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Je n'arrive pas à faire le deuil de mon grand frère

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 27/03/11 | Mis en ligne le 25/07/11
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Il y a encore de cela 4 mois, pour moi, le malheur n'arrivait qu'aux autresétais intouchable, j'ai une famille extraordinaire, j'avais une vie épargnée par le chagrin. Oh, bien sûr j'ai connu le deuil ? Mais un grand-père, on s'attend à le voir partir ? Une tante adorée, et une saloperie de cancer ? On a le temps de se préparer à let puis j'étais jeune, à ces âges là, on arrive à avancer. On ne se rend pas bien compte ? Aujourd ? Hui, j'ai 25 ans, et j'ai perdu celui que j'ai toujours admiré, aimé comme mon grand frère. Et pour la première fois de ma vie, je souffre comme je n'ai jamais souffert ? Lui qui m'a toujours chérie, gâtée, chouchoutée malgré nos 12 ans de différence, et que je ne pensais pas aimer autant ? Une personnalité hors du communai toujours dit que si un jour je me mariais, il serait mon témoin, et que si je devais prendre modèle sur quelqu'un ça serait sur lui ? Le 8 décembre 2010, on se parle, on se chambre comme à notre habitude ? Le 9 décembre 2010?Pourquoi j'ai autant d'appels en absence de mon père sur mon portable ? Je sens une sale intuition, je rappelle ? "Papa, je suis au boulot, je n'ai que 30s, qu'est-ce qu'il y a ? " ?Le souffle coupé, je me plie en deux ? Je raccroche au nez de mon père ? .je comprends pas ? Je rappelleest un cauchemar ? Des nausées, je sais plus où j'en suisappelle mon copain, ma meilleure amie, je comprends rien, une crise cardiaque à 36 ans, ce n'est pas normal, c'est une erreuron vienne me chercher, vite ! 4h après je suis devant lui, mort… à la chambre mortuaire ?

Depuis ma vie n'est qu'un cauchemar. Je n'accepte pas, il me manque, je souffre au-delà du supportable. Je ne sais plus où j'en suis. J'ai passé les 2 premiers mois sous calmants, la journée je me noyais dans le boulot, au-delà des limites physiques d'un être humain, je faisais 10-12h par jour, à fond la caisse ? .je n'avais pas le temps de penser ! Le soir un cachet, dodo, et hop c'était reparti le lendemain… surtout que j'étais en stage très important pour ma future vie professionnelleai rien lâché, j'ai pensé qu'à ça, j'ai repoussé toute autre pensée ! Je n'ai vécu QUE pour mon stage, je ne pouvais pas arrêter mon hyperactivité, ce que je voulais, c'était penser à rien, réussir, bosser bosser bosser et bosser ? Puis mon stage s'est fini, j'ai du retrouver un rythme plus calme. C'est là que l ? Horreur a vraiment commencé. J'ai toujours eu un sommeil atroce, mais depuis je dors encore plus mal. Je pense à mon cousin sans arrêt, j'ai des crises de larmes terribles, l'instant d'après je vais me choper un fou-rire ? Mais dès que je suis seule avec moi-même, je revois le moment où j'ai appris sa mortest marrant, car je l'ai vu mort, mais ça ne m'a pas traumatiséeest vraiment le moment où on me l'a annoncé ? Je suis capable de redire où j'étais, ce que j'ai fait, quelles ont été les paroles échangées ? Je suis capable de retranscrire toutes les émotions par lesquelles je suis passée. Puis là petit à petit, je suis en train de mesurer la véritable étendue de cette perte. Plus ça va, plus je m'enfonce dans la douleur ? Je commence une dépression, mes parents ont donc tenu à réagir, fin mai j'ai rendez-vous avec un psychanalyste ? On verra bien ? Je ne comprends pas pourquoi lui ? Pourquoi quelqu'un d'aussi exceptionnel, avec aucun problème de santé ? C'est bête à dire, mais on m'aurait dit qu'il était mort dans un accident de voiture, par exemple, je l'aurais mieux accepté ? Le pire c'est que je me remémore nos dernières paroles, il allait très bien ? 5h après il était mort. Je suis incapable de regarder une photo sans m'effondrer. Ca faisait 15 jours que je n'avais pas pleuré.

Aujourd ? Hui, j'ai voulu chercher des photos de lui, et ça a été l ? Horreur, j'ai passé la soirée en crise de larmes. Je suis très entourée, mais personne ne peut rien pour moi. Ma famille souffre autant, mon copain m'épaule du mieux qu'il peut, malheureusement, tant qu'on est pas passé par là, on ne peut pas comprendre quelle douleur ça peut être. C'est la première fois de ma vie que j'éprouve ce genre de sentiments, cette douleur. Je suis totalement déstabilisée, j'ai l'impression de vivre un cauchemar, et surtout, de ne pas vraiment réaliser ? Avant, je croyais être froidement maîtresse de moi-même, que je pourrais survivre à tout ? Quelle idiotie !!! Je ne comprends pas comment ma vie a pu basculer dans l ? Horreur en si peu de temps. Je ne sais pas ce qu'il mJe regrette tant de ne pas avoir plus profité de luiétait tellement sûre que rien ne pouvait arriver à ceux que j. Je rêve de lui la nuit, je rêve qu'il est toujours vivant… Je me réveille, persuadée que c'est la réalité, que sa mort n'a jamais eue lieu… Ben non… Cette impression d'être dans un cauchemar, qu'on va se réveiller et que tout va aller bien… que tout ça n'a pas pu nous arriver…
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