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~ gemminy ~

Témoignage d'internaute trouvé sur forumados - 19/08/11 | Mis en ligne le 05/07/12
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Deuxième partie du chapitre 1 (c'est marrant que tu me parles de SF, car il y aura un côté SF dans mon histoire, j'écris de la science-fantasy quoi^^). ________________________________________________________________________________________________ Ce furent les cris qu'ils perçurent en premier. Puis ils sentirent la chaleur de flammes enragées dévastant les maisons, les champs, les puits… Des gens couraient en tout sens, des visages connus apparaissant et disparaissant dans le flamboiement mortel qui finissait par les consumer. Déjà, les premiers corps gisant à terre, morts de suffocation… Non, pas tous. Là, un cadavre tout juste tombé portait les marques d'une blessure au torse. L'aîné des deux frères s'agenouilla pour examiner le corps : on lui avait passé une épée au travers. L'incendie n'était pas responsable. Et il n'était pas accidentel… Qui avait pu faire cela ? Se relevant, il scruta les environs et huma l'air. L'incendie venait de ce côté, du centre de TigrEye. Reprenant la main de son frère tremblant, il s'y dirigea. Essayant de ne pas regarder les cadavres qui jalonnaient leur route, les deux frères, la main devant la bouche ou les yeux, avançaient, ne pouvant s'empêcher de chercher du regard une silhouette mobile, marchant ou se traînant, prouvant qu'ils n'étaient pas seuls dans cet enfer. Et ils trouvèrent : là, adossé à une maison encore intacte, un vieil homme suffoquait. Ils le reconnurent, et coururent vers lui. "Néphryth ! " s'exclama l'aîné, hors d'haleine. "Que s'est-il passé ?! Il y a eu un accident dans le Temple ? D'où vient ce feu ?! " Le vieil homme ne sembla pas le reconnaître tout de suite, mais ses yeux embués finirent par se poser sur les jumeaux. "Fuir… Ils l'ont prise… ", souffla-t-il. "Le feu… s'est déchaîné… Les prêtres… ont pas laissé faire… Ils l'ont prise… - Qui a pris quoi ?! " Le jeune homme secoua un peu les épaules du vieux Néphryth. - La pierre… légendaire… L'Empire… nous ont trouvé… Tout est perdu… " Le vieux s'affaissa un peu. L'aîné le secoua un peu plus fort. "Où est Fery, Néphryth ? L'as-tu vu ? Est-elle encore vivante ?! " Mais le vieux Néphryth était partir rejoindre ses ancêtres, les poumons suffoqués par la fumée, et le coeur brisé par la destruction de son village. Le jeune homme, l'allongea sur le sol, et lui croisa les mains sur la poitrine. Il déchira de son vêtement des lambeaux de tissus et s'en appliqua un sur la bouche, et l'autre sur le visage de son frère. Se reprenant la main, ils continuèrent en direction du Temple, d'où venaient encore des cris et des lamentations. Des bruits de fer, de métal se firent entendre. On bataillait dans cette direction. Les deux jumeaux pouvaient apercevoir le reflets de lames brillantes illuminées par à coups par les flammes. Courant plus vite, ils allèrent se cacher derrière un gros rocher pour observer ce qui se passait : des gens en armure passaient au fil de l'épée des prêtres du Temple. L'aîné sentit une bouffée d'adrénaline lui passer comme du feu dans les veines et il se prépara à se jeter sur les assaillants ; mais son frère lui secoua la manche en secouant la tête. "Mais Beryl ! " s'écria-t-il, furieux. "Si on ne fait rien, ils vont tous mourir ! Je peux les arrêter ! " Le dénommé Beryl secoua encore la tête. "Je n'ai pas d'épée, et alors ?! Je peux bien en tuer quelques-uns à main nue ! " Mais il n'eut pas le temps de mettre son projet à exécution. Une silhouette émergeait des portes fracassées du Temple : elle portait une armure dorée qui se couvrit presque immédiatement de cendres et de scories. Dans sa main, ils purent distinguer comme un éclat rouge brillant, qui pulsait, comme un coeur battant, et qui disparu bientôt dans un pan de sa cape. Une rafale de vent chaud souleva une grande natte de cheveux blonds dans le dos de l'inconnue. L'aîné des frères voulut se jeter sur elle, ne sachant pas ce qu'elle avait volé, mais éprouvant en lui-même une haine viscérale pour cette guerrière inconnue qui semblait se pavaner sur le seuil du Temple détruit, comme s'il lui appartenait. Elle était responsable, il le savait, il le sentait, c'était elle qui avait décidé de tout cela. Mais Beryl le retint encore par la manche, poussant des sanglots silencieux. Par amour pour lui et aussi parce qu'il sentait que cette guerrière n'était pas n'importe qui, l'aîné se rencogna dans leur cachette, attendant que l'inconnue fut passée. Une fois que la cape dorée de cette sinistre messagère de la mort fut passée, emportant avec elle ses corbeaux de malheur, ils se précipitèrent aux portes du Temple, jetées bas comme des fétus de paille. Les flammes faisaient rage à l'intérieur, et les deux jumeaux sentirent au fond d'eux que ce n'était pas un feu ordinaire ; il semblait vivant, se tordant comme une bête agonisante, dévorant tout sur son