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Naissance émouvante de mes petits chevaliers

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La naissance de mes petits Chevaliers Scarlettons César et Ulysse Rappel du contexte : mardi 21 sept, nous sommes allés à la mat à 3h du matin car j'avais beaucoup de contractions assez fortes et régulières. Mon col était effacé, à 2 doigts mais le travail n'avait toujours pas commencé. Comme ma gynéco était ce jour là, à la mat (dans un autre service) , on nous a demandé de revenir pour 08h00 et on verrait avec elle pour un déclenchement, les examens confirmaient toujours que le plus petit des bébés avait stoppé sa courbe de croissance. Nous sommes rentrés vers 05h30, la maison était calme, tout le monde dormait, mon grand, Aure et ma mère que nous avions réveillée à 05h00 et qui ne savait pas que nous étions revenu ! Nous avons essayé de dormir, avec cette sensation unique de se dire "ça y est, c'est le grand jour" . 07h15 on se réveille, on se prépare… et ON Y VA !!!! Arrivés à la mat, on me refait les contrôles usuels, le col avait bougé encore un tout petit peu. Ma gynéco est arrivé et nous avons décidé avec celle qui était de garde ce jour là en salle d'accouchement de déclencher le plus naturellement possible en rompant la poche des eaux. J'étais hyper serEine, mon homme aussi j'ai même regardé l'heure et dis à l'équipe, on déclenche à 10h ? OK à 12h30 vous pourrez venir admirer mes fils ! Gonflée à bloc par deux accouchements précédents extrêmement rapides et faciles, j'ai fait preuve d'une audace et d'une prétention effrontée…Les heures qui suivirent m'ont rapidement calmée… Installées en salle d'acc à 10h00, on a attendu 11h00 pour le déclenchement car on devait avoir l'accord du service de néonat pour des éventuelles places pour nos bébés en cas de besoin, puisque 3 semaines avant terme et un des bébés de petit poids. On était toujours aussi serein, on préparait nos sms, blaguions et étions persuadé tous les deux que tout irait super vite… Juste avant le déclenchement la gynéco nous explique comment va se dérouler l'accouchement et nous a prévenu que pour des jumeaux il y aurait beaucoup de personnel et que ce n'était pas des conditions douces et romantiques… On a quand même validé que le papa pourrait faire un "peau à peau" avec le premier bébé pendant que je mettais au monde le deuxième ainsi que le fait que nous ne voulions qu'ils soient ni lavé, ni aspiré etc…et que nous voulions les avoir ensemble côte à côte sur mon ventre dès la naissance du deuxième. Déclenchement 11h15, cela a été assez douloureux et désagréable mais rien à côté de ce qui m'attendait. A 12h00, les contractions avaient bien augmenté et le col commençait à s'ouvrir un peu. A 13h00 la gynéco m'annonce que l'anesthésiste allait arriver… moi horrifiée "l'anesthésiste ? Pourquoi faire ? " , "pour la péridurale Madame" , moi "mais je ne veux pas de péridurale" , elle "c'est obligatoire pour des jumeaux les risques de césarienne pour le 2ème bébé sont très élevés et le temps est compté dans ces cas là, si la péridurale est posée, c'est tout ça de gagné pour votre enfant" …… Forcément, si c'est pour mon enfant…je cède. Mais elle m'a garanti qu'à part la première dose, je pouvais ne pas actionner la péri et donc vivre mon accouchement comme désiré. Et là, mon cauchemar a commencé, un être barricadé derrière sa tenue et son masque verts, à la corpulence et la voix ni homme, ni femme, rentre comme une furie dans la salle et me dit, "allez Madame asseyez-vous sur le bord du lit" . On a dû attendre un petit moment car les contractions enchainées ne me permettaient pas de m'assoir, et l'anesthésiste montrait son impatience, quelle délicatesse…. Mon homme qui savait à quel point je ne voulais pas cette fouttue péri s'est assis sur un