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Trisomie 21 adoption urgent svp

Témoignage d'internaute trouvé sur france5
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Bonjour, Finalement, les uns comme les autres vous ne faites que juger : pour ou contre. Il me semble qu'une troisième voix manque dans vos échanges. Mon expérience me permettra peut-être de vous mettre d'accord et, qui sait, peut-être vous donner une piste pour aider la "maman" qui a mis au monde cet enfant trisomique. Il y a 15 ans, j'ai appris la trisomie de l'enfant que je venais de mettre au monde et moi aussi, je n'ai pas pu envisager cette vie-là, le regard des autres, les difficultés, les changements radicaux que cela impliquait pour mes projets de tous ordres, l'inconnu, la solidité, la conviction, le courage qu'il faudrait pour faire face aux épreuves etc. Etc. Et moi aussi l'équipe médicale m'a proposé l'abandon, dès les premiers instants. A ce moment-là, seule la mort de cet enfant semblait pouvoir me délivrer du malheur qui s'abattait sur nous. Même l'abandon semblait trop lourd à porter, car nous étions des parents aimants, passionnés par l'éducation de nos enfants déjà nés et à venir, pas très matérialistes, pas égoïstes. Abandonner un enfant ? Je ne me serais jamais crue capable d'une telle monstruosité. Et pourtant, c'est le choix que nous avons fait. 15 ans plus tard, j'ai découvert que les perspectives que l'on peut avoir à 30 ans évoluent, que rien ne ressemble exactement à ce qu'on avait envisagé… On acquiert de la confiance en soi, le regard des autres a moins d'importance, les bonheurs et l'épanouissement ne proviennent pas d'où l'on imaginait. L'épreuve que l'on a traversée nous a marqués pour la vie et nous accompagne toujours. Car que répondre à ces questions inconcevables de nos enfants : auraient-il pu, eux aussi, être privés de notre amour s'ils avaient été différents ? Les aurions-nous conçus si nous avions élevé cet enfant ? Comprennent-ils ce choix ? Où vit maintenant cet enfant s'ils voulaient le rencontrer ? Comment côtoyer, parmi notre entourage, ceux qui ont condamné notre choix sans le comprendre ? Et que dire aux personnes qui ne nous ont pas connus "avant" : combien d'enfants ai-je. Eus ? Comment me jugerait untel ou untel s'il savait ? A qui pouvons-nous confier ce poids ? ("La naissance, quel moment magique, mais pas pour moi, car voici mon histoire… Ah pardon j'ai plombé l'ambiance ! ") Et le jour fatidique de l'anniversaire, comment le supporter ? Et… et… Je ne regrette ni le choix que j'ai fait, ni celui que je n'ai pas fait. Il n'y a pas un "bon" choix et un "mauvais" . Il n'y a que l'injustice d'avoir été celle à qui cela arrive, comme, pour d'autres, l'accident, la perte d'un être cher, la maladie, une épreuve, surmontable mais douloureuse. En revanche, mon expérience m'a laissée entrevoir une troisième voie, qui aurait peut-être été meilleure. Celle d'être encouragée à prendre mon temps, face à moi-même, mais aussi face à la réalité qui serait la mienne durant toute ma vie, une réalité sans caricature. Pour cela, les pressions de l'état civil et les propositions des équipes médicales sont de très mauvais conseil. L'état civil, parce que l'accouchement sous X, tentation de rayer totalement cet évènement de notre histoire, exige une décision rapide. Les équipes médicales, parce celles qui nous entourent dans ces moments de panique sont celles qui oeuvrent pour la maternité, formées pour traquer la trisomie et accepter, même tardivement dans ce cas précis, un IVG. Leur approche n'est donc pas neutre. Le jugement de l'entourage, lui aussi, quel qu'il soit, est de mauvais conseil. Refuser ce qui nous arrive est bien naturel. Refuser ou accepter l'enfant devrait prendre plus de temps. Prendre ce temps et cette distance est, je crois, le plus difficile à concevoir. Mais le temps est indispensable pour découvrir l'ensemble des réalités, s'écouter, prendre un peu de recul, sortir de l'état de choc, s'informer (parents d'enfants handicapés, parents ayant vécu la même expérience, psychologue, lectures, …). Permettre au parent en détresse d'entrevoir cette voie, c'est s'efforcer de ne pas condamner d'avance un choix ou un autre. L'aider c'est le voir avant tout comme une victime. Il vous faudra aussi beaucoup d'humilité pour reconnaître votre incapacité à juger. En effet, vous ne serez jamais celui ou celle à qui c'est arrivé, vous n'êtes pas celui dont toutes les certitudes volent en éclats et qui se trouve à nu devant ce choix, sommé de trouver soudain qui il est profondément, vous ne saurez donc jamais ce que vous auriez fait dans la même situation. Sincères pensées et bon courage !
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271587
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

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