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Après beaucoup de souffrance, j'ai fini par accepter sa mort

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 04/03/11 | Mis en ligne le 02/12/11
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Je suis une jeune femme de 25 ans et j'ai perdu mon grand père le 24 décembre 2009 au soir. Je l'ai accompagné durant ses derniers jours, je ne m'étendrais pas la dessus, nous avions une relation extrêmement forte. Il était tout pour moi, bien plus qu'un grand père, il était un véritable modèle, un père, un ami, un professeur, un confident, mais surtout un repère fondamental, un pilier dans ma vie. 1° Le déni J'ai d'abord vécu dans le déni, refusant d'admettre l'évidence, j'ai préféré me changer les idées à la seconde où j'y pensais, les premières semaines, les premiers mois... c'est au fond de mon lit que je l'ai ai passé, avec des antidépresseurs et parfois même de l'alcool, je dormais tout le temps, car quand on dort on ne pense pas au tragique qui s'est déroulé. J'étais dans une détresse inimaginable, je savais au fond de moi ce qui c'était passé mais je refusais de l'admettre, du coup il y a des journées qui se passaient sans aucun problème, et d'autres où je ne pouvais même pas me lever le matin. Il m'arrivait très souvent d'être bien et de réaliser l'instant d'après que non, il n'était plus là, qu'il était bel et bien mort. Et là, toujours la même réaction, le choc total, l'incompréhension, je tombais de haut!!! Puis je me ravisais, je me persuadais que toute cette histoire n'était qu'un mauvais rêve. Pendant des mois j'ai vécu comme ça. J'ai raté mon année de fac. Je suis toujours sérieuse mais sur le coup, plus rien n'avait d'importance. 2° Le vide et l'abattement A sa mort, j'ai fait le néant total autour de moi, j'ai envoyé balader tout le monde, surtout ceux qui ne comprenaient pas mon incommensurable douleur. J'ai changé tout ce qui avait un rapport de près ou de loin avec ma tristesse et avec ces moments de souffrance horribles, j'ai tout changé dans ma vie en passant par l'appartement, la voiture et même le petit ami... pour moi tout respirait ces moments difficiles de peine et de douleur, c'était insupportable. Ce que j'ai remarqué et qui m'a vraiment fait sombrer, c'était l'incompréhension non pas de mon entourage mais des gens en général (eh oui car un grand père de 85 ans tout de même...) Mais comme je l'ai dit, les gens qui n'ont pas été confrontés à cela ont moins propension à comprendre la douleur... Les sensations incroyables que l'on peut ressentir lors d'un deuil... pour ma part c'était presque indescriptible. La sensation d'avoir les organes qui tombent à nos pieds... je ne la connais que trop bien. La gorge constamment nouée qui vous tiraille tellement vous avez pleuré, le cœur qui s'emballe... 3° La réalisation C'était une étape très difficile pour moi et encore maintenant j'ai du mal... J'en ai pris conscience en allant dans la maison vide, ma grand mère étant décédée quelques années plus tôt, nous n'avions plus que lui. Il faut vider la maison, ranger, trier, récupérer, jeter. Dans ma famille, nous étions tous très proches de mon grand père qui était le "fédérateur", chez nous personne ne se bat pour l'héritage. La maison, on a commencé tout doucement à réfléchir, à classer... mais c'est extrêmement difficile et mon grand père était quelqu'un de très cultivé, ancien malgré nous, il avait vécu les souffrances de la deuxième guerre mondiale et sa grande et longue vie est centralisée dans cette maison. Les objets de valeurs sont pour moi, mes dessins d'enfant qu'il avait soigneusement rangés dans des pochettes plastiques, ma collection de pierres faite dans une boite à chocolat...et j'en passe. La valeur sentimentale des choses, des objets qu'on a pu chérir à un moment donné est quelque chose de très important. J'ai donc fait le tri, j'ai récupéré toutes mes affaires, nous n'avons d'ailleurs à ce jour toujours pas fini. 4° Vers l'acceptation Je me suis beaucoup renseignée sur ce sentiment de chagrin, dans des livres, sur Internet, sur des forums et effectivement ça aide beaucoup. Aujourd'hui je n'ai rien oublié de cette période et je fais encore souvent des cauchemars, cependant je sens que ça va mieux. Malheureusement et je le sais pour avoir vécu brutalement d'autres décès étant plus jeune, je sais que ce sentiment peut revenir et repartir à son aise. Il est presque impossible de se dire que la personne que j'ai toujours connue ne fera plus jamais partie de ma vie. 5° Ma solution Alors voilà ce que j'ai fait pour essayé de contrer ce mal, j'ai trouvé quelqu'un à qui parler, j'ai pris conscience dans un premier temps de ma chance, j'avais 23 ans il aurait pu partir plus tôt... et puis aussi et surtout que c'était à moi désormais de le faire vivre à jamais dans nos mémoires, je m'en suis fait un devoir. Je me suis fixé des objectifs de par ma réussite professionnelle dans un premier temps (cela a toujours été un objectif dans ma vie, poussée par mon grand père qui était instituteur, il voulait que je devienne une femme éduquée et indépendante) et de par ma réussite sociale, je veux être heureuse maintenant, car je sais pertinemment qu'il n'aurait jamais voulu que je sois malheureuse trop longtemps, que je fasse ma vie, que je trouve quelqu'un de bien, que j'ai des enfants... J'essaye, j'y arrive, même s'il y a encore des moments difficiles, perpétuer sa mémoire pour les générations qui vont venir sera pour moi un grand honneur, je cultive les souvenirs heureux et ce qui me rattachait à lui. C'est ça au fond qui me fait tenir, le fait de pouvoir raconter son histoire. Je ne vais pas m'étendre car sa vie à lui a été bien remplie et je voulais juste vous faire partager ma réaction face à l'insurmontable. Cela prend du temps, et bien sur c'est différent pour chacun d'entre nous. Pour ma part je pense avoir trouvé la solution pour me porter mieux dans ma tête et dans mon cœur. Je vais conclure par la prière qui a été lue par une personne de ma famille à la messe, elle est célèbre mais tellement apaisante... La mort n’est rien, Je suis seulement passé dans la pièce à côté. Ce que nous étions les uns pour les autres, Nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné. Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait. N’employez pas un ton différent. Ne prenez pas un air solennel ou triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Priez, souriez, Pensez à moi. Que mon nom soit prononcé à la maison Comme il l’a toujours été, Sans emphase d’aucune sorte et sans trace d’ombre. La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié Elle reste ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de vos pensées ; Simplement parce que je suis hors de votre vue ? Je vous attends. Je ne suis pas loin. Juste de l’autre côté du chemin.
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