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Il est parti en pensant que je ne l'aimais plus

Témoignage d'internaute trouvé sur forum-depression
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Je traine cela depuis 2 ans et demi presque, sans pouvoir vraiment en parler.

Le fait d'être fauchée rends la vie impossible, ce n'est pas un scoop, mais lorsque l'on veut faire une thérapie, les propositions de psychologues gratuits amènent à des consultations vraiment surréalistes, vous pouvez me croire, je le dis en ayant eu une vraie passion pour la psychologie pendant plusieurs années.

Comment faire court.

Je suis une femme, j'ai déjà 32 ans.

J'ai connu l'amour de ma vie à 21 ans, il n'y aurait pas assez d'adjectifs pour décrire quelle sublime personne il était.

Notre relation a duré 9 ans, avec une complicité très fusionelle.

Je n'ai pas très envie de rentrer dans les détails, je ne souhaite surtout pas salire sa mémoire.

Nous avions une relation particulière car nous étions loin l'un de l'autre, et selon les périodes et les finances, c'était compliqué de se voir, mais on se parlait de toutes façons chaque jour sans aucune exception, plusieurs heures, au moins 4 ou 5, parfois bien plus.

Il s'est mis à changer les derniers mois, je n'ai pas compris, c'est devenu impossible, beaucoup de disputes et d'incompréhensions, et ma vie à côté était très chaotique avec un boulot de M… , ma meilleure amie considérée comme une soeur qui m'a plantée un couteau dans le dos, des problèmes d'argent… tout était réunis pour être dépassée.

J'ai toujours mal supporté les conflits et les disputes, je lui disais souvent, imagine qu'un jour il arrive quelque chose à l'un de nous.

C (appelons le comme ça) , avait toutes les meilleures raisons de changer. Il m'a cachée sa maladie, aussi énorme que ça puisse paraitre, la distance a aidé à cacher ce secret.

A cause de nos conflits, pour la première fois de ma vie, j'ai "osé" lui faire la tête quelques jours. Je m'étais toujours refusée de faire ça avant, ce n'était pas mon genre, je detestais ce type d'attitude, là j'avais l'impression qu'il me haissait, je pensais qu'il avait besoin de souffler un peu, et soyons honnête, j'ai aussi voulu jouer les petites fières.

Il s'est donné la mort, et malgré 9 ans de complicité fusionelle, je ne l'ai appris que plusieurs semaines après, pensant qu'il faisait la tête, j'étais convaincue qu'il allait bien, car je le voyais toujours se connecter sur internet.

C'est la seule fois de ma vie que je lui ait fait la gueule.

C'est la personne la plus belle qu'il m'ait été donné de rencontrer dans ma vie, il a été plus fidèle que beaucoup de soit disantes amies, il m'a aidée, soutenue, il a pris sur son sommeil pour me parler des heures et des heures alors qu'il devait travailler le lendemain matin.

Je sais que tout le monde dit ça de son amoureux, mais là c'était vraiment quelqu'un d'exceptionnel, et je trouve ce mot tellement faible comparé à la réalité.

La personne de sa famille qui me l'a appris, a commencé par me faire croire que j'étais en partie responsable à cause de nos disputes, ce qui m'a presque menée à faire la même chose, même si je n'exclue pas de partir prématuremment un jour, je respecte juste trop certains membres de ma famille pour leur infliger ça.

Une semaine après, elle a été paniquée que je veuille me déplacer pour engueuler d'autres personnes qui lui avaity fait du mal, et là elle m'a tout avoué comme on gerbe quelque chose pour se soulager.

Elle m'a dit qu'il avait un souci depuis longtemps, plusieurs années, que là depuis quelques mois qui correspondait exactemment à son changement d'attitude, il avait de mauvaises nouvelles sur le plan de la santé, et que les résultats auraient été de plus en plus mauvais malgré des traitements.

J'ai eu des explications très vagues, tronquées.

La dernière fois que j'ai parlé à C, j'ai dit une remarque désagréable, c'était nos derniers mots, et je ne me le pardonnerais jamais.

On peut dire ce qu'on veut, c'est pas ta faute etc… mais peut être que les choses auraient été différents avec un seul mot, plutôt que lui faire la gueule.

Il était mon pilier, je l'adorais, j'étais folle de lui, je n'ai jamais envisagé la vie sans lui, et ma peine n'a jamais été amoindrie, bien au contraire.

