu'elle pleurait", j'ai du le répéter 3 ou 4 fois… et mon tour est venu alors qu'il s'affairait sur moi, ma mère intervient brutalement "arrête ! C'est pas leur faute ! Bébé a mal aux dents ! "… trop tard… le dos, les fesses, les cuisses étaient zébrés de rouge et notre sentiment d'injustice était vraiment très grand. Il s'est excusé, nous a fait un câlin, mais j'en voulais pas… ma soeur a passé l'éponge, pas moi, d'ailleurs… je n'ai pas oublié… ma soeur, si… Ce genre de trucs étaient fréquents +++ S'il était en colère, c'était forcément ma faute ou notre faute, si ma mère dépressive n'allait pas bien, c'est parce qu'on la fatiguait trop, si nous étions punies ou battues, c'était aussi toujours notre faute, parce qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait, mais il arrivait que même lorsqu'on croyait bien faire, on en prenait aussi… du coup, j'ai cessé de vouloir faire tout court ! Et comme je ne faisais plus, ne tentait jamais rien, j'en prenais aussi… bref, que je fasse ou pas, finalement, peu importe que je me plante, le résultat était le même pour moi. J'avais fini par me renfermer sur moi-même… je me coinçais dans ma chambre avec mes bouquins, mes crayons et mes papiers pour dessiner, ça m'a donné ça au moins : la créativité, m'évader par l'imaginaire, refaire ma vie à ma façon à travers les personnages que j'inventais, j'inventais celle que j'allais devenir… Ya pas que du négatif dans tout ça, heureusement. Citation : Ou qui prenait tout sur son dos ? Mon père ! Adulte, je me suis rendue compte qu'il avait pris à sa charge totale, psychologique et émotionnelle, ma mère… il l'a portée à bout de bras. Il n'était pas heureux, mais elle non plus ! Et on a fait les frais de leurs défaillances, finalement… Citation : Ou qui t'a donné des responsabilités qui n'étaient pas de ton âge (beaucoup trop tôt) ? Alors là ! Je les ai toutes eues, je crois… et toujours avec une immense angoisse à la clé. Dès mon plus jeune âge, ça a commencé par le langage… mon père avait relaté cette particularité de ma relation avec ma cadette d'un an. J'étais traductrice attitrée de ma frangine ! J'ai parlé très très tôt, d'après eux, mon langage s'est développé vers 1 an et à 18 mois, je parlais parfaitement avec une excellente prononciation et beaucoup de vocabulaire. Quand ma soeur a commencé à vouloir parler, ils ne la comprenaient pas, alors il me demandait de traduire ce qu'elle disait… Plus tard, il me demandait de prendre soin d'elle, de la surveiller quand on nous envoyait jouer dans la cour de la gendarmerie et si elle faisait des bêtises, soit je prenais pour elle (parce que je ne l'avais pas surveillée) , soit je devais rapporter ses bêtises (et elle se faisait punir, mais du coup, je me prenais les foudres de la frangine par après… sympa…) , le cul constamment entre deux chaises… Encore un peu plus tard, il arrivait que je sois seule avec mes deux soeurs pendant des soirées entières et de peur des dérapages incontrôlés j'en étais tyrannique avec elles… ça se passait pas trop mal au final, puisque pas de bêtises ou si peu en leur absence… Il y a eu aussi cet événement en apparence anodin mais qui m'a marquée +++. C'était une fin d'AM, j'avais 6 ans et ma soeur et moi nous sommes réveillées de la sieste sans personne dans la maison. Elle avait faim et j'ai voulu lui préparer un goûter (sympa la frangine, non ? ) , et en coupant le pain, je me suis entaillée le doigt… je hurlais, je ne savais pas quoi faire. Du coup, la frangine a fait pareil et ma mère est arrivée au bout d'un moment qui m'a paru interminable… j'étais soulagée mais j'avais peur aussi de la sanction. Elle n'est pas arrivée cette fois là, mais j'ai quand même pris l'engueulade. Enfin… bref… à 11 ans… j'ai été "vendue"… enfin, mes services de baby-sitting… non non, tu n'as pas rêvé, j'avais 11 ans. On me présentait comme responsable, capable de faire beaucoup de choses. Je me suis retrouvée une soirée entière à garder 3 enfants dont l'aîné n'avait que 2 ans de moins que moi et le plus jeune n'avait que quelques mois… J'ai hélàs confirmé la tendance : j'étais responsable +++ tout s'était très bien passé et on a fait appel à mes services à l'occasion mais assez régulièrement… Une autre responsabilité qu'on m'avait collé et que j'ai eu du mal à vivre, c'est à la naissance de la 4° fille. J'avais presque 17 ans… on va me dire, oui, là, ça va… ben non ! Quand ma mère est rentrée de la mater avec le bébé tout neuf, on me l'a confié pour l'AM entière, les parents avaient besoin de dormir et allaient faire une sieste… ordre de ne pas donner de bib' avant telle heure, juste de l'eau ou la tétine en cas de besoin, alors