tabouret en face de moi et me tenait les 2 mains, Oh combien j'ai eu besoin de ses mains, de sa force et de son regard. J'ai été piqué trois fois… La première fois, l'aiguille a été mal positionnée, la douleur fut terrible, la pire que j'ai connue de toute ma vie, une douleur foudroyante, profonde…La deuxième, le cathéter a glissé et s'est positionnée dans un mauvais espace…outre la même douleur additionnée de la peur psychologique et du stress, le produit anesthésiant s'est répandu comme une fusée dans le bas de mon corps provoquant ce que l'on appelle une "rachi" ….je ne sentais plus le bas de mon corps, l'horreur, j'ai été pris de panique. Ensuite la 3ème piqure toujours dans le même espace déjà bien "abîmé" par les 2 premières m'a arraché un cri de douleur tellement profond et incontrôlable, que mon mari en a pleuré… Mais cette fois-ci la péri était bien posée… On m'a expliqué que l'effet de la rachi allait disparaitre en moins d'une heure… Epuisée par l'intensité de ces douleurs qui persistaient dans le dos, pendant 1 heure, j'ai senti vaguement des contractions et mon bébé qui descendait, je pleurais car ne pouvais pas l'aider, me sentais absente, passive…et n'arrivais même pas à bouger les jambes. Mon homme me réconfortait, puis on a réussi à reprendre le dessus, à plaisanter, à essayer de retrouver nos forces pour que je puisse faire face au "travail" quand la rachi serait partie. Moi qui ne voulais pas de péri, avoir 2 anesthésie, c'était dur à accepter… A 15h00, le col était à 8-9 cm, quasi "complète" et on savait que cela n'allait pas tarder, je ressentais les contractions complètement et en était heureuse, j'avais mal, mais quel bonheur de sentir enfin mon corps et mon enfant travailler ensemble. Les deux sages-femmes qui nous accompagnaient depuis le matin, riaient et disaient que c'était la première fois dans leur carrière qu'une femme aimait les contractions et s'en réjouissait ! Lorsque les équipes se sont aperçu que le bébé était en position postérieure "le visage vers le haut" , j'ai demandé au papa d'aller questionner notre amie sage-femme avec qui nous avions fait de l'haptonomie (qui n'était pas en salle d'acc ce jour là mais dans les bureaux voisins) pour savoir comment il pouvait faire se retourner le bébé. Il est revenu et a commencé à positionner ses mains sous le regard mi-ahuri, mi-moqueur des équipes "traditionnelles" ….20 mn après, la sage-femme contrôle la position du bébé et dit en regardant avec admiration le papa "il s'est retourné" … Cela nous a fait un bien fou, nous a ému et nous a donné confiance en nous. Ensuite comme le bébé ne descendait toujours pas, on a appelé notre amie qui a eu l'autorisation de venir, on a poussé et travaillé en position haptonomie (sur le côté, avec action du père) , et là, le bébé a fait un petit bout de chemin. A 16h00, après examen, la gynéco nous annonce que le bébé est coincé au niveau des "épines" du bassin et que je devais commencer à pousser. J'étais finalement épuisée, je ne trouvais plus "comment faire" …J'ai poussé 3 fois mais le bébé ne descendait toujours pas plus. A 16h30 la chef des chef gynéco arrive en urgence, contrôle et me dit, "Madame si en 2 poussées le bébé ne descend pas on sera obligé de vous faire une césarienne…. "Une voix intérieure m'a crié "NONNNNNNNNNNNNNN" . J'ai attendu la prochaine contraction, et remplit mes poumons d'air et ai poussé du plus profond de mes entrailles, avec une énergie que je ne me connaissais pas, la gynéco me dit "bravo c'est magnifique ce que vous faites, il va arriver" , mon homme les yeux plein de larmes m'encourageait "vas-y mon amour, il arrive notre fils" , deux autres poussées identiques on fait descendre le bébé. Mon homme me tenait dans les bras et j'ai senti la tête de mon fils se pressait contre mon périnée, sa tête se frayait un