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J'ai perdu ma mère, heureusement qu'il y a mon copain pour me soutenir

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 05/11/10 | Mis en ligne le 23/06/11
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Ma maman est morte le 3 Août de cette année. Elle laisse mon petit frère, mon père et moi même derrière elle. Pendant 15ans elle s'est battue contre ce crabe qui nous pourrit la vie à tous (que ce soit parce qu'on est touché soi-même ou quelqu'un qui nous est cher). 1er crabe en 1995. J'étais trop petite, de même que mon frère, nous n'avons rien su. J'ai même des souvenirs positifs de ce qu'elle a vécu : un après midi à l'hôpital elle avait eu des crêpes en dessert et nous les avait gardé.

En nous voyant si sage une infirmière est revenue en nous apportant un très gros tas de crêpe. Malgré sa chimio, ses rayons, je ne l'ai jamais vue malade, je ne l'ai jamais vu vomir. Elle nous a totalement préservé de ça. Et elle s'est battue comme une lionne. Son cancer a été diagnostiqué un peu tard, elle avait déjà une boule dans un sein. Et après relecture de son dossier, qu'elle a mis beaucoup de temps à obtenir, il était écrit dessus qu'elle devait mourir. Elle nous a un peu expliqué lors de la mort de Mitterant. 2° ; crabe : 2003 j'ai alors 15ans, je commence à me sortir d'une dépression (qui n'a rien eu à voir avec sa maladie).

Le diagnostique tombe lors de la rentrée scolaire, je la revois encore après être revenue de chez l'oncologue, se jeter dans les bras de mon père en pleurant et en murmurant "ça arrive encore". [Pendant ma dépression j'ai été plus qu'odieuse avec mes parents, je leur en ai fait voir de toutes les couleurs, sur le coup j'avais des choses à leur dire, à leur faire comprendre mais je regrette chaque geste, chaque mot que j'ai eu envers eux. Lorsqu'elle a rechuté ça allait déjà beaucoup mieux et je me suis vraiment rapprochée de ma maman.] Elle a eu une mastectomie reconstruction dans la foulée avec un muscle du dos (elle avait une petite poitrine). Et là encore de par sa force, elle nous a encore bien protégés. Et j'ai encore un souvenir de nourriture avec elle (donc plutôt agréable) car je lui avais amené à l'hôpital des pâtisseries orientales et elle était tellement contente qu'elle a tout mangé d'un coup !!! Par la suite elle a passé une mauvaise nuit car trop mal au ventre. Cet événement était évoqué souvent entre nous et on en rigolait toujours. Ma relation avec elle a continué d'évoluer et était parfaite ! Avec quelques engueulade certes, comme toute adolescente qui se respecte j'ai fait quelques crises, mais nous avions une qualité de communication extraordinaire, c'est simple je pouvais tout lui dire ! Puis janvier 2009, alors que je viens de quitter le nid familiale pour mes études, elle vient chez moi pour m'annoncer en personne sa 2° ; récidive. Métastases…

Nous avons beaucoup parlé cette nuit là, pleurer également. Mais elle me dit de ne pas m'inquiéter, qu'elle va se battre, qu'elle ne va pas se laisser aller comme ça. Et j'ai très envie de la croire. Moi qui ais toujours eu des petits problèmes pour contrôler mon poids et qui venait de perdre 10kg, j'ai repris 15ans en 1an et demi. Je savais que son état empirait, qu'elle avait des méta au foie, aux os (quelques unes seulement). L'été 2009 j'ai pu faire un stage dans un laboratoire dans ma ville d'étude et j'ai beaucoup souffert de ne pas pouvoir être vers elle, du coup pour l'été 2010, je me suis démenée pour faire un stage dans la ville de mes parents et ça a marché. Et heureusement que j'étais là…

Depuis l'annonce de sa récidive, même si elle me cachait ses coups de blues, sa tristesse, la douleur qu'elle ressentait, elle me confiait son ras le bol de mon père et de mon frère qui ne faisaient pour l'aider à la maison sous prétexte qu'elle y était H24. Elle m'a dit plusieurs fois "heureusement que tu es là ma puce, je sais que je peux compter sur toi." Et quand elle me demandait de faire qqc que je n'étais pas disposée à faire elle me regardait et me redisait qu'elle ne pouvait compter que sur moi à la maison. D'ailleurs durant cet été 2009, c'est parce que j'ai commencé à entreprendre la démarche pour une demande d'aide à domicile que mon père s'y est intéressé et à poursuivit. Bref… Cet été, en juin, son oncologue lui a expliqué qu'il avait essayé toutes les chimio possibles depuis qu'elle était à nouveau malade, que le dernier espoir était un protocole expérimental dont elle pourrait p-ê bénéficier en Août. Elle mettait beaucoup d'espoir dans ce protocole. Le but étant de survivre le plus longtemps possible jusqu'à ce qu'un nouveau traitement sorte sur le marché. Malheureusement suite à la dernière chimio qu'elle a eu, elle a fait une aplasie.

