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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 25/11/10 | Mis en ligne le 29/04/12
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Oui oui, les guerres, semble-t-il, on s'y habitue, les canons, eux, Gisent à terre, pareil à des animaux antédiluviens pris dans la glace. Choeur des hommes, chant des mâles_ Personne a-t-il jamais ouï la chair hurler de terreur devant la bouche des canons, couleur de lilas ? -personne a-t-il jamais ouï le sanglot des coeurs débouchant sur un trou-la-i-tou, des coeurs couverts de boue, de croûtes, de barbe, inondés de poux ? Beuglement, sentimental, arrogant, dans le mâle registre de la basse, que. Brâmaient aussi d'une voix mâle des adolescents. . Qui l'a recueilli le dernier cri au terme de son aventure, le cri terrible ? Nos explosions d'enthousiasme, notre musique font une danse sous la luette à nous faire bâiller. Et notre musique, c'est le jazz. Car notre coeur, notre cerveau ont épousé son rythme chaud et froid : son rythme frénétique et fou, hectique et saccadé. Jusqu'à nos filles qui sentaient battre au creux de leurs mains et dans leurs hanches la même pulsation brûlante. Leur rire entroué et cassé a la dureté de la clarinette. Leur chevelure prend des reflets de phosphore. Qui brûlent. Et leur coeur, au rythme de la syncope, explose d'une douloureuse sauvagerie sentimentale. Elles sont ainsi, pareilles au jazz. Ainsi leurs nuits où crépite l'éclat de nos amiesareilles au jazz. Ardentes, hectiques, frénétiques. Qui écrira pour nous un nouveau traité d'harmonie ? Qu'avons-nous à faire encore d'instruments bien tempérés, nous qui contenons en nous trop de dissonances ? Qui composera pour nous un cri, couleur de lilas ? Une rédemption, couleur de lilas ? Foin des natures mortes : notre existence a le ton haut. Et foin des poètes à la syntaxe rigoureuse. La patience nous manque pour la syntaxe rigoureuse. Nous réclamons les porte-parole des sentiments enflammés aux sanglots rauques. Qui appellent. La chose chose, la femme femme, dont le oui est oui, et le non non : à voix haute et claire et trois fois plutôt qu'une-et foin des subjonctifs ! Le temps nous manque pour la discussion des points-virgules, toute harmonie nous amollit et toute nature-morte nous écrase : car notre ciel, la nuit, a des reflets de lilas. Lilas qui ne connaît pas les atermoiements de la grammaire, lilas aigu, ininterrompu, insensé. Au-dessus de nos corps abattus ces anges d'ombreans la tourmente glacée les cavités oculaires-et -couleur de lilas-la peau de nos filles sous le cou et un peu au-dessous des seins. Couleur de lilas. Le gémissement, la nuit, des affamés et les mots balbutiés des amoureux qui se bécotent. La nuit est pleine de mort : notre nuit. Car notre sommeil est peuplé de batailles. Nos nuits pleines de rêves de mort résonnent du tumulte d'autres combats. Notre matin est lourd de solitude. Notre solitude de l'aube a l'éclat du verre, friable et glacé. Telle est la solitude de l'homme. Les chats seulement, les vaches, les poux, les vers de terre supportent l'infinie solitude de la glace. C'est peut-être qu'ils vivent en communauté moins que nous, peut-être participent-ils davantage du monde. De ce vaste monde. Au sein duquel notre coeur se fige. Notre coeur s'arrête ? À cause de notre fuite. Ecoute en toi le tumulte de tes abîmes. As-tu peur ? Entends-tu le choral chaotique où s'entremêlent les airs de Mozart et les cantates ? Et la voix, la voix, l'entends-tu toujours ? T'en souvient-il encore quand tu vas, ivre de sang, travesti, bras-dessus, bras-dessous avec les von von von ? Entends-tu le jazz ? Un psaume particulier ? Essaie de vivre alors au-dessus de tes abîmes aux reflets de lilas Car le matin qui se lève derrière le talus et les toits