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La mort de mon frère m'a rendue plus autonome

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le calme après la tempête Quand j'ai fait le deuil de la mort de mon frère, j'ai eu à faire le deuil du fonctionnement dans lequel j'étais depuis sa mort. D'abord le deuil, puis le deuil du deuil. Ce que j'avais mis en place ne tenait plus, ne servait plus à rien et c'était inutile de s'y accrocher. Je m'aperçois que je traverse à peu près la même configuration. A travers cette lignée familiale, j'ai remis à chacun ce qui lui appartenait et ne me convenait pas. Je me suis redéfinie par rapport à ce que j'ai reçu, ce que j'ai perçu. Cette façon d'être de ces femmes avant moi, m'a été transmis. J'en ai eu besoin jusqu'à l'année dernière pour faire face aux responsabilités que j'avais vis-à-vis de mes enfants. Ils n'avaient que moi et je les ai accompagnés au mieux vers leur vie d'adulte en sachant que j'atteignais mes limites d'accompagnement parental. Cette attitude forte, où je n'avais pas d'autre choix que d'aller jusqu'au bout, je n'en ai plus besoin. J'ai de la gratitude envers ces femmes qui m'ont précedée parce que, ce qu'elles m'ont légué, me permet d'avoir une autre façon d'aborder la vie, avec moins de crainte et un regard plus objectif. Ce que je traverse est relié au détachement de ce conditionnement. J'ai besoin et envie de me reposer. Il n'y a rien à assurer, à rassurer et à réassurer. Il n'y a rien, ni personne. J'ai donné ce que j'avais à donner, voire plus, puisque le père n'était plus là. J'ai rempli mon rôle de mère. J'ai envie de vivre ma vie de femme. Je n'ai plus envie d'accompagner, de soigner. J'ai envie de partage, de simplicité, de vivre d'autres moments comme ceux que j'ai vécu cet été sauf qu'il n'y avait pas assez de liberté, de temps et d'espace autour, pour les apprécier pleinement, en toute détente. Oui, aménager les conditions favorables pour goûter l'instant, sans s'inquiéter de l'heure, du temps et de ce que l'on va retrouver en rentrant. Aménager un espace de détente pour savourer cet autre et ce qu'il est, le recevoir et lui offrir aussi. Je suis en colère après moi aussi. Parce que j'ai été probablement maladroite dans mes paroles, dans mes actes face à cet homme. Un homme nouveau, que je ne connaissais pas, et qui ne m'a pas laissé de temps pour que je le connaisse. J'apprends. J'apprends à découvrir l'inconnu si l'inconnu m'en laisse le temps, et tient colmpte que c'est vraiment nouveau pour moi et que j'ai droit à l'erreur. Je vais encore plus loin dans ma fragilité. Je ne sais pas faire semblant. Je sais dire si je vais bien tout comme si je vais mal. Je m'autorise à pleurer sans me cacher. Je n'ai pas su dire à cet homme, cet été, que j'avais mal en tant que femme, dans mon coeur, en écoutant son choix d'avoir dit OUI alors qu'il pensait NON. J'étais là, à avoir fait ce trajet vers lui, à m'abandonner encore plus, pour entendre ses paroles qui remettaient tout ce qu'il avait dit en question. En plus d'un hébergement où une femme me crachait sa jalousie à la figure, je prenais une seconde salve. J'ai senti un coup de poing au niveau du plexus, ma gorge se serrer, les larmes monter, la déception, la trahison de la parole aussi. J'ai à nouveau assuré alors que je n'étais plus en mesure de le faire. Mais à quoi bon ? Je ne représentais pas grand-chose pour lui et je ne le reverrai plus de toute façon. Les hommes ont sûrement besoin de choses très routinières et confortables... Tant pis !! Voilà. Je ne souhaite pas me défendre de ce qui m'a été transmis, ni le défendre. J'en parle parce qu'il a des conséquences et que j'ai à trouver l'équilibre là-dedans. Je ne peux pas le faire disparaître en un tour de main et le jeter à la poubelle. Cet héritage, sans lui, je n'en serais pas là aujourd'hui. J'ai vu la mort deux fois de près et cette force en moi, ce combat, m'ont sauvée. Maintenant, cet héritage a à être moins actif et à laisser la place à autre chose, à quelqu'un d'autre, une autre présence. Je traverse une rupture comme lorsque l'on quitte une personne sauf que là, c'est une partie de moi. Quand j'ai quitté mon ex mari, je quittais aussi une partie de moi, nécessaire, à laquelle il correspondait. Et comme dans toute rupture, il ya le déni, la colère puis l'acceptation et le renouveau. Et il s'agit d'extraire les points positifs avant de rompre, pour ne pas rester dans l'amertume, ni rajouter de violence. J'appelle cela la gratitude. Et j'ai de la gratitude envers ce comportement qui m'a permis d'en arriver là et qui, aujourd'hui, n'est plus nécessaire. Cet autre espace, si j'avais à le définir, je le nommerais "le repos du guerrier".
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