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Je suis si malheureux depuis le décès de ma chienne et de ma mère

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 06/08/10 | Mis en ligne le 11/03/12
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Je suis âgé de 63 ans, marié depuis près de 40 ans avec la même femme et père de trois enfants que nous avons adoptés. J'ai le sentiment d'être aujourd'hui profondément malheureux. J’ai perdu il y a un an ma chienne et il y a quelques semaines ma mère. Il peut sembler ridicule de rapprocher ces deux décès mais ces deux êtres étaient ceux que je considérais comme m’aimant le plus et j’ai été profondément attristé par leur disparition. Bien sûr, je sais que le bonheur n'est pas quelque chose de constant, qu'il y a dans notre vie des hauts et des bas en la matière mais aujourd'hui j'ai l'impression d'être dans une période particulièrement basse. Le décès de ma mère m'a fait beaucoup de peine et de mal non seulement par sa disparition qui était en fait un soulagement (elle était atteinte, dans un stade très avancé de la maladie d'Alzheimer) mais aussi parce que ce décès faisait suite à plusieurs années de difficultés familiales, de querelles entre frères et sœurs liées au fait qu'elle était restée seule, malade, après la disparition de mon père il y a maintenant six ans. J’étais, bien sûr, comme la plupart des fils, profondément attaché à ma mère mais je pense qu'elle était également la personne qui m'a le plus apprécié. Elle m'aimait et, comme tous les gens qui aiment profondément, elle avait tendance à oublier mes défauts et exacerber et augmenter mes qualités. Aujourd'hui, après sa disparition, j'ai le sentiment d'être seul monde. J’ai des difficultés fréquentes avec mon épouse que j'aime depuis plus de 40 ans mais j'ai l'impression que cet amour n'est pas payé de retour et ceci participe beaucoup à mon malheur actuel. De manière plus générale, j'ai le sentiment que peu de personnes m’aiment véritablement. Je suis incapable d'expliquer pourquoi mais je constate qu'on a plutôt tendance à m’éviter. J'ai peu ou pas d'amis et mes relations sont uniquement professionnelles ou sociales mais je ne ressens pas beaucoup d'affection de la part des gens que je connais. J’ai beaucoup réfléchi à cette absence d'affection de la part de ceux qui m'entourent et me connaissent et je pense qu'une des explications est mon attitude générale. Je suis quelqu'un de très sensible et il m’arrive fréquemment d'avoir les larmes aux yeux devant une scène un peu dramatique au cinéma mais j’essaye de montrer fort en toute circonstance. Je suis très timide et j’ai toujours essayé de compenser cette timidité par ce qui, peut-être, est ressenti comme une certaine arrogance : je prends souvent la parole en public ; je me mets souvent en avant et ceci, je pense, ne plaît pas au commun des mortels. J’ai aussi le sentiment que l'on a tendance, dans la vie, à aimer ceux qu'ils sont faibles et qui ont besoin d'aide et l'image que je donne aux autres n'est pas celle-là. N'ayant pas d'amis à qui me confier j’ai des difficultés à obtenir des conseils sur la bonne attitude à avoir. J’ai, tout à l'heure, parlé de ma chienne. J’ai aujourd'hui un nouveau chien auquel je suis également très attaché car ces animaux, d'une part me permettent d'exprimer le trop plein de tendresse qui est en moi par des caresses et des mots affectueux et, d’autre part me rendent cette affection par un amour que je crois sincère et désintéressé. Je ne vis pas forcément bien mon âge et le vieillissement qui l'accompagne. Mon physique me déplaît de plus en plus. Je n'aime pas me sentir vieux aux yeux des autres alors que, dans ma tête, je me sens toujours jeune. Lors du décès récent de ma maman j'ai beaucoup souffert de ne pas recevoir de marques d'affection de la part de mes proches en particulier de ma femme et de mes enfants. J'aurais aimé qu'ils me serrent dans leurs bras, même sans rien dire, pour me montrer qu'ils partageaient avec moi ma douleur profonde mais ils ne l’ont pas fait, croyant peut-être que je surmontais cette difficulté facilement comme toutes les autres. Ils ont vécu cet événement comme une chose inéluctable et n’ont pas éprouvé le besoin de m’aider en cette circonstance. Mon attitude générale est préjudiciable à l'image que j'ai aux yeux des autres mais, à mon âge, Il est