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J'ai deux deuils à gérer en l'espace d'un mois et demi

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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J'aimerais demander conseil, je ne sais pas vraiment comment aborder la chose mais je vais tout de même me lancer. J'ai vécu deux décès successifs en l'espace d'un mois et demi, le premier de mon grand père, en avril dernier, et l'autre de mon beau père (le mari de ma mère, que je considère comme mon papa parce qu'il m'a élevé depuis que je suis toute petite, contrairement à mon père que je ne vois jamais) en juin dernier. Ces deux personnes sont les deux piliers de ma vie, et leur perte en est d'autant plus rude. J'ai fêté mes 20 ans il n'y a pas longtemps, et ça a été une épreuve très difficile, le vide à supporter, le sourire à afficher, les remarques des autres "profite c'est le plus belle âge" (Si tel est le cas alors qu'est-ce qui m'attend ? ) , et surtout l'attente d'un coup de fil avec marqué le nom de mon beau père, qui n'a jamais manqué un anniversaire, l'attente (malgré moi) qui dure une fraction de seconde dès que le téléphone sonne avant de se replonger dans la réalité. Je ne suis toujours pas remise, cela fait 7 mois que j'ai des angoisses, des crises de pleurs…

Je m'accroche, pour moi et pour ma mère, mais au fond de moi j'ai cette conviction qu'on va me réveiller, que tout ça n'est qu'un mauvais rêve, car ce n'est pas possible. Je regarde des choses depuis l'extérieur depuis un an, j'ai vu l'état de mon grand père se dégrader peu à peu, et je culpabilisais de ne pas pouvoir le voir tous les jours (à ce moment là je faisais une khâgne loin de mes parents donc un Week End sur deux je faisais le trajet en train pour aller le voir, puis dans les 3 derniers mois je le faisais tous les WE et même pendant la semaine) , j'ai vu l'état de mon beau père empirer d'une manière fulgurante (en janvier dernier on lui a diagnostiquer une tumeur au cerveau, en février il s'est fait opéré, et il est décédé en juin dans des conditions très difficiles) , et j'ai été réellement confrontée à la maladie dans toute sa déchéance, dans tout ce qu'elle a de plus horrible. J'ai donc, à 20 ans, deux deuils à gérer, une mère (qui commence à être malade) à protéger, et deux décès qui remontent à la surface : celui de ma grand mère lorsque j'avais 10 ans (ça a été très difficile ma grand mère était comme une mère pour moi) , et celui d'un ami à moi qui s'est fait tué quand j'avais 14 ans. Je ne peux en parler à personne, la plupart des gens de mon âge n'ont pas ce genre de préoccupation et n'ont pas vécu cela. Même si on dit que l'"on comprend", je pense qu'on ne comprend pas réellement avant d'avoir été confronté à la mort d'un être cher, et surtout à la maladie. Ils pensent que ça fait 7 et 5 mois, donc que la page est tournée, alors que ça n'a jamais été aussi difficile.

J'ai essayé de voir un psy, cet été, mais cela m'a rendu encore plus mal, et pour l'instant, en y réfléchissant, je ne me sens pas le courage d'y retourner. Je préfère encore en parler à des étrangers virtuellement, comme ce soir. D'autant plus que je suis très pudique des sentiments, donc écrire est plus aisé que de parler pour moi. Je sais bien qu'il n'y a pas de recette miracle, mais je ne sais pas quoi faire… Je passe mon temps à attendre, et le temps est destructeur. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir l'impression d'être à l'extérieur, j'assiste au déroulement du temps, qui m'a enlevé ma grand mère, mon grand père et mon beau père… Je me sens impuissante, et ce sentiment est horrible, je me suis senti impuissante face au temps, qui emportait peu à peu mon grand père, et impuissante face à des cellules cancéreuses qui ont pris mon beau père. Je culpabilise, et je m'en veux, une cellule c'est minuscule, ça ne fait même pas un millimètre et moi, je n'ai rien pu faire contre ça. J'attends qu'on me réveille et à mes 2o ans j'ai réalisé qu'on ne me réveillerait pas, que tout ça était bien réel et qu'au fond, si je ne me bougeais pas personne n'allait le faire pour moi, puisque de toute façon il ne restait plus personne. J'essaie donc de me prendre en main. Je ne suis pas quelqu'un qui montre ses sentiments, je sauve toujours les apparences et la journée je suis souriante, avenante etc. Mais je n'ai qu'une envie, rester seule. Après ce long pavé j'en viens à ma question : J'ai besoin de regarder des photos, d'écouter des chansons qui se rapportent à eux, de parler d'eux (ayant eu en plus dans le passé des problèmes de mémoire j'ai peur de les oublier) alors que ma mère par exemple fait tout l'inverse, elle ne veut pas voir de photo et me dit que je n'y arriverais pas en baignant dans leur souvenir toute la journée… Elle doit avoir raison d'une certaine manière je pense mais je ne veux pas les oublier, et j'ai besoin de voir ces photos, d'écouter ces chansons, sinon je suis encore plus mal…

Et je n'ai surtout pas envie de continuer à vivre "comme si de rien était". Je n'arrive pas à trouver un compromis, j'ai l'impression que les "écarter", c'est les oublier et ça il en est hors de question, mais, en même temps, c'est vrai qu'en baignant dans leur souvenir je n'arrive pas trop à m'en sortir… Avez-vous vous aussi ressenti cela ? Comment avez-vous fait pour arriver à un compromis ? Je sais bien que certains perdent leurs parents (et êtres proches) plus jeune que moi, mais 19 ans, c'était jeune pour perdre tous mes repères… Je ne sais pas comment m'en sortir, comment gérer ces deuils…
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218481
b
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