Là j'ai de la chance d'avoir une maître de stage et un boss qui ont tous les deux été touché par le cancer du sein et qui m'ont laissé ma journée lorsqu'elle est rentrée à l'hôpital. Ce fut un jour horrible, le premier d'une longue série. La voie allongée comme ça, tellement faire, ne pouvant même plus parler. J'ai bien cru que c'était fini. Et mon frère qui n'était pas là, en stage très loin. J'ai passé la journée entière avec elle, appelant la famille, essayant de la faire boire, lui parlant de tout et de rien. Et mon père qui paniquait, quifaisait des aller/retour entre l'hosto et la maison… Puis elle a eu un traitement, elle a commencé à se remettre petit à petit. Je venais la voir tous les jours. Même si c'était pour ne rien dire, juste pour être là. Après 2 semaines d'hospitalisation, elle a perdu ses cheveux. Elle qui était si fière d'avoir tenu malgré toutes les chimio (elle portait à chaque fois le casque de glace pour ceux qui connaissent) et pour qui c'était une hantise. Ce n'est même pas du à sa dernière chimio, mais juste que son corps était trop fatigué. D'ailleurs ça commençait déjà a repousser. Après 3 semaines d'hospitalisation elle commençait à en avoir marre, elle voulait rentrer à la maison, mais mon père et moi nous la trouvions faible. Finalement j'ai poussé mon père (même si je ne m'en suis pas rendu compte sur le moment, une de mes tantes m'a fait remarqué il y a peu avoir été impressionnée par moi quand j'ai remis mon père en place pour qu'on la ramène à la maison) , et elle a pu revenir en HAD. Les deux premières jours nous avions de l'espoir qu'elle se remette plus vite, car dans un environnement familier, agréable. Elle avait pas mal de morphine depuis 2 semaines environ, donc ne souffrait pas tant. Et puis une des infirmières m'a expliqués qu'elle allait s'endormir petit à petit, ses organes commençait à lâcher, surtout le foie, bien touché par les méta. A ce moment là j'ai du organisé le "rapatriement" de mon frère, qui n'a pas le permis et à qui il aurait fallu 7h de train pour venir. Finalement le surlendemain il arrive vers midi. Ca faisait 3mois qu'il ne l'avait pas vue à cause de son stage. Je n'imagine même pas le choc qu'il a du vivre. Le soi même, elle s'éteint, elle arrête de respirer tout simplement. J'étais là, je lui tenais la main, je lui disais que je l'aimais…

Voilà ce que j'ai vécu cet été. J'ai non seulement perdu ma maman, mais également ma meilleure amie, ma confidente. Depuis la fille souriante et avenante que j'étais à presque totalement disparue. Mais j'essaye, je vous assure que j'essaye. C'est tellement dur de vivre sans elle. Bon je me rends compte que je me reposais beaucoup sur elle, je doute énormément de moi même et de mes capacités, et j'aurais aimé apprendre à m'envoler de mes propres ailes et qu'elle soit là pour le voir. Cette année je poursuis mes études à Paris, où j'ai été prise dans un master excellent, mais qui demande beaucoup d'implication, beaucoup d'investissement et bien sur beaucoup de travail. Que je ne suis pas à même de fournir… Même si je sais qu'elle aurait voulu que je vive, que j'étudie, que je travaille, pour le moment je passe beaucoup de temps prostrée, à essayer de ne pas penser, ou alors si ça ne marche pas, à pleurer. Si je suis venue aujourd'hui plus particulièrement c'est que je me suis rendue compte que j'ai des pensées déplacées, impliquant forcément à un moment donner mon suicide. C'est d'autant plus difficile que je prends le métro 2x par jour…

Chaque jour je lutte, chaque jour j'essaye de me dire que je finirais par être heureuse, même si ce n'est pas avec elle. J'ai un amoureux merveilleux, pour qui je tiens.
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215299
b
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