chemin et sortir accompagné par un magnifique "oui" de son papa, puis tout le corps chaud de notre fils glissait de moi vers nous…. Instant magique qui précède le cri, ce cri de nouveau-né tant attendu qui confirme qu'il est là, qu'il est né, qu'une nouvelle vie commence, celle de César, notre premier fils. Le papa a coupé le cordon et a amené César vers le pédiatre pour les contrôles en salle voisine. Après 5mn, il s'est mis torse nu, sous une lampe à infra rouge et a fait un peau à peau avec le bébé. En salle d'acc, il y avait 7 personnes autour de moi, en autre : deux sages femmes qui maintenait sur mon ventre le deuxième bébé fermement pour qu'il ne se retourne pas en siège, une gynéco qui a contrôlé le placenta et la position du bébé par voix basse, et une autre qui essayé de capter la position de son c&oelig ; ur par écho, et notre amie qui me tenait la main et me rassurait. Puis la gynéco "chef des chef" a annoncé que le placenta avait commencé à sa décoller et à partir avec la naissance de César et que nous avions que quelques minutes pour faire naître le deuxième bébé sinon il n'aurait plus d'oxygène… Et là, vidée de forces par le premier accouchement, sous masque à oxygène, affolée par ce que j'entendais et perdue sans mon homme, j'ai plongé mon regard dans celui de mon amie, qui très calmement, m'a dit "rassure-toi, tu vas le serrer très vite dans tes bras ce petit bonhomme, aies confiance" . Puis la gynéco hurle pour qu'on lui apporte un tabouret, monte sur le tabouret puis…monte à genoux sur mon ventre, et me dit, "Madame, vous devez pousser comme vous ne l'avez jamais fait, la plus longue et la plus forte poussée que vous puissiez faire, une seule pour votre bébé à la prochaine contraction, je suis avec vous" ….et là avec cette femme sur le haut de mon ventre, la main dans la main de mon amie, tous ces visages autour de moi qui m'encourageaient, j'ai attendu cette putain de contraction comme une vague de vie, comme un messie, elle est arrivé et j'ai donné tout ce que je pouvais. A la fin de la poussée, j'ai lâché un cri profond et ai senti un petit corps tout chaud glissait en moi du haut de mon ventre vers mon vagin, et sortir avec son petit cri à lui, 10 mn après celui de César, j'ai entendu ce tout petit cri, celui d'Ulysse, notre deuxième fils… C'est un sentiment incroyable, extraordinnaire, donner deux fois la vie en quelques minutes, c'est un choc émotionnel d'une amplitude maximale sur l'échelle du bonheur ! Un autre pédiatre a pris Ulysse, et à ce moment là mon homme m'a apporté César, que j'ai trouvé magnifique, serein, les yeux grands ouverts…On a fait un peau à peau aussi en attendant Ulysse que son papa était allé rejoindre. Puis 15mn après mon homme et Ulysse sont revenus, Ulysse était tout petit, semblait tout fragile mais avec un visage tellement joli et un regard intense. Il avait des problèmes pour respirer, et le pédiatre nous a dit que si en 30 mn sa respiration n'était pas revenue à la normale il partirait en néonat sous oxygène. Notre amie nous a conseillé de les "coller" et a mis Ulysse dans les bras de César, et a dit à César de "stimuler et rassurer son frère" ….César respirait Ulysse et approchait instinctivement son visage de celui de son frère, le regardait…A cet instant, la respiration d'Ulysse a commencé à se calmer et à devenir régulière…C'était magnifique, il était sauvé et ne patirait pas en néonat ! Tellement émouvant de les voir sur mon ventre, tout nu, serrés l'un contre l'autre, se regarder, si petits et déjà si forts…. Quel sentiment de fierté, de joie, nous étions bouleversés, nous pleurions, quelle miracle que de voir ces deux beaux petits garçons là bien vivants. Je suis heureuse, si heureuse…
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120559
b
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