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3 enfants d'un coup, ça fait beaucoup.

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Bonjour Ubik. J'ai lu les deux pages de ton fil avec grand intérêt parce que c'est très bien écrit, et parce que j'ai vécu quelque chose de semblable. J'ai 3 suggestions : La première, c'est que tu maîtrises tellement bien l'art d'écrire que tu devrais écrire quelque chose qui soit reconnu ensuite. Tu en as le talent et ça te sortirait peut-être de cette image de pédophile. La seconde, c'est que tu devrais écrire une lettre pour tout expliquer à tes enfants pour le jour où ils seront en âge de comprendre et où ils souhaiteront avoir ta version. Fais-le pour EUX, a fortiori s'ils croient qu'ils ont été violés alors qu'ils ne l'ont pas été. Ne dis plus "moi j'ai rien demandé, j'ai pas voulu d'enfant" . Quand tu as mis la petite graine, tu savais comment on faisait les enfants. Maintenant ils sont là et ils n'ont rien demandé non plus. Si tu étais à leur place, ne voudrais-tu pas que ton père te dise dans une lettre qu'en réalité il ne t'a jamais violé ? Moi oui. La question n'est pas que ce soit vain ou pas vain, la question c'est que n'importe quel père innocent écrirait une lettre à ses enfants, en démontant un à un les reproches qu'on lui fait, dans le détail. Il pourrait le faire puisqu'en réalité il serait innocent. Si tu étais mon père, intelligent comme tu sembles être, avec ce dont pour la communication écrite tellement développé, je me dirais que tu DOIS forcément être capable de démontrer par A + B que ma mère a tort. Je ne comprendrais pas que tu choisisses de fuir sans te battre, et ce choix me conforterait dans mon opinion, tu vois ce que je veux dire ? Parce que je ne comprendrais pas qu'il soit moins pénible pour un père innocent de s'éloigner de ses enfants pour toujours, en les laissant traumatisés par un mensonge, que de se battre pour rétablir la vérité pour eux. Et je me dirais aussi que si tu es assez intelligent pour savoir que pour s'aimer on n'est pas obligé de vivre sous le même toit, je me dirais en conséquence que tu es aussi assez intelligent pour comprendre que j'étais petite quand tu t'es séparé de maman et que je ne mérite pas que tu décides de m'oublier à vie. C'est très bien de montrer son intelligence au grand public, Ubik. Encore faut-il l'assumer totalement… et l'utiliser pour tout. Pas seulement pour qu'on te comprenne toi, mais pour que toi tu comprennes tes enfants aussi. Qu'entre autres tes enfants sont par leur nature immatures, donc irresponsables. C'est comme les adolescents de ta compagne auxquels tu te mesures comme si tu étais sur un pied d'égalité ave eux. Normalement, tu es censé les comprendre et être capable de leur venir en aide si tu le voulais. Or pour l'instant, tu te sers de ton intelligence uniquement pour te justifier car tu es en quête non pas de vérité (sinon tu nous aurais exposé les détails de ce qu'on te reproche à tort) mais de reconnaissance. Et là, il y a quelque chose que je ne comprends pas. Tu t'es laissé blesser, démolir, séparer pour toujours de tes enfants. Tu as souffert de ce que des imbéciles ont cru ton ex-femme. Tu as souffert de ce que pensent des cons !!! Tu ne veux pas te battre, tu veux t'enfuir. Tu vas finir par donner raison à ton ex-femme pour toujours ! Pourquoi le plus important ne serait-il pas plutôt de te contenter de ce que TOI, tu penses de TOI ? Et d'agir en conséquence ? Si tu es innocent, tu n'as aucune raison de fuir ta région. Si tu as une bonne estime de toi-même, tu n'as aucune raison de souffrir de ce que des cons pensent de toi. Et si tu as confiance en toi, tu n'as aucune raison de penser que tes enfants croiront leur mère toute leur vie. Je ne remets pas en doute ta parole : je crois seulement que tes souffrances viennent en partie d'un manque de confiance en toi, d'une basse estime de toi-même et globalement d'une partie de toi qui est effectivement immature. Mais tout le monde n'est pas artiste. Moi aussi je suis douée pour l'écriture, le raisonnement, la peinture, le dessin et la musique. Alors je me doute que tu as une grande sensibilité. Et moi aussi je suis passée par ce que tu subis. Parce quand on n'a pas grandi complètement, on fréquente des gens qui nous font du mal parce qu'on est guidé par des besoins dont on n'a pas conscience : ceux-là mêmes qui nous ont rendus hypersensibles et qui ont fait de nous des artistes. Ces besoins qui viennent de souffrances qui n'ont pas été entendues et qui ont eu besoin de s'exprimer au travers de l'art. Sauf que moi, je suis restée dans ma région et on a fini par me croire. En plus de ce que tu subissais, je subissais le