qu'à la mater, elle avait été habituée, selon la nouvelle mode (en 91) à la demande ! Ça n'a pas loupé, peu de temps après, elle a réclamé un bib'… j'ai donné de l'eau, c'était pas l'heure… tu parles, bébé ne s'y est pas trompé, elle a protesté… j'ai donné la tétine, mais rien… Et à un moment, elle s'est fâché vraiment et je l'ai vu subitement bleue, sans respiration ! Panique ! Au bord des larmes… Mon père est descendue, je ne me rappelle même plus ce qu'il m'a dit, mais il n'était pas content et visiblement je ne savais pas y faire… j'ai bercé, encore et encore, et je me suis finalement allongée, bébé calé entre mes seins, elle s'est endormie d'épuisement Je n'osais pas me lever pour aller la déposer dans son landau, du coup, je suis restée comme ça et je croyais bien faire… les parents sont descendus de leur sieste, elle dormait comme une bienheureuse, moi, je respirais à peine de peur de la réveiller et je me suis pris une engueulade monstrueuse de l'avoir laissée dormir contre moi décidément, j'avais tout FAUX… Le moins qu'on puisse dire, c'est que j'ai très mal vécu ce moment. 3 ans après sa naissance, je crois que ça a été le pire du pire… quoique… qu'est ce qui est pire ? Mon père a pris maîtresse et a quitté dans la foulée le foyer et demander le divorce (ce qu'il a renoncé à faire quelques mois plus tard pour s'installer de nouveau avec nous… mais c'est moi qui suis partie suite à son retour). Ma mère s'est effondrée et est redevenue suicidaire (ah oui.. Détail important… maniaco-dépressive et suicidaire dans les pires moments) … c'était aussi l'année de mon bac… j'ai du tout supporter, tout porter toute seule. Au début, ma soeur m'a aidée, mais très rapidement, elle s'est désengagée, sortait beaucoup et faisait sa vie avec son petit ami. Moi, non, je suis restée, à voir ses larmes, à soulager tout ce que je pouvais soulager, prendre la plus jeune de mes soeurs en charge… je me suis retrouvée à gérer toute la maison toute seule… ma mère ne souhaitait pas prévenir sa famille ni les voisins, ni les amis de sorte que je me suis retrouvée sans soutien, sauf mes profs et mes amies de lycée. Je me dépêchais comme une damnée de rentrer de peur qu'elle ait fait une bêtise et de rentrer pour ne trouver que des cadavres, j'ai séché des cours, parfois… ma mère était devenue un moment comme un enfant dont j'avais la charge. A même pas 20 ans, ça fait drôle… Je la sortais, je discutais avec elle… je savais le moindre détail d'elle, jusqu'à sa vie intime avec mon père ! En y repensant, je me dis que ça tournait pas rond quand même… Dans une tentative de renouer avec mon père, elle est allée le retrouver un jour dans un hôtel… ça n'a pas marché mais le pire du pire, c'est l'entendre me dire "je suis enceinte, je le sais déjà" et me voilà en train de la convaincre de ne pas faire cette folie, d'aller consulter notre médecin pour empêcher ça… Malgré son interdiction et avant de devenir cinglée, j'ai appelé ma GM maternelle depuis une cabine téléphoniqeu et je lui ai demandé d'appeler à la maison sans lui dire les raisons au départ, puis devant son insistance, j'ai fini par tout lui raconter. Elle est montée à Paname dans la foulée et m'a déchargée bienheureusement de ce merdier. Puis une de ses soeurs est venue prendre le relais et a fini par la convaincre d'aller se reposer dans sa famille où elle serait entourée et où nous, moi et ma soeur, serions déchargée des inquiétudes et nous permettrait enfin de préparer notre bac… Je suis en train de réaliser que je suis entrée dans un schéma de responsabilités à outrance parce qu'il en a toujours été ainsi… Qu'on me les foute ou que je les prenne… et vu aussi le reste de ma vie sur ce plan là (ça serait vraiment long ! ) , ça veut dire aussi qu'inconsciemment, j'envoie des signaux aux autres qui leur font croire que je peux supporter toutes les responsabilités même celles qui leur incombent, non ? Ils se déchargent littéralement sur moi… J'ai pourtant aussi conscience qu'il y a des responsabilités que je n'ai pas à prendre, qu'on ne peut m'imposer et je pensais avoir travaillé sur ce point là précis pourtant… je remettais depuis 4 ans déjà les responsabilités à chacun et je ne prenais que celles que j'étais prête à assumer… pourquoi ça revient aujourd'hui ? Qu'est ce que je n'ai pas réglé encore ? Désolée pour la longueur… Je me laisse entraîner parfois par mes pensées et je déroule à outrance… Merci pour vos interventions, elles me font avancer (enfin… je suppose… il me manque quelque chose mais je ne sais pas quoi ).
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267996
b
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