passage, même ce qui n'aurait pas dû brûler. Mettant ses mains en porte-voix devant sa bouche, l'aîné cria : "Fery !! Où es-tu, Fery ! Réponds ! " Mais aucune réponse ne vint. Plus personne ne vivait dans ce lieu, ce n'était plus qu'un tombeau de feu mortel, ultime demeure des prêtres et prêtresses qui gisaient sur le sol et qui l'avaient visiblement défendu jusqu'à leur dernier souffle. Découragés, suffoqués, ne sachant que faire, ni ce qui s'était vraiment passé, les deux frères ressortirent rapidement du bâtiment, juste au moment où une langue de feu particulièrement impressionnante s'en échappait, manquant les rôtir de peu. Revenant sur leurs pas, moitié courant, moitié rampant, les jumeaux se trouvèrent devant une maison qui n'avait pas brûlée comme les autres, la leur, celle qu'ils partageaient avec leur mère adoptive, Ferypenda, restée introuvable. Elle n'était pas non plus à l'intérieur. L'aîné lâcha la main de son cadet, et monta prestement au deuxième étage. Dans ce qui avait été sa chambre et celle de son frère, il fouilla avidement sous le lit unique et en dégagea un morceau d'étoffe. Enroulée dedans, il y avait une épée, au plat large, coupante d'un côté et hérissée de courtes pointes de l'autre. S'en emparant, il redescendit l'escalier, retrouvant Beryl, qui, les mains sur le visage pour retenir son masque de fortune, l'avait sagement attendu. Il le prit par les épaules et lui dit, la voix étouffée : "Beryl, il faut s'en aller. Ne me demande par pourquoi, je sais que c'est ce qu'il faut faire. Il faut fuir. Il n'y a plus rien pour nous ici." Il refoula difficilement une vague de larmes qui lui montait aux yeux. Beryl hocha la tête et posa sa main sur l'épaule de son frère, comme pour le consoler. Lui aussi avait les larmes aux yeux. "Viens, vite, sinon on va finir par mourir étouffés ! ' Se reprenant encore par la main, la tête basse, ils se dirigèrent vers la sortie du village, vers le nord et les Pics Volcaniques. Ils ne virent aucun survivant sur leur route, les hommes, les femmes et les enfants gisaient morts, tués à coup d'épée ou de suffocation. Ils durent avancer sans se retourner, en sachant qu'aucun d'eux n'aurait droit à une sépulture décente, et cela plus que tout autre chose les rendit si malheureux que leurs larmes ne purent plus être contenues. Ils laissaient derrière eux la seule vie qu'ils avaient connu, les seules personnes qui avaient compté pour eux, et même s'ils ne faisaient pas entièrement partie de ce peuple, ils savaient qu'ils ne pourraient jamais trouver un endroit où ils se sentiraient de nouveau chez eux. Peinant, suffoquant, toussant, ils arrivèrent finalement à l'endroit où ils s'étaient trouvé pour ramasser des pierres flambeaux. S'asseyant quelques instants, se prenant dans les bras l'un de l'autre, ils communiquèrent de la façon dont ils avaient l'habitude, en se touchant, en se regardant, en se parlant avec leur esprit, terrifiés de réaliser que tout le monde était mort mais aussi de comprendre la chance qu'ils avaient eu d'être encore ensemble, bien vivants. Ramassant le sac de pierres flambeaux, l'aîné se redressa et comme il l'avait déjà fait, il contempla au nord les montagnes menaçantes, qui semblaient se moquer de lui par-delà la distance, l'invitant à les dompter, à les maîtriser. Et ce fut exactement ce qu'il envisagea de faire. Il regarda son frère dans les yeux : "Cette région est devenue dangereuse. Si on reste là, on mourra de faim et de soif. Je sais que tu as peur, mais il va falloir avancer par là… " Beryl serra la main de son frère, ses yeux s'écarquillèrent et de nouveau des larmes jaillirent. "Fais-moi confiance ! " le rassura son frère. "Rappelle-toi ce que disaient les Anciens, quand ils parlaient du Monde Extérieur : le monde ne se limite pas à ses montagnes. Il doit y avoir quelque chose là-bas, de l'autre côté, et peut-être d'autres gens qui pourront nous aider… " Son jeune frère muet lui rendit un regard ou se mêlait la perplexité et le doute. "Oui, je sais, je veux retrouver cette femme, lui faire payer ce qu'elle a fait ! " tonna l'aîné. "Et ce n'est pas en restant ici que j'y arriverai ! On peut le faire ! Il faut traverser ces montagnes, et si personne ne l'a encore fait, je peux te jurer que nous seront les premiers ! " Mais il s'interrogea un instant : ces soldats inconnus, il ne les avait jamais vu, ils n'étaient pas d'ici. Etaient-ils du Monde Extérieur ? Ils avaient donc traversé les Pics Volcaniques. Et ils étaient d'ailleurs sûrement en train de rebrousser chemin vers le nord en ce moment… Qu'étaient-ils venus chercher ? Pourquoi s'en prendre à un village isolé comme TigrEye ? … Plein de ces questions mais résolu à y trouver une réponse, le jeune homme passa le sac de pierres flambeaux sur son épaule et de l'autre main, il saisit celle de son frère, légèrement tremblant à l'idée du périple qui les attendait…
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273857
b
Moi aussi !
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