harcèlement du père de mon fils. Même les flics au début ne me croyaient pas. Et je subissais aussi un épuisement moral et physique inouï, car mon ex me plantait avec bébé dans les bras, à pied, malade ou pas, courses à faire ou pas, boulot ou pas boulot. La manipulation, les mensonges, les faux témoignages, j'ai connu aussi. Dans ma fratrie de 4 enfants, seule ma soeur aînée me croyait et m'aidait (à distance depuis Montréal ! C'est-à-dire par témoignages écrits envoyés aux administrations en recommandé avec AR). Je sais à quel point on peut se retrouver isolé (e). Et même avoir envie de mourir. Seulement moi, j'ai fait ensuite le deuil de la reconnaissance des autres. Et je n'ai pas quitté ma région. Je n'avais RIEN à me reprocher. C'était LUI le malade, le dépendant au jeu, l'escroc, le profiteur, l'assisté, le pervers, le violent, le manipulateur, le voleur. Pas moi. Pourquoi fuir ? J'y ai pensé, cela dit. J'ai eu envie de me faire muter en Nouvelle-Calédonie. Mais c'était une illusion : sans avoir fait le deuil au préalable, j'aurais été là-bas aussi malheureuse qu'ici. Oh certes, entourée de personnes à mon écoute sans avoir la version de mon ex, disposés… apparemment… à me croire (mais jusqu'où, au fond ? ) m'a séduite, mais ensuite j'ai compris que quand on est innocent, on ne coule pas de soi-même. Les autres veulent nous faire couler, mais quand on a une solide bouée de bonne estime de soi, on flotte sereinement. Quand on se débat, on s'épuise. Là ce sont eux qui s'épuisent à la longue. Et finissent par arrêter. Quand on est innocent et serein, on n'a pas besoin de refuge, car on est chez soi CHEZ SOI. Et, outre le fait que je n'avais de toute façon pas le droit de priver mon fils de son père, j'ai compris que quand on est zen, on est chez soi partout. Car là est le vrai bonheur : celui qui est en soi. Tu pouvais aller vivre au Japon pour des raisons indépendantes de tes problèmes. Mais si tu y vas pour fuir ton calvaire, ce n'est pas là-bas que tu trouveras la sérénité. Tu as ici et maintenant une occasion d'utiliser tes souffrances pour faire le deuil de la reconnaissance et finir de grandir, comme je l'ai fait. Fais-le : ceci est ma troisième suggestion. Tant que tu feras toujours des choix d'immature comme la facilité, la fuite, la lâcheté ou l'égoïsme, tu ne grandiras pas et tu resteras toujours à la merci des souffrances infligées par des voraces pervers comme ton ex ou le mien, quel que soit le lieu où tu te trouveras en ce monde. En plus, si tu t'en vas au Japon, au début tu seras grisé par le changement. Mais ensuite, à long terme, tu te rendras compte que là-bas c'est pire qu'ici. Leur pouvoir des apparences est pire que le nôtre. Le pouvoir du ‘qu'en dira-t-on' est pire aussi. Je le sais par le témoignage d'Irotada Ototake, "Personne n'est parfait" , Japonais né sans bras ni jambes. Que je te recommande fortement de lire car ce jeune sportif devenu journaliste et qui vient de se marier nous offre un formidable enseignement de force de caractère. Le deuil de la reconnaissance est un des deuils qu'on doit faire pour être totalement mature et totalement épanoui en même temps. Quelqu'un de totalement mature ne dit pas "je m'en fous, je vais partir très loin chez les gentils Japonais, et je vais devenir un vieux clodo, et ce sera de votre faute et vous n'hériterez de moi que d'une piaule pourrie" . Quelqu'un de vraiment mature règle ses comptes et ses problèmes où il est et ne met pas tous les membres de sa famille dans le même sac, femme et enfants. Ne prends pas mal ce que je dis, qui n'est d'ailleurs qu'un avis. Je suis passée par là, et j'ai grandi, alors je peux apporter mon témoignage, si subjectif soit-il. C'est tout. Et je m'offre le droit, en tant que femme, d'avoir par avance les boules pour ta douce amie à laquelle tu ne penses même pas dans ton projet de partir pour le Japon. Ce que je dis ne fait pas de toi un coupable par rapport à ce que ton ex et tes enfants te reprochent. En revanche, si tu ne grandis pas, les gens mauvais pourront toujours te rendre coupable de tout ce qu'ils voudront. Pour l'année 2009, je te souhaite d'écrire cette lettre à tes enfants et de leur faire savoir ensuite qu'elle existe. Et de continuer le plus longtemps possible à vivre sereinement ton amour avec ta douce voisine. Pense à toi et à ta douce amie, oublie les cons (ils ne peuvent rien t'apporter, tu es d'un autre niveau) et écris cette lettre pour tes enfants, que tu rangeras quelque part soigneusement : ce sera plus tard quelque chose de très précieux pour eux. Je t'embrasse.
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273021
b
Moi aussi !
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