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Comment revivre après ça?

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies 20 ans
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Je viens déposer le poids très lourd d'avoir perdu, voilà 15 jours, un homme qui était devenu mon amoureux depuis quelque temps. D'abord, il y a cette relation à cet homme, qui n'en était qu'à ses débuts, et dans laquelle je ne m'étais investie que "sur la pointe des pieds" . Nous nous étions rencontrés au mois de décembre, et dès le premier jour, j'avais eu le pressentiment que cette relation ne me conviendrait pas : c'était un homme assez critique, sur nombre de choses dans ma façon de vivre, voire impoli, qui voulait s'installer tout de suite, sinon chez moi, du moins dans ma vie, et qui cherchait à prendre beaucoup de place très rapidement. Alors, bien sur, j'étais assez méfiante, et je lui ai plusieurs fois exprimé mon désir de prendre de la distance, voire de rompre… Du coup, également, très peu de mes amis étaient au courant de l'existence de cet homme dans ma vie. Beaucoup ont été très surpris, voire choqués de l'apprendre, au moment du décès. Et puis, au fil du temps, j'ai découvert plusieurs choses qui ne m'ont pas rassurée à son sujet, et au sujet d'une éventuelle relation solide à ses côtés : il m'avait menti sur son âge, sur la date de sa dernière séparation qui n'était fraîche que de quelques semaines, et non de 3 ans, et surtout, m'avait caché cette satanée maladie du c&oelig ; ur qui le faisait souffrir. J'avais de plus en plus peur, car je sentais que les trop-pleins d'émotions pouvaient devenir critiques, compte tenu de son état, et en même temps, je ne pouvais pas m'empêcher de vouloir me protéger, protéger ma fille, cherchant à m'investir le moins possible… Et lui, de son côté, me faisait sentir à quel point il misait toute sa vie sur notre histoire, sur notre relation, sur ma personne, sur les sourires de ma fille… J'étais tétanisée, et en même temps, ses paroles, ses mots d'amour et cet enthousiasme à aimer me touchaient très profondément. Progressivement, j'ai découvert aussi la gravité de son état, et je me demande dans quelle mesure je n'aurais pas contribué à la dégradation de son état de santé, puisqu'il ne m'en parlait que lors des interventions qu'il devait absolument subir : son changement de traitement qui a déclenché une embolie pulmonaire (au mois de décembre) , la pose d'une sorte de clé USB pour surveiller les battements de son c&oelig ; ur avant l'intervention (le 23 février) , et puis l'intervention en elle-même (le 23 mars) , qui a entraîné des complications et a dû donner lieu à des chocs électriques à lui faire subir d'urgence, une semaine après l'intervention. Selon ses dires, cette intervention devait être "bénigne" , et ne devait lui valoir que 3 ou 4 jours d'hospitalisation. Il est resté presque 2 semaines à l'hôpital. A sa sortie d'hôpital, il n'avait qu'une chose en tête : me retrouver. De mon côté, j'étais toujours tétanisée par cette même peur, mais j'ai accepté qu'il vienne me retrouver. Nous avons passé une semaine ensemble, la moitié chez moi, la moitié chez lui, et je n'ai pas mesuré à quel point il aurait dû se reposer, alors qu'il venait juste de sortir de l'hôpital ! Lui-même, bien sur, ne m'avait pas dit qu'il devait garder le lit, avec une infirmière qui devait passer deux fois par semaine pour lui faire une prise de sang. Lorsque nous sommes descendus chez lui, le mercredi, il a insisté pour que nous ne prenions qu'une voiture, la sienne. Il voulait que nous revenions tous les deux ensemble, chez moi. De mon côté, j'avais prévu de sortir avec une amie le vendredi soir. Sur le moment, je lui ai dit que je trouvais plus raisonnable de prendre 2 voitures, et que je rentrerais seule le vendredi, que nous nous retrouverions ensuite. Il n'a rien voulu entendre. J'ai donc fini par accepter de ne prendre qu'une voiture. Mais lorsqu'il m'a ramenée, le vendredi, l'idée qu'il m'attende chez moi m'était insupportable : je le lui ai dit. Je lui ai dit que je n'étais pas prête, que nous ne vivions pas ensemble, que je préférais qu'il rentre chez lui, que je l'appellerais le lendemain. Le soir, je n'ai pas eu le coeur à sortir. Le lendemain, il était mort. Depuis ce jour, le 17 avril, la lutte est longue et difficile, et je traverse tous les états : la culpabilité d'avoir tellement voulu me protéger, au prix de sa vie qu'il avait mise entre mes mains, de n'avoir pas réussi, pourtant, ni à me protéger, ni à le sauver. Le chagrin. La peur d'avoir à porter sur mes épaules, toute ma vie restant, ce poids de la mort d'un homme.
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