J'ai eu un premier reflexe de rejet pour ne plus penser, j'ai voulu tout oublier car je ne voyais que tout le mal et toutes les remarques désagréables que j'avais pu faire.

Depuis quelques jours, je pense écrire, un essai ou un livre, pas forcemment pour le publier mais pour sauvegarder les bons souvenirs qui m'ont échappé à force de vouloir éviter d'y penser depuis ces 2 ans.

Cette introspection est très douloureuse, je pense à ce que je veux écrire jour et nuit, dehors ou dedans et je me mets à pleurer un peu n'importe où alors que j'avais la larme difficile avant.

Il n'y aurait aucun endroit où se recueillir, enfin je ne sais pas, c'est ce qu'on m'a dit il y a 2 ans et demi, et depuis personne n'a jamais pris de mes nouvelles, alors que je dois être celle qui souffre le plus de son absence, sans vouloir amoindrir celle des autres, tout a changé avec sa disparition.

Je ne dis pas que je n'envisage pas une autre relation, mais ma vision de la vie a changé, j'ai l'impression que plus rien n'a de valeur, et me connaissant bien, je pense que ce n'est pas prêt de changer.

Je ne veux pas de médicaments, il en prenait et rien ne dit que ça n'a pas précipité son acte, je me renseignais déjà beaucoup sur le sujet alors qu'il était encore là, je detestais qu'il prenne ses mer… , et même si ça devait me soulager, ce que je ne crois pas du tout, je n'irais pas donner un centime à quelqu'un qui dans son bureau luxueux, ou dans son jet privé a participé à tuer la plus belle personne du monde.

Je ne sais même pas pourquoi j'écris tout ça, je sais que mon fardeau est désormais cette peine, la vie n'est pas un jeu, j'ai voulu jouer les princesses boudeuses, mais plus rien n'est rattrapable maintenant, et ça me tue, si vous saviez.

Il était sublime intérieurement et extérieurement, le monde entier lui courrait après, il a eu des tas de propositions dont on sourirait, on lui a même proposé de devenir mannequin.

Llui tout ce qu'il voulait, c'était une vie calme, un bout de jardin, des sapins, ses petits animaux de compagnie et être aimé.

Si j'avais sut tout cela, j'aurais traversé le monde pour qu'il soit soigné, j'aurais tout fait, légal ou illégal, ça m'est égal, j'aurais tout fait pour lui, je ne comprendrais jamais pourquoi personne ne m'a rien dit.

Je ne sais pas comment interprêter celà.

Je ne veux pas m'auto flageller, il était très entouré, et très aimé, et il avait même un enfant dont il était fou.

Je ne me donne pas de l'importance au point de penser que je l'aurais mené au pire, je sais qu'il a toujours refusé de souffrir s'il devait être malade un jour.

Mais l'idée qu'il ait pu partir en pensant que je ne l'aimais plus, ou qu'il n'était pas soutenu, ça me ronge jusqu'à l'os. Si vous saviez ce que jaurais fait pour le sauver, j'aurais tout essayé, je ne plaisante pas, vraiment tout.

L'ironie dans tout celà, c'est que je suis tombée malade en octobre dernier, rien de gravissime normalement, mais c'est une maladie très longue à soigner, je dois perdre du poids pris à cause de la dépression liée à tous ces évènements.

Je perds du poids assez rapidement, mais comme je pars de très haut, cela peut prendre des mois et des mois encore, ça a déjà commencé depuis octobre.

En attendant, comme les symptomes sont des choses comme des troubles de l'équilibre très violents, des maux de tête très bizarres et insupportables, je ne peux ni travailler, ni trop sortir de chez moi ou de mon quartier.

J'ai donc l'impression d'être punie et condamnée à ruminer cela sans vraiment pouvoir avancer, participer à des activités externes.

Je ne veux rien oublier, je n'essaie pas de tout foutre sous le tapis, mais j'aurais aimé par exemple faire un atelier d'écriture pour mon projet actuel, et comme je ne sais jamais quand je peux avoir un malaise, c'est quelque chose d'impossible.

Mais ce n'est vraiment rien, j'accepterais d'être dans cet état encore des années si ça le faisait revenir, je ferais n'importe quoi.
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136105
b
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