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La richesse de la solitude

Témoignage samestory par 26 ans. - 18/02/10
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Violet Hill, ce jour où je suis partie sans superflu…

Un livre, une bouteille d'eau, mon Mp3 et hop ! Direction Franceville.

Ce jour où j'ai laissé mon portable, cet objet qui m'enferme, qui m'enchaîne, qui sonne et qui me dit : "Reviens, n'y vas pas ! Reste avec nous, sois disponible quand nous te voulons à nos côtés, reste dépendante de nos appels et ne t'en libère jamais ! "

Libérée,

Libérée de sa sonnerie,

Libérée d'eux,

Libérée des justificatifs que l'on doit sans cesse donner quand on ne répond pas parce que dire : "J'avais pas envie de parler" est généralement interprété comme : "j'avais pas envie de TE parler ce qui n'est pas forcément le cas."

Libérée de ces objets qui empêchent de chercher, de réfléchir, de comprendre.

Enfin la liberté d'agir, de faire, de penser sans frein, seule, sans comptes à rendre.

Vous êtes-vous déjà installé sur une plage un jour d'été où le temps est capricieux ?

Le soleil, puis la grisaille, puis la pluie et de nouveau le soleil.

Admirez ces couleurs, les nuances du ciel et de la mer qui fusionnent puis se séparent pour laisser naître un mouvement irrégulier qui se fixe aux impulsions du vent.

Ainsi, le vent, légère brise à 10 heures, grandes bourrasques à 16 heures lorsque la vague se laisse mourir à mes pieds caressant mes orteils.

Je me suis alors levée et, retroussant mon pantalon je me suis abandonnée à une marche rythmée au son de la musique que j'écoutais : "I can feel it, coming in the air tonight… "

Sans m'en rendre compte, je m'enfonçais peu à peu dans l'eau et j'en pris conscience lorsque la cadence de mes pas fut entièrement effrénée par le courant.

Je regardai ensuite au loin, un rayon de soleil se faufilait au travers des nuages pour se laisser miroiter par les reflets de l'eau. De l'autre côté, les traits de la pluie donnaient un caractère austère et agressif à cette même eau si limpide et rayonnante en face de moi.

Quelques grosses gouttes de cette pluie roulèrent sur ma peau, l'odeur de la pluie sur le sol sec non loin de moi se fit sentir. Je sortis de l'eau et courus jusqu'à ma voiture où je me suis abritée.

La pluie cessa peu de temps après, emportant avec elle les bourrasques, la noirceur du paysage, l'agitation de la mer et les parfums orageux. Elle laissa ainsi place à quelques nuages derrière lesquels rayonnait le soleil.

Une légère brise caressait ma peau transportant les embruns.

L'odeur de la liberté.

Son son, une ou plusieurs musiques langoureuses que j'écoutais en boucle. Son image, cette plage immaculée où traînent par ci par là quelques êtres en recherche d'eux-mêmes.

Son contact, la légère brise qui soulève mes cheveux, l'eau salée qui la picote, la pluie qui ruisselle sur mon visage.

Ce que je vous raconte ici n'est peu être que quelque chose d'infime, de banal, que l'on peut vivre tous les jours. Mais vivre cela intensément n'est pas forcément possible, je me demande d'ailleurs si je serais capable de revivre une journée dans les même conditions que celle-ci.

Ce que je veux vous faire comprendre à travers ce moment, c'est qu'à cet instant je me fichais de ce que pouvaient penser un tel ou une telle, je me fichais des tragédies qui se passaient dans ma vie, j'avais besoin de faire une parenthèse, de me retrouver face à moi, de me poser enfin les bonnes questions et d'en chercher les réponses. Je dis bien chercher, pas trouver, je les cherche toujours.

Mais ce jour là j'ai compris une chose : c'est qu'il était important pour moi de m'éloigner de tout afin de ne pas me perdre.

Libérée des contraintes quotidiennes que nous inflige la vie en communauté. Il est peut-être question d'égoïsme mais il est impossible de ne pas penser à soi au risque de se perdre. Je ne condamne pas l'altruisme intégral, je pense juste que si nous donnons constamment sans chercher à se préserver, il est presque indéniable que l'on s'y perde.

Je n'oublierai jamais cette journée durant laquelle je me suis retrouvée seule avec la nature, seule avec mes pensées, seule sans aucune addiction : ni cigarettes, ni téléphone, ni sucreries, ni ordinateur, ni même mon addiction aux autres car j'apprécie d'être entourée.

Une expérience infime, simple, et pourtant si majestueuse. "Jacques a dit coure, Jacques a dit vole,… " Chantait aussi le Mp3.

Je vous souhaite de la vivre et de la réitérer.

213760
nb
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