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Post IVG et regret : il faut se pardonner son acte

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Sur le coup, je me suis sentie comme amputée. Et finalement je me suis sentie encore pire quand je me suis rendue compte que je m'étais coupée moi-même. Ce vide, là, qui m'aspirait et m'a fait perdre pied ; j'en étais responsable. Alors je me suis mise à tituber, à tatonner, j'ai essayé de me raccrocher à quelque chose ou plutôt à quelqu'un… mais c'était comme une ombre fuyante, un fantôme. Plus je m'approchais, plus je voyais son image s'éloigner, se rétrécir et disparaître au loin. Et c'était encore plus insupportable de me retrouver seule, d'avoir l'impression de porter tous les torts alors que je criais à l'aide… Alors je me suis construis mon monde, pour survivre. Je l'ai détesté lui, ce fantôme, parce que c'était le plus simple à faire. Je m'en suis voulue à moi pour cette blessure que j'avais choisi… je suis même allée jusqu'à penser que sans son influence, je ne me serai pas fait ce mal-là. J'ai préféré croire que cette blessure resterait là, sans jamais cicatriser… parce que finalement, c'était bien fait pour moi. Je me suis détestée. Et en fait, c'est plus facile de s'en vouloir que de se pardonner… même si ça détruit beaucoup plus à long terme. J'en ai vite déduit que je ne devais pas être digne d'être soutenue, que l'histoire se répèterait. Alors j'ai monté mes protections d'un cran. Au bout de quelques mois, j'ai laissé ma rancoeur envers lui de côté. J'ai fini par comprendre que c'était de l'énergie mal placée. M'énerver contre quelqu'un qui n'est plus là au lieu d'assumer mes choix… peine perdue. Alors j'ai arrêté de penser à cette aide que je n'avais pas reçu… après tout, je lui ai demandé, il ne me l'a pas donné, il était libre de faire ce choix-là. Pourquoi en vouloir à vie ? Il a montré ses limites vis à vis de moi, j'en ai tenu compte et l'histoire s'arrête là. Finalement, j'ai fini par émettre l'idée de me pardonner. Je crois que je n'ai réussi qu'à le faire en ce 10 mai. Il m'a fallu 9 mois. Pile poil. J'ai pleuré toutes les larmes que je pouvais ce soir-là, j'ai regardé la vérité en face en me disant "c'est fait, c'est fait. C'était le bon choix. Tu t'es assez fait souffrir toi-même… quelque part l'erreur a été payée. Lâche prise." Et je n'y ai plus repensé, je n'ai plus ressenti cette douleur constante… je n'ai plus ressenti ce vide, ce manque. Je m'étais réparée. Je pensais ne plus avoir d'étape à franchir, je pensais que j'étais déjà "guérie"… et ces jours-ci ont eu raison de moi. J'ai eu peur de retraverser cette période, je me suis sentie aussi désemparée, meurtrie qu'il y a un an. J'ai recommencé à ne plus manger, à ne penser qu'à ça, à être morte de trouille, à pleurer le soir toute seule sous ma couette. J'ai recommencé à me sentir seule, pas aimée, pas digne d'être aimée peut-être même encore… J'ai ressenti exactement les mêmes émotions qu'il y a un an et c'était vraiment très étrange à revivre. Comme si j'étais amnésique et que cette année écoulée était redevenue futur. Le passé était présent ou mon présent était retourné dans le passé. J'ai senti les symptômes… ont suivi les certitudes "c'est sûr, c'est ça, je le sens". Puis je me suis revue faire le test. Je me suis revue sur mon lit en train de caresser mon ventre, de me sentir mère. Je me suis revue espérer que l'avortement n'allait jamais arriver, qu'un miracle allait se produire. Je me suis revue chez le gynéco avec l'échographie de mon bébé sous le nez. Je me suis revue avaler le premier cachet, la boule au ventre… et rester allongée 48h sans trop avoir conscience de ce qui m'entourait. Je me suis revue seule dans cette grande maison, sans personne pour me prendre dans ses bras. Je me suis revue sourire en pleurant parce que mon chat était là et rien que ça, qu'elle reste 24h avec moi alors qu'elle est si sauvage, ça a adouci ma peine. Et puis je me suis revue face à ce 2° ; cachet, celui qui allait tout arrêter. Je me suis revue le regarder pendant des heures en me demandant comment j'allais avoir la force de l'avaler. Je me suis revue pleurer une fois que le verre d'eau avait été bu… en me demandant si je devais aller le vomir ce truc ou si je devais rester là, à attendre… Je me suis revue me coucher en me disant que je n'avais aucune nouvelle de "l'homme de ma vie" depuis 5 jours… et la suite n'est qu'une longue succession de jours, de déceptions, d'instants solitaires et tristes. Pas si long que ça finalement, 3 semaines… mais dans mon souvenir, ça ressemble à une éternité. J'ai l'impression que ça a duré 6 mois. Et je me suis revue, le jour de l'échographie de contrôle… le jour où ce médecin si gentil m'a dit "tout est redevenu normal". Normal. NORMAL. Les jambes m'ont manqué, je tremblais, je réalisais pas. Je suis restée 30 mins dehors, assise sur un banc. Les gens passaient mais je ne voyais rien. Je ne voulais même pas crier ni pleurer. Trop de douleur, je ne ressentais plus rien. Pendant ces 30 mins là, je m'en suis foutue de ma vie. Mais vraiment foutue. Au point de me dire que si je disparaissais là tout de suite, ça ne me ferait rien, parce que j'avais déjà tout perdu. J'ai revu tout ça défiler sous mes yeux. C'est là que j'ai pris peur… comment retraverser ça ? Pourquoi cette douleur à nouveau ? … et j'ai commencé à me renfermer. J'avais peur de lui dire "à l'aide", j'avais peur d'être à nouveau avec un fantôme. Je ne savais plus comment gérer, quoi dire, quoi faire… la panique à bord. Alors j'ai réfléchi posément. Je me suis auto-rassurée. Je savais que je faisais un flash-back, c'était tellement évident. Je me suis dit que j'étais plus forte que ça maintenant, que j'avais grandi d'un an : un an d'expériences, de douleurs, de joies, de remises en question et d'autant de pas en avant. Alors j'ai pris mon téléphone et je lui ai dit "Ca ne va pas" en pleurant. Alors j'ai pris le risque d'angoisser, de le voir partir suite à ça… mais lui il est venu chez moi le lendemain. Lui il m'a pris dans ses bras et m'a couvert de bisous… et j'ai osé lui dire aussi qu'il était secret, que je ne savais pas ce qu'il ressentait. Quand il m'a expliqué que ses histoires passées l'avaient rendu muet, l'avaient fait se protéger… j'ai baissé ma garde. Je lui ai dit pour la peur de le faire fuir si je n'allais pas bien… et une heure après, il m'a regardé avec un grand sourire en me disant "je suis vraiment très heureux avec toi". Et j'ai compris que l'histoire ne se répétait pas… et que cette mauvaise étape de quelques jours était finalement nécessaire pour avancer encore un peu mieux. Mon "malheur" s'est passé il y a un an jour pour jour. Mon bonheur est aujourd'hui. La reconstruction peut prendre beaucoup de temps… on peut passer par énormément d'étapes… mais il est important de se pardonner, d'aller de l'avant et de se laisser une chance d'être heureuse.
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218955
b
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