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L'ingérence de la mère (réflexions sur le temps qui passe)

Témoignage d'internaute trouvé sur familles - 14/09/11 | Mis en ligne le 09/05/12
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J'ai passé 35 ans, j'ai deux enfants. J'ai eu des grossesses peu exposées (ça ne se faisait pas, bon dieu pourquoi monter ce ventre, ça n'a rien de bien intéressant, ça arrive à tout le monde). Dans cette lignée, parfait petit soldat, j'ai eu deux accouchements classiques pour chacun d'eux, à l ? Hôpital, avec un médecin et le personnel de garde à ce moment-là et séjours en maternité de six jours à chaque fois. Il y a dix ans, je ne me suis pas posée de question, c'était comme cela que ça se faisait. Ma mère avait fait comme ça, je suis l'aînée de la famille, mes parents également, c'était donc à moi de montrer la voie. Mon ainée a été mise au pas dès sa naissance. Biberons à heures fixes et nuit de six heures imposée dès le départ (et tant pis si tu pleures). Comme ça on prend de bonnes habitudes de suite. Laisser pleurer (de toutes façons avec elle, rien ne faisait effet) de jour ou de nuit, l'enfant reste dans sa chambre, dans son lit, puis dans son parc. Quand on bouge il a un cosi ou une poussette et c'est très bien ainsi. Ne tombons pas dans le cliché bobo et new-age de la mère esclave de son enfant. Mon second a été l'objet d'une rébellion des plus légères venant de moi . Il a été pris dès sa naissance avec moi dans mon lit durant son séjour à la maternité, me donnant le plaisir d'entendre les remarques agacées de ma mère : "Et t'as pas peur de l'écraser ? Non mais fais attention il va s'y habituer hein" etc. Nourri aux biberons à heures fixes quoiqu'un peu plus souplement que sa s'ur, il a fait ses nuits plus tard qu'elle il est vrai (7 semaines Oh Shocking) et a passé bon nombres de nuit collé à moi, contre moi, sur moi, avec moi. Ma mère n'en a jamais rien su. Ma peur peut-être, de déclencher des bombes et des critiques inutiles. Il est vrai que, des années plus tard, il est moins indépendant que sa s'ur, plus pleureur qu'elle aussi, plus "petit" , tout simplement. Enceinte de mon troisième et là, je vire de bord. L'envie (simplement l'envie déjà) d'envisager d'accoucher et de rencontrer cet enfant totalement autrement. Ma mère, d'abord rassurée de me savoir suivie par un gynécologue dans un hôpital universitaire, ne sait pas grand-chose de mes réflexions actuelles. Le simple fait d'aborder mon choix d'accoucher en me passant de péridurale fait de moi une imbécile. Mon gynécologue ne pratiquant pas d'accouchement, mes deux précédents étant sortis sans trouble majeur, j'envisage un accouchement avec une sage-femme libérale et un séjour des plus courts à l ? Hôpital. Je dis bien "j'envisage" et non "j'ai décidé" . J'en suis encore à réfléchir. J'ai le temps. En dix ans, j'ai grandi, appris à voir le monde comme une maman et comme actrice de la société actuelle. Mes habitudes de consommation ont changé, je suis plus attentive aux origines des produits bios et issus du commerce équitable, je veux vivre avec un peu plus d ? Harmonie et de réflexion sur les temps que nous vivons. Cette démarche entraîne donc avec elle, des réflexions sur plusieurs sujets, dont celle d'un accouchement autrement, de l'allaitement à la demande, de l'utilisation des couches lavables, du sommeil partagé les premières semaines. Chacun de ces sujets touche ma mère lorsque je les aborde avec elle. Ses réactions sont à chaque fois épidermiques. J'aimerais pourtant partager avec elle ces réflexions, ces remises en questions, sans pour autant devoir affirmer qu'une décision est prise ou non, tout comme je le fais par le biais de forums internet ou avec mes amies proches. Il s'agit d'un processus et chez elle, le simple fait d'aborder ce processus est perçu comme si je "sortais des rangs" . L'idée d'un accouchement "sans péridurale et avec ma sage-femme" suscite chez elle un effroi comme si je me rebellais contre un ordre établi. Sans compter qu'il est impossible d'aborder le sujet d'un éventuel accouchement à domicile sans se faire immédiatement insulter en tant que "criminelle" . Même le séjour de courte durée en maternité la fait bondir. Selon elle, c'est la seule façon de rentrer pimpante et fraîche de son accouchement, prête à reprendre le cours de sa vie comme il se doit. Mais je ne serai pas fraîche et pimpante en rentrant de la maternité. J'aurai trois enfants, dont un nourrisson, un homme et une maison à gérer ; Aucune femme ne peut être fraiche et pimpante en 6 jours dans une situation similaire. Rajoutons la terrible nouvelle que je lui épargne encore un peu : l'allaitement à la demande, qui va me valoir la condamnation d'être une mère esclave de son enfant, responsable subitement d'avoir mis au monde un futur enfant-roi qui écrasera tout le monde sur son chemin et sera la terreur de la crèche, de l'école et plus tard, de la société. Sans compter les charmantes remarques sur mon statut d'être humain passé subitement au statut de vache à traire. Non mais, vous voyez la déchéance. Je vous passe nos idées de couple de parents sur l'utilisation de couches lavables (probablement pas dès la naissance mais dès 6 mois environ) , une fois qu'un rythme plus régulier sera acquis dans notre foyer et permettra l'introduction de ce geste également. Sans connaissance au préalable de ce qui se fait actuellement dans cette matière, ma mère ne voit que les carrés de coton pliés dans un emballage plastique retenus par des épingles de sûreté… Bref, c'est sûr, je retournerai à l'âge de pierre. Sans me vanter mes enfants sont deux bambins relativement bien élevés, turbulents à leurs heures, mais sachant se tenir la plupart du temps, bref ayant un comportement satisfaisant aux yeux des adultes comme ma mère. Avec tout cela, je sais qu'en choisissant la voie que j'envisage, je creuse moi-même ma tombe. Et que je ne vienne jamais me plaindre de mon statut de mère de famille nombreuse et débordée, en choisissant de faire comme ces folles à la mode, je cherche moi-même les problèmes qui surviendront bien évidemment. En soi, cela ne me pose pas de problème. Quelque soit notre choix de couple, de parents, de famille, il s'agit de MA cellule familiale, et ma mère a eu son tour. Je ne regrette pas ses choix éducatifs, ses décisions prises pendant mon enfance (celle où on disait aux parents de coucher les enfants sur le ventre) , mais là je vis un dilemme, à savoir celui de me taire, de ne plus aborder ces sujets féminins que j'aimerais tant partager avec elle, et l'affronter après, quand elle me verra rentrer "trop" tôt de la maternité, quand elle me verra avec mon bébé-sangsue accroché à mon sein à toute heure emballé dans ses couches-lavables et sortant à peine de mon lit et non de son berceau. L'autre solution serait de continuer à lui apporter des bribes de mes réflexions, qu'elle apprenne à petit à petit envisager elle aussi qu'une autre façon de faire, c'est possible, sans être mal systématiquement. Mais ce travail est parfois épuisant nerveusement, pour moi et pour mon homme, car il me pousse à chaque fois à me remettre moi en question, à me dire que je me trompe peut-être de voie, à relancer le débat avec mon partenaire, à nous reconvaincre ensemble que nos choix sont les bons, que nous sommes adultes, que du haut de nos presque 40 ans, nous n'avons pas besoin de l'accord de nos parents que nous aussi, nous avons fait nos preuves etc… Grandir, c'est cela aussi, 40 ans après ?
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252638
b
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