difficile de changer complètement sa personne. J'ai aussi le désir, en toutes circonstances, de convaincre par rapport à des opinions qui sont les miennes et cela irrite parfois mes interlocuteurs. J'ai toujours eu besoin de prendre des responsabilités et cela m'amène à figurer sur le devant de la scène dans divers associations dont je m'occupe, suscitant certainement des jalousies des rancœurs et des contestations non exprimées. Derrière ce personnage qui semble arrogant, sûr de lui et fort existe un être que moi je connais bien. Il est fragile, certainement complexé, très sensible et désemparé devant les difficultés de la vie. Je souffre de ne pas pouvoir partager avec quiconque mes sentiments profonds, mes peines et mes joies. J’aimerais aujourd'hui avoir un ami ou une amie véritable à qui je puisse me confier sans crainte d'utilisation malveillante de mes propos, quelqu'un qui ne soit pas concerné par mes difficultés et qui pourrait ne serait-ce que m'écouter et peut-être, le cas échéant, me conseiller. J'ai avec la femme avec qui je vis aujourd'hui des relations qui, bien sûr, ont évolué depuis l'origine mais je pense l’aimer toujours profondément et je souffre beaucoup que cet amour, c'est du moins le sentiment que j'ai, ne soit pas réciproque. Nous avons de plus en plus fréquemment des querelles de ménage sur des prétextes tout à fait futiles et, lors de ses querelles, je n'entends que reproches et la mise en évidence de mes faiblesses, de mes défauts auxquels elle en ajoute parfois que je ne crois pas avoir. Je ne ressens pas la moindre empathie de sa part et cela me fait profondément souffrir. Mes trois enfants sont aujourd'hui jeunes adultes et vivent une période de leur vie au cours de laquelle la préoccupation du bonheur de leurs parents n'est pas prioritaire. Je les aime également profondément mais je ne suis pas certain qu'ils soient conscients des difficultés que j'éprouve. Il m'arrive parfois de penser qu'il serait utile et courageux de rompre cette situation en me séparant de mon épouse, en allant vivre ailleurs et en abandonnant certaines de mes responsabilités mais j'avoue que mon côté « raisonnable » et mon sens des responsabilités m’empêchent de prendre cette décision. Le sentiment de malheur que j’éprouve n'est pas justifié par une condition personnelle factuellement défavorable : je suis retraité depuis quelques années ; je vis dans une situation financièrement confortable ; à ma connaissance je n'ai pas de problèmes de santé grave mais c'est psychologiquement que les choses ne vont pas bien et qu'elles abîment ma vie. Comment pourrais-je lutter contre l'image négative que je donne aux autres ? J'ai essayé, depuis ma jeunesse, de compenser ce qui me rendait alors la vie difficile, ma timidité, mes complexes, en luttant contre ce naturel. Malheureusement, j'ai peut-être poussé de manière un peu extrême en sens inverse et donné aujourd'hui l'image d’un homme fort et sûr de lui qui m'isole du reste du monde. J’ai peur de la solitude et ce depuis longtemps. La solitude m'amène à ruminer des pensées pessimistes et négatives. J'ai besoin de contacts avec mes semblables et je n'apprécie pas de vivre seul. Mon épouse me reproche souvent d'être égoïste et replié sur moi-même. Je sais, au contraire, que ma vie ne se justifie que par la présence de personnes que j’aime autour de moi. Je suis quelqu’un de passionné. Je suis passionné, entre autre, de photographie, de chansons et de poésie. J’essaye, dans mes propres chansons et poèmes, de reproduire des histoires que je ne vis pas dans ma vie mais que j’aimerais avoir vécues. Mais ces « confidences » n'ont pas un grand rayonnement car je garde ces œuvres pour moi-même et elles ne me servent pas finalement à exprimer le profond de mes sentiments à ceux qui m'entourent. J’ai souvent envie de pleurer mais je m'y résous très rarement car, là encore, je veux donner l'image de quelqu'un qui sait surmonter ses peines. Je suis très touché par les reproches injustifiés qui me sont faits et j’essaye alors de convaincre, de justifier, de démontrer ma bonne foi et je ne fais souvent qu'augmenter mes difficultés et irriter mes interlocuteurs. J’ai le sentiment d'être dans une impasse, de tourner en rond. J'aimerais recevoir de l’aide.
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b
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