goudronnés, c'est ton oeuvre, et cela seulement. Et derrière tout cela ? Derrière tout cela que tu appelles DIEU, fleuve, Étoile, nuit, miroir, cosmos, hildegaard ou lola-derrière tout cela il y a toi, et rien que toi. Solitude de glace. Pitoyable. Vaste. Tes éclats de rire. Ta souffrance. Ton interrogation Ta réponse. Derrière tout cela, uniforme et nu et comme toujours travesti, vacillant dans l'ombre, sans bornes, étrange, cette dimension que tu pressentais non sans terreur : toi-même. Ton amour. Ta peur. Ton espoir. Quand notre coeur, ce pitoyable muscle magnifique, en vient à ne plus se supporter soi-même-et quand notre coeur finit par mollir sous l'effet des sentimentalités dont nous accouchons, nous devenons manifestement ordinaires. Non, notre dictionnaire n'est pas beau. Mais il est épais. Et il pue. Amer, comme la poudre. Acide, comme le sable des steppes. Apre, comme la merde. Et tonitruant comme les tumultes du coeur. Et nous nous blaguons nous-mêmes, non sans dédain, nous brocardons notre coeur sensible de poète et ces étranges frères perdus. Ils expriment les sentiments de notre coeur, ils nous mènent, ô chemin inattendu, au bord des larmes : mais nous refusons d'invoquer un océan de larmes où nous nous noierions. Nous voulons nous montrer grossiers, prolétariens ; planter des noisetiers, du tabac, des tomates et conserver de tumultueuses terreurs. Jusqu'aux creux de nos lits couleur de lilas_jusque dans les bras des filles couleur de lilas. Car nous prisons les proclamations bruyantes, tonitruantes, si peu conformes à la mentalité du poète, notre seul secours par dessus les rêves de guerre, les gueules lilas des nuits. Car le mal ne nous a pas rendus durs, ne croyez pas cela, ni brutaux, ni superficiels. Car nous portons sur nos épaules nombre de morts de cire, lourdes comme le monde, sur nos maigres épaules. Nos larmes, elles aussi, n'ont jamais coulé plus librement qu'au lendemain des maux. Voilà pourquoi nous aimons le bruyant carrousel de lilas, le jazz qui déroule ses orgues au-dessus de nos têtes, grondant, beaucoup trop drôle, lilas, barriolé et pervers peut-être. Et notre coeur de poète-avant que le drôle ait poussé son cocorico-nous l'avons renié trois fois. Et nous finissons par admettre ceci : notre morale ne s'embarasse plus désormais de lits, de seins, de pasteurs ou de combinaisons, nous n'avons pas d'autre choix que le bien. Mais qui nous donnera l'étalon de ce bien-là ? Notre morale se règle sur la vérité. Vérité nouvelle, impitoyable comme la mort. Vérité si douce aussi malgré tout, si surprenante, si équitable. Aussi nues l'une que l'autre. Car notre bouche est pleine de je ne sais pas. Ce n'est pas le désespoir qui nous met le refus dans la bouche. Et nous ne trouvons aucune paix dans les étreintes. Car dans le refus, à nous de trouver le matériau d'un oui. Nous devons bâtir des maisons dans l'air serein de nos refus, au-dessus des gouffres, de la bouche encore ouverte des agonisants : Bâtir des maisons dans l'air purifié par les découragés, Maisons de bois, de cervelle, de pierre et de pensée. Eux tous, ceux qui ont peur et ceux qui souffrent et les découragés : voilà ceux que nous voulons aimer dans leur total dénûment. Ce sont eux que nous aimerons comme les Chrétiens leur christour leur Passion. Car ils sont notre monde. Et ce monde qui nous effraie tant, force est bien que nous le reconstruisions, par-dessus les abîmes : Avec notre souffrance, faite de notre amour. Nous voulons aimer les pierres réchauffées de soleil, les hou-hou du vent qui chantent toujours dans les bois. Et chante aussi dans les poutraisons effondrées. Et les fenêtres chaudes et jaunes avec les petits poèmes au